Kévin Ledanois : « Un circuit sur le papier favorable aux routiers »

Tronquée par la situation sanitaire en France, la saison de cyclo-cross sera tout de même agrémentée de « la course de l’année », à savoir :  le Championnat de France, lequel se déroulera, demain, dans l’un des «temples » de la discipline :  à Pontchâteau, sur les terres de Jean-Yves Plaisance. Événement qui toutefois se courra à huis-clos.

Sébastien Hinault

” Peu de repères”

« Ce sera l’inconnue, forcément, Clément Russo et Kévin Ledanois disposeront de peu de repères. Nous possédons néanmoins une culture cyclo-cross au sein de l’équipe Arkéa-Samsic, avec des coureurs tels que Clément et Kévin qui apprécient la discipline. Le Championnat de France compte pour nous. Il s’agit de la première course cycliste de l’année, raison pour laquelle nous serons présents, dimanche, sur le circuit de Coët Roz. Nous allons essayer de viser le podium, même si nous savons que ce sera compliqué par rapport aux coureurs qui ont eu la possibilité de courir des courses en Belgique en guise de préparation. Le parcours de Pont-Château favorise souvent les routiers. Il est physique, cela peut-être un atout supplémentaire en faveur de Clément et de Kévin »

Clément Russo

« Cela reste une course d’un jour »

« Le cyclo-cross reste ma discipline de cœur même si j’ai effectué peu d’entraînements spécifiques cette année. Je souhaitais néanmoins être au départ du Championnat de France afin de représenter les couleurs de l’équipe Arkéa-Samsic, mais aussi par respect envers les organisateurs, lesquels oeuvrent d’arrache-pied afin de nous proposer une compétition, malgré la situation sanitaire que l’on connaît. Je pense être dans une bonne condition physique. Je n’ai pas un objectif précis, car je dispose de peu de repères cette saison. Un championnat de France reste toutefois une course d’un jour avec tout ce que cela peut comporter. Des surprises ne sont jamais à exclure surtout cette année avec très peu d’épreuves programmées au cours de l’hiver en France, mis à part pour les coureurs qui ont effectué une partie du calendrier hors de nos frontières ».

Kévin Ledanois

« Par reconnaissance envers Jean-Yves Plaisance »

« Ce championnat de France de cyclo-cross 2021 sera forcément particulier, avec des inconnues pour moi comme pour la plupart des coureurs. Je ne nourris pas d’ambitions particulières cette saison, dans la mesure, où Pontchâteau sera mon seul et unique cyclo-cross de l’année. Je dispute ce Championnat de France parce qu’il est proche de mon domicile, mais également par reconnaissance envers les organisateurs, et notamment Jean-Yves Plaisance qui s’est battu pour sa course, et le cyclo-cross, une fois encore. Mon objectif principal sera de prendre du plaisir demain. J’apprécie le parcours de Coët Roz, car il est sur le papier favorable aux routiers. On verra bien de toute manière le moment venu ».

Arkéa-Samsic

Clément Russo : « J’ai terminé fort »

Clément Russo, 6e

Clément Russo a pris la 6e place des Championnats de France de cyclo-cross après une très belle remontée dans le final de la course

 

Clément Russo, 6e

« J’ai connu deux courses. Difficile sur la première partie, puis je change de vélo, je mets un peu moins de pression. J’étais plus à l’aise sur la deuxième partie, et cela s’est débloqué. J’ai pu accélérer, remonter des concurrents. Je suis davantage satisfait de ma deuxième partie de Championnat, même si forcément ce n’est pas le résultat que j’escomptais. J’espère revenir l’an prochain…»

Anthony Delaplace, 22e

« Je ne suis pas un spécialiste du cyclo-cross, mais ici, chez moi, dans la Manche, j’ai pris énormément de plaisir, mis à part le premier quart d’heure du fait que je suis parti loin sur la grille. Mais j’ai su trouver les moyens afin de me remobiliser et faire ma course ».

Benoit Jarrier, 27e

« J’ai été gêné par un autre concurrent qui n’a pas voulu me laisser passer, il le force même, chute devant moi et je tombe avec lui. Je casse de surcroit le boa de ma chaussure, et je dois en changer, le temps de repartir, de resserrer, je perds bien une minute au total »

Kévin Ledanois

« Eddy Finé déchausse devant moi au départ, j’ai failli faire la même chose que lui ! Je commets une erreur technique dès le premier virage. J’ai déraillé ensuite en haut des marches, puis je tape la main dans un piquet. Une vraie journée cauchermardesque »

 

Arkéa-Samsic

 

Clément Russo : « Retenir le positif »

Clément Russo a pris la 5e place du cyclo-cross d’Eyrmoutiers-Montbron
Crédit Photo Zoe Soullard-Direct Vélo

« Il a fait un très mauvais temps, je n’étais pas très bien chaussé en boyau au début de la course. J’ai changé de type de roues et de boyaux, et cela allait mieux. J’ai fait une belle remontée, j’ai occupé la 2e place, et je suis tombé, j’ai perdu le podium mais je parviens à réaliser un top 5 malgré tout.  Je réalise un week-end régulier.  Je tiens à garder le positif du cyclo-cross d’Eymoutiers, et mon podium, samedi, dans la Loire”.

Arkéa-Samsic

Clément Russo : « J’ai pris du plaisir »

 

Clément Russo à la conquête de la deuxième place.
Photo Arkéa-Samsic

Une semaine après Valence, en Espagne, Clément Russo a décroché un nouveau podium en cyclo-cross, cette fois à Méons, dans la Loire.

 

« Je termine troisième la semaine passée à Valence, en Espagne, deuxième ici. J’ai pris du plaisir sur ce cyclo-cross. La condition arrive petit à petit, mon but est toujours à l’identique : être dans la meilleure condition le Jour J, celui des Championnats de France, à Flamanville (12 janvier). Je veux briller là-bas, et je vise le meilleur résultat possible, sans m’interdire de rêver ».

 

Arkéa-Samsic  

Clément Russo « J’ai pris du plaisir »

Clément Russo
Photo Arkea-Samsic, Elen Rius

Clément Russo même s’il devenu un routier à 100% prend toujours autant de plaisir à pratiquer le cyclo-cross. 5e des Championnats régionaux Auvergne-Rhône-Alpes, le coureur de l’équipe Arkea-Samsic a réalisé une belle prestation pour son deuxième cross de l’hiver.

Clément Russo va crescendo. Comme à son habitude quand il dominait la discipline chez les Espoirs, le coureur d’Arkéa-Samsic a un objectif en tête le mois de janvier, et il sait qu’avant cette échéance toutes les épreuves auxquelles il va participer lui serviront afin de sans cesse bonifier sa condition sportive. Le Championnat régional Auvergne-Rhône-Alpes en était une, et sur cette course il a d’ailleurs croisé le meilleur grimpeur du Tour de France, Romain Bardet (6e). « J’ai eu de meilleures sensations cette semaine que lors du cyclo-cross de Lanarvily voici huit jours, indique Clément. J’ai pris énormément de plaisir sur ce Championnat Auvergne Rhône-Alpes 2019. Je ne sais que je ne me trouve pas encore au meilleur de ma condition physique, la saison ne fait que débuter pour moi, quasiment, alors que nombre de coureurs ont déjà pas mal de cyclo-cross de disputées. Je suis motivé pour la suite de la saison hivernale, et pour moi l’objectif principal est daté à la mi-janvier ».  Concernant le déroulé de la course du jour, Clément Russo ajoute : « J’étais au contact des premiers, mais malheureusement, j’ai chuté. Mon dérailleur a cédé sous l’effet du choc, je suis reparti de fait assez loin après avoir dû changer de vélo »

 

 

Arkéa-Samsic

 

Arkea-Samsic version 2020 avec Vachon, Jarrier, Ledanois et Russo

La formation Arkea-Samsic est heureuse d’annoncer les prolongations de contrats de Florian Vachon (2020), Benoit Jarrier (2020), Kevin Ledanois (2021) et Clément Russo (2021).

Emmanuel Hubert – manager général : « L’équipe poursuit sa progression, mais cela se fait de manière naturelle car nous avons travaillé avec des bases solides. Ce n’est pas parce que Nairo Quintana arrive que nous allons tout jeter aux oubliettes, au contraire. Je fais confiance à Florian Vachon et Benoit Jarrier, qui sont deux cadres importants pour le vestiaire et pour la tactique de course. Je suis content de les savoir parmi nous pour la saison prochaine, qui s’annonce charnière. De son côté, le jeune Clément Russo, s’est révélé cette année sur route. On doit continuer à l’encadrer mais je pense qu’il va encore nous surprendre dans les saisons à venir. Comme Kévin Ledanois, ce sont de très bons équipiers et des garçons qui peuvent jouer leurs cartes. Ils sont des maillons importants pour l’équipe.  »

Florian Vachon : « Nous sommes sur la même longueur d’onde avec Emmanuel Hubert, il n’y a pas eu besoin de longs discours. Je sais quel sera mon rôle en 2020. Je ressens beaucoup de confiance et de reconnaissance de l’équipe. Je vais entamer ma onzième saison dans l’équipe Arkea-Samsic. J’ai observé et participé à son évolution. Il y a deux ans, le recrutement de Warren a fait beaucoup de bruit, il sortait d’un énorme Tour de France. Cette année, l’équipe a attiré Nairo Quintana, il est du même calibre que Warren mais avec une dimension internationale unique ! L’équipe se structure, l’envie des acteurs est là et je suis très content de faire encore partie de cette aventure et de son ascension.
Ce sera ma dernière année en tant que cycliste professionnel et je me sens toujours prêt à m’investir à 200%. Je veux terminer, comme j’ai commencé, en me faisant plaisir ! Dans les courses, j’aime toujours autant piloter au milieu du peloton et aller frotter. J’ai trouvé ma place pour épauler les leaders. Je pense avoir le recul et le vécu pour apporter un regard différent ! »

Benoit Jarrier : « Je remercie l’équipe pour la confiance qui m’est accordée depuis huit ans. Après Florian Vachon, je suis le plus « ancien » coureur de la formation ! Au fil des années, j’ai senti que mon rôle de capitaine de route se dessinait. Les directeurs sportifs me demandent de prendre des décisions en course et de mener le groupe, c’est une vraie preuve de confiance. L’équipe évolue progressivement et franchit un nouveau cap notamment avec l’arrivée de Nairo Quintana. Pour ma part, ça ne changera pas ma mission. Sur 80% des courses, j’ai un rôle d’équipier, je roule pour mes leaders et ça me plaît ! Sur quelques épreuves, on me laisse ma chance et j’avoue qu’il y a toujours des courses qui me font rêver comme le Tro Bro Leon ! Notre équipe grandit et on va pouvoir avoir des groupes plus dessinés pour travailler ensemble et prendre nos automatismes, c’est un vrai plaisir ! »

Kevin Ledanois : « C’était un rêve de devenir coureur professionnel et ça fait déjà cinq ans que je le réalise au sein de la formation Arkea-Samsic. Ma chance est que l’équipe évolue d’année en année. Elle m’offre la possibilité de découvrir des épreuves et d’apprendre auprès de grands leaders. La direction sportive nous présente chaque année de nouveaux défis, c’est motivant et excitant. Je suis content d’en faire partie pour les deux prochaines saisons. L’équipe me fait confiance dans la préparation de ma saison et me laisse faire du cyclo-cross, c’est important pour moi. Je sens que je progresse mais que je peux toujours faire mieux. Travailler pour mes leaders, ça me plait. On connaît la difficulté de notre sport et si on peut aider un leader à performer, c’est une satisfaction. »

Clément Russo : « J’avais vraiment à coeur de rester dans l’équipe Arkea-Samsic, je m’y sens bien. Le travail est commencé et il faut le continuer. Je ne me voyais pas aller ailleurs. Ma première année était assez difficile car je suis arrivé blessé dans l’équipe mais cette année j’ai énormément appris. J’ai décroché ma première victoire professionnelle en remportant le classement général au Tour de la Communauté de Madrid. Je retiens un travail collectif exceptionnel ! Sur toutes les compétitions je retiens du positif, on a une bonne équipe, on s’entend bien : ça donne envie d’aller en course. L’équipe prend une nouvelle dimension cette année avec l’arrivée de coureurs de renom, c’est bien pour tout le monde. Personnellement, j’espère continuer à progresser, donner le meilleur pour l’équipe et apporter le maximum de résultats. »

Clément Russo échappé, Bram Welten à terre

Yvon Caër, directeur sportif : “L’échappée de 14 coureurs a mis beaucoup de temps à se dessiner, près de 80 kilomètres, mais elle est allée au bout. Clément en a fait partie, en compagnie de coureurs tels que Dempster, Riesebeek (Roompot-Charles), Havik (Beat Cycling) qui a gagné à Zottegem ou Wippert (EvoPro). Malheureusement il a été pris de crampes dans la dernière côte à 10 kilomètres de l’arrivée et a été contraint de ralentir. Hier, il avait été échappé pendant 170 kilomètres et a connu un problème de santé qui n’était pas neutre et il l’a sans doute payé mais ça va. Au cours de cette course, Bram Welten est tombé lourdement et se plaint de l’épaule. Il a essayé de reprendre la route mais ne parvenait pas à bien serrer son guidon. Il s’est arrêté et a passé des radios qui n’ont pas révélé une fracture. C’est à suivre… Sinon, Robert Wagner et André Greipel ont fini dans le peloton. A présent nous nous rendon à Hambourg pour disputer la Cyclassics dimanche.”

Clément Russo : ” C’était ma reprise après le Tour du Portugal où je n’ai pas terminé fatigué. C’était bien parti hier au Grand Prix Zottegem en étant dans l’échappée avec André Greipel et Benoît Jarrier mais j’ai été pris de vomissements en pleine course. Aujourd’hui je suis reparti super motivé pour faire quelque chose de bien, je me suis retrouvé devant dans l’échappée partie assez tard aux alentours du kilomètre 80. Tout se passait bien et à dix kilomètres de l’arrivée, je n’avais plus rien dans les jambes. Je suis déçu, j’avais de bonnes sensations mais je n’étais pas très juteux. J’en ai discuté avec Benoît Jarrier qui a de l’expérience, il m’a rassuré…Hier malade, aujourd’hui plus de force, j’espère que la prochaine sera la bonne car il ne me manque pas grand chose !”

Très belle deuxième place de Clément Russo

Clément Russo avait des regrets mais il a pris une très belle deuxième place dans la troisième étape du Tour du Portugal gagnée au sprint par Daniel Mestre (W52-FC Porto). Suppléant Bram Welten dans le dernier kilomètre, il a sans doute abordé la dernière ligne droite un peu trop loin mais son effort dans les deux-cents derniers mètres a été impressionnant.

Clément Russo : « C’est dommage, ça se joue vraiment à pas grand chose. Bon… ce matin je ne pensais pas faire un podium. A la base on voulait emmener Bram car ce n’était pas aussi dur qu’hier. On a tous bien bossé aujourd’hui, l’arrivée pouvait être pour Bram et j’avais aussi une possibilité de la jouer en fonction des circonstances. A moins d’un kilomètre j’ai compris que je devais y aller, je suis bien remonté mais il m’a manqué du placement  à l’entrée du dernier virage pour pouvoir gagner.  C’est dommage…mais c’est quand même agréable de jouer la gagne, pour la confiance, pour la suite de la saison. On a une bonne équipe, il y a une bonne ambiance, on a bien travaillé cet été et on travaille bien ici, ce serait vraiment bien de décrocher une victoire ! »

Yvon Caër, directeur sportif : « Aujourd’hui, il y avait une forte chaleur, la température oscillant entre 36 et 40 degrés et la moyenne d’une étape du Portugal a été respectée, il y avait encore aujourd’hui, pour une étape plate, 2.200 mètres de dénivelé. Nous avions désigné Bram Welten pour faire le sprint mais à trois kilomètres de l’arrivée, il y avait une côte à 5% suivie d’une portion de plat. A 700 mètres de la ligne, Bram a compris qu’il n’aurait pas les jambes et il a donc travaillé pour Clément Russo. A la sortie du dernier virage, dans le sillage de l’équipe W52-FC Porto, il est un peu loin mais dans les 200 derniers mètres c’est bien Clément le plus rapide !
Oui, il est déçu mais une deuxième place ici, ce n’est pas rien. Clément est un gagneur et il a vu dans son effort qu’il allait vite mais combien de sprints a-t-il fait chez les pros pour gagner ? Pas plus de cinq et le plus souvent pour aider un équipier. Lors du Tour de la Communauté de Madrid en mai, il envoyait les copains mais là, il sait qu’il peut le faire. A l’avenir, il doit donc prendre des risques dans le placement pour sprinter de loin.
Je dois dire que nous avons une dynamique d’équipe extraordinaire, Maxime Daniel est méconnaissable depuis deux jours, il travaille toute la journée en abritant ses équipiers jusqu’au panneau des cinq kilomètres. Demain c’est difficile, avec une arrivée à Torre au sommet d’un col long de 20 kilomètres. C’est donc à Brice Feillu de jouer. Il va bien, il a la banane et il veut se battre pour un Top 10 au général. »

Romain Hardy gagne à Moûtiers !

Romain Hardy attendait ce jour depuis sa victoire dans le Tour du Doubs en septembre 2017… Fort bien soutenu par ses équipiers et notamment dans le final par Connor Swift et Clément Russo, il s’est imposé jeudi dans la première étape du Tour de Savoie-Mont Blanc et a endossé le maillot de leader. Clément s’est adjugé la troisième place !

Romain Hardy, 1er : 

« J’ai levé les bras, je suis vraiment content. Depuis le début de saison je tourne autour. Je pense que je méritais de retrouver cette sensation et c’est chose faite aujourd’hui. Je suis quelqu’un qui ne gagne pas beaucoup, je fais souvent des places mais je suis aussi souvent déçu. En dix ans, je n’ai gagné que quatre fois alors aujourd’hui je la savoure cette gagne ! Même si ce n’est « qu’une » classe 2, la victoire ne tombe pas dans les mains. Je tiens à souligner que sans mon équipe je n’aurais pas gagné. Ils ont fait un super boulot, tout le monde ! Alan (Riou) et Thibault (Guernalec) ont fait le tempo toute la journée, Romain (Le Roux) a passé un gros relais dans le final, Connor (Swift) a fait un énorme boulot jusqu’à un kilomètre de l’arrivée et Clément (Russo) m’a déposé dans un fauteuil jusqu’à la ligne. Ce qui est génial, c’est que ça s’est passé comme on l’avait dit ! »

Clément Russo, 3ème :

« C’était une journée parfaite. On est l’équipe attendue ici et on a pris les choses en main, on a assuré notre rôle. On a fait sur le terrain exactement le plan prévu : contrôler la course avec l’échappée, rouler toute la journée, rouler pour placer Romain avant le sprint. Je l’ai emmené jusqu’à 80 mètres de la ligne, il me double à 40 mètres. Je lui ai dit pendant l’étape : « Il n’y a pas de problème, je me sens bien, je vais tout faire pour t’emmener à la perfection », et ça l’a fait. J’ai pu aussi lever les bras car je viens faire troisième. Ca me permet de rendre la pareille à Romain qui avait terminé troisième du Tour de Madrid quand j’avais gagné. C’est un vrai plaisir, que du plaisir ! »

Sébastien Hinault, directeur sportif :
 « C’est super. Tout s‘est déroulé comme on l’avait prévu ce matin au briefing, il faut le souligner, c’est rare ! On a laissé partir une échappée de quatre coureurs pour gérer et mettre d’autres équipes à contribution. Vanthourenhout (Pauwels-Sauzen), Luksevics (Amore e Vita-Prodir), Aubert (CC Etupes) et Lutolf (Swiss Racing Academy) se sont échappés. Aubert a été distancé dans la descente du Col du Frêne, Vanthourenhout s’est relevé après le sprint intermédiaire et Lutolf a été le dernier repris à moins de 15 kilomètre de l’arrivée. Thibault Guernalec a roulé une partie de la journée et dans le final Connor Swift a fait un super boulot en prenant un relais de trois kilomètres avant de laisser Clément Russo faire le dernier kilomètre qui était tortueux. Il y avait deux rond-points à 800 et 500 mètres de la ligne d’arrivée, et deux virages, le premier à 200 mètres et le dernier à 80 mètres. Ce final, c’était tout bon pour Romain et Clément qui sont très adroits sur le vélo. Notre objectif est d’ores et déjà rempli, on va être un peu plus détendus ! Demain, nous grimperons le Col de la Madeleine d’entrée de jeu et après une grande partie de plaine, l’arrivée sera jugée au sommet de La Norma. »

Clément Russo : « J’apprends à ne rien lâcher ! »

Quatre jours après la première victoire de sa carrière dans le Tour de la Communauté de Madrid, Clément Russo était heureux d’enfourcher de nouveau son vélo jeudi matin sur les routes de la Côte d’Azur où il vit. A 24 ans, après avoir été un cyclo-crossman reconnu, il dispute une deuxième saison professionnelle sur route prometteuse. Lui même le dit, il a franchi un cap et se fait plaisir au sein de l’équipe Arkéa-Samsic.

Clément, comment se porte le vainqueur du Tour de la Communauté de Madrid ?

Je suis sur mon petit nuage depuis le début de la semaine. Je viens d’observer une micro coupure de trois jours sans vélo et j’en ai profité. C’est vraiment une bonne chose de gagner cette course par étapes, qui plus est c’est ma première victoire pro. J’espère que ce n’est que le début.

Tu es un coureur émergent du peloton français mais tu es encore méconnu. Tu nous racontes ton histoire ?

J’ai commencé le vélo à 5 ans, en pré-licencié, à Charvieu-Chavagneux, club du nord-Isère réputé pour sa tradition du cyclo-cross. Beaucoup de bons spécialistes sont passés dans ce club. Bien sûr, j’y ai pratiqué le cross et la route mais c’est l’hiver, depuis les Cadets, que j’ai obtenu mes meilleurs résultats. Je suis resté à Charvieu-Chavagneux jusqu’en première catégorie et j’ai rejoint pendant deux ans le club de Saint-Etienne-Loire dirigé par Gilles Mas. C’était un club de DN1 qui me proposait un programme de course plus chargé avec les épreuves de Coupe de France. J’ai toujours rêvé d’être un coureur professionnel mais c’est au cours de ces deux ans que je me suis dit qu’il fallait que je m’en donne les moyens. Jeune, j’ai admiré Chavanel et Voeckler, Contador et Andy Schleck.

Tu es originaire de cette région ?

J’habite à Antibes depuis l’an dernier mais je viens du Nord-Isère en effet. J’ai vécu plus près de Lyon que de la montagne. En entrant au Lycée, en Cadet 2, j’ai intégré le sport-études du pôle espoirs de Saint-Etienne. Pendant sept ans, j’ai grandi auprès de l’ancien professionnel Dominique Garde qui m’a beaucoup apporté. Comme j’étais à Saint-Etienne, j’ai été stagiaire de l’équipe ag2r-La Mondiale à la fin de 2017 avant de faire mes débuts professionnels l’an dernier dans l’équipe d’Emmanuel Hubert. Mon CV était surtout celui d’un crossman. J’ai été champion de France chez les juniors et les espoirs, deuxième d’un championnat d’Europe… non je devrais dire premier derrière Matthieu Van der Poel et j’avais fini cinquième d’un championnat du monde chez les espoirs.

Comment s’est passée ta première année professionnelle ?

J’ai été blessé en début de saison, au cours du premier stage hivernal et ç’avait traîné un peu. J’avais repris le vélo en mars, j’avais disputé ma première course début mai. C’était dur, je ne m’attendais pas être sur la touche. Ensuite, la forme est revenue assez vite, je me suis fait plaisir durant l’été et j’avais obtenu mon premier Top 10 dans la Polynormande que j’avais fini à la neuvième place.

Cette année, en revanche, tu sembles avoir trouvé tes marques ?

Ce début de saison, c’est vrai, j’ai franchi un cap. J’ai fait un bon hiver, je me suis bien entrainé contrairement à l’année d’avant, j’ai fait des courses du début de saison tout en devant digérer celle de cyclo-cross que j’avais ponctuée par une quatrième place au championnat de France. J’étais un peu déçu en février, je n’avais pas une bonne condition mais il y a eu un petit déclic en mars en enchainant Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Samyn et Nokere Koerse et depuis j’ai pu encaisser des courses longues. Je me sens de mieux en mieux. Cela fait deux mois que je progresse bien. Je me fais plaisir.

Tu pensais à la victoire en débutant le Tour de la Communauté de Madrid ?

Quand j’ai ma chance, quand on me donne l’opportunité de faire un résultat au sein de mon équipe, dans la tête je veux toujours gagner. Je pensais plus à lever les bras dans une étape que de m’adjuger le classement général. Le soir de la deuxième étape, je me le suis mis en tête. La stratégie d’Yvon Caër était la bonne, il était intéressant d’avoir plusieurs cartes à abattre. Le premier jour, dans le sprint nous avons été trois coureurs d’Arkéa-Samsic dans les dix premiers, ça a pu paraître bizarre mais c’était la bonne stratégie. Le dernier jour, on gagne l’étape et le général.

C’est une journée qui marquera ta vie ?

A ce jour, c’est ma plus belle journée de coureur pro. A Madrid, j’ai gagné pour la première fois et j’avais aidé un équipier à s’imposer dans le sprint ! Cela concrétise notre bonne dynamique depuis un mois. Souvent, nous n’avons pas été loin de gagner. Ces deux victoires étaient une récompense mais c’est difficile de gagner. Dans le peloton, le niveau est très homogène et il y a trois équipes World Tour qui gagnent beaucoup. C’est compliqué de faire la différence à moins d’être un phénomène comme Matthieu Van der Poel. Ces deux victoires nous réconfortent et démontrent qu’on est sérieux, qu’on travaille bien et ensemble. Je ne doute pas qu’on va le refaire.

Commences-tu à esquisser le coureur que tu peux être ?

Je ne suis pas un excellent grimpeur, plus un puncheur-sprinteur. Dans la deuxième étape vallonnée du Tour de la Communauté de Madrid, il y a trente-cinq coureurs devant, j’y suis. Je pense que je peux gagner dans ce type de situation mais au départ de toutes les courses, j’envisage le meilleur résultat possible pour moi et pour l’équipe.

Ta grande qualité est également ton aisance technique ?

Au cyclo-cross, on travaille beaucoup la technique et l’agilité sur le vélo. Dans les courses où ça frotte et il y en a beaucoup, je laisse moins de jus. C’est pas mal d’énergie économisée. Cette saison, il y a beaucoup de chutes, c’est très nerveux et il faut être adroit. C’est un atout. Ça m’arrive de tomber mais pas une seule fois cette année, je touche du bois. Je n’ai pas peur de moi dans le peloton mais des autres. Cette agilité, je peux également l’exploiter dans les contre la montre courts, j’aime bien cet effort surtout si c’est technique. En gros, c’est une discipline que j’apprécie mais rester en position pendant une heure, forcer en étant dans cette position, il faut beaucoup le travailler pour entrevoir un résultat.

Quelle est la suite de ton programme ?

Je vais reprendre comme Warren Barguil dans les deux courses bretonnes des 1er et 2 juin, le Grand Prix de Plumelec et le Boucles de l’Aulne à Châteaulin. Il me faut être plus agressif sur mon vélo, plus méchant lors des arrivées groupées. J’apprend à ne rien lâcher !

Deux victoires et deux podiums le même jour

Maxime Daniel premier de la troisième étape du Tour de la Communauté de Madrid, Clément Russo troisième et vainqueur du classement général, Romain Hardy deuxième de ce même classement… Toute l’équipe Arkéa-Samsic est récompensée à Madrid de son travail par cette salve de résultats confirmant son potentiel !

Clément Russo, vainqueur du classement général 

 « Enorme, trop cool. La journée parfaite, la semaine parfaite ! On a eu raison de faire ce qu’on a fait depuis la première étape. Aujourd’hui on a plus que ce que l’on imaginait, Max gagne l’étape, moi le général…On a eu un super collectif, un grand grand grand merci à toute l’équipe. Ils ont été exemplaires, extraordinaires pendant les trois jours. Je leur dois la victoire, c’est clair et net. On a passé trois jours énormes.

Dans le sprint, il fallait qu’il y ait au moins trois places entre le maillot jaune et Romain ou moi. Je me suis retourné et j’ai compris que c’était pour nous. En plus Max gagne….vraiment le truc de fou, il y a eu une explosion de joie, des cris. C’est ma première victoire pro. Gagner un classement général c’est énorme. Ca faisait un moment que je n’étais pas monté sur un podium. On a partagé le podium avec Romain puis Max…c’est des supers moments.

Le moment le moins drôle de la journée c’est la chute d’Alan Riou à 1,5 kilomètres de l’arrivée à environ…sur le coup on était tous un peu touchés. C’est toujours dur de voir un coéquipier tomber surtout qu’il a fait du super boulot tout au long des trois jours. Il fallait rester mobilisés. Flo (Vachon), notre capitaine nous a dit dans l’oreillette « Allez les gars, pour Alan il faut le faire ». C’était le coup de boost pour repartir en une seconde. On avait les crocs ! »

Romain Hardy, 2ème du classement général

“Si ce n’était pas Clément ou un autre coureur de l’équipe qui avait gagné, j’aurais été déçu de terminer deuxième. Là c’est top pour l’équipe, pour Clément qui décroche sa première victoire chez les professionnels. Sur l’étape on est trois coureurs de l’équipe dans les quatre premiers…c’est presque exceptionnel. On n’avait pas défini à l’avance qui devait jouer la gagne entre Clément et moi. La consigne était que je devais lancer mon sprint dans sa roue. On a gagné, c’est ce que ça a marché.

Je suis content aussi pour Yvon Caër, notre directeur sportif. Il avait mis en place une stratégie dès la première étape qui avait un peu fait polémique. Au final, on peut être fiers d’avoir pris cette option, ça nous donne raison ! C’est super.”

Yvon Caër, directeur sportif 

« Ce matin, au départ, j‘ai dit qu’il fallait avoir une mentalité de tueur pour faire le sprint, en s’occupant de la gagne de l’étape, pas du général. On est allé au-delà de ce qu’on pensait ! Dans le sprint, Franck Bonnamour a tenu la barre jusqu’aux 500 mètres, Florian Vachon a pris la suite mais tellement bien que Maxime Daniel n’avait plus qu’à déboiter pour lever les bras même si Barbero (Movistar) l’a chatouillé un peu. En se retournant il a vu que Clément Russo prenait la troisième place pour gagner le général et Romain pour faire deuxième. C’est une journée irrationnelle… Ces derniers temps on a souvent parlé d’un manque de réussite mais ça ne veut rien dire. Ici, on a voulu bien faire en étant connecté à l’équipe et on obtient beaucoup de résultats, deux victoires et deux podiums ! Dans la voiture, quand j’ai entendu qu’on a gagné l’étape, c’était génial, et puis j’ai entendu pour le général. Si on m’avait dit ça ce matin, j’aurai dit au groupe ‘’restons calme’’.
Cette victoire confirme que Maxime Daniel a un potentiel extraordinaire mais il doit s’installer dans la stabilité, dans un niveau de performances constant. Pour le ‘’petit’’ Russo, on se rend compte qu’il a du talent . Flo Vachon est un grand monsieur. Par exemple, j’ai vu ce qu’il a fait pour Clément Russo dans l’étape de samedi… C’est un capitaine de route très pro, très intègre et cash. C’est aussi son métier mais il le fait bien. Romain Hardy a joué collectif. A l’arrivée, il était heureux et mesuré parce qu’il veut performer encore et en gardant à l’esprit que c’est le Tour de la Communauté de Madrid par le Critérium du Dauphiné mais peu importe, on a su faire ce qu’il a fallait !
Maintenant, je retiens surtout que les coureurs disaient à l’arrivée que s’il avait manqué un élément de ce groupe, on n’aurait pas fait ça. Tout le monde a mis toutes ses cartouches dan le combat et on a fait ce qu’on devait faire. »

Maxime Daniel “on a fait quelque chose de bien”

Maxime Daniel a décroché la deuxième victoire de sa carrière sur l’ultime étape du Tour de la Communauté de Madrid. Il a devancé au sprint, Niccolo Bonifazio (Total Direct Energie). Il raconte…

“On a fait quelque chose de bien là…On ne pouvait faire mieux ! Il se passe plein de choses dans ma tête, beaucoup d’émotions. Ces émotions qu’on aime avoir quand on fait du sport de haut niveau. On fait de la compétition pour gagner et le jour où ça arrive…Il faut bien que la roue tourne à un moment donné, sinon ce n’est pas logique. Je suis hyper heureux d’inverser la tendance. Ca fait un petit moment que je tournais autour de la victoire, au Tour de Bretagne j’avais été très frustré d’avoir crevé sur l’étape de Chateaubriant. J’ai réussi à ne pas me démobiliser car j’aurais pu baisser les bras. Je me suis dit : « je tiens une bonne forme, il faut en profiter et essayer de voir à Madrid si je peux retenter le coup et faire quelque chose de beau ». Sur la première étape j’avais déjà eu des éléments de motivation. Je me sens vraiment bien en ce moment et j’avais senti Bonifazio dans ma roue qui avait du mal à me passer devant. Dans ma tête j’ai vite compris que je pouvais faire jeu égal avec lui.”

« On a compris qu’on faisait coup double »

« Au moment où je veux lancer, Carlos Barbero m’envoie un peu dans les barrières, je suis obligé de me rasseoir et c’est presque cela qui me fait gagner car je lance mon sprint de beaucoup plus loin, mon lancement est décalé. Je trouve l’ouverture. Bonifazio me remonte sur la gauche, j’ai réussi à remettre une dent et ça l’a fait. Sur le moment je suis super heureux car je passe la ligne et je sais que je gagne. Directement je me retourne pour voir où sont les autres, si Clément et Romain sont bien dans ma roue pour le général. On a regardé très rapidement où étaient nos concurrents, tout s’est joué en quelques secondes mais on a vite compris qu’on faisait coup double.»

« C’est l’instinct » 

« Les sprints c’est comme ça, l’instinct, il faut avoir le bon feeling au bon moment. Déjà quand tu es bien emmené par tes équipiers, il y a 80% du travail qui est fait. Franchement il n’y a rien à redire, on a gagné l’étape et le général, Romain est sur le podium…c’est toute l’équipe qu’il faut féliciter. Il faut qu’on continue dans cette dynamique là. On va en gagner d’autres en additionnant nos forces comme on l’a fait aujourd’hui. »

« Content de délivrer l’équipe avec Clément »

« Je suis content ça fait un moment qu’on tourne autour. On mérite de gagner, on le mérite tous. Hyper content de délivrer l’équipe avec Clément. Mais on ne va pas se reposer là-dessus, notre deuxième partie de saison commence maintenant !

C’est la deuxième victoire de ma carrière, après celle au Tour du Portugal en 2013. Je me dis que la chaleur me va bien…je devrais plus courir au soleil. Aujourd’hui je suis heureux mais il y a plein de monde autour de moi qui doivent l’être aussi. Dans mon secteur il y a beaucoup d’acharnés de cyclisme qui me supportent et aujourd’hui je suis content de pouvoir leur donner cette victoire. »

Clément Russo : “passer en mode méchant”

L’équipe Arkéa-Samsic a placé trois de ses dix coureurs dans les dix premiers de la première étape du Tour de la Communauté de Madrid. A Aranjuez, après l’échappée d’Alan Riou, Clément Russo est troisième de l’étape, Maxime Daniel quatrième et Romain Hardy septième.

Yvon Caër, directeur sportif
« Aujourd’hui on avait une double stratégie. Maxime Bouet et Florian Vachon s’occupaient de Max Daniel en prévision d’un sprint tandis que Clément Russo et Romain Hardy avaient carte libre. Ici, le classement général se fait à la place. Samedi un groupe moins conséquent se présentera sur la ligne d’arrivée, un peu plus de trente coureurs peut-être dont Romain et Clément sans aucun doute. Pour eux, chaque jour va compter ! Aujourd’hui, dans le sprint, après un bon travail de Maxime Bouet dans le final, Florian Vachon s’est écarté à 250 mètres de la ligne d’arrivée. Il avait derrière lui Maxime et Clément. A ce moment, Bonifazio (Total-Direct Energie) a délogé Clément et l’Italien a gagné. Gêné, Clément n’a pas fait le sprint espéré et s’il était resté dans la roue de Maxime Daniel, il aurait pu gagner ! Ce soir, nous avons trois coureurs dans les dix premiers. C’est bien mais ça ne nous convient pas ! »

Clément Russo (3ème)

« On avait deux cartes, Maxime Daniel pour le sprint, et Romain Hardy et moi en electron libre en vue du classement général. Il n’y a pas de bonifications donc ça peut se jouer « à la place » sur les trois jours.  Dans le sprint, Florian Vachon a emmené Max Daniel, j’étais dans sa roue. Mais juste derrière, Niccolo Bonifazio m’a sorti de la roue de Max au moment où il a lancé son sprint. Il a fait une belle vague, j’étais pas loin de me prendre les barrières sur la droite. Je me suis dit « ça passe ou ça casse ». Je n’ai pas fait énormément de sprints massifs cette saison mais je vais les travailler. Je vais passer en « mode méchant ».

“On n’est pas venu chercher un Top 10”

Il reste deux étapes à disputer dans le Tour de Bretagne et elles seront décisives. Celle d’aujourd’hui entre Rougé et Le Ferré est revenu à un coureur échappé, le Kazakh Luchshenko (Astana City) et le maillot de leader est tombé sur les épaules du Suisse Lienhard (IAM Excelsior). Clément Russo et ses équipiers ne veulent pas se contenter d’un Top 10 au classement général.

Clément Russo

 « J’ai tenté ma chance dans le final, j’avais envie d’attaquer. Je me suis fait reprendre à la flamme rouge et ensuite j’ai été gêné par deux gars qui se sont accrochés et sont tombés devant moi. J’ai presque posé pied à terre. Même s’il y avait cinq gars devant, j’aurais pu grappiller une ou deux secondes. Il fallait essayer un truc. J’espère que sur les deux jours qui arrivent ça ne va pas encore être un sprint. J’ai envie que ça bataille…C’est mon premier tour de Bretagne, je ne suis pas breton donc je ne connais pas bien les routes. Difficile de prédire ce qui peut se passer. Pour le classement général c’est sûr que c’est mieux d’être dans les 10 premiers plutôt que dans les 20 mais ce n’est pas ce qu’on vient chercher. On a une bonne équipe, on va essayer de faire quelque chose de bien sur ces deux derniers jours. »

Roger Tréhin, directeur sportif
« L’étape a été monotone, il n’y avait pas de grosses difficultés mais de belles routes et pas de vent. Au départ, on a essayé de prendre l’échappée mais on est quand même bien marqués. Finalement cinq coureurs ont pris cinq minutes d’avance et dans le final, tandis que la jonction semblait imminente, les équipes de sprinteurs ont tergiversé et l’échappée est allée au bout. Benoît Jarrier a pris place dans un contre de neuf coureurs puis Clément Russo a tenté le coup à trois kilomètres pour faire le jump sur les échappés, sans plus de réussite. Maxime Daniel y est allé à son tour aussi, il a été repris par quelque sprinteurs et finit dixième de l’étape. On avait prévu d’attaquer dans une côte répertoriée à 60 kilomètres de l’arrivée pour durcir mais il s‘agissait seulement d’un faux-plat montant pas difficile. Il était impossible de faire une cassure. Demain, la partie en ligne de la sixième étape est plus difficile de même que le circuit à Plurien mais ce n’est pas non plus une étape de fou. C’est frustrant, tout nous semble à portée de main mais le parcours n’est pas assez sélectif ! »

Clément Russo s’échappe, Maxime Daniel cinquième

L’équipe Arkéa-Samsic, privée de Thibault Guernalec blessé à la cheville, a été irréprochable tout au long de la troisième étape du Tour de Bretagne. Clément Russo a été échappé une grande partie de l’étape, Franck Bonnamour et Benoît Jarrier ont attaqué dans le final et Maxime Daniel a pris la cinquième place d’un sprint gagné à Guégon par l’Italie Dainese (SEG Racing).

Clément Russo

 « Au début je suis sorti tout seul. Des coureurs sont revenus sur moi. On a vite pris de l’avance car le peloton ne s’est pas lancé à notre poursuite. On a bien roulé toute la journée. Mais le final avec le vent soufflant de côté ou de face nous a fait mal. Par rapport au peloton on ne faisait pas le poids. Il y avait 80% de chances que ça n’aille pas au bout mais j’y ai cru, il faut toujours y croire…Quand à un tour et demi de l’arrivée nous n’avions plus que 30 à 40 secondes d’avance j’ai senti qu’on serait un peu juste. Aujourd’hui j’ai joué les bonifications, c’est toujours intéressant pour le classement général. Pour l’instant on ne gagne pas mais j’espère qu’au fil des jours ça ira de mieux en mieux. Avec les courses longues que l’on a pu faire en début de saison, on arrive assez bien à encaisser les kilomètres et la succession d’étapes »

Roger Tréhin, directeur sportif

« On a fait une belle étape et du bon travail mais on n’est toujours pas payé ! Nous avons été offensifs, les coureurs d’Arkéa-Samsic n’ont rien à se reprocher. Clément Russo a été échappé une grande partie de la journée avec quatre coureurs, ils ont compté près de cinq minutes d’avance et Clément en a profité pour prendre des secondes de bonification. Comme la veille, beaucoup d’équipes souhaitaient un sprint massif mais je ne sais pourquoi la Groupama-FDJ Continentale qui n’a pas un sprinteur a été la principale à rouler pendant 60 kilomètres ! Après, ça s‘est enchaîné et les échappés ont été repris sur le circuit. Franck Bonnamour a attaqué à huit kilomètres du but, Benoît Jarrier a accompagné un mouvement à trois kilomètres de la ligne mais il y a bien eu un sprint. Comme la veille, Dainese (SEG Racing) l’a emporté facilement. Maxime Daniel s’était réservé toute la journée et prend la cinquième place. Le seul mauvais point de cette journée est l’abandon de Thibault Guernalec. Il avait chuté vendredi et le soir il se plaignait de la cheville. Au réveil, il ne pouvait pas mettre le pied par terre. Il a fait un essai sur home-trainer mais c’était impossible qu’il prenne le départ. Demain, l’étape de Châteaubriant est théoriquement la plus facile du Tour de Bretagne et le scénario risque d’être identique. »

Clément Russo : “Mener le peloton à Arenberg”

C’était un Paris-Roubaix ultra-rapide, contraignant les coureurs à évoluer sans filet ! Chaque ennui mécanique avait des conséquences fâcheuses, André Greipel l’a appris à ses dépens. En revanche, Clément Russo dont c’était la première participation a démontré des aptitudes intéressantes et laisse penser qu’il a un avenir sur les pavés du nord !
Clément Russo :

«La Trouée d’Arenberg, c’était énorme. Il y avait tellement de bruit que je me croyais dans un stade de foot. Quand j’ai vu l’arche qui annonçait le secteur, j’ai regardé mon compteur, on était à 67 kilomètres, je me suis dit « ça va être chaud ». J’étais bien placé, je me sentais à l’aise, j’ai remonté quelques places et je me suis retrouvé à mener le peloton. J’étais à fond, mais je ne sentais pas la douleur, j’avais l’impression de pouvoir aller toujours plus vite. C’était incroyable.

Je suis très content de finir. Quand on prend le départ, on ne sait jamais ce qui va se passer, on peut tout perdre en quelques secondes. On passe par tous les états pendant la journée. Ce matin, j’avais froid, je ne me sentais pas super bien, je gambergeais un peu. Ensuite, sur les premiers secteurs, je me suis tout de suite senti à l’aise et je me suis dit « ça va le faire. » J’avais bien écouté les conseils de Sébastien. Sur la reco, je serrais beaucoup le cintre, à chaque secteur j’avais des douleurs. Aujourd’hui, je le tenais à peine, ça bougeait, mais je n’ai eu aucune douleur et quasiment pas d’ampoules. C’est une course à part. Il n’y avait que des champions autour de moi. Par exemple, au début d’Arenberg j’étais dans la roue de Sagan….ce n’est pas n’importe qui (rires). Mais il ne faut pas rester regarder pédaler les champions ! Ils ne le feront pas à notre place, donc à bloc ! Malgré l’adrénaline procurée par l’évènement, je suis resté très concentré sur ma course. J’ai connu un passage dur à 60 kilomètres de l’arrivée, c’était la guerre entre les favoris, on n’était plus que quarante dans le peloton. Le coureur devant moi a lâché, et je n’ai jamais pu boucher le trou. C’est très dur, je comprends pourquoi on l‘appelle l’Enfer du Nord, mais le plaisir a pris largement le dessus aujourd’hui. J’ai fini Paris-Roubaix ! 260 kilomètres, mon record. Après Templeuve, je pensais déjà au Vélodrome, je comptais les kilomètres, j’avais hâte de vivre ce moment. Pour un premier, je suis content de ma performance, j’ai hâte de revenir. »

 Benoit Jarrier :

« Je suis déçu, je sentais que j’avais de la force mais les ennuis mécaniques ont pris le dessus. J’ai crevé sur un secteur, je suis revenu et trois kilomètres plus loin je déraille… ma course était finie. Ça fait partie de Paris-Roubaix. J’ai fait 20 kilomètres tout seul. C’était difficile. Quand on est dans la course, on a mal aux jambes mais on y pense pas. On est concentré sur une seule chose : s’accrocher. Quand on n’est plus dans le match, les douleurs reviennent et reprennent le dessus. Paris-Roubaix ça se respecte, on n’abandonne pas comme ça, donc on va au bout ! »

Sébastien Hinault :

« Aujourd’hui, nous avons une satisfaction avec Clément Russo  mais nous avons connu des ennuis mécaniques qui nous ont quand même beaucoup affecté. Oui, la satisfaction nous est apportée par Clément dont c’était la première participation. Il sait se placer, il est à l’aise sur les pavés. Il lui a manqué la connaissance de la course et ça s’acquiert avec l’expérience en dépit de l’aide que nous pouvons lui apporter, notamment quand il s’agit de choisir le bon moment pour remonter en tête de groupe mais il nous a montré qu’il est un élément d’avenir dans cette course. Dans la tranchée de Wallers-Arenberg, il était en tête de peloton au contact des costauds. Il a été mis en difficulté sur le secteur où la course s’est jouée, à un peu plus de 60 kilomètres de l’arrivée et puisque ça ne s’est jamais relevé, il a fini dans le troisième groupe.
Longtemps Clément a été accompagné par Benoît Jarrier qui a été victime d’une crevaison et d’un ennui mécanique, le même ayant stoppé André Greipel dans le troisième secteur pavé. Alan Riou, qui a fini (tout comme Franck Bonnamour et Benoît Jarrier), lui a donné son vélo, Brice Feillu l’a attendu mais la course a été intense toute la journée. Être victime d’un ennui signifiait pour la plupart la fin des illusions. Idem pour Bram Welten qui a cassé une roue… »

Joli top 10 pour Clément Russo. Roue Tourangelle

Une fois n’est pas coutume, les échappés ont eu le dernier mot dans la Roue Tourangelle, Taminiaux qui l’a emporté et Carpenter étaient hors de portée avant le dernier virage qui a été fatal à Bram Welten encore en course pour la troisième place. Notre sprinteur a dû stopper net son élan tandis que Clément Russo a signé un joli top 10. Au classement par équipes de la Coupe de France, l’équipe Arkéa-Samsic est quatrième, à trois points de la première place.

Clément Russo (9ème)

 « On a bien travaillé toute la journée autour de Bram mais on n’a pas réussi à revenir sur l’échappée, c’est un peu dommage…Le peloton a laissé beaucoup de temps au groupe de tête, jusqu’à 7 minutes pendant une longue durée. On savait donc que ça allait rouler vite jusqu’à la fin de la course. On espérait que l’échappée soit revue pour emmener Bram au sprint, mais ça ne l’a pas fait. Pour aller jouer la troisième place, ça ne s’est pas super bien passé dans le sprint, c’était un peu houleux, Bram s’est fait tasser dans le dernier virage…J’ai fait « une placette » mais ce n’est pas ce qu’on retiendra. J’ai vraiment trouvé qu’on a joué collectif tout au long de la course, on a su se faire respecter et rester placés. C’est positif, j’espère qu’on va faire de belles choses d’ici très peu de temps »

Bram Welten

« Dans le dernier virage j’étais en bonne position mais je suis presque tombé. On m’a un peu poussé. J’ai tenu sur mon vélo mais j’ai perdu toute vitesse. Je savais que ce n’était pas pour la victoire…je suis vingtième. J’ai de bonnes sensations, je me sentais bien dans les montées que je pouvais passer dans la première partie du peloton. Je me souviens que l’année dernière j’étais en difficulté dans ces passages. C’est déjà ça ! »

Yvon Caër, directeur sportif 

« Les deux échappés Taminiaux et Carpenter ont fait un numéro, il faut le reconnaître. Le final était escarpé, on allait à droite, à gauche, sur une petite route. Le peloton y a nettement accéléré et beaucoup d’équipiers ont été distancés. Il est resté 35 coureurs mais personne ne pouvait vraiment s’organiser. Nous avions Clément Russo, Bram Welten, Jérémy Maison et Florian Vachon mais Bram se fait balancer dans un dernier virage par des coureurs venant de l’arrière et abordant le dernier virage sans freiner. Ils sont passés à côté de lui et ont fait un tout droit. Il a lancé son sprint quasiment à l’arrêt et a pris la vingtième place. Clément Russo était à côté, il s’apprêtait à le lancer et prend la neuvième place. Ce sont les aléas du sprint, Bram n’a rien à se reprocher, il a de bonnes jambes, il récupère très bien. Durant la course, on s’est appuyé sur le fait qu’il y avait Sarreau, Bouhanni et Coquard et on a joué un peu avec eux mais il y a eu une très belle attitude d’Alan Riou, Maxime Daniel et Franck Bonnamour qui ont pris du vent toute la journée pour protéger leurs copains. »

Coppi et Bartali. Arkéa-Samsic reste dans le jeu

Le contre la montre par équipes disputé mercredi après-midi était important pour Elie Gesbert et ses équipiers. Quelques heures après un sprint massif concluant la première étape en ligne, Arkéa-Samsic a signé le treizième temps du chrono à 43 secondes des spécialistes de Mitchelton-Scott. Privée de Maxime Bouet et rapidement de Romain Le Roux victime d’un ennui mécanique, elle a plutôt bien limité les dégâts.

Thibault Guernalec

 « J’ai chuté ce matin lors de la première demi-étape. Nous passions d’une grande route à une petite et dans le rétrécissement ça a frotté, j’ai freiné et j’ai fait un soleil en passant par dessus mon vélo. Rien de grave, un bel hématome à la cuisse gauche et des égratignures. Le point positif : sur le vélo, je me sens mieux qu’en marchant. (sourire) L’après-midi, je me suis bien échauffé pour faire au mieux pour les gars. C’était mon premier contre-la-montre par équipes chez les pros.

 Clément Russo

« Ce matin nous avions moins de 100 kilomètres de course et j’ai pris du plaisir sur le vélo. Cet après-midi aussi mais c’est vrai que depuis Nokere (Koerse) je me sens mieux. J’ai eu un petit moment « sans », non justifié, mais je retrouve des sensations. Ca faisait longtemps que je n’avais pas joué une arrivée et retrouver l’adrénaline des derniers kilomètres, aller frotter ce matin, j’ai aimé ! Ca ne s’est pas hyper bien goupillé, je suis 19ème car je n’ai pas suivi les bonnes roues, pas forcément fait les bons choix…mais ça se travaille, je suis en train de retrouver mes automatismes. Cet après-midi, j’ai trouvé qu’on s’en était bien sorti même si notre groupe sur cette course manque un peu d’expérience dans ce domaine. La première journée est passée, j’espère avoir l’opportunité de retourner « frotter » cette semaine. Je veux aussi aider Elie et Jérémy, un maximum quand les pourcentages vont s’élever ! »

Sébastien Hinault  (directeur sportif)

« Le contre-la-montre par équipes ne s’est pas si mal passé, même si nous n’étions que six au départ. Clairement, il nous a manqué Maxime Bouet qui est toujours à son affaire dans cet exercice et rapidement Romain Le Roux a été distancé sur ennui mécanique. On a donc fait l’étape à cinq et le temps qu’on fait, 43’’ de retard sur Mitchelton-Scott, n’est pas mal. Je pense que nous sommes à 15-20 secondes de notre vraie place mais l’équipe était homogène avec de très beaux relais de Thibault Guernalec. En terme technique, on peut toujours faire mieux mais on a bossé cette discipline durant l’hiver et ça se voit. Nous sommes en progrès. Le parcours était tout plat mais technique au début et s’est déroulé sur une petite route en mauvais état, fatale d’ailleurs à Romain Le Roux. Je voyais les gars faire des vagues et prendre des trous. C’était un peu épique. Au classement général, nous sommes un peu loin de Rosa (Team Sky) le vainqueur sortant, mais tout reste à faire. Ce matin, la première étape a été marquée par l’échappée de Crista (Giotti Victoria) avant un sprint gagné par Liepins (Wallonie-Bruxelles). Romain Le Roux a pris la mauvaise vague dans un rond-point à 500 mètres de la ligne d’arrivée mais il retrouve la sensation et l’automatisme du sprint. Ce soir, Elie Gesbert et Jérémy Maison vont bien et demain ils seront plus sur leur terrain. »

Clément Russo (4è) :  « J’aurais aimé les faire rêver »

Trois ans après son titre chez les espoirs, Clément Russo est de retour sur le circuit de Besançon avec le rêve d’un maillot bleu blanc rouge chez les élites.  A 15h, ce dimanche, Clément s’élance en deuxième ligne avec sur les épaules le maillot Arkéa-Samsic. Après une heure à jouer entre la septième et la quatrième place, Clément échoue au pied du podium.

Clément Russo: « J’aime bien le chocolat…j’aime trop le chocolat je crois même. Quatrième, c’est un peu la place du c*n. Dans le dernier tour, quand je suis revenu en quatrième position, je voyais Francis (Mourey), le podium, j’aurais aimé accrocher une médaille…Mais Francis était loin, je n’aurais jamais pu rentrer. Ça c’était dans le dernier Tour puisqu’à la base, mon objectif était de devenir champion de France. Au départ, je croyais au titre. Sur une course d’un jour, tout peu arriver, j’étais dans le match depuis Flamanville. Clément Venturini, un de mes supers amis, était intouchable. Qu’est-ce qui m’a manqué…j’étais bien physiquement sans être exceptionnel, j’ai eu froid à la fin. J’ai discuté avec Fabien Doubey, au contrôle antidopage après la course, il m’a confirmé que mon point fort était la technique aujourd’hui. Je suis passé de la 6ème place à la 4ème grâce à ça.

4ème c’est dommage, mais je suis content d’avoir consacré une partie de mon hiver au cyclo-cross. On se fait très mal pendant 1 heure, ça me servira pour la route. Aujourd’hui j’ai passé toutes les planches à vélo…même si j’ai failli faire un soleil au premier passage (rires) mais je ne me suis pas dégonflé, j’ai passé tout le reste à vélo. Et puis il y avait l’ambiance : mes supporters, mon frère, ma copine, le staff de l’équipe qui me suit cet hiver. Mes coéquipiers sont en stage à Calpe et Locoal-Mendon pour préparer le début de saison sur route et ils ont regardé ma course sur grand écran…j’aurais aimé les faire rêver un peu (rires). Maintenant je vais couper 3/4 jours et je vais retourner au boulot pour préparer le Tour de Majorque. Sur ce championnat je n’ai pas atteint mon objectif donc je reviendrai. »

L’Antwerp Port Epic : pavés, chemins de terre, bordures

Un mélange de Paris-Roubaix et du Tro Bro Leon, le tout sur le gigantesque Port d’Antwerp (en Flamand) ou Anvers (en Wallon) ! La première édition de l’Antwerp Port Epic longue de 206 kilomètres comportait 62 secteurs pavés ou chemins de terre, voire passages dans l’herbe : une classique…pas classique ! La bataille pour prendre l’échappée est longue et finalement quatre hommes parviennent à sortir du peloton. Dans le peloton, Brice Feillu, Clément Russo et Pierre-Luc Périchon restent concentrés. A une centaine de kilomètres, Brice Feillu prend l’initiative de rouler en tête pour diminuer l’écart avec les hommes de tête. A 70 kilomètres de l’arrivée, la bonne échappée part avec le futur vainqueur, Guillaume Van Keirsbulck. Derrière Clément Russo, spécialiste du cyclo-cross, désigné comme leader est victime de crevaisons qui l’empêche de s’extirper du peloton. Brice Feillu Pierre-Luc Périchon et Clément Russo restent solidaires dans la course et s’aident. Clément et Pierre-Luc sont dans le peloton qui arrive pour la 10ème place, mais sont gênés par une chute dans le dernier virage. Ils terminent, ensemble, cette course de guerriers !

Pierre-Luc Périchon (30ème)

C’était une course de cinglés ! Pendant 210 kilomètres ça n’a pas arrêté ! Il y avait des pavés, des chemins de terre, et quand ce n’étaient ni l’un ni l’autre, ça bordurait ! On n’a pas eu 5 kilomètres de « repos », c’était super physique ! Après tout s’est bien goupillé pour moi, j’avais des bonnes sensations, j’ai parfois été gêné, mais je n’ai pas chuté, je n’ai pas crevé…Clément était notre leader aujourd’hui et il a crevé 5 fois, on a mis beaucoup d’énergie à revenir dans les voitures à chaque fois. J’étais dans le bon groupe quand « le bon coup » est parti à 70 kilomètres de l’arrivée. Je les vois partir, mais on était tous « à bloc ». Le dernier qui arrive à prendre l’échappée était un peu plus à bloc que les autres qui étaient déjà à bloc …(rires) et la cassure se fait. C’est dommage car Clement marche vraiment bien en ce moment ! Il était dans les voitures à ce moment-là. On termine tous les deux pour aller jouer la dixième place mais dans le dernier virage un coureur tombe devant nous. On met pied à terre à 800 mètres…Mais j’adore ces courses-là, où ça se fait à la pédale, il n’y a pas vraiment de stratégie, faut juste être le plus fort ! J’adore ces courses de guerriers.

Clément Russo (29ème)

Ce matin je sentais que j’avais bien récupéré après la Brussels Classic d’hier. Aujourd’hui c’était une belle course mais j’ai crevé cinq fois…ça arrive de crever sur de tels chemins, mais cinq fois, c’était dur. J’ai bien été aidé par Brice et Pierre-Luc, c’est des gars d’expérience, c’était sympa de les avoir avec moi. Le « bon coup » part à un moment où je revenais dans les voitures. Je ne sais pas ce que ça aurait donné mais j’aurais aimé voir si je pouvais les suivre. Je suis un peu déçu vis-à-vis de mes coéquipiers surtout, j’aurais aimé m’exprimer.. Les courses de guerriers comme ça, j’adore, je viens du cyclo-cross, ca doit correspondre à mes qualités. Quand je cours aujourd’hui, je pense à l’année prochaine, Paris-Roubaix ou le Tro Bro Leon, ce sont des courses que j’aimerais disputer. C’est bien que je commence d’abord par une course comme l’Antwerp Port Epic, pour me tester.