Florian Vachon : « J’aime les œuvres de Banksy »

Vainqueur du Grand Prix de Lillers en début de saison, Florian Vachon, capitaine de route de notre équipe, a répondu à notre interview. Voici ses réponses

 

Votre principal trait de caractère ?

« Ça commence fort ! Je dirais humaniste »

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?

« Leur confiance »

Votre principal défaut ?

« Le manque de confiance »

Votre occupation préférée ?

« Passer du temps avec ma fille »

Votre rêve de bonheur ?

« L’hédonisme pour tous »

Ce que vous voudriez être ?

« Écrivain, ou même journaliste d’investigation et travailler sur des sujets de société d’ordre général »

Votre couleur préférée ?

« Le bleu »

Votre moment favori de la journée ?

« La nuit car tous les chats sont gris »

Votre animal préféré ?

« Je n’ai pas la fibre animale »

Votre héros ou héroïne qui vous inspire ?

« Banksy m’inspire. Je ne suis pas un grand passionné de street-art, mais j’adore le message qu’il fait passer, un peu comme le chanteur Saez dans le domaine de la musique »

Ce que vous détestez le plus ?

« L’injustice »

Le don de la nature que vous aimeriez avoir ?

« Avoir la connaissance universelle, le maniement et la connaissance des mots »

Les fautes qui vous inspirent de l’indulgence ?

« Celles qui sont liées à l’éducation que nous avons reçue »

Qu’est-ce qu’a engendré chez vous ce que l’on a vécu ?

« Qu’il était temps que j’arrête, que c’est le bon moment de prendre cette décision »

Qu’est-ce que vous écoutez comme musique ?

« Saez donc, mais aussi l’indémodable Renaud, FAUVE. Je regarde très peu la télévision, cela me procure aucun plaisir. Je lis en revanche principalement des essais, et en ce moment par mal d’ouvrages sur la randonnée »

Ta devise ?

« Tu es le seul maître de ta vie »

 

Arkéa-Samsic

 

Carnet de bord – Florian Vachon


Pour sa dernière année chez les professionnels, Florian Vachon nous ouvre son carnet de bord. Episode 1.
« Forcement, j’aborde cette saison différemment. Depuis novembre, je sais que tout ce que vis, je le vis pour la dernière fois en tant que coureur professionnel. Quand je raccrocherai mon vélo, je ne veux pas avoir de regrets, c’est ma philosophie de vie. Cet hiver, je me suis beaucoup investi. Mes coéquipiers m’ont dit qu’ils me sentaient toujours autant motivé. J’ai envie de vivre une très grande dernière année.

Je me répète tous les ans, mais cette année encore l’équipe a gravi une marche. Le recrutement est la partie visible et médiatique mais je le ressens à tous les niveaux : le matériel, le staff, le bus etc… Il y a un travail sérieux effectué à chaque étage. Je suis à la fois un témoin et un acteur privilégié de l’évolution de l’équipe. Emmanuel Hubert a de l’ambition, mais il a surtout compris comment fonctionnait le cyclisme moderne, notamment sur la recherche de la performance. C’est une fierté d’avoir pu évoluer avec l’équipe pendant les 10 dernières saisons.

J’ai besoin de me fixer des objectifs, il en faut pour avancer, ça ne peut pas me suffire de dire « je dois être en bonne condition ». Je vais être assez proche du programme de Nacer Bouhanni le but sera de coller au mieux à ses besoins et de créer une osmose autour lui. Quand je serai avec lui, il n’y aura pas d’objectif personnel. Nacer a de très grosses capacités, quand il est aligné sur une course, il peut la gagner, on doit être à 200% autour de lui. 

Sur certaines épreuves, mon rôle sera de placer nos grimpeurs aux pieds des bosses. Dans cet exercice, je sais que Warren me fait confiance. Il est satisfait de ce que je lui apporte au niveau du placement. En amont des sprints, c’est aussi une histoire de placement, mais les erreurs sont plus difficiles à rattraper. Lors d’un sprint, on est davantage dans l’instinct. Nacer n’a pas besoin d’un train à proprement parler, il a besoin d’être placé dans les bonnes roues, ça demande une prise de décision instinctive. En stage, on a travaillé la mise en action. L’effort d’une course reste cependant difficile à simuler, nous prenons moins de risques à l’entrainement. On a fait un bon bloc de travail avec de vrais échanges, on a préparé la saison sérieusement, sans pression parasite. On a tous hâte d’être à la première épreuve.


J’aurai des objectifs personnels sur les Coupes de France notamment sur deux épreuves : le Tro Bro Leon et Paris-Camembert. Le Tro Bro Léon est une course symbolique dans le calendrier français et encore plus pour nous en tant qu’équipe bretonne.

Je rentre d’un stage à Calpe où j’ai partagé ma chambre avec Connor Swift, c’est un bon coureur et un mec bien, il s’est parfaitement intégré à l’équipe malgré son arrivée en cours de saison. En quittant Calpe, j’ai regardé le rocher, je savais que c’était la dernière fois que je le voyais avec un cuissard et maillot. Je profite de chaque moment. Je dois avouer que j’ai quand même un regret…. je ne suis jamais allé en haut. Peut-être que j’y reviendrai en vacances avec mon sac à dos pour l’escalader (rires). »

Arkea-Samsic version 2020 avec Vachon, Jarrier, Ledanois et Russo

La formation Arkea-Samsic est heureuse d’annoncer les prolongations de contrats de Florian Vachon (2020), Benoit Jarrier (2020), Kevin Ledanois (2021) et Clément Russo (2021).

Emmanuel Hubert – manager général : « L’équipe poursuit sa progression, mais cela se fait de manière naturelle car nous avons travaillé avec des bases solides. Ce n’est pas parce que Nairo Quintana arrive que nous allons tout jeter aux oubliettes, au contraire. Je fais confiance à Florian Vachon et Benoit Jarrier, qui sont deux cadres importants pour le vestiaire et pour la tactique de course. Je suis content de les savoir parmi nous pour la saison prochaine, qui s’annonce charnière. De son côté, le jeune Clément Russo, s’est révélé cette année sur route. On doit continuer à l’encadrer mais je pense qu’il va encore nous surprendre dans les saisons à venir. Comme Kévin Ledanois, ce sont de très bons équipiers et des garçons qui peuvent jouer leurs cartes. Ils sont des maillons importants pour l’équipe.  »

Florian Vachon : « Nous sommes sur la même longueur d’onde avec Emmanuel Hubert, il n’y a pas eu besoin de longs discours. Je sais quel sera mon rôle en 2020. Je ressens beaucoup de confiance et de reconnaissance de l’équipe. Je vais entamer ma onzième saison dans l’équipe Arkea-Samsic. J’ai observé et participé à son évolution. Il y a deux ans, le recrutement de Warren a fait beaucoup de bruit, il sortait d’un énorme Tour de France. Cette année, l’équipe a attiré Nairo Quintana, il est du même calibre que Warren mais avec une dimension internationale unique ! L’équipe se structure, l’envie des acteurs est là et je suis très content de faire encore partie de cette aventure et de son ascension.
Ce sera ma dernière année en tant que cycliste professionnel et je me sens toujours prêt à m’investir à 200%. Je veux terminer, comme j’ai commencé, en me faisant plaisir ! Dans les courses, j’aime toujours autant piloter au milieu du peloton et aller frotter. J’ai trouvé ma place pour épauler les leaders. Je pense avoir le recul et le vécu pour apporter un regard différent ! »

Benoit Jarrier : « Je remercie l’équipe pour la confiance qui m’est accordée depuis huit ans. Après Florian Vachon, je suis le plus « ancien » coureur de la formation ! Au fil des années, j’ai senti que mon rôle de capitaine de route se dessinait. Les directeurs sportifs me demandent de prendre des décisions en course et de mener le groupe, c’est une vraie preuve de confiance. L’équipe évolue progressivement et franchit un nouveau cap notamment avec l’arrivée de Nairo Quintana. Pour ma part, ça ne changera pas ma mission. Sur 80% des courses, j’ai un rôle d’équipier, je roule pour mes leaders et ça me plaît ! Sur quelques épreuves, on me laisse ma chance et j’avoue qu’il y a toujours des courses qui me font rêver comme le Tro Bro Leon ! Notre équipe grandit et on va pouvoir avoir des groupes plus dessinés pour travailler ensemble et prendre nos automatismes, c’est un vrai plaisir ! »

Kevin Ledanois : « C’était un rêve de devenir coureur professionnel et ça fait déjà cinq ans que je le réalise au sein de la formation Arkea-Samsic. Ma chance est que l’équipe évolue d’année en année. Elle m’offre la possibilité de découvrir des épreuves et d’apprendre auprès de grands leaders. La direction sportive nous présente chaque année de nouveaux défis, c’est motivant et excitant. Je suis content d’en faire partie pour les deux prochaines saisons. L’équipe me fait confiance dans la préparation de ma saison et me laisse faire du cyclo-cross, c’est important pour moi. Je sens que je progresse mais que je peux toujours faire mieux. Travailler pour mes leaders, ça me plait. On connaît la difficulté de notre sport et si on peut aider un leader à performer, c’est une satisfaction. »

Clément Russo : « J’avais vraiment à coeur de rester dans l’équipe Arkea-Samsic, je m’y sens bien. Le travail est commencé et il faut le continuer. Je ne me voyais pas aller ailleurs. Ma première année était assez difficile car je suis arrivé blessé dans l’équipe mais cette année j’ai énormément appris. J’ai décroché ma première victoire professionnelle en remportant le classement général au Tour de la Communauté de Madrid. Je retiens un travail collectif exceptionnel ! Sur toutes les compétitions je retiens du positif, on a une bonne équipe, on s’entend bien : ça donne envie d’aller en course. L’équipe prend une nouvelle dimension cette année avec l’arrivée de coureurs de renom, c’est bien pour tout le monde. Personnellement, j’espère continuer à progresser, donner le meilleur pour l’équipe et apporter le maximum de résultats. »

André Greipel : “Je crois en moi” – TDF 4

Le deuxième sprint massif du Tour était programmé à Nancy et l’équipe Arkéa-Samsic a très bien travaillé auprès de son sprinteur André Greipel. Certes, il ne pouvait se satisfaire de cette douzième place mais l’impression laissée toute la journée et jusqu’au dernier kilomètre par notre équipe est très rassurante.

André Greipel :  “Mes coéquipiers ont fait leur maximum, je n’ai pas été en difficulté dans la montée, ils sont restés autour de moi. Malheureusement, je n’ai pas trouvé l’ouverture pour faire mon sprint. Je suis douzième, un top 15 ce n’est pas ce que je suis venu chercher sur le Tour de France. C’est dommage parce que les jambes sont bonnes et je ne vais pas avoir beaucoup d’opportunités pour le prouver. Je vais me battre jusqu’à Paris, je crois en moi.”

Florian Vachon :  “C’était un final très rapide avec un sprint houleux. La chute, j’y ai pensé surtout que je suis tombé à mi-course. Une chute, c’était déjà trop. Ça tombe devant moi, j’arrive à freiner mais on me rentre dedans. Je ne tombe pas très vite mais j’étais quand même un peu sonné. On était encore loin de l’arrivée et les jambes allaient bien, je me suis vite remobilisé. Je sais pourquoi je suis sur le Tour. Les opportunités de sprint ne sont pas nombreuses, avec Kevin Ledanois, je dois encadrer André Greipel alors j’ai fait mon travail du mieux que je pouvais, il n’était pas question de ne pas le faire à 100%. Ce sont des arrivées stressantes, on ne s’en rend pas forcément compte mais on prend les virages très vite, à chaque kilomètre l’adrénaline monte un peu plus, il faut prendre des risques mais ne pas faire n’importe quoi, on est en équilibre.”

Yvon Ledanois – directeur sportif : “Quand tu fais douzième d’un sprint du Tour, en étant au contact des premiers, tu peux faire cinquième ! Il faut sans doute frotter un peu plus et aussi avoir de la chance pour choisir la bonne roue. Toute la journée, l’équipe a vraiment fait du bon boulot pour son sprinteur et à l’arrivée il était là. Florian Vachon et Kevin Ledanois à l’amorce du dernier kilomètre sont avec lui. Et dans ce final dangereux, à Nancy, ce n’est pas rien d’être là ! Ce soir, il n’y a rien à reprocher à personne. Il faut continuer de bosser comme ça et ce travail collectif paiera un jour. Il ne faut pas oublier non plus que nous ne sommes pas une équipe World Tour avec quatre lanceurs pour le sprinteur mais on est là !

Demain, la cinquième étape vers Colmar est loin d’être facile et nous verrons peut-être la première échappée aller au bout. Les différentes difficultés ne sont pas trop difficiles mais en quatre étapes il y a déjà eu beaucoup de tension et de nervosité au point de vue mental et physique, certains ont besoin de souffler. Et puis on sera demain à la veille d’une étape de montagne, les leaders vont se regarder. Oui, il y aura de la place pour les attaquants !”

Warren Barguil : “Content de retrouver le World Tour” Dauphiné 1

La première étape du Critérium du Dauphiné gagnée par Boasson Hagen (Dimension Data) était casse-pattes et d’un haut niveau. Warren Barguil, heureux de se mesurer de nouveau en World Tour, a parfaitement passé le test. Même s’il mesure le travail restant à accomplir, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic est satisfait.

Warren Barguil : « C’est dur le vélo (rires). Aujourd’hui, je retrouvais le Word Tour, deux mois après ma chute au Tour de Catalogne. Je suis content de terminer dans le premier groupe, mais je mesure aussi le travail qu’il me reste à faire. Forcement, j’avais hâte d’être sur le Dauphiné, de me confronter aux meilleurs. La route est longue, mais la forme est ascendante. »

Florian Vachon : « Forcément pour les sprinteurs il n’y aura pas beaucoup d’ouvertures. Pour André, l’objectif est d’aborder les étapes plates avec le maximum de fraicheur. D’ici là, il doit s’économiser les jours, comme aujourd’hui, où il n’a rien à jouer. Cette semaine, je suis là pour André, je dois le protéger, dans les bosses comme à l’approche d’un sprint. Il faut créer quelque chose, mettre des automatismes en place. Travailler pour un leader, c’est le rôle que j’ai à chaque course, peu importe qui je dois protéger. On communique en franglais, mais dans l’action les mots sont assez simples. »

Yvon Ledanois, directeur sportif : «  L’étape a été limpide. Après quinze kilomètres de bagarre, six coureurs se sont échappés avant les premières rampes du Puy Mary, la principale difficulté de la journée. Le derniers rescapés, Naesen (ag2r-La Mondiale) et Cort Nielen (Astana) ont été repris à 600 mètres de la ligne d’arrivée par le premier peloton fort de 50 coureurs. La dernière heure a été de très grand niveau. A 20 kilomètres de l’arrivée, la côte de Roquenatou a été montée au sprint sous l’impulsion de l’équipe Deceuninck-Quick Step. Au sommet, il y avait 15 coureurs, précédant de quelques mètres le groupe de Warren Barguil qui est très rapidement revenu à l’avant. A l’arrivée, Boasson Hagen (Dimenion Data) a été le plus rapide et le résultat est conforme à nos prévisions et à nos plans même si j’aurais aimé avoir un ou deux équipiers avec notre leader mais, je le répète, le final a été de très haut niveau. L’objectif est atteint pour Warren, tandis qu’on avait demandé à André Greipel de ne pas taper dedans. Cette étape est importante psychologiquement pour Warren après un bon week-end de reprise en Bretagne. »

Franck Bonnamour, à une seconde près

En dépit d’un état d’esprit irréprochable de toute l’équipe Arkéa-Samsic, Franck Bonnamour n’a pu accrocher le Top 10 du Tour de Norvège gagné par Kristoff (UAE-Team Emirates). Il termine onzième à une seconde de son objectif et s’il était légitimement déçu sur la ligne d’arrivée, il a accompli une semaine de course encourageante pour la suite de sa saison.

Franck Bonnamour, 11ème du classement général :

“Je suis déçu de ne pas être dans le top 10. Onzième ce n’est pas rien sur une course de ce niveau mais j’aurais vraiment aimé être dans les 10…On a couru en équipe et c’est vraiment plaisant : Flo (Vachon) en grand capitaine de route a fait un énorme travail, j’avais “juste” à suivre sa roue, Connor m’a bien aidé aussi, et Bram a fait ce qu’il pouvait même quand il était en difficulté. Courir en équipe, ça permet d’être respecté. Je me sens vraiment en forme en ce moment et sur ce Tour de Norvège. Aujourd’hui j’ai même attaqué dans la dernier bosse ! J’ai pu montrer que j’étais solide, et l’équipe aussi. Je vais bien récupérer, et me concentrer sur le Tour de Belgique qui arrive !”

Florian Vachon :

“Toute la semaine nous sommes restés groupés dans la course, pour aider Franck (Bonnamour) pour le classement général. Collectivement c’est ce qu’on attendait de nous. Pour Franck c’était bien qu’il puisse saisir l’opportunité de sa bonne condition ! Nous sommes restés mobilisés tous ensemble même si nous n’étions plus que quatre. Nous n’avons pas attendu que ça se passe et on a tenu notre fil rouge. C’est important et ça alimente le positif : on ne subit pas sur des courses de haut niveau ! Des fois c’est usant de mettre un coup de pédale pour répondre…je préfère faire subir, que subir. Pédaler pour suivre les autres, pédaler pour faire mal aux autres, la différence elle est là. On est dans cette philosophie. Personnellement je suis content de ma condition, j’étais venu pour prendre le vent et frotter : chose faite. Je suis aussi content pour Connor qui a découvert un bel esprit d’équipe, soudé dans la course et la vie d’équipe. »

Yvon Caër – directeur sportif : 

« Franck Bonnamour rate Le Top 10 pour une seconde ! Le Norvégien Hagen (Lotto-Soudal) est revenu in extremis sur l’échappée avec Evenepoel (Deceuninck-Quick) et a pris des secondes de bonification qui lui permettent de prendre la dixième place devant Franck. Ce ne sont pas une seconde et une place qui vont nous atterrer mais c’était notre objectif dans cette course de haut niveau. Dans la dernière côte, Lambrecht (Lotto-Soudal) et puis son équipier Wellens en compagnie de Hirschi (Team Sunweb) ont attaqué mais ont été repris dans la descente. Avant le sommet, trois coureurs ont également attaqué et Franck a fait le jump mais 50 coureurs se sont regroupés pour le sprint. Parmi eux, il y avait aussi Connor Swift et Florian Vachon qui ont eu un formidable état d’esprit. A l’arrivée, Franck me disait ne pas savoir comment remercier Florian pour tout le travail effectué tout au long de la semaine… Forcément il est un peu déçu de rater le Top 10 mais l’essentiel est quand même qu’il ait été dans le final d’une telle course. Il a une très bonne condition et sera compétitif au prochain Tour de Belgique. »

Deux victoires et deux podiums le même jour

Maxime Daniel premier de la troisième étape du Tour de la Communauté de Madrid, Clément Russo troisième et vainqueur du classement général, Romain Hardy deuxième de ce même classement… Toute l’équipe Arkéa-Samsic est récompensée à Madrid de son travail par cette salve de résultats confirmant son potentiel !

Clément Russo, vainqueur du classement général 

 « Enorme, trop cool. La journée parfaite, la semaine parfaite ! On a eu raison de faire ce qu’on a fait depuis la première étape. Aujourd’hui on a plus que ce que l’on imaginait, Max gagne l’étape, moi le général…On a eu un super collectif, un grand grand grand merci à toute l’équipe. Ils ont été exemplaires, extraordinaires pendant les trois jours. Je leur dois la victoire, c’est clair et net. On a passé trois jours énormes.

Dans le sprint, il fallait qu’il y ait au moins trois places entre le maillot jaune et Romain ou moi. Je me suis retourné et j’ai compris que c’était pour nous. En plus Max gagne….vraiment le truc de fou, il y a eu une explosion de joie, des cris. C’est ma première victoire pro. Gagner un classement général c’est énorme. Ca faisait un moment que je n’étais pas monté sur un podium. On a partagé le podium avec Romain puis Max…c’est des supers moments.

Le moment le moins drôle de la journée c’est la chute d’Alan Riou à 1,5 kilomètres de l’arrivée à environ…sur le coup on était tous un peu touchés. C’est toujours dur de voir un coéquipier tomber surtout qu’il a fait du super boulot tout au long des trois jours. Il fallait rester mobilisés. Flo (Vachon), notre capitaine nous a dit dans l’oreillette « Allez les gars, pour Alan il faut le faire ». C’était le coup de boost pour repartir en une seconde. On avait les crocs ! »

Romain Hardy, 2ème du classement général

“Si ce n’était pas Clément ou un autre coureur de l’équipe qui avait gagné, j’aurais été déçu de terminer deuxième. Là c’est top pour l’équipe, pour Clément qui décroche sa première victoire chez les professionnels. Sur l’étape on est trois coureurs de l’équipe dans les quatre premiers…c’est presque exceptionnel. On n’avait pas défini à l’avance qui devait jouer la gagne entre Clément et moi. La consigne était que je devais lancer mon sprint dans sa roue. On a gagné, c’est ce que ça a marché.

Je suis content aussi pour Yvon Caër, notre directeur sportif. Il avait mis en place une stratégie dès la première étape qui avait un peu fait polémique. Au final, on peut être fiers d’avoir pris cette option, ça nous donne raison ! C’est super.”

Yvon Caër, directeur sportif 

« Ce matin, au départ, j‘ai dit qu’il fallait avoir une mentalité de tueur pour faire le sprint, en s’occupant de la gagne de l’étape, pas du général. On est allé au-delà de ce qu’on pensait ! Dans le sprint, Franck Bonnamour a tenu la barre jusqu’aux 500 mètres, Florian Vachon a pris la suite mais tellement bien que Maxime Daniel n’avait plus qu’à déboiter pour lever les bras même si Barbero (Movistar) l’a chatouillé un peu. En se retournant il a vu que Clément Russo prenait la troisième place pour gagner le général et Romain pour faire deuxième. C’est une journée irrationnelle… Ces derniers temps on a souvent parlé d’un manque de réussite mais ça ne veut rien dire. Ici, on a voulu bien faire en étant connecté à l’équipe et on obtient beaucoup de résultats, deux victoires et deux podiums ! Dans la voiture, quand j’ai entendu qu’on a gagné l’étape, c’était génial, et puis j’ai entendu pour le général. Si on m’avait dit ça ce matin, j’aurai dit au groupe ‘’restons calme’’.
Cette victoire confirme que Maxime Daniel a un potentiel extraordinaire mais il doit s’installer dans la stabilité, dans un niveau de performances constant. Pour le ‘’petit’’ Russo, on se rend compte qu’il a du talent . Flo Vachon est un grand monsieur. Par exemple, j’ai vu ce qu’il a fait pour Clément Russo dans l’étape de samedi… C’est un capitaine de route très pro, très intègre et cash. C’est aussi son métier mais il le fait bien. Romain Hardy a joué collectif. A l’arrivée, il était heureux et mesuré parce qu’il veut performer encore et en gardant à l’esprit que c’est le Tour de la Communauté de Madrid par le Critérium du Dauphiné mais peu importe, on a su faire ce qu’il a fallait !
Maintenant, je retiens surtout que les coureurs disaient à l’arrivée que s’il avait manqué un élément de ce groupe, on n’aurait pas fait ça. Tout le monde a mis toutes ses cartouches dan le combat et on a fait ce qu’on devait faire. »

Maxime Daniel “on a fait quelque chose de bien”

Maxime Daniel a décroché la deuxième victoire de sa carrière sur l’ultime étape du Tour de la Communauté de Madrid. Il a devancé au sprint, Niccolo Bonifazio (Total Direct Energie). Il raconte…

“On a fait quelque chose de bien là…On ne pouvait faire mieux ! Il se passe plein de choses dans ma tête, beaucoup d’émotions. Ces émotions qu’on aime avoir quand on fait du sport de haut niveau. On fait de la compétition pour gagner et le jour où ça arrive…Il faut bien que la roue tourne à un moment donné, sinon ce n’est pas logique. Je suis hyper heureux d’inverser la tendance. Ca fait un petit moment que je tournais autour de la victoire, au Tour de Bretagne j’avais été très frustré d’avoir crevé sur l’étape de Chateaubriant. J’ai réussi à ne pas me démobiliser car j’aurais pu baisser les bras. Je me suis dit : « je tiens une bonne forme, il faut en profiter et essayer de voir à Madrid si je peux retenter le coup et faire quelque chose de beau ». Sur la première étape j’avais déjà eu des éléments de motivation. Je me sens vraiment bien en ce moment et j’avais senti Bonifazio dans ma roue qui avait du mal à me passer devant. Dans ma tête j’ai vite compris que je pouvais faire jeu égal avec lui.”

« On a compris qu’on faisait coup double »

« Au moment où je veux lancer, Carlos Barbero m’envoie un peu dans les barrières, je suis obligé de me rasseoir et c’est presque cela qui me fait gagner car je lance mon sprint de beaucoup plus loin, mon lancement est décalé. Je trouve l’ouverture. Bonifazio me remonte sur la gauche, j’ai réussi à remettre une dent et ça l’a fait. Sur le moment je suis super heureux car je passe la ligne et je sais que je gagne. Directement je me retourne pour voir où sont les autres, si Clément et Romain sont bien dans ma roue pour le général. On a regardé très rapidement où étaient nos concurrents, tout s’est joué en quelques secondes mais on a vite compris qu’on faisait coup double.»

« C’est l’instinct » 

« Les sprints c’est comme ça, l’instinct, il faut avoir le bon feeling au bon moment. Déjà quand tu es bien emmené par tes équipiers, il y a 80% du travail qui est fait. Franchement il n’y a rien à redire, on a gagné l’étape et le général, Romain est sur le podium…c’est toute l’équipe qu’il faut féliciter. Il faut qu’on continue dans cette dynamique là. On va en gagner d’autres en additionnant nos forces comme on l’a fait aujourd’hui. »

« Content de délivrer l’équipe avec Clément »

« Je suis content ça fait un moment qu’on tourne autour. On mérite de gagner, on le mérite tous. Hyper content de délivrer l’équipe avec Clément. Mais on ne va pas se reposer là-dessus, notre deuxième partie de saison commence maintenant !

C’est la deuxième victoire de ma carrière, après celle au Tour du Portugal en 2013. Je me dis que la chaleur me va bien…je devrais plus courir au soleil. Aujourd’hui je suis heureux mais il y a plein de monde autour de moi qui doivent l’être aussi. Dans mon secteur il y a beaucoup d’acharnés de cyclisme qui me supportent et aujourd’hui je suis content de pouvoir leur donner cette victoire. »

Florian Vachon : « Seule la quête du bonheur est juste et vraie »

Dans son effectif, Emmanuel Hubert sait qu’il y a des hommes sur qui il peut toujours compter et Florian Vachon en fait partie. Contrarié par des ennuis de santé en début de saison, le coureur auvergnat ne lâche rien. Tant sur le plan individuel que sur celui du collectif il veut des résultats et aller à l’essentiel. La réussite, il le dit, il faut la provoquer !

Florian, il semble que ton début de saison n’a pas été facile ?
J’ai été fragile au niveau de la santé. Je suis tombé malade fin janvier puis à la fin du mois de mars et je n’ai pas cessé de courir après ma condition physique. Là, je suis assez content de l’état de forme qui est le mien mais je n’ai pas de réels résultats. Il est vrai aussi que mon rôle tourne plus autour du collectif que de l’individuel.

Tu as déjà connu ça ?
Ma carrière est longue mais quand même… En janvier j’ai souffert d’une angine carabinée et d’une bronchite en mars. Je pense que j’ai voulu être prêt trop tôt, j’ai voulu chercher mes limites trop vite. Il n’y a pas de secret, quand on fait de grosses charges d’entraînement, le corps émet une première alerte et il est préférable d’en tenir compte ou alors on chope ce qui traine. La clé de notre sport, au-delà de l’entrainement, c’est d’arriver à flirter avec la santé le mieux possible en sachant qu’au niveau de l’immunité, on est à fleur de peau quand on parvient à l’état de forme, avec un poids inférieur à la moyenne. On est quand même vite sujet à un coup de froid. Il faut le maîtriser et si je suis tombé malade, c’est une faute parce que c’était à moi de sentir que ca ne va pas aller. A vouloir arriver trop bien, trop tôt, j’ai trop repoussé mes limites. La première bronchite est arrivée après de grosses sorties quand j’aurais dû lever le pied. Elle était là en deux heures. Il y avait de la fatigue, un petit peu de manque de sommeil et ça a basculé. J’ai fait une semaine et demi de fièvre. Je me suis acharné et au final ça n’est pas passé. On a tous connu le moment où la maladie te tombe dessus quand il ne le faut pas.

Et c’est arrivé dans un contexte stressant ?
Je suis plutôt un coureur de mars-avril et je suis frustré mais c’est collectif aussi, c’est une frustration générale. On aimerait tous faire mieux. Il faut inverser le sens de la roue, la faire tourner dans le bon sens pour avancer. Garder le moral et continuer à bosser parce que seul le travail paie. On sait qu’un coureur de haut niveau a besoin du mental pour se faire mal, pour augmenter plus encore les moyens qu’il se donne pour aller chercher le meilleur résultat possible. Chez nous, il y a un manque de confiance mais il ne faut  pas se cacher derrière des circonstances atténuantes, ce serait se mentir et ce serait la pire des réactions dans un collectif. OK, il y a eu des chutes avec de la casse et des crevaisons, forcément ça joue mais la chance se provoque. Là, aujourd’hui, on n’a plus de temps à perdre. Il faut être maître de sa vie et de sa carrière, prendre les choses à bras le corps. On n’est pas en phase avec ce qu’on espérait.

Tu le dis avec beaucoup de sensibilité ?
Etre sensible, c’est être à la hauteur des attentes qui reposent sur moi quelles qu’elles soient ! J’encadre mes équipiers, je l’ai fait instinctivement avec Elie Gesbert lors de son premier Tour. Je connais la boutique et une bonne partie du milieu même si chez Arkéa-Samsic, Amaël Moinard qui a gagné le Tour de France avec Cadel Evans, le connaît encore mieux que moi. J’ai un regard juste. On attend beaucoup de moi et c’est plaisant. La tâche n’en est que plus chouette quand il y a la réussite. L’enclenchement d’une dynamique positive se fera en maîtrisant le sujet sans en parler davantage. En parler pendant des heures n’arrange rien. Il faut se prendre en main !

Tu as rejoint ton équipe en 2010, tu imaginais une telle longévité auprès d’Emmanuel Hubert ?
En 2010, je ne savais pas de quoi serait fait demain et je n’avais pas plus de certitudes que l’équipe continue et progresse, d’ailleurs c’était pareil pour moi. J’aurais pu faire un an et ne pas faire l’affaire, ne pas trouver ma place dans le milieu. Je suis toujours là mais la stabilité pour une bonne partie des coureurs n’est pas une amie. C’est bien aussi de bousculer les habitudes parce qu’on est sans cesse en concurrence avec nous mêmes, à aller chercher nos limites, on est sans cesse en concurrence avec ses collègues et avec les autres coureurs du peloton. Le confort diminue cette notion de concurrence. Je ne suis pas venu chercher le confort mais j’ai progressé. Au bout d’un moment, il était logique de rester et de continuer avec cette équipe même si à une certaine période l’idée de changer m’a traversé l’esprit. Ce qui a tranché, c’est la fidélité, ça fait partie de mon caractère. Il y a un engagement et je le tiens. Tous les ans ou tous les deux ans je me suis engagé en mettant du cœur à l’ouvrage.

Si tu fais le Tour en juillet, tu seras le seul coureur de cet effectif à avoir disputé tous les Tours depuis 2014. C’est un fil rouge dans ta carrière ?
Le Tour n’est pas le fil rouge. J’en ai fait cinq avec l’équipe de Manu Hubert. Je sais ce que c’est, je sais ce qui m’attend, dans la souffrance et parfois dans des moments de solitude. Quand tu poses le vélo le soir et que tu ne veux plus y toucher… C’est une belle histoire humaine. Le Tour, c’est le troisième événement sportif mondial et tu ne peux pas le bouder. En face, il y a des sacrifices, de l’investissement personnel et c’est usant. J’y vais si je suis sélectionné mais surtout avec un rôle précis. S’ils m’emmènent, ils savent pourquoi et pour quel rôle ! Sinon pas de souci. Je ne veux pas aller au Tour pour y être mais pour jouer un rôle. L’impact du Tour est tellement énorme que je comprends que les coureurs pensent devoir y être absolument. Humainement, j’ai vu la différence pour ma carrière, pour le monde autour de moi, il y a eu une nette différence entre l’année ou je ne le fais pas et l’année suivante où je le fais mais, je persiste, il faut faire le Tour pour performer pas pour être dans la lumière.

Le fait d’avoir été deux fois arrêté cette saison modifie ton programme et le moment de ta coupure ?
Je vais jusqu’au Tour de la Communauté de Madrid (9-12 mai) et je coupe. Ça joue à quinze jours près. Ce sera cinq-six jours sans faire de vélo et puis 15 jours de travail sans course. C’est le schéma. La course, c’est aussi une question de fraicheur, on n’est plus à l’époque de Roger Walkowiak où on enchainait les trois Grands Tours. Je vais faire un stage orchestré par Franck Renimel qui est mon entraîneur depuis treize ans, nous avons une relation de travail étroite. On se connaît. Je ne le ferai pas forcément en altitude, ce n’est pas bénéfique pour tout le monde ou on n’en ressent pas forcément le bénéfice. C’est fatigant, c’est spécifique aux grimpeurs. Tout dépend des objectifs. Pour Warren Barguil, évidemment, c’est nécessaire. Lui sait qu’en juillet, il y a des cols à plus de 2000 mètres d’altitude et qu’il va y jouer quelque chose. Pour moi, ce stage sera de la recherche de sensations pour la période de juillet. Ce sera du derny, du travail, des courses et de l’assimilation. C’est un bon programme.

Tu as quel âge Florian ?
J’ai arrêté de compter à 25 ans… Si je n’avais plus d’envie, j’aurais posé le vélo depuis belle lurette. J’aurais plus profité de ma famille. J’en ai profité bien sûr. Je remercie le vélo pour ce qu’il m’a apporté socialement, culturellement mais il n’est pas tout seul dans ma vie, il y a ma famille, mes amis. J’ai toujours beaucoup d’envie mais si un jour je constate que j’y vais à reculons, je ne vais pas m’obstiner et je vais privilégier le plaisir. Seule la quête du bonheur est juste et vraie.

Yvon Ledanois : “ça coute de l’énergie, mais…”

Le Mont Faron faisait office de ligne d’arrivée finale du Tour du Haut-Var 2019. Romain Le Roux a bouché 40 secondes pour revenir sur l’échappée du jour et travailler à l’avant de la course. Dans le peloton, l’équipe était soudée pour aborder au mieux le final. Amael Moinard se classe 17ème et Jérémy Maison 18ème.

Florian Vachon :

« Aujourd’hui ça se résume à une montée sèche. Une montée brute mais encore une fois une bonne journée, on a réussi à mettre quelqu’un devant avec Romain Le Roux. Le but c’était de bien placer nos deux meilleurs coureurs au classement général, Amael et Kévin, pour la montée finale. On voulait trouver les réflexes pour le collectif. Kevin a un peu coincé dans le Mont Faron mais Jérémy a pu faire une belle montée. Sur ces trois jours je veux retenir que l’on a su courir ensemble et placés. Dans le peloton actuel il faut « courir collectif » et nous l’avons bien fait. Au niveau de la forme il nous manque encore un petit quelque chose…mais on l’a surement pallié par un bon collectif. Ca allait mieux de jour en jour pour l’ensemble de l’équipe donc ça motive ! Il faut continuer à bosser, mais de mon point de vue c’est encourageant.
La semaine prochaine je cours à Kuurne-Bruxelles-Kuurne, j’ai l’habitude de courir cette épreuve, avec un sprinteur comme leader. C’est une belle course, il y aura André qui sera super motivé, c’est plein d’énergie positive, il y a un beau truc à aller chercher.  »

Yvon Ledanois :
« La stratégie aujourd’hui était de prendre l’échappée. Un groupe de sept coureurs est sorti sans que nous y soyons représentés mais Romain Le Roux a bien rattrapé le coup en bouchant quarante secondes et en prenant place en tête de course. Les gars savent qu’il faut courir dans l’intérêt de l’équipe. Romain est sorti contretemps, ça coûte de l’énergie, mais je suis content de sa réaction. En grande majorité, les gars ont fait leur travail. Amaël Moinard, Kevin Ledanois et Florian Vachon ont tiré le groupe vers le haut. Je n’avais pas le coureur pour battre Pinot et Bardet cette semaine mais j’ai hâte d’être le week-end prochain en Ardèche puis dans la Drôme pour obtenir un très bon résultat avec ce groupe. D’ici là, les gars vont faire ce qu’il faut. Cette semaine est une semaine de travail. »

 

Limousin #3 Florian Vachon : “Demain, ca va être une grosse étape !”

La troisième étape entre Egletons et Uzerche était l’étape Reine  de ce Tour du Limousin Nouvelle Aquitaine. Les petites routes de Corèze ont, comme lors de chaque édition, offert une course « qui fait mal aux jambes ». Florian Vachon est présent dans l’échappée de 10 coureurs qui ouvre la course toute la journée. L’écart approche les 4 minutes mais ce n’est pas assez pour aller au bout. A 10 kilomètres de l’arrivée, un « contre » part pour rejoindre les hommes de tête…la course se joue alors à l’avant. Nicolas Edet l’emporte et Elie Gesbert donne tout pour gagner des secondes sur la ligne. A un jour de l’arrivée finale il est 10ème de l’étape et 10ème du classement général, à 25 secondes.

Florian Vachon 

“Ce matin on s’était dit qu’il fallait aller dans l’échappée si une dizaine de coureurs y allaient. Ce fut le cas, j’y suis allé ! On était conscient, dans l’échappée, qu’il y avait potentiellement une bonne carte à jouer et que ca pouvait aller au bout. Comme nous étions une dizaine de coureurs devant, on se doutait que ca allait être compliqué pour une équipe de contrôler. Mais le «contre » qui sort à une dizaine de kilomètres de l’arrivée était vraiment un groupe de costauds, avec la fraicheur en plus. Dommage que ça n’aille pas au bout mais à titre personnel, je me sens bien, c’est une bonne reprise d’après Tour de France. Pour le classement général, Elie est maintenant 10ème…il faut toujours y croire dans la dernière étape. On a vu des Tour du Limousin se retourner dans les derniers instants. Je pense qu’il y a beaucoup d’équipes qui veulent encore bousculer ce classement général. Demain, ca va être une grosse étape !”

TDF #21 – Nos enseignements du Tour

Après 21 étapes et 3 351 kms parcourus, le Tour 2018 s’achève pour nos 8 coureurs qui auront rallié l’arrivée aux Champs Elysées au complet. L’occasion pour eux de nous dresser le bilan de leur trois semaines de compétition.

Warren Barguil :
« Mes coéquipiers ont été exemplaires pour m’aider et j’aurais aimé terminer le Tour avec une victoire. Mais j’ai tout tenté, on a tout tenté. J’ai appris à prendre mes déceptions comme une motivation supplémentaire, pour me rebooster. Je suis exigeant envers moi-même et je veux tellement bien faire que je fais parfois des erreurs mais c’est comme ça qu’on apprend. Je reviendrai sur le Tour avec cette même envie d’attaquer. »

Romain Hardy :
” Cette année, j’ai vécu un Tour complètement différent du précédent. L’an dernier, avec une bonne condition physique, j’avais pu m’épanouir sur tous les domaines, que ce soit dans les échappées ou les arrivées au sommet. D’ordinaire je suis bon grimpeur et je ne me pose pas la question des délais. Cette année, c’était différent et j’ai appris à le gérer. J’avais beau regarder 10 fois le parcours, je savais que devrais aller au bout de moi-même pour y arriver. Ce n’est pas quelque chose de positif mais j’ai certainement renforcé mes capacités mentales. J’ai déjà eu l’occasion d’aller au bout de moi-même comme ça et dans ces moments de souffrance on ne voit pas ce qu’on peut en tirer de bon. ”

Laurent Pichon :
« C’est mon sixième grand Tour et c’est celui où j’ai le moins souffert, où j’ai pris le plus de plaisir. Je suis fatigué bien sûr, comme tout le monde, mais pas aussi épuisé que l’an dernier. En 2017, je comptais les étapes avant d’arriver à Paris alors que je réalisais mon rêve. Il faut se préparer pour le Tour et la notion de fraîcheur est très importante. Cette année, j’avais 10 jours de compétition en moins début juillet et ça a fait la différence.»

Kevin Ledanois :
” C’était un rêve de disputer le Tour de France, j’ai pris conscience sur les Champs que je venais de le réaliser et je me suis fais plaisir en attaquant dans le final. Pendant le Tour, le vélo n’est pas toujours une partie de plaisir mais on n’oublie pour ne garder que le positif. J’ai appris à récupérer, à gérer mes efforts sur 3 semaines et surtout à travailler pour un leader comme Warren.”

Amael Moinard :
” Je veux retenir notre collectif. Nous avons respecté ce que nous voulions mettre en place, nous avons été offensifs. Il manque le gros résultat pour valider nos efforts mais nous avons répondu présents tactiquement et physiquement. Personnellement, j’ai pris du plaisir à être à l’avant. C’était mon dixième Tour, mais chaque année il faut accepter la souffrance et aller un peu plus loin dans la douleur pour jouer les premiers rôles. ”

Elie Gesbert :
« Je savais où je mettais les pieds mais ce n’est pas forcément un avantage parce-que on sait à l’avance qu’on va en baver. Cette année, j’ai appris ce que c’était d’avoir un jour sans sur le Tour. J’ai chuté et je suis tombé malade mais je me suis accroché, on est sur le Tour, on ne peut pas abandonner si facilement. Dans l’ensemble j’ai passé un très bon Tour et le collectif y a beaucoup joué. »

Florian Vachon :
« L’an dernier j’avais pour mission de lancer Dan pour les sprints, cette année la mission était tout autre puisqu’il fallait entourer Warren. Il faut savoir bien calculer ses efforts parce-que tout le monde est au mieux de sa forme et ça se joue parfois sur des détails. Personnellement, je savais que ça allait être dur, le Tour ne fait pas de cadeau mais Il ne faut jamais rien lâcher, toujours rester vigilant et concentré. On peut partir à la faute à tout moment. Elie et Romain en ont fait les frais, ils ont chuté, mais ils ont tenu bon et on termine le Tour au complet. Ça faisait aussi partie des objectifs de l’équipe. »

Maxime Bouet :
”  Pendant trois semaines nous avons vu une équipe soudée autour de Warren, on a tous tiré dans le même sens. Personnellement, l’étape des pavés a été une belle leçon. Je la redoutais, j’y pensais 3 jours avant, j’avais même peur des délais. Puis la veille, mon masseur Cédrig m’a fait prendre conscience que si j’étais lâché c’était normal car les pavés ce n’est pas mon truc mais si j’étais à l’avant ce n’était que du bonus. J’ai réussi à me libérer de mon stress et j’ai fait une étape plus que correcte c’est une leçon qu’il faut que je garde en tête pour la suite. ”

 

TDF #15 – Florian Vachon : “Tout donner, ne rien lâcher et s’accrocher”

L’échappée était convoitée sur cette 15ème étape et il aura fallu attendre 1h30 avant de voir un groupe se détacher. On y retrouve Florian Vachon et Amael Moinard pour notre formation. L’avance du groupe de tête augmente rapidement, la victoire d’étape se jouera à l’avant. Dans la dernière montée, ils ne sont plus que trois pour jouer la gagne, Magnus Cort Nielsen s’impose à Carcassonne. Amael Moinard est 16ème, Florian Vachon 25ème. Warren Barguil arrive avec le peloton maillot jaune.

Amael Moinard :
« Aujourd’hui, on voulait prendre l’échappée mais c’était difficile, surtout pour Warren qui faisait peur à l’équipe Quick Step pour le classement de la montagne. Ça roulait vraiment vite, ça a mis beaucoup de temps à se faire. Avec de bonnes jambes, j’aurais certainement pu faire mieux. Il faut dire aussi que j’avais dans les jambes mes trois dernières échappées. Mais c’est aussi au niveau du mental que c’était compliqué, passer du mode souffrance dans un col à la gestion des efforts ne se fait pas aussi facilement. Il me manque quelque-chose pour basculer et faire un résultat et pour jouer la gagne sur le Tour, il faut être à 100% le jour J. Maintenant l’objectif est de récupérer des étapes des Alpes pour aborder celles des Pyrénées qui nous donneront du fil à retordre. J’ai déjà fait 4 échappées, si je peux aller jusqu’à 5 ou 6 ce serait top.»

Florian Vachon :
« Entre les routes accidentées et les nombreux candidats à l’échappée on savait que le départ allait être compliqué. On est resté solidaires dans l’effort pour ne pas la rater. Wawa était surveillé par Quick Step, ils ne l’ont pas laissé partir malgré plusieurs offensives. On est vite tombé d’accord sur la stratégie avec Amael, il fallait tout donner, ne rien lâcher et s’accrocher. Il y avait du très beau monde et toutes les grosses équipes étaient bien représentées. C’est ma première échappée sur le Tour cette année, on ne va pas se cacher, c’est toujours plaisant. C’était une belle échappée, c’est sorti à la pédale, ça prouve que la condition est bonne. Par contre, ce soir, j’ai mal aux jambes. La journée de repos sera la bienvenue avant d’attaquer une troisième semaine avec la même envie et le même état d’esprit. »

 

TDF #3 (CLM par équipes) – Florian Vachon : “On a tous tout donné”

À 15h50 aujourd’hui, nos coureurs se sont élancés pour le contre-la-montre par équipes du Tour de France. Appliqués et concentrés, ils bouclent les 35,5 kms autour de Cholet en 40’33’’ à 1’46’’ de BMC. Ils se classent 17èmes.

Florian Vachon :
« Nous sommes satisfaits de notre contre-la-montre. Pour nous, il était primordial de montrer qu’on pouvait répondre présent sur ce difficile exercice qui peut rapidement tourner à la catastrophe. On a attaqué ce chrono avec un très bon état d’esprit, que ce soit dans l’approche collective, lors de la reconnaissance ou de l’échauffement. Je ne pense pas me tromper si je dis qu’on a tous tout donner, mais on peut encore s’améliorer tactiquement pour gagner du temps. Un contre-la-montre c’est beaucoup de tension, ça demande un gros effort physique mais ça nécessite aussi de la concentration, à la moindre erreur on peut envoyer nos coéquipiers à la faute, c’est un effort autant physique que technique. »

Warren Barguil :
« On peut être fiers de nous, quand on regarde les résultats des autres équipes on n’a pas à rougir. On est peut-être partis un peu trop vite sur le départ, il fallait envoyer les watts dans le final et on a un peu butté, on a encore besoin de travailler mais je trouve vraiment ça bien. Le contre-la-montre par équipes est une discipline que j’affectionne particulièrement et c’est pour ça que je veux toujours faire mieux. Demain place à la Bretagne, j’ai hâte d’y être, de retrouver la maison, la famille et les supporters. »

Yvon Ledanois (directeur sportif) :
« C’est plus que bien ce qu’on a fait au chrono, être à 1’46 de BMC on m’aurait dit ça avant le départ du Tour j’aurais signé tout de suite. Après je suis quelqu’un d’exigeant donc je me dis qu’on peut encore faire mieux, de ce que j’ai vu il y a encore moyen de bien progresser. C’est un chrono correct et c’est de bon augure pour la suite, il y a de belles choses à aller chercher. »

4 Jours de Dunkerque #6 – Florian Vachon (9e) : “Une bonne opération en prenant l’échappée”

Ils sont onze à s’échapper sur cette dernière étape, parmi eux on retrouve Florian Vachon. Leur avance ne dépassera pas les 2 minutes. Les Cofidis et Lotto-Soudal assurent la poursuite dans le peloton mais dans les derniers kilomètres le peloton est désorganisé, il ne reviendra pas sur les hommes de tête. Olivier Le Gac part seul dans le dernier kilomètre et s’impose sur cette dernière étape, Dimitri Claeys remporte le général. Florian Vachon est 9ème de l’étape.

Florian Vachon :

” Ce circuit est piégeux, il fallait être dans le bon coup et je fais une bonne opération en prenant l’échappée même si ce n’était pas gagné. Les jambes répondaient bien, mieux qu’hier, et on commence à voir le fruit de nos efforts. Les résultats vont venir, pour ma part je vais couper et je reprendrai aux Boucles de la Mayenne. ”

 

Tour de France #14 – Maxime Bouet : “Continuer à être offensif”

« Continuer de tenter et d’anticiper », étaient les mots de Sébastien Hinault ce matin au briefing. Maxime Bouet s’y colle en premier, il suit l’expert en échappée : Thomas Voeckler. Mais les puncheurs ont coché l’étape et les équipiers de Greg Van Avermaet et Michael Matthews contrôlent l’avance des hommes de tête. Regroupement général à 13 kilomètres de l’arrivée… pas pour longtemps, quatre hommes tentent de sortir dont Pierre-Luc Périchon. Ils prendront jusqu’à 15 secondes d’avance. Mais Caruso et Arndt ne roulent pas. Finalement, ils sont une dizaine à se jouer la victoire d’étape, Michael Matthews s’impose devant Greg Van Avermaet. Pas de regrets aujourd’hui pour notre formation, toujours 9ème au classement par équipes. Brice Feillu est 20ème du général.

Pierre-Luc Périchon :
« À 25 kilomètres de l’arrivée, j’étais bien placé avec Florian Vachon. J’ai décidé d’anticiper et Flo restait placé pour le final. À 15kms, il y a eu une attaque puis ça s’est ouvert devant moi, j’y suis allé à l’instinct. J’ai réussi à faire le jump mais j’ai réalisé qu’il y avait un équipier de Sunweb et de BMC et qu’ils n’allaient pas passer un relais. Avec le coureur de Katusha, on s’est rapidement dit qu’on n’allait pas les amener dans un fauteuil, on les a attaqués à tour de rôle, je ne suis pas déçu, on a tenté. Sébastien Hinault nous avait demandé d’être actif dans le final. On a été à l’avant toute la journée. Je ne vais plus avoir beaucoup d’opportunités pour m’exprimer, je me sens bien alors je vais continuer d’essayer.»

Maxime Bouet :
« Ce matin au briefing, l’objectif était de mettre quelqu’un dans l’échappée. Je voyais Thomas Voeckler bien placé au départ, je me suis mis dans sa roue et ça n’a pas loupé. Avec lui et Thomas De Gendt, on pouvait y croire. On s’est bien entendus, je pense que le peloton a eu peur de ces hommes-là. À 40 kilomètres, De Gendt nous a mis dans le rouge, j’ai préféré monter à mon rythme et accrocher le peloton. Je voulais garder de l’énergie pour aider les copains dans le final. Si on fait le calcul, il ne nous reste plus beaucoup d’étapes pour nous exprimer, on doit continuer à être offensif et répondre présent dans les échappées à venir, notamment demain. »

 

Le billet de Marc Fayet #13 – Les voix de la sagesse

Lorsque les problèmes diplomatiques s’intensifient, que la guerre semble inéluctable et que la confusion gagne les esprits rien de de tel que faire appel aux sages. Ils peuvent être philosophes, sociologues, historiens, mais ils peuvent également être de simples citoyens dotés d’un solide  bon sens. J’en ai deux dans mon quartier et c’est moi qui les ai choisis et leur ai attribué cette fonction qu’ils ne revendiquaient pas eux-mêmes. Tous les deux sont commerçants et ils étaient ouverts ce matin du 14 Juillet dans la rue du Poteau, on se serait d’ailleurs crus sur une étape du Tour tant le ballet des hélicoptères sillonnant notre quartier était incessant comme sur l’ensemble de Paris. Il ne s’agissait pourtant ce matin-là que de ceux qui étaient chargés de veiller à la sécurité. La sécurité de quoi me demanderez-vous ? Mais la sécurité de ceux qui sont chargés de protéger notre nation !  Vous seriez en droit de manifester votre étonnement « Il y a sur les champs des centaines de chars, des milliers de militaires armés et il faut les protéger ? » Je vous répondrai « Oui parce que la Seine est trop étroite pour les porte-avions » Oui bon ! Nous n’allons pas épiloguer plus longtemps sur la justesse de ce déploiement de force Parisien quand la force s’est montrée à Peyragudes où il n’avait même pas un lance-Pierre ou plutôt si il en avait un de Pierre mais il a craqué avant l’arrivée et n’a pas réussi à le lancer. Durant cette longue matinée j’ai décidé de consulter mes sages pour qu’ils me commentent la journée d’hier et me prédisent celle d’aujourd’hui, celle de la fête nationale, la journée bleue blanche et rouge où nous espérons toujours des successeurs à David Moncoutié, Richard Virenque ou Laurent Jalabert qui avaient eus en leur temps cet immense privilège de hisser la fierté d’être français au sommet de notre orgueil . Le premier  sage je l’ai vu dans sa boutique du Roi du saucisson, excellent charcutier traiteur, il s’appelle Roland, c’est un  Mayennais d’origine et qui ne jure que par la famille Madiot, « Mon frère connaissait bien son père et mon beau-frère a connu sa cousine ». Pour lui ce sera la journée Pinot «  Parce que Madiot + Pinot = drapeau ! » il s’est largement trompé, pas de Pinot ni de Madiot, encore moins de drapeau.  Quand à ce qu’il s’est déroulé hier il m’a juste affirmé que Romain Bardet était un excellent stratège, «  il pourrait défiler avec les Maréchaux aujourd’hui parce qu’il a fait mieux qu’un général.  Et puis vous avez vu l’anglais ?  Il va tout droit lorsqu’il faut tourner et il tournicote lorsqu’il faut finir tout droit. Voilà ce que c’est que de conduire à gauche ! On finit par être maladroits ». Il n’a pas pu aller plus loin dans son analyse, il avait les pâtés de lapin à sortir du four mais c’était bien résumé.

Je suis ensuite allé voir mon deuxième sage qui se prénomme André, il tient une cave nommée Cavavin  Il s’y connait bien lui aussi, genre de type qui connait la géographie sur le bout de la langue, maîtrisant les crus comme les parcours, il sait toujours me trouver la bonne bouteille qu’il faut… Ce matin il me conseille un petit vin d’Ariège, un coteau du Plantaurel blanc. « Faut le boire vite, il est un peu court en bouche mais tu verras à la fin il te laisse une impression inoubliable, un peu comme aujourd’hui où je vois un Français… » « Pinot ? » « Non, c’est pas un cépage qui tient par ici » Et de me détailler le tout, me promettant quelque chose de gouleyant, de nerveux, de racé, un truc corsé, étoffé et fruité. Je ne savais plus s’il me parlait du vin ou de l’étape ! Finalement c’était les deux, on l’a bien constaté. André c’est un sage qui aime les images, celle du Tour et celle des détours vinicoles. Il voulait aller plus loin et me sortait déjà un verre pour me faire goûter le vin de demain « un petit vin d’Aveyron » un Rouge de côtes de Millau et de me détailler à nouveau ses qualités «  « Tout ce que je peux te dire qu’il est bourru et qu’il a de la cuisse… » Mais ça je l’imaginais déjà, il faut être bien rodé pour gagner à Rodez. Nous n’avons pas pu prolonger car une cliente Anglaise entrait, elle voulait un petit vin italien qui s’avale comme un rien. André lui a dit qu’il n’en avait pas… Aujourd’hui il ne voulait vendre que du Français et nos vœux avec Warren furent exaucés.

Tour de France #11 – Dan McLay : “Courir pour gagner”

Cette étape de plaine longue de 203 kms semblait promise aux spinteurs avant de retourner vers la montagne. L’échappée du jour se dessine dès le premier kilomètre, ils sont trois à fausser compagnie au peloton. Le scénario ressemble de près à celui de la veille mais Bodnar, sorti à 25 kilomètres de l’arrivée, relance la course. Le polonais tient tête au peloton jusqu’à 400m de la ligne. Les sprinteurs vont pouvoir se disputer la gagne. Indétrônable, Kittel remporte sa cinquième victoire d’étape. Bien emmené par Florian Vachon, Dan McLay prend sa chance, il est cinquième.

Dan McLay :
« Avec l’équipe, on progresse à chaque sprint. On est de mieux en mieux organisé, Elie et Flo ont fait un boulot incroyable dans le final. Je fais un bon sprint, mais Kittel est au-dessus du lot. J’ai couru pour gagner, en restant dans la roue de Kittel je dois pouvoir accrocher la deuxième place mais pour gagner il fallait prendre sa chance. J’ai eu mal aux jambes (rires). »

Pierre-Luc Périchon :
« C’était très nerveux aujourd’hui, à 25 kilomètres de l’arrivée, j’ai roulé pour garder notre place à l’avant du peloton et pour protéger les gars du vent. Ensuite, j’ai fait mon maximum pour rester derrière Dan et fermer la porte. J’ai réussi à m’accrocher jusqu’à 3kilomètres de l’arrivée, j’aurais aimé les aider encore plus. Elie a bien replacé Dan et Flo. Les derniers kilomètres sont éprouvants, il y a à la fois les sprinteurs et les leaders du général, plusieurs fois des coureurs sont venus casser notre train. Il faut qu’on soit moins gentil. Dan monte en pression, de notre côté, il faut qu’on soit au millimètre, pour l’amener dans les meilleures conditions. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Kittel est au-dessus du lot mais comme je l’ai dit à Dan, il n’a aucun regret à avoir car il court vraiment pour la gagne quand d’autres se contenteraient d’une seconde place en restant dans la roue de Kittel. Si Dan avait opté pour la même stratégie, il aurait certainement pris la 2ème ou 3ème place mais il vise la victoire. C’est une mentalité qui me plaît. L’équipe a été extraordinaire, quand je vois qu’ils étaient encore trois à 1km de l’arrivée, c’est super. On est en train de mettre quelque chose en place, je ne sais même pas si les gars en ont conscience. C’est génial de vivre ça sur le Tour, une 5ème place ce n’est pas la gagne mais ça fait plaisir ! »

Tour de France #10 – Dan McLay : “I can get it”

Depuis son anniversaire, le 1er juillet, célébré en grandes pompes, sur la rampe de lancement de Dusseldorf, Elie Gesbert a découvert le public du Tour, le peloton du Tour, la difficulté de la montagne et aujourd’hui une échappée sur le Tour. En compagnie de Yoann Offredo, il parcourt 167 kilomètres en tête de course, avant d’être repris à 6 kilomètres de l’arrivée. Fin de la partie pour le plus jeune coureur du peloton, qui portera le dossard rouge du plus combatif demain, mais pas pour l’équipe. Dan McLay lance son sprint de très loin, il prend les devants dans la dernière ligne droite et fait lever les supporteurs bretons. Mais, aujourd’hui, il y avait 200m de trop pour le britannique. Dan McLay prend la septième place, et attend déjà demain.

Dan McLay (7ème) :
« Avec du recul, je n’aurais pas dû quitter la roue de Kittel mais il fallait que j’essaye. Je pensais qu’il attendrait un peu pour lancer et que je prendrais l’avantage mais il a tout de suite pris ma roue et je me suis fait passer à 200 mètres. Je ne pouvais plus revenir… La dernière fois, j’avais lancé mon sprint trop tard, aujourd’hui c’était trop tôt, et demain… je ne sais pas le traduire en français alors je vais le dire en anglais « i can get it ». »

Elie Gesbert :
« Ce matin, j’avais l’autorisation d’aller dans l’échappée, alors je ne m’en suis pas privé. J’y ai cru à un seul moment, à 25 kilomètres de l’arrivée, quand on a repris du temps au peloton. Je me suis dit : « si on arrive avec 1min30 d’avance à 15 kilomètres, il y a un coup à faire. » On est repris à 6 kilomètres de la ligne… Je suis le plus jeune coureur du Tour, mais je n’ai pas de complexe. Je viens de vivre ma première échappée sur le Tour et mon premier podium. Le public m’a encouragé durant les 167kms d’échappée. Même si ce matin le prix de la combativité n’était pas un objectif, c’était quand même un grand moment. Je me changeais entre Chris Froome et Marcel Kittel, je ne me laisse pas facilement impressionner, mais j’avais des frissons sur le podium, ça donne envie d’y retourner (rires). Dan a encore fait un gros sprint, il n’aura plus beaucoup d’occasions mais j’espère qu’il va créer la surprise. »

Florian Vachon :
« Toute l’équipe a bien travaillé pour Dan. On est resté roues dans roues jusqu’à deux kilomètres de l’arrivée. J’ai essayé de le remonter, on est revenu au niveau de Marcel Kittel. Dan a lancé son sprint de loin, les dernières fois il avait trop attendu, aujourd’hui, il a saisi l’ouverture … un peu trop tôt. Personnellement, je me prends au jeu et je prends confiance en moi. Les coureurs du peloton s’habituent à notre présence dans les sprints. Malgré les abandons il y a encore de très bons sprinteurs mais Dan aura encore une chance demain. Je suis très content pour Elie Gesbert. Je suis en chambre avec lui, c’est un super jeune. Il est courageux, je pense qu’il a une belle carrière devant lui. »

Eduardo Sepulveda :
« Après ma chute de dimanche, je m’étais préparé à souffrir aujourd’hui, finalement, ça s’est mieux passé que prévu (rires). Je suis resté sagement dans le peloton, j’ai eu un peu de chance car le rythme n’était pas très élevé. Par contre, quand il y a des relances et que j’accélère, la douleur est bien présente. Il me reste une journée pour récupérer avant la montagne, je vais m’accrocher pour voir Paris et pourquoi pas retenter une échappée la troisième semaine. »

Denis Leproux (directeur sportif) :
« Dan a été très bien placé par ses coéquipiers, notamment Pierre-Luc et Flo qui l’emmène dans le final. Aujourd’hui, il a pris l’initiative de se mettre devant et de lancer de loin. Il a un peu accusé le coup mais il fait 7ème, c’est super. C’est lui qui a lancé le sprint, il lui manquait un peu de force dans les derniers mètres. Il a pris le sprint à son compte, il a confiance en lui, c’est positif. L’autre bonne nouvelle est le prix de la combativité pour Elie. Il avait des fourmis dans les jambes et voulait prendre l’échappée, il a bien fait. C’est une super journée pour l’équipe, pas de regrets. »
 

Tour de France #9 – Brice Feillu : “Pas dans ma meilleure forme mais devant”

Ce matin, les visages concentrés sur le home-traineur au départ de Nantua présageaient une journée difficile. Aujourd’hui, ce sera de la dynamite, en haute montagne. Pierre-Luc Périchon, Eduardo Sepulveda et Brice Feillu sont dans le groupe échappé d’une trentaine de coureurs. Mais, dans la descente du deuxième col, Eduardo Sepulveda chute violemment. Bien « épluché », l’argentin repart au mental et termine la journée. La course explose : attaques, chutes, abandons à l’avant. Brice tient sa place dans le groupe des favoris jusqu’au Mont du Chat, il se classe 26ème de l’étape et est 20ème au général. Toute l’équipe termine cette étape de guerriers dans les délais et s’envole au complet pour Périgueux.

Brice Feillu :
« Le bilan est plutôt intéressant car je remonte au classement général. Warren Barguil termine deuxième, je pese  que c’est un coureur à ma poigne avec qui je pourrais me battre : ça me motive. Aujourd’hui je suis parti dans l’échappée, mais je n’étais pas dans ma meilleure forme, mais au moins j’étais devant ! ”

Maxime Bouet :
« C’était une étape galère sur le vélo, je paye mon échappé de vendredi. Mais, j’ai vécu une journée inoubliable. J’ai monté le Grand Colombier sur un Tour de France ! J’ai une histoire particulière avec ce col. Je suis né au pied et les cendres de ma mère reposent au sommet. Du pied jusqu’en haut, j’ai reçu énormément d’encouragements, tous les 5 mètres quelqu’un criait mon nom, même lâché, j’ai vécu quelque chose de fort. »

Sébastien Hinault :
« C’était plutôt bien parti avec trois coureurs à l’avant, mais malheureusement on perd une de nos meilleures cartes. Les cols très durs convenaient bien à Eduardo. Sa chute est sévère, et je le félicite d’être reparti et d’avoir fini l’étape. Brice fait une belle étape et se place dans le top 20 du classement général : c’est bien ! C’est en étant offensif, en devançant la grosse accélération des cadors qu’on pourra obtenir des résultats. Autre satisfaction, Dan termine dans les délais alors que d’autres équipes font de grosses pertes. C’était vraiment une étape épique, les gens devant leur télé n’ont pas dû s’ennuyer. »