Nos actualités
Le billet de Marc Fayet #7 – Mes nuits sont plus belles que vos jours !
Le 7 juillet 2017

Je ne vais pas vous faire l’énumération des crus traversés par cette journée de parcours vinicole, tout d’abord parce que je ne suis pas un grand spécialiste et puis le seul cycliste œnologue français qu’on pourrait consulter n’a pas été sélectionné pour ce tour ( Clément Chevrier le coureur d’AG2R la mondiale qui a l’amour du vin au bout de la langue et les mots pour l’exprimer au fond du gosier). Je ne vous parlerai pas de Bacchus non plus (Dionysos pour les téléspectateurs Grecs) il a déjà beaucoup à faire avec le Théâtre dont il est également la sommité divine. De plus, comme j’ai du mal à faire monter mes pièces en ce moment, je lui ai demandé de travailler avec moi plutôt que de s’opposer aux dieux du tour qui de toute manière effacent tous les autres durant le mois de Juillet. Non je vous parlerai plutôt de mes nuits, qu’elles soient de Saint Georges ou d’ailleurs, qui me renvoient à mon enfance et durant lesquelles je me voyais nettement avec le maillot jaune sur le dos. Combien de fois ai-je rêvé, à l’époque où j’étais en mal de reconnaissance, moi le timide, l’introverti, d’accomplir l’exploit qui me permettait de sortir de mon anonymat en revêtant le précieux maillot. Je n’avais bizarrement pas de concurrents à mes côtés et que ce soit sur le plat, en moyenne montagne ou en haut des plus longs cols, j’arrivais chaque fois seul et détaché, pour qu’on puisse m’admirer un peu quelques instants. Les réveils étaient toujours laborieux car j’avais beau regarder autour de mon lit, je ne le retrouvai pas, au contraire de beaucoup de coureurs qui racontent dans leur souvenirs ces premières nuits en jaune où certains se réveillaient plusieurs fois pour rallumer et voir s’ils n’étaient pas dans un rêve, et qu’il était bien là et bien à eux ce fameux paletot. Certains craignant cette angoisse nocturne avouaient même dormir avec pour être certain que personne ne leur enlèverait durant leur sommeil. C’est la différence entre eux et moi. Je l’ai eu souvent mais ne l’ai jamais touché, eux l’ont touché souvent mais ne l’ont pas eu longtemps, au contraire de certains garçons étiques qui ont tendance à se l’approprier un peu trop facilement. Mais je les préviens : ça ne va pas à tout le monde, ça peut même donner mauvaise mine alors que le vert rehausse le teint, que le blanc rajeunit et que les pois rouges apportent la fantaisie que la montagne n’inspire pas. Magies de la couleur du temps.

On dit d’un vin jeune qu’il est un peu trop vert et quand il n’est plus vert, il est mur. A Saint-Georges, c’est presque l’inverse : Le vert est devenu la robe d’un grand cru allemand qui l’a subtilisée au gentil Picard, tellement mur, qu’il était cuit ayant mal dormi sa nuit. La porte des caves de Bourgogne était difficile à franchir aujourd’hui et ils s’y sont mis à deux. Finalement c’est Marcel qui l’ouvrit car il avait la clé tandis que Dan n’était pas encore Mac Lay… Mais ça viendra et on boira du vin chambré dans la chambrée, il paraît que « Par Saint-Georges », on dort mieux la nuit après.