Nos actualités
Clément Russo : « J’apprends à ne rien lâcher ! »
Le 17 mai 2019

Quatre jours après la première victoire de sa carrière dans le Tour de la Communauté de Madrid, Clément Russo était heureux d’enfourcher de nouveau son vélo jeudi matin sur les routes de la Côte d’Azur où il vit. A 24 ans, après avoir été un cyclo-crossman reconnu, il dispute une deuxième saison professionnelle sur route prometteuse. Lui même le dit, il a franchi un cap et se fait plaisir au sein de l’équipe Arkéa-Samsic.


Clément, comment se porte le vainqueur du Tour de la Communauté de Madrid ?


Je suis sur mon petit nuage depuis le début de la semaine. Je viens d’observer une micro coupure de trois jours sans vélo et j’en ai profité. C’est vraiment une bonne chose de gagner cette course par étapes, qui plus est c’est ma première victoire pro. J’espère que ce n’est que le début.



Tu es un coureur émergent du peloton français mais tu es encore méconnu. Tu nous racontes ton histoire ?


J’ai commencé le vélo à 5 ans, en pré-licencié, à Charvieu-Chavagneux, club du nord-Isère réputé pour sa tradition du cyclo-cross. Beaucoup de bons spécialistes sont passés dans ce club. Bien sûr, j’y ai pratiqué le cross et la route mais c’est l’hiver, depuis les Cadets, que j’ai obtenu mes meilleurs résultats. Je suis resté à Charvieu-Chavagneux jusqu’en première catégorie et j’ai rejoint pendant deux ans le club de Saint-Etienne-Loire dirigé par Gilles Mas. C’était un club de DN1 qui me proposait un programme de course plus chargé avec les épreuves de Coupe de France. J’ai toujours rêvé d’être un coureur professionnel mais c’est au cours de ces deux ans que je me suis dit qu’il fallait que je m’en donne les moyens. Jeune, j’ai admiré Chavanel et Voeckler, Contador et Andy Schleck.



Tu es originaire de cette région ?


J’habite à Antibes depuis l’an dernier mais je viens du Nord-Isère en effet. J’ai vécu plus près de Lyon que de la montagne. En entrant au Lycée, en Cadet 2, j’ai intégré le sport-études du pôle espoirs de Saint-Etienne. Pendant sept ans, j’ai grandi auprès de l’ancien professionnel Dominique Garde qui m’a beaucoup apporté. Comme j’étais à Saint-Etienne, j’ai été stagiaire de l’équipe ag2r-La Mondiale à la fin de 2017 avant de faire mes débuts professionnels l’an dernier dans l’équipe d’Emmanuel Hubert. Mon CV était surtout celui d’un crossman. J’ai été champion de France chez les juniors et les espoirs, deuxième d’un championnat d’Europe… non je devrais dire premier derrière Matthieu Van der Poel et j’avais fini cinquième d’un championnat du monde chez les espoirs.



Comment s’est passée ta première année professionnelle ?


J’ai été blessé en début de saison, au cours du premier stage hivernal et ç’avait traîné un peu. J’avais repris le vélo en mars, j’avais disputé ma première course début mai. C’était dur, je ne m’attendais pas être sur la touche. Ensuite, la forme est revenue assez vite, je me suis fait plaisir durant l’été et j’avais obtenu mon premier Top 10 dans la Polynormande que j’avais fini à la neuvième place.


Cette année, en revanche, tu sembles avoir trouvé tes marques ?


Ce début de saison, c’est vrai, j’ai franchi un cap. J’ai fait un bon hiver, je me suis bien entrainé contrairement à l’année d’avant, j’ai fait des courses du début de saison tout en devant digérer celle de cyclo-cross que j’avais ponctuée par une quatrième place au championnat de France. J’étais un peu déçu en février, je n’avais pas une bonne condition mais il y a eu un petit déclic en mars en enchainant Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Samyn et Nokere Koerse et depuis j’ai pu encaisser des courses longues. Je me sens de mieux en mieux. Cela fait deux mois que je progresse bien. Je me fais plaisir.



Tu pensais à la victoire en débutant le Tour de la Communauté de Madrid ?


Quand j’ai ma chance, quand on me donne l’opportunité de faire un résultat au sein de mon équipe, dans la tête je veux toujours gagner. Je pensais plus à lever les bras dans une étape que de m’adjuger le classement général. Le soir de la deuxième étape, je me le suis mis en tête. La stratégie d’Yvon Caër était la bonne, il était intéressant d’avoir plusieurs cartes à abattre. Le premier jour, dans le sprint nous avons été trois coureurs d’Arkéa-Samsic dans les dix premiers, ça a pu paraître bizarre mais c’était la bonne stratégie. Le dernier jour, on gagne l’étape et le général.


C’est une journée qui marquera ta vie ?


A ce jour, c’est ma plus belle journée de coureur pro. A Madrid, j’ai gagné pour la première fois et j’avais aidé un équipier à s’imposer dans le sprint ! Cela concrétise notre bonne dynamique depuis un mois. Souvent, nous n’avons pas été loin de gagner. Ces deux victoires étaient une récompense mais c’est difficile de gagner. Dans le peloton, le niveau est très homogène et il y a trois équipes World Tour qui gagnent beaucoup. C’est compliqué de faire la différence à moins d’être un phénomène comme Matthieu Van der Poel. Ces deux victoires nous réconfortent et démontrent qu’on est sérieux, qu’on travaille bien et ensemble. Je ne doute pas qu’on va le refaire.



Commences-tu à esquisser le coureur que tu peux être ?


Je ne suis pas un excellent grimpeur, plus un puncheur-sprinteur. Dans la deuxième étape vallonnée du Tour de la Communauté de Madrid, il y a trente-cinq coureurs devant, j’y suis. Je pense que je peux gagner dans ce type de situation mais au départ de toutes les courses, j’envisage le meilleur résultat possible pour moi et pour l’équipe.


Ta grande qualité est également ton aisance technique ?


Au cyclo-cross, on travaille beaucoup la technique et l’agilité sur le vélo. Dans les courses où ça frotte et il y en a beaucoup, je laisse moins de jus. C’est pas mal d’énergie économisée. Cette saison, il y a beaucoup de chutes, c’est très nerveux et il faut être adroit. C’est un atout. Ça m’arrive de tomber mais pas une seule fois cette année, je touche du bois. Je n’ai pas peur de moi dans le peloton mais des autres. Cette agilité, je peux également l’exploiter dans les contre la montre courts, j’aime bien cet effort surtout si c’est technique. En gros, c’est une discipline que j’apprécie mais rester en position pendant une heure, forcer en étant dans cette position, il faut beaucoup le travailler pour entrevoir un résultat.


Quelle est la suite de ton programme ?


Je vais reprendre comme Warren Barguil dans les deux courses bretonnes des 1er et 2 juin, le Grand Prix de Plumelec et le Boucles de l’Aulne à Châteaulin. Il me faut être plus agressif sur mon vélo, plus méchant lors des arrivées groupées. J’apprend à ne rien lâcher !


Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Contactez-nous
Newsletter
Inscrivez-vous pour recevoir nos dernières informations