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Anthony Delaplace : « J’aime partager avec les autres »
Le 22 novembre 2020









Interview Grand Angle avec Anthony Delaplace, coureur au grand cœur toujours prêt à « prendre la barre » soit pour aller en échappée, soit pour rouler en faveur de ses leaders, et hors vélo passionné de gastronomie. Entretien





Arkéa-Samsic : Comment êtes-vous venu au cyclisme, Anthony ?





Anthony Delaplace : « C’est une démarche assez simple en fait : à l’école l’un de mes meilleurs amis était passionné de cyclisme. Il était littéralement « fou » de ce sport, c’était sa vie. Il m’a initié à cette pratique. Au début je n’aimais pas trop le vélo, je dois bien l’avouer. Et puis, un jour, lors d’un entraînement, mon ami a été victime d’un grave accident. Il a été fauché par une voiture. Il est tombé dans le coma, et, ensuite, quand il en est ressorti, il est resté handicapé. Ce qui lui est arrivé m’a donné envie de faire du vélo à fond, c’est vraiment lui qui m’a donné le goût pour le cyclisme ».





Arkéa-Samsic : Vous n’avez pratiqué que le cyclisme traditionnel, de la route, Anthony ?





Anthony Delaplace : « Non. J’ai effectué une demi-saison en BMX. Débuter le cyclisme à 13 ans, et surtout par le BMX, discipline très technique, ne m’a permis de m’exprimer pleinement, j’étais un peu « à la rue » par rapport aux autres sur ce plan là, c’est la raison pour laquelle je me suis réorienté vers la route ».





Arkéa-Samsic :  Vous avez connu la joie d’être sacré Champion de France chez les juniors, pouvez-vous nous décrire les sentiments que l’on vit dans ces instants-là ?





Anthony Delaplace : « Cela a été quasiment la plus grosse émotion de mon début de carrière. La « Marseillaise » retentit sur le podium. Un Championnat de France c’est quelque chose d’énorme, alors je n’imagine pas la portée émotionnelle d’une victoire  lors d’un Championnat du Monde… J’avais la certitude ce jour-là, en plus, arrivé à deux ou trois kilomètres de l’arrivée, que je ne pouvais plus être rejoint ! J’ai pu savourer, les émotions ont été fortes. Porter le maillot de Champion de France en compétition, ensuite, c’est énorme ».





Arkéa-Samsic : Depuis, pour vous, le Championnat de France est devenu une épreuve à part ?





Anthony Delaplace : « Oui, c’est cela. Un Championnat de France c’est vraiment une compétition à part. C’est une course différente des autres, le briefing la veille de l’épreuve déjà n’est pas le même, le ton, les mots choisis. Le matin au départ, il y a aussi toujours un peu de stress supplémentaire par rapport à une autre épreuve. Chez les pros certaines années, il n’y a pas lieu de rêver, car le parcours sied plus aux grimpeurs purs, aux sprinters. Mais il est clair en revanche que certaines saisons, même si je sais que la France excelle en bons coureurs, je rêve comme tout autre de ce maillot, sans nourrir de complexes, car tout peut arriver sur une telle journée ».





Arkéa-Samsic : Votre ADN cycliste, c’est d’être offensif, généreux dans l’effort, comment avez-vous cultivé ceci ?





Anthony Delaplace : « C’est juste mon tempérament, cet exemple me vient de l’application et du professionnalisme que met mon papa dans son travail. Il n’a jamais rien lâché. Il souhaite toujours aller de l’avant, donne beaucoup, se montre innovant chaque fois qu’il en a la possibilité. Je me suis, et je m’inspire toujours beaucoup de lui ! Mon papa est ébéniste menuisier à son compte, et jamais il n’a compté ses heures. J’aime aussi aider les autres en course. Tout faire pour les autres est inscrit dans mon tempérament. Le cyclisme possède une étiquette de sport individuel, celle-ci est inexacte, car l’essence de notre sport est avant tout collective. Moi, lorsque je me sais en incapacité de gagner une course, je me bats jusqu’au bout de mes forces pour aider mon leader à performer ».





Arkéa-Samsic : Une mission de capitaine de route pourrait-elle vous intéresser ?





Anthony Delaplace : « Florian Vachon qui tenait ce rôle au sein de l’équipe Arkéa-Samsic a pris sa retraite sportive cet hiver, et il est vrai que j’y pense forcément. Capitaine de route est un poste complexe à tenir aussi, car il convient de fédérer, de donner des conseils, mais également d’être en capacité de dire les choses lorsque cela ne va pas. Ce qui n’est pas simple, car il faut savoir se montrer diplomate. Il faut aussi évoquer ce rôle de capitaine de route avec la direction-sportive de l’équipe, même si la question avait déjà été abordée au cours de l’hiver précédent. Cette mission je la tiens d’ailleurs, déjà sur des épreuves de niveau intermédiaire, auprès des jeunes. Il est clair que j’aime bien les guider en course, mais également à côté du vélo. J’aime partager avec eux, leur transmettre mon expérience ».





Arkéa-Samsic : Vous nourrissez également une grande passion pour la cuisine, l’art de la table, pouvez-vous nous expliquer ce hobby qui est devenu presque au fil du temps un art de vivre pour vous ?





Anthony Delaplace : « J’aime la bonne cuisine car tout simplement j’apprécie les bons produits, manger des choses bonnes, travaillées, bien cuisinées. Je suis un épicurien. Je me suis mis à cuisiner de plus en plus. Je vais également avec mon épouse de temps en temps déjeuner dans un restaurant gastronomique. Ma plus belle rencontre a été l’Arpège, à Paris, un restaurant trois étoiles. J’aime aussi me rendre à Honfleur, au SaQuaNa, un restaurant deux étoiles. J’apprécie également d’échanger avec des chefs. L’hiver, il m’arrive parfois de faire des matinées en cuisine avec eux. J’adhère beaucoup à la manière de cuisiner du Pily, à Cherbourg, car le chef, Monsieur Marion, s’approvisionne chez les producteurs locaux, il fait son marché, va même parfois en mer pêcher avec les marins qui lui fournissent son poisson. Cette vision de la cuisine est celle que j’apprécie ».





Arkéa-Samsic : Et vous quelle sorte de cuisine vous correspond ?





Anthony Delaplace : « J’aimerais clairement devenir cuisinier après ma carrière de coureur cycliste professionnel. Ouvrir mon propre restaurant serait le rêve ultime ! Je pense qu’il faut débuter de bonne heure en cuisine pour devenir un grand chef étoilé. C’est trop tard pour moi. La cuisine qui me ressemble le plus est de type local. J’aimerais travailler des produits frais, faire du « bistronomique », pas gastronomique, pas de la brasserie. Proposer des plats traditionnels, revisités à ma façon. Il y a toujours des touches à apporter en cuisine pour qu’un plat soit différent des autres et devienne original ».





Arkéa-Samsic