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Le billet de Marc Fayet #6 – T’as voulu voir, t’as vu !
Le 6 juillet 2017

Il y a plusieurs façons de satisfaire sa curiosité : Aller voir ou demander à celui qui a vu. Pour ma part je préfère qu’on me raconte car entre ce que mon interlocuteur invente et ce que j’interprète, c’est forcément un imaginaire qui s’imposera et il ne tiendra qu’à moi de le rendre plus beau ou plus repoussant selon mon envie et mon humeur. Ainsi tel que vous me voyez, j’ai jamais vu Vesoul et je ne veux pas voir Vesoul. Cette absence d’attirance me vient de je ne sais où, certains y voient un traumatisme ancien que j’aurai subi, sorte de matraquage auditif d’une époque où un chanteur Belge voulait, parait-il, faire visiter quelques villes Françaises à sa copine. C’est peut-être de l’avoir entendu tellement dépité d’avoir cédé aux désirs versatiles de la capricieuse personne que j’ai conçu ma défiance pour ce lieu. Donc je n’irai pas à Vesoul mais en revanche, je ne sais quel attrait me pousse vers Troyes où je me suis déjà rendu à vélo car il faisait partie d’un itinéraire d’entraînement. Peut-être est-ce parce que jusqu’à la fin de mon enfance, c’est-à-dire vers 32 ou 33 ans… J’ai toujours été tardif en tout, même à mes rendez-vous… J’étais persuadé que Troyes était le théâtre de ce formidable épisode de la mythologie où le cheval du même nom avait permis cette ruse guerrière épique. C’est au troisième passage dans la ville qu’on parvint à me détromper en m’expliquant que je n’avais qu’à me diriger un peu plus au sud et très à l’Est, direction l’Asie Mineur, je pourrai ainsi tenter éventuellement de retrouver les ruines de la ville disparue… ça fait très loin en vélo et puis je n’avais pris qu’un bidon et deux pâtes de fruits, je craignais d’être un peu juste. Tout ceci pour prévenir mes amis coureurs qui, comme moi demeureraient dans quelques ignorances -à part les détenteurs de maîtrise de Philosophie, mais tout le monde ne s’appelle par Martin- qu’il ne faut pas surtout pas demander où se trouve le cheval, ils risqueraient de vous rire au nez et puis de toute manière c’est déjà le sprint et ils ne vous écoutent plus car le final s’emballe, les coursiers s’écartent pour laisser leur fougueux pur-sang lâcher les chevaux. C’est la casaque bleue toque blanche qui l’emporte, un sacré crack celui-là ! « Chauffe Marcel ! » comme l’ordonnait le chanteur Belge cité plus haut dans la chanson sur sa copine casse bonbon. Le bouillant Marcel était à 3 contre 1, alors que j’avais misé 60 contre 1 sur un autre. Je ne vous dirai pas qui c’est, mais il a terminé à 8 encolures du vainqueur. C’est pas un mauvais canasson, c’est juste qu’il manque encore de jarret pour remporter le prix de l’Arc de Triomphe, mais on n’y est pas encore et je lui souhaite de pouvoir montrer ses naseaux et se cabrer la prochaine fois pour prouver que dans sa peau d’espoir il n’est pas à l’étroit, même s’il l’était à Troyes.