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Yvon Caër : « Mon parcours est atypique »
Le 9 mai 2019

Yvon Caër est particulier dans le monde du cyclisme professionnel. Agé de 51 ans, il est l’un des directeurs sportifs de l’équipe Arkéa-Samsic et s’il occupe cette fonction depuis plusieurs années après avoir été le grand artisan d’un club formateur breton, le BIC 2000, il le sera à 100% au mois de septembre. Toute sa vie professionnelle a été partagée entre le cyclisme qui est sa passion et le professorat de sports qui est son métier au sein de l’Education Nationale.


Yvon, quel est ton passé dans le vélo ?

J’ai commencé à le pratiquer à 13 ans, j’ai arrêté à 35 ans. J’ai fait cette carrière avec un niveau amateur relativement moyen mais je suis allé jusqu’au plus haut niveau amateur. Principalement cela s’est passé à l’Est de la France puisque j’ai fait mes études à Strasbourg. Après mon Bac obtenu en Bretagne, je suis parti en Alsace. J’avais fini cinquième d’un championnat de Bretagne chez les juniors puis j’ai privilégié les études. Je suis rentré en STAPS en Alsace parce que c’était le seul de France qui proposait une option d’activité de plein air, le kayak, le ski ou le cyclisme. Là-bas, j’ai rencontré Thomas Davy qui travaille aujourd’hui pour la marque Ekoï qui est un partenaire de l’Arkéa-Samsic après avoir été coureur professionnel. J’avais accueilli Thomas quand il était arrivé en première année de STAPS.



Quel avait été ton club breton pour commencer ?

J’ai été licencié à AC Milizac, un grand club qui avait été aussi celui de Ronan Pensec et Gérard Rué et où j’ai cotôyé Hervé Callarec. Je suis resté à Milizac jusqu’à ma première année sénior. Le club est ensuite tombé en lambeaux en raison de conflits en interne. De cette scission est né notamment le BIC 2000 dont l’un des premiers dirigeants était François Leverge, le grand-père de Valentin Madouas.


Tu es parti à Strasbourg en quelle année ?

En 1987, j’en suis revenu en 2006. J’avais obtenu mon CAPES en 1991, j’ai fait mon service militaire à Brest en 1992 et ensuite j’ai passé deux malheureuses années au sports études de Flers en 1994 et 1995. Je suis reparti en Alsace en acceptant de donner des cours dans un des collèges les plus difficiles, dans la banlieue de Strasbourg. J’ai enseigné pendant 13 ans dans ce collège en zone sensible. Je dois dire que j’ai adoré cette région et mes collègues. Certes j’ai eu affaire à des délinquants mais aussi à des gens qui essayaient de s’en sortir. J’ai retenu le positif.


Pourquoi avoir choisi ce retour en 2006 ?

Ma femme est institutrice dans le privé et en Bretagne il y a un panel d’établissements plus grand qu’en Alsace. C’était donc mieux pour elle et moi, je me sentais à la fin d’un cycle et il y a eu comme un appel des racines. A cette date, j’ai enseigné à Portsall, j’ai fait treize rentrées scolaires dans un collège de bord de mer. Quand j’ai arrêté de pédaler à titre personnel, j’avais travaillé au sein du club d’Haguenau en DN2. Quand je suis revenu en Bretagne, François Leverge m’a convaincu de venir au BIC 2000 qui était alors un petit club de jeunes, il n’y avait pas alors de structures séniors capable de faire de la formation. J’ai accepté et j’ai entrepris la création de cette équipe en DN1 Espoirs et jusqu’en DN1. A ce moment-là, j’avais convaincu Emmanuel Hubert que le BIC 2000 soit l’équipe réserve de Bretagne-Séché Environnement. Un jour, j’ai fait le choix d’arrêter BIC 2000 et Manu m’a tendu la main. Je suis devenu directeur sportif au sein de son Team.




Tu as eu de bons coureurs à Haguenau ?

Non pas vraiment, sinon Pierre Lebreton aujourd’hui team manager d’une équipe VTT. C’était un coureur exceptionnel mais pas sur la route. Quand même, avec lui on a gagné une étape de l’Essor Breton face à Jean Floc’h et compagnie. En revanche, au BIC 2000, j’ai eu Romain Le Roux, Franck Bonnamour, Olivier Le Gac, Maxime Cam et Valentin Madouas. Avant eux j’avais eu aussi Laurent Le Gac qui avait gagné Redon-Redon et le Circuit d’Armorique. Le club a bien grandi pendant plusieurs années.


Tu faisais cela tout en étant enseignant ?

J’ai été dans l’enseignement jusqu’au 1erfévrier dernier. J’ai cumulé pendant quatre ans mon job de prof et celui de directeur sportif. J’étais prof plein pot de septembre à janvier en étant salarié à mi-temps de l’Education nationale. En quatre mois je faisais toutes mes heures. Puis je travaillais avec Manu de janvier à septembre. Là je suis en disponibilité de l’Education Nationale mais en septembre je serai contractuellement à 100% dans l’équipe. Ce sont deux mondes différents. D’un côté, à l’école, c’est sécurité et pantouflard, de l’autre côté il y a une remise en question quotidienne, un environnement dynamique et la nécessité de sortir de sa zone de confort. J’aime ça.


Outre directeur sportif, tu as des missions au sein de l’équipe cycliste ?

Oui, je suis le référent d’Arkéa-Samsic développement, par exemple je propose les noms des jeunes coureurs qu’on aide matériellement tout en les assistant dans le suivi scolaire. J’ai aussi une relation quotidienne avec ASO pour toutes leurs courses auxquelles on participe. Quand j’étais prof, j’ai cumulé avec le BIC 2000 pendant neuf ans, ça a pris tous mes loisirs. Nos moyens étaient moins importants, tous nos déplacements s’effectuaient en voiture. En DN1, les responsables d’équipes étaient souvent des mecs à temps plein. Aujourd’hui, pour moi, c’est facile.



De toute façon, quand on dit BIC 2000, on pense Yvon Caër ?

Au BIC 2000, j’ai de super souvenirs. Au début on gagnait de petites courses, puis de plus importantes dans l’Essor Breton, le Prix Gilbert Bousquet, une étape du Tour de Bretagne dont on était invité, on a décroché un podium au championnat de France… Surtout j’ai accompagné de jeunes coureurs de manière construite. Je suis le premier navré qu’il n’y ait plus un grand club à Brest. Il s’est arrêté, c’est tombé à l’eau. Un tel club, c’est long à construire mais bien facile de le mettre par terre. Dans le Finistère, aujourd’hui, il n’y a plus de grand club.


Aujourd’hui, c’est envisageable d’être pédagogue en étant directeur sportif d’une équipe professionnelle ?

C’est difficile puisque nous ne travaillons pas toujours avec le même groupe de coureurs en course. J’ai eu un parcours atypique, 80% de mes collègues dans les autres équipes sont d’anciens coureurs pros. Sébastien Hinault en fait partie mais lui aussi a été étudiant STAPS à Strasbourg. Un jour, dans une petite course bretonne, il était venu me voir pour me dire qu’il voulait y poursuivre ses études et je l’ai accueilli là-bas… Voilà, c’est toute ma vie de professeur de sport devenu directeur sportif d’une équipe professionnelle.


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