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Elie Gesbert : « Je me suis un peu impressionné
Le 21 mars 2019

Auteur d’un Paris-Nice prometteur après avoir pris la cinquième place du Tour d’Oman dont il a été également le meilleur jeune, Elie Gesbert est l’une des grandes satisfactions de l’équipe Arkéa-Samsic en ce début de saison. Les acquis du début de saison le mettent en confiance et lui donnent de la sérénité au moment d’aborder un printemps assez dense, allant de la Semaine Coppi et Bartali la semaine prochaine à Liège-Bastogne-Liège fin avril.



 


Elie Gesbert, dans quel état d’esprit es-tu après Paris-Nice ?


Je récupère bien. C’était un peu dur lundi, je ressentais une fatigue similaire à une fatigue de fin de Tour de France. Pourtant, il s’agissait seulement d’une semaine de course mais c’était une semaine dense et j’ai vraiment beaucoup appris. D’un point de vue nerveux et physique. Globalement, c’était une course complète. Bien sûr, j’avais déjà fait des courses avec des bordures mais pas sur des étapes compètes, pas sur 150 kilomètres. C’était une expérience riche, à voir les autres faire, a voir les gars d’expérience courir… Au niveau de la nervosité, c’était comparable aux premières étapes du Tour de France où les leaders veulent être placés. C’était tendu et dangereux et il y a eu pas mal de chutes, l’équipe Arkéa-Samsic n’a pas été épargnée. Pour ma part, il m’a manqué un peu de puissance pour m‘imposer. J’ai compris aussi qu’il faut apprendre à se placer au moment juste, il faut bien sentir la course. »


La deuxième partie de semaine a été plus avantageuse puisque tu t’es échappé dans les quatrième et septième étapes et tu as très bien tenu les roues des favoris le dernier jour…


Je me suis épaté dans la dernière en étant capable d’accrocher le groupe des leaders. Jamais je n’ai pensé tenir jusqu’au bout mais dans les cols, j’ai développé de belles puissances. Je me suis un peu impressionné. Au bas de la dernière descente, j’étais un peu à la limite, Bob Jungels a provoqué une cassure et je n’ai pas pu boucher le trou de dix mètres mais ce n’est pas grave. Dans les deux autres étapes où je me suis échappé, c’était des courses d’usure. Dans l’étape de Pélussin, j’ai fait 180 kilomètres devant avec le vent et des côtes qui faisaient bien mal aux pattes. J’ai appris… »



En réalité tu as répondu présent là où ton équipe t’attendait, Oman et Pari-Nice ?


C’est de la pression mais elle ne m’empêche pas de performer, il ne s’agit pas d’une pression négative. On m’attend dans certaines courses, je fais le maximum de ce que je sais faire mais ça ne représente pas un stress supplémentaire. On compte sur moi mais tout ne repose pas sur mes épaules non plus. Le Tour d’Oman, j’avais dit que ce serait mon premier objectif de la saison lors des discussions hivernales que j’avais eues avec le staff.


Les sensations que tu as eues dans la dernière étape de Paris-Nice, te donnent confiance pour la Semaine Coppi et Bartali que tu disputes la semaine prochaine ?


C’était une bonne journée qui m’a démontré que j’étais capable d’avoir les watts pour suivre les costauds. Ca me met en confiance. En Italie, avec l’équipe, on  y va souvent en fin de saison et j’ai compris que ce sont des épreuves où il faut aller humblement. Les Italiens sont très forts chez eux, ils sont hargneux et connaissent très bien les parcours. C’est parfois impressionnant comme ca roule vite ! Alors, je n’y vais pas la fleur au fusil parce que je sais qu’il n’y aura rien de tranquille. Mon objectif est d’accrocher le général, à tout le moins de faire une bonne place. Le rêve est de lever les bras mais il faut une ouverture. Être opportuniste. Je ne fais pas une fixette là-dessus. Je fais mon truc et si ça doit venir, ça viendra !


Tu es professionnel depuis le mois d’août 2016, es-tu satisfait de ton tableau de marche, de ta progression ?


En 2016, j’avais fait des courses de fin de saison, comme un stagiaire. Ensuite, oui, j’étais dans la peau d’un pro. Dans ma première année, en 2017, j’ai eu la chance de faire le Tour. J’étais satisfait parce que mon début de saison avait été compliqué par la fracture d’un pouce. Néo pro dans le Tour, j’avais pris la septième place de la dix-neuvième étape à Salon-de-Provence et j’avais enchaîné en août par une victoire dans la première étape du Tour du Limousin. L’an dernier, il y a eu un trou dans la raquette. Je n’ai pas fait de grosses performances, pas de résultats. Il y a eu des raisons à cela mais c’était super frustrant de faire une saison sans fait marquant. Je n’avais pas réussi à faire la course qui me serve de repère.



Et cette année, tu as déjà de bons repères ?


Oui, ma confiance s’appuie sur de bonnes bases. Après Paris-Nice j’ai fait deux jours sans vélo mais j’ai un bon programme. Je continue sur ce rythme jusqu’à Liège-Bastogne-Liège.


Te connais-tu mieux aujourd’hui ? Sais-tu le coureur que tu peux devenir ?


Je commence à savoir ce qui me convient ou pas mais cette maîtrise découle d’un long processus. En début de saison, j’ai eu la confirmation que je ne suis pas performant dans ma première course. Au fil du temps, je comprends où je dois aller et ce qui ne me correspond pas. Cela fait trois ans que je suis pro et je dois me tester dans chaque course. L’an dernier je suis allé en début de saison à Majorque, cette année j’étais en France. Mon plan de carrière va dépendre de ça, de ma propre connaissance. Bon quand même, je peux dire que je suis plus puncheur-grimpeur que spécialiste des courses flandriennes. J’arrive à être mieux dans les courses par étapes, pas forcément pour jouer le général mais en cochant des étapes. Je suis jeune.


Le fil rouge du début de saison pour l’équipe Arkéa-Samsic est la sélection pour le Tour de France ?


La sélection, j’arrive à m’en défaire mais ça reste toujours dans un petit coin de la tête même si je n’y pense pas 24 heures sur 24. Sur le vélo, quand j’ai mal aux jambes, ça ne me traverse pas l’esprit mais je sais son importance. Pour l’équipe. Pour nous tous.


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