Nos actualités
Elie Gesbert douzième en haut de Turini
Le 16 mars 2019

Dans une semaine difficile, sans Warren Barguil, notre équipe a montré de belles choses sur l’étape reine de Paris-Nice, en plaçant trois hommes à l’avant : Elie Gesbert, Amael Moinard et Laurent Pichon. Le vainqueur se trouve parmi les 38 coureurs échappés, le Colombien Martinez s’adjuge la victoire. Elie Gesbert, après avoir profité du travail de ses coéquipiers, est l’auteur d’une belle performance autant physique que mentale et termine douzième.


Elie Gesbert (12e) : « C’était un avantage d’être à trois devant surtout quand on voit le nombre de coureurs présents dans l’échappée. Par contre, on a laissé des cartouches dès le départ. On se devait de mettre au moins un gars à l’avant, on a fait le forcing mais ça a bataillé pendant 35km, on a laissé des forces. Ensuite, on a laissé les autres rouler, il y avait de très bons grimpeurs avec nous, ce n’était pas à nous d’aller faire le travail. Puis, il y a eu cette dernière ascension, c’était le couteau entre les dents et il fallait s’arracher. C’était une étape accidentée, mais pour moi c’était encore plus dur qu’une étape de montagne, il fallait être concentré dans les descentes, il y avait tout le temps des relances, c’était usant. Une étape de fou. Le Turini, c’était vraiment la cerise sur le gâteau. J’ai relancé après une attaque de Yates, mais je ne me suis pas enflammé. Il fallait monter au mental. Tout le monde était à la rupture. Je coince un peu à 8 bornes du sommet. En haut je fini rincé. C’est une belle étape, mais on veut toujours faire mieux. Je découvre Paris-Nice, c’est mon premier. Contrairement au Tour, il n’y a pas d étape ou on peut récupérer, c’est huit jours de course à bloc. Il nous reste une étape et on va jeter nos dernières forces dans la bataille. »




Amael Moinard : «  C’était très très dur. Il a fallu batailler pour sortir mais c’était le prix à payer pour prendre le bon coup et être acteur de l’étape. Quand on s’est retrouvé à trois, on a discuté et on a décidé de faire la course pour Elie. On a essayé de l’économiser. Ce sont mes routes d’entrainement donc je leur donnais un maximum d’infos. On savait qu’il pouvait faire quelque chose de bien, et il l’a prouvé. C’est une super performance au vu de son âge, et de la difficulté de l’ensemble du Paris-Nice. Chapeau. Je suis content d’avoir pu l’aider. Cette journée va le faire progresser et va faire progresser l’équipe. Personnellement, je savais que j’allais être un peu court, donc on a choisi le meilleur d’entre nous pour aller accrocher un bon résultat. Même si j’étais dans le dur et que ce soir je suis cuit, j’ai savouré. Entre notre belle prestation collective et le fait de rouler à domicile, c’est une journée dont je vais me souvenir. »



Laurent Pichon : « Mathias Franck a pris une pierre, ça a freiné et je vais au sol. J’étais en train de me ravitailler, je n’avais pas les deux mains sur le guidon, j’ai cru que ça allait passer, je suis resté en équilibre un moment avant de tomber. Je suis éraflé au niveau du genou et de la hanche mais rien de grave, ce n’est que le vernis. Après avoir fait le boulot pour Elie, au pied de l’avant dernière difficulté j’ai décidé d’attaquer pour me faire plaisir car je savais que ça allait être top dur pour moi. »




André Greipel : « Le départ était vraiment intense. Les attaques fusaient. J’ai suivi deux ou trois coups pour soulager l’équipe, mais finalement j’étais content de voir que nos trois meilleures chances étaient à l’avant. Elie fait une très belle étape. Je n’ai pas trop souffert, je suis resté avec le peloton et je suis monté à mon rythme. Quand je prends le départ d’une course, c’est toujours dans l’optique de la finir. »



Yvon Ledanois – Directeur sportif :  « On a fait une belle étape, il y a eu un sursaut d’orgueil après l’erreur d’hier. Ce matin, dans le bus, j’ai demandé qui fait l’étape ? Ils m’ont répondu : ‘’nous 3 !’’. Dans la première échappée, j’entends les noms de Laurent Pichon et Elie Gesbert. Dans le contre j’entends celui d’Amaël Moinard et je dis ‘’Respect !’’. Ils ont tout donné. Elie Gesbert, a craqué à mi-col de Turini, il est jeune. Je lui ai dit de se mettre à son rythme. Un peu plus tôt il avait tenté de réagir à l’attaque de Simon Yates et Lopez et il n’a pu boucher les derniers mètres. Il a sagement repris sa place dans le groupe de Philippe Gilbert. Paris-Nice est long, chaque effort se paie et Elie a fait une échappée de 180 kilomètres mercredi. En fin d’étape, en dépit de tout ça, il n’a rien lâché et a fait une placette. Il y a des places d’honneur qui ont beaucoup de valeur !

Plus tôt, Laurent Pichon avait porté une attaque. C’était un baroud d’honneur, il était déjà bien entamé après être tombé plus tôt dans la journée. Le Suisse Fränk (ag2r-La Mondiale) a pris une pierre dans une descente et a entraîné Laurent avec lui. Il s’est relevé tout de suite mais ce soir, il a le fessier d’un baboin ! Moi, aujourd’hui, j’ai vu des guerriers. Même Bram Welten qui s’est battu dans la première difficulté avant d’abandonner beaucoup plus loin. »