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Le billet de Marc Fayet #9 – Le début de la faim
Le 9 juillet 2017

Après les amuses bouches, que certains baptisent amuses gueules et dont Marcel Kittel en fut la plus harmonieuse représentation, lui le beau gosse au sourire de charmeur-gagneur, il a bien fallu entamer le hors d’œuvre et c’est celui qui fut proposé hier entre Dole et les Rousses où celui qui montra le plus d’appétit était l’Albigeois aux propos direct et à l’énergie naturelle. Il paraît que toute l’équipe a même bu du champagne après cette entrée en matière montagnarde et ce fut à propos car il s’agissait d’un chef d’œuvre pour celui qui sera certainement le nouveau chef à l’œuvre de cette équipe qui bientôt perdra deux champions d’un coup, l’un à la recherche d’une retraite bien méritée et l’autre à la recherche de traitements qu’il pense mériter. Il y a comme ça des révélations qui tombent à pic, des types à l’estomac robuste capables de s’avaler des plats plutôt épicés et qui peuvent encore faire Lamoura l’arrivée. Aujourd’hui c’est autre chose, un plat de résistance auquel certains n’ont pas pu résister et que d’autres ont à peine goûté, au mieux ils ont mangé à leur rythme en mâchant bien lentement, en mastiquant, comme on leur a appris dans leur jeunesse, pour ne pas s’étouffer tout simplement. D’autres ont à peine flairé ces côtes sans plat en se bouchant les yeux et le nez tant ils risquaient le haut le cœur, il y a comme ça des répulsions instinctives. Il s’agit surtout de ceux qui ont la bouche sucrée et qui veulent se réserver pour le dessert qui est encore très loin. Prudents ils ont voulu garder de la place et comme les montagnes qui se présentaient ne sont pas en chantilly, ils les ont gravi sans les savourer et j’en connais qui en ont même fait une indigestion. Aujourd’hui au menu de ce plat de résistants il y avait de la biche, et même du Chat et tout le monde n’aime pas ça, certains y sont même allergiques, on l’a bien vu… Car le Chat est difficile à digérer. Pris de ballonnements les plus fragiles se sont un peu déballonnés et n’ont même pas frisé les moustaches du chat qui n’a pas ronronné comme on aurait pu le craindre. L’appétit vient en montant et le grand Brice a peut-être eu la tête un peu plus grosse que le ventre devant un tel banquet auquel il n’a pas été invité car c’est un coup royal qui laissa tout le monde sous la table, une brochette sans couscous mais qui frappait un sacré coup sur la cafetière des AG2R. Hôtes des lieux ils avaient pourtant décidés d’être les chefs de rang et de cuisine. Ils avaient préparé un plat qui n’était hélas pas assez cuit, c’est un Colombien qui y apporta une touche ultime, un doigt de boyau… Le boyau c’est de la panse, de la pensée et celui qui l’emporta dû mettre toutes ses tripes quand les autres abattus présentaient leurs abats. Celui qui l’emporta se devait d’avoir une faim de loup et il ne s’est pas loupé. Beaucoup seront au bicarbonate de soude ce soir et demain sera un jour sans pour tout le monde… Un jour de diète, juste pour faire reposer le foie jusqu’à la prochaine fois.