Maxime Bouet : « L’équipe Arkéa-Samsic est davantage respectée »

 

Maxime Bouet

« Le Tour de la Provence, c’est un peu mon Tour National,  je suis content de la victoire de Nairo Quintana, et de l’équipe Arkéa-Samsic », c’est par ces mots que Maxime Bouet débute cette interview post-victoire sur ses terres. Questions-réponses…

 

 

Arkéa-Samsic : Ce Tour de la Provence va rester un bon moment dans votre carrière, Maxime ?

Maxime Bouet : « Mon bonheur est total tant sur le plan individuel que collectif avec ce succès d’étape au Mont Ventoux, plus le classement général de ce Tour de la Provence pour Nairo Quintana, sans oublier la victoire de Nacer au premier jour de course. Le Tour de la Provence est en quelque sorte mon Tour National, à moi. Je me suis surpassé durant les quatre jours de course, et j’ai tout donné pour l’équipe, mes leaders que ce soit dans le domaine du sprint ou que ce soit en montagne pour les grimpeurs, notamment avec Nairo et Warren. J’ai bossé tous les jours en faveur de l’équipe ».

 

Arkéa-Samsic : Quel plaisir avez-vous pris à tenir ce rôle de super équipier ?

Maxime Bouet : « Beaucoup de personnes sont venues me voir hier à Aix-en-Provence afin de me féliciter, et me dire, « tu as fait une superbe course, et je leur ai répondu à chaque fois, « l’équipe Arkéa-Samsic dans son ensemble a réalisé un bon Tour de la Provence 2020 ». Cette victoire a été construite par tous les coureurs présents lors de cette compétition. J’ai déjà effectué un travail de ce type en faveur de mes leaders par le passé, et je suis serein lorsque j’accomplis une telle mission. Je n’ai pas de stress. Leurs remerciements mes leaders me les ont apportés en fin d’étape, mais la plus belle récompense qu’ils nous font à tous c’est d’avoir gagné ces courses. Un succès de la part d’un leader vaut tous les mots de remerciements. D’autre part, ce qui m’a fait le plus plaisir c’est que j’ai pu répéter les efforts tous les jours en faisant du bon travail »

 

Arkéa-Samsic : L’équipe Arkéa-Samsic a pris une nouvelle dimension ?

Maxime Bouet : « Oui. Nous sommes davantage respectés lors de l’approche des sprints, au pied des cols, également, les autres concurrents viennent un peu moins nous frotter. Nous avons bien senti que les autres formations nous regardaient désormais, autrement, du fait de l’apport de nos nouveaux leaders, lesquels sont venus épauler Warren Barguil. Maintenant notre devise a toujours été d’être humble, et nous allons le rester. On ne va pas s’enflammer, nous allons continuer à travailler d’arrache-pied afin de poursuivre dans cette voie que nous nous sommes ouverte. Une chose est certaine c’est que l’équipe Arkéa-Samsic dispose aujourd’hui d’une grande force collective, avec des coureurs qui pourraient jouer de bonnes places au classement général sur certaines épreuves, lesquels vont se mettre au service de Warren et de Nairo afin de les aider à aller le plus haut possible ».

Arkéa-Samsic

 

Yvon Ledanois : “On n’a pas le droit de baisser les bras”

Le contre la montre du Critérium du Dauphiné a livré un verdict qui fixe à Warren Barguil le travail lui restant à accomplir avant le Tour de France. L’exercice en solitaire n’a jamais été sa spécialité et il trouvera en fin de semaine, dans les Alpes, le terrain lui permettant de se jauger réellement et de retrouver les repères qui lui sont nécessaires.

Yvon Ledanois – directeur sportif: « Ce n’est pas un bon résultat pour Warren Barguil. Ce premier contre la montre avant le Tour de France fait quand même partie des vrais tests. On voit qu’il manque des jours de course à Warren, des jours qui lui auraient permis de limiter bien mieux la casse. Il est forcément le premier déçu. J’ai vu tout de suite qu’il n’était pas dans l‘allure et je voyais que c’était compliqué pour lui. Le Critérium du Dauphiné n’est pas fini et ce n’est pas parce que tu ne fais pas un très bon chrono que tu ne peux pas avoir d’ambition. Il a confiance en lui mais il manque de repères. Il découvre sa condition au fil des jours. Hier c’était une étape plate et sous la pluie, aujourd’hui un chrono puis il y a des étapes difficiles en fin semaine et ce sera plus facile pour lui de se juger. Il doit continuer à faire des efforts pour progresser et en ayant en tête la dernière semaine du Tour qui est super exigeante. Ceux qui sont à 200% aujourd’hui ne le seront pas forcément fin juillet. En tout ca, on n’a pas le droit de baisser les bras !»

Maxime Bouet:  « J’apprécie l’effort du contre-la-montre, c’est difficile mais j’aime la sensation de vitesse que cela peut procurer. Je fais toujours les chronos à bloc, je suis très concentré comme si je jouais la victoire sur le Dauphiné. Je sais qu’un jour où l’autre ça peut servir. Si on a la chance d’avoir un maillot à défendre, c’est intéressant de bien travailler le chrono individuel et par équipes. C’était un parcours exigeant avec du plat au début, une bosse et une longue descente. Pendant l’effort, il ne faut pas se laisser gagner par l’enthousiasme, ne pas se mettre dans le rouge, il faut rester dans sa bulle. Plus généralement, je sens que je progresse depuis ma reprise à la Vuelta Madrid, j’espère que ça va aller crescendo. »

Deux victoires et deux podiums le même jour

Maxime Daniel premier de la troisième étape du Tour de la Communauté de Madrid, Clément Russo troisième et vainqueur du classement général, Romain Hardy deuxième de ce même classement… Toute l’équipe Arkéa-Samsic est récompensée à Madrid de son travail par cette salve de résultats confirmant son potentiel !

Clément Russo, vainqueur du classement général 

 « Enorme, trop cool. La journée parfaite, la semaine parfaite ! On a eu raison de faire ce qu’on a fait depuis la première étape. Aujourd’hui on a plus que ce que l’on imaginait, Max gagne l’étape, moi le général…On a eu un super collectif, un grand grand grand merci à toute l’équipe. Ils ont été exemplaires, extraordinaires pendant les trois jours. Je leur dois la victoire, c’est clair et net. On a passé trois jours énormes.

Dans le sprint, il fallait qu’il y ait au moins trois places entre le maillot jaune et Romain ou moi. Je me suis retourné et j’ai compris que c’était pour nous. En plus Max gagne….vraiment le truc de fou, il y a eu une explosion de joie, des cris. C’est ma première victoire pro. Gagner un classement général c’est énorme. Ca faisait un moment que je n’étais pas monté sur un podium. On a partagé le podium avec Romain puis Max…c’est des supers moments.

Le moment le moins drôle de la journée c’est la chute d’Alan Riou à 1,5 kilomètres de l’arrivée à environ…sur le coup on était tous un peu touchés. C’est toujours dur de voir un coéquipier tomber surtout qu’il a fait du super boulot tout au long des trois jours. Il fallait rester mobilisés. Flo (Vachon), notre capitaine nous a dit dans l’oreillette « Allez les gars, pour Alan il faut le faire ». C’était le coup de boost pour repartir en une seconde. On avait les crocs ! »

Romain Hardy, 2ème du classement général

“Si ce n’était pas Clément ou un autre coureur de l’équipe qui avait gagné, j’aurais été déçu de terminer deuxième. Là c’est top pour l’équipe, pour Clément qui décroche sa première victoire chez les professionnels. Sur l’étape on est trois coureurs de l’équipe dans les quatre premiers…c’est presque exceptionnel. On n’avait pas défini à l’avance qui devait jouer la gagne entre Clément et moi. La consigne était que je devais lancer mon sprint dans sa roue. On a gagné, c’est ce que ça a marché.

Je suis content aussi pour Yvon Caër, notre directeur sportif. Il avait mis en place une stratégie dès la première étape qui avait un peu fait polémique. Au final, on peut être fiers d’avoir pris cette option, ça nous donne raison ! C’est super.”

Yvon Caër, directeur sportif 

« Ce matin, au départ, j‘ai dit qu’il fallait avoir une mentalité de tueur pour faire le sprint, en s’occupant de la gagne de l’étape, pas du général. On est allé au-delà de ce qu’on pensait ! Dans le sprint, Franck Bonnamour a tenu la barre jusqu’aux 500 mètres, Florian Vachon a pris la suite mais tellement bien que Maxime Daniel n’avait plus qu’à déboiter pour lever les bras même si Barbero (Movistar) l’a chatouillé un peu. En se retournant il a vu que Clément Russo prenait la troisième place pour gagner le général et Romain pour faire deuxième. C’est une journée irrationnelle… Ces derniers temps on a souvent parlé d’un manque de réussite mais ça ne veut rien dire. Ici, on a voulu bien faire en étant connecté à l’équipe et on obtient beaucoup de résultats, deux victoires et deux podiums ! Dans la voiture, quand j’ai entendu qu’on a gagné l’étape, c’était génial, et puis j’ai entendu pour le général. Si on m’avait dit ça ce matin, j’aurai dit au groupe ‘’restons calme’’.
Cette victoire confirme que Maxime Daniel a un potentiel extraordinaire mais il doit s’installer dans la stabilité, dans un niveau de performances constant. Pour le ‘’petit’’ Russo, on se rend compte qu’il a du talent . Flo Vachon est un grand monsieur. Par exemple, j’ai vu ce qu’il a fait pour Clément Russo dans l’étape de samedi… C’est un capitaine de route très pro, très intègre et cash. C’est aussi son métier mais il le fait bien. Romain Hardy a joué collectif. A l’arrivée, il était heureux et mesuré parce qu’il veut performer encore et en gardant à l’esprit que c’est le Tour de la Communauté de Madrid par le Critérium du Dauphiné mais peu importe, on a su faire ce qu’il a fallait !
Maintenant, je retiens surtout que les coureurs disaient à l’arrivée que s’il avait manqué un élément de ce groupe, on n’aurait pas fait ça. Tout le monde a mis toutes ses cartouches dan le combat et on a fait ce qu’on devait faire. »

Maxime Daniel “on a fait quelque chose de bien”

Maxime Daniel a décroché la deuxième victoire de sa carrière sur l’ultime étape du Tour de la Communauté de Madrid. Il a devancé au sprint, Niccolo Bonifazio (Total Direct Energie). Il raconte…

“On a fait quelque chose de bien là…On ne pouvait faire mieux ! Il se passe plein de choses dans ma tête, beaucoup d’émotions. Ces émotions qu’on aime avoir quand on fait du sport de haut niveau. On fait de la compétition pour gagner et le jour où ça arrive…Il faut bien que la roue tourne à un moment donné, sinon ce n’est pas logique. Je suis hyper heureux d’inverser la tendance. Ca fait un petit moment que je tournais autour de la victoire, au Tour de Bretagne j’avais été très frustré d’avoir crevé sur l’étape de Chateaubriant. J’ai réussi à ne pas me démobiliser car j’aurais pu baisser les bras. Je me suis dit : « je tiens une bonne forme, il faut en profiter et essayer de voir à Madrid si je peux retenter le coup et faire quelque chose de beau ». Sur la première étape j’avais déjà eu des éléments de motivation. Je me sens vraiment bien en ce moment et j’avais senti Bonifazio dans ma roue qui avait du mal à me passer devant. Dans ma tête j’ai vite compris que je pouvais faire jeu égal avec lui.”

« On a compris qu’on faisait coup double »

« Au moment où je veux lancer, Carlos Barbero m’envoie un peu dans les barrières, je suis obligé de me rasseoir et c’est presque cela qui me fait gagner car je lance mon sprint de beaucoup plus loin, mon lancement est décalé. Je trouve l’ouverture. Bonifazio me remonte sur la gauche, j’ai réussi à remettre une dent et ça l’a fait. Sur le moment je suis super heureux car je passe la ligne et je sais que je gagne. Directement je me retourne pour voir où sont les autres, si Clément et Romain sont bien dans ma roue pour le général. On a regardé très rapidement où étaient nos concurrents, tout s’est joué en quelques secondes mais on a vite compris qu’on faisait coup double.»

« C’est l’instinct » 

« Les sprints c’est comme ça, l’instinct, il faut avoir le bon feeling au bon moment. Déjà quand tu es bien emmené par tes équipiers, il y a 80% du travail qui est fait. Franchement il n’y a rien à redire, on a gagné l’étape et le général, Romain est sur le podium…c’est toute l’équipe qu’il faut féliciter. Il faut qu’on continue dans cette dynamique là. On va en gagner d’autres en additionnant nos forces comme on l’a fait aujourd’hui. »

« Content de délivrer l’équipe avec Clément »

« Je suis content ça fait un moment qu’on tourne autour. On mérite de gagner, on le mérite tous. Hyper content de délivrer l’équipe avec Clément. Mais on ne va pas se reposer là-dessus, notre deuxième partie de saison commence maintenant !

C’est la deuxième victoire de ma carrière, après celle au Tour du Portugal en 2013. Je me dis que la chaleur me va bien…je devrais plus courir au soleil. Aujourd’hui je suis heureux mais il y a plein de monde autour de moi qui doivent l’être aussi. Dans mon secteur il y a beaucoup d’acharnés de cyclisme qui me supportent et aujourd’hui je suis content de pouvoir leur donner cette victoire. »

Suspicion de fracture de la rotule pour Maxime Bouet

Maxime Bouet, victime d’une chute au cours de la deuxième étape de Paris-Nice, s’est blessé au genou. Maxime a voulu continuer pour aider ses équipiers, mais la douleur l’a empêché de poursuivre la course. Il a été immédiatement conduit à l’hôpital pour un bilan radiographique. Sur les radios, un trait de fracture est visible mais un bilan complémentaire sera nécessaire mercredi afin de déterminer la gravité de cette blessure.

Jean-Jacques Menuet – médecin de l’équipe :

« Ce soir, le bilan passé aux urgences évoque une suspicion de fracture de la rotule. Il y a 18 mois, Maxime avait présenté une fracture sur la même rotule, donc on reste prudent. On attend l’IRM pour connaître la durée d’indisponibilité de Maxime. »

Sébastien Hinault – directeur sportif 

“Maxime Bouet a été victime d’une crevaison crevé au moment de la chute de Warren Barguil. Dans sa poursuite, a abordé un rond-point trop vite et il est tombé. Je n’ai pas vu sa chute mais il avait mal à une jambe. Il est reparti, courageusement mais il alors était très loin des premiers. Sur le moment il ne voulait pas descendre de son vélo, il voulait continuer à tout prix. Il serait sûrement arrivé hors délais. C’était de plus en plus dur, le peloton était déjà 12 kilomètres devant lui, il n’avait pas d’autre choix que d’abandonner pour passer des examens à l’hôpital. Le moment où Max s’est arrêté, c’était dur… Il avait de vraies ambitions sur ce Paris-Nice pour aider ses leaders. Il est très déçu.”

Maxime Bouet : « 2019, je le sens bien ! »

Maxime Bouet aborde dimanche sa douzième saison, la quatrième auprès d’Emmanuel Hubert qui l’avait fait passer professionnel en 2008. A 32 ans, le Provençal d’adoption n’a rien perdu de sa joie de vivre qui fait de lui l’un des coureurs les plus attachants du peloton. Il conserve intacte sa passion pour ce sport qu’il sert avec perfectionnisme. Après une année difficile, pour lui comme pour son équipe, il est persuadé que 2019 sera une très belle saison. Pour lui comme pour Arkéa-Samsic.

Maxime, comment s’est passé ton hiver ?
Une fois n’est pas coutume, ce fut un bon hiver, sans blessure, sans maladie, sans problème. Ce fut une période studieuse, je suis un gros travailleur. L’an dernier, je me suis donné une fracture de la rotule à ma première sortie de VTT. J’étais resté un mois et demi sans vélo. Je dois dire que je me suis souvent blessé en pratiquant des sports annexes, le footing ou le VTT. A l’aube de ma douzième saison pro, je me suis servi de toute mon expérience pour ne pas prendre de risques. Je me sens bien et c’est de bon augure. Lors du dernier stage à Calpe, j’étais en bonne forme. En même temps, c’est mon défaut : je suis toujours très bien à l’entrainement et en course, parfois, ça ne répond pas. J’ai donc décidé de ne pas trop en remettre ces dernières semaines. D’habitude, je suis vite en forme parce que je commets l’erreur de trop rouler et le 5 janvier je suis prêt ! En compétition, cela équivaut à un mois de condition physique en moins. Là, je suis au point à quelques jours de l’ouverture dans le Grand Prix « La Marseillaise ». J’ai eu une petite frayeur en souffrant d’un rhume il y a quelques jours mais Jean-Jacques Menuet, le médecin de l’équipe, s’est bien occupé de moi.

Alors, comment abordes-tu ta douzième saison professionnelle ?
Je suis plutôt un vieux coureur, je ne peux pas me le cacher mais j’ai le mental d’un néo pro. En 2019, j’aimerais que tout mon sérieux soit payé en retour à sa juste valeur. Manu Hubert me connaît depuis longtemps, il sait que je peux être très souriant mais que je suis extrêmement travailleur, peut être trop. Dans ma carrière, j’ai obtenu des deuxièmes places à la pédale, de belles places d’honneur en World Tour mais je n’ai pas beaucoup de victoires. Seulement huit dont trois en classe 2. OK, j’ai eu de bons Top 10 en World Tour mais j’aimerais que mon travail paie. Notamment dans les courses du début de saison qui me plaisent, le Grand Prix « La Marseillaise », le Tour de Provence ou le Tour du Haut-Var.

Cela signifie que parfois, à force d’attendre, tu as des petits coups de bourdon ?
Je bourdonne à bloc ! Je suis tout le temps stressé, à trop réfléchir. Je me suis rapproché d’un préparateur mental qui essaie de palier à ça. Je vais donner un exemple : à l’entraînement, je peux avoir une minute super puis une minute nulle. Dans la foulée, je vais penser seulement à la minute nulle. De la même manière, je peux avoir un super résultat, je pense immédiatement à la prochaine course, sans savourer le bon moment présent. A focaliser sur ce qui n’a pas été bon. J’essaie de changer !

Pour toi, ce serait quoi une bonne saison ?
Gagner une course. En 2018, j’ai remporté une étape du Tour de Savoie en classe 2. C’est particulier. Si tu es pro, gagner une étape du Tour de Savoie, les gens vont dire que c’est normal. Si tu finis deuxième, ils vont dire ‘’regardez comme il est nul !’’. Pourtant il y avait Bernal et Zoidl qui a été recruté par le Team CCC, a gagné le général. Il ne faut pas oublier que dans ces courses, les gars ont très envie de taper les pros. Je vis ça aussi à l’entrainement quand je sors avec des amateurs du coin, ils ont surtout très envie me faire mal aux jambes. Et bien, (il rit)ça peut me faire gamberger ! Je suis incorrigible. Bon, bref, j’ai besoin de gagner… Il y a deux ans, quand j’ai changé d’équipe en provenance de Quick Step, j’avais choisi Fortunéo pour faire ma course mais j’ai aussi la satisfaction d’aider un leader. Warren (Barguil) est là. Lors du stage de Calpe, j’ai parlé avec lui. Je lui ai dit que mon but est qu’il marche parce que s’il marche, je vais marcher aussi. Je lui ai dit de ne pas gamberger, de se concentrer sur lui-même. Un équipier a besoin d’un leader qui marche. Warren va retrouver son niveau qu’il n’avait d’ailleurs pas perdu. Il a seulement manqué de réussite. Dès le début de saison je vais donc tout faire pour gagner et aider mon leader.

L’arrivée d’André Greipel va lui faire du bien, ils vont partager les responsabilités ?
André fait du bien à toute l’équipe. Il a déjà gagné. Je sais que ça ‘’surmotive’’ Warren, il doit se dire ‘’moi aussi je dois en claquer une !’’ L’an dernier, je pense qu’il n’avait pas la pression du leadership mais en venant d’une grosse équipe du World Tour dont la gestion et le fonctionnement sont autres, il a voulu gérer des petits problèmes infimes et il a fini par s’oublier un peu. C’est de l’énergie qu’il faut garder pour le vélo.

Maxime, c’est quoi ton histoire avec Emmanuel Hubert ?
Il m’a fait passer pro. Il y a treize ans, je l’avais rencontré dans le Rhone-Alpes Isère Tour. Je courais pour le VC La Pomme-Marseille et lui était directeur sportif chez Agritubel. J’avais fini meilleur jeune, quatrième du classement général. Nicolas Vogondy était son leader. Il est venu me voir et m’a proposé  de confirmer dans les courses suivantes et d’être stagiaire en fin de saison chez lui. J’ai été stagiaire tout comme Jonathan Thiré.  A la mi-août, Manu m’appelle pour me dire ‘’on ne sait pas qui sera le néo-pro. On va vous tester sur un même week-end.’’ Le soir j’étais un peu désespéré. Je me suis dit que si je ne passais pas pro après une telle année, je ne ferais jamais ! Dans la foulée, Yvon Ledanois m’a contacté pour me dire que j’avais une place au sein de l’équipe Caisse d’Epargne dont il était aussi directeur sportif. Thiré et moi avons donc été testés dans Paris-Bruxelles le samedi et dans le Grand Prix de Fourmies le dimanche. Dans la première course, j’ai fini dans le peloton, lui a été lâché. Le lendemain, il n’y a pas eu d’échappée au départ. Au contrôle de ravitaillement, un coureur a attaqué. Je l’ai suivi et nous nous sommes retrouvés quinze ou vingt devant. J’étais le seul coureur d’Agritubel. Le peloton a pris trop de retard et a abandonné. Le soir, Manu m’a annoncé que j’étais engagé en 2008

Quel est le secret d’Emmanuel Hubert ?
En 2007, sans rire, j’ai eu un coup de foudre !Je ne sais pas si c’est sa tête (il rit) mais je suis tombé amoureux de Manu ! Il sait trouver les mots. Quand j’ai signé chez Agritubel, Frédéric Rostaing qui était alors directeur sportif de La Pomme, m’a dit que chez Agritubel je devais courir les Trois Jours du Vaucluse pour gagner et Paris-Nice pour apprendre. C’était le bon choix.

Quand tu as quitté la Quick Step fin 2016, Manu a trouvé les mots pour te faire revenir à la maison ?
Je peux même dire qu’en 2017, pendant le Tour de France, j’ai prolongé mon contrat de deux ans avec Manu. Pourtant, j’avais une offre d’une très grosse équipe étrangère du World Tour. Manu quand il me parle, je ne sais pas s’il pratique l’hypnose, mais il est fort quand même. C‘est un affectif. Comme moi. Pour autant, je n’aime pas qu’on dise qu’Arkéa-Samsic est une équipe familiale. Ça peut vouloir dire qu’on n’est pas sérieux mais moi je suis super pro et l’équipe aussi. Elle n’a rien à envier aux autres. Ici, j’ai la liberté que je n’aurais jamais eue chez Quick Step.

C’est étonnant de te voir guidé aujourd’hui par les deux hommes qui voulaient t’engager à tes débuts ?
C’est vrai, mes deux patrons voulaient m’engager néo pro. Aujourd’hui, de très bons coureurs signent chez Arkéa-Samsic et il n’y a rien d’étonnant. Ils viennent en Continentale Pro pour prendre aussi du plaisir, connaître d’autres courses que le World Tour. Je connais plein de coureurs français qui en ont marre de faire le même programme chaque année. Chez Arkéa-Samsic, je vais pouvoir faire le Tour du Haut-Var puis Paris-Nice. La Classic Loire Atlantique et puis le Tour de Catalogne. Dans le World Tour, à subir, à faire comme du derrière scooter tout le temps, tu te dis que tu ne vas jamais gagner. Tu deviens triste. Tu fais que suivre. André Greipel, Warren Barguil avaient besoin d’un challenge. De se battre pour une Wild Card par exemple. Je ne suis pas étonné qu’ils soient là. Warren est toujours un battant mais il a besoin de ça aussi même s’il a connu le tout nickel chez Sunweb. 

Quel lecture fais-tu de votre dernière saison ?
Personnellement ça été compliqué en raison de ma blessure à la rotule. J’ai bien marché dans le Tour de Provence ou celui du Haut-Var où j’ai joué la gagne. Un soir, dans Paris-Nice, j’ai eu 41° de fièvre, j’avais la grippe. Je me suis bien fait engueuler par Jean-Jacques Menuet parce que je ne m’étais pas fait vacciner. C’était un mois de perdu dans la saison. J’ai fait une bonne coupure et j’ai été bien au Critérium du Dauphiné et dans le Tour mais c’était une saison compliquée pour moi et pour toute l’équipe.

Alors comment sens-tu 2019 ?
Je la sens bien ! Dans une équipe, comme dans un couple, il faut passer par des moments compliqués pour mieux se souder, pour remettre les choses à plat. Le staff et les coureurs ont été fautifs mais on a su se parler, trouver les mots sans se disputer. Je pense que 2018 est un mal pour un bien. On a obtenu deux victoires seulement mais cette année, ce pourrait bien être quinze ou vingt ! On a bien appris en se loupant.

Bon alors, toujours la même question, ce serait quoi une bonne année ?
Pour moi, une année réussie serait de gagner une ou deux jolies courses. Pour l’équipe de gagner une World Tour et on a largement le niveau. A la pédale, pas sur un coup de chance, avec les meilleurs. On en a les capacités. Le leader a un rôle à assumer, si ça ne va pas, les équipiers ne vont pas. Un équipier perd la flamme à rouler pour ne pas gagner parce que son travail n’est pas reconnu. Je n’ai aucun doute sur André et Warren. Lui, je l’ai observé pendant trois semaines dans le Tour, dans le bus nous étions assis face à face. Il essuyait des critiques. Moi, j’étais en ‘’dep’’ totale. Lui, avec son regard noir, disait ‘’Demain je vais casser le pédalier !’’. C’est la différence entre un champion et les autres. Warren, il est comme Thibaut Pinot. Il fait face mais il a besoin de s’amuser. Dans le Tour, on se battait pour prendre les échappées. Dès le départ, il partait à l’avant. Dans l’oreillette on lui disait ‘’arrête, le peloton est à bloc, Quick Step roule !’’Mais non, il ne se retournait pas. Et il s’échappait. Il court à l’instinct. Avec André c’est pareil, il peut être battu cinq jours de suite, le sixième, il gagne ! 

Tu reprends dimanche dans le Grand Prix « La Marseillaise ». Tu connais bien le parcours ?
Je vis à Plan-de-Cuques à un kilomètre du départ réel. Je connais parfaitement la course, c’est mon terrain d’entraînement. Je monte le col de L’Espigoulier presque un jour sur deux, par l’un des cinq côtés. Le col de l’Ange, la route des crêtes, c’est une fois par semaine. 

Donc dimanche, tu gagnes ?
Moi ou un équipier, ce serait bien. On a tous fait une bonne préparation hivernale, on a un meilleur niveau. Bon ici, tout le monde me dit ‘’tu vas gagner dimanche’’mais il ne me faut pas de pression, ça peut me faire courir à l’envers. J’avais fini deuxième il y a deux ans mais j’avais fait n’importe quoi dans le final. Je n’ai pas oublié…

Maxime Bouet et les coureurs de classiques dans le final de Plouay

Un début de journée calme à Plouay, avant 256 kilomètres dans le Morbihan. A 10h35, Maxime Bouet est arrivé le premier sur la ligne de départ. 10 minutes plus tard, il est placé en tête de peloton pour prendre l’échappée et emmène avec lui Arnaud Gerard et six autres compagnons de route. Ils parcourent ensemble plus de 180 kilomètres. Mais la course se joue dans le chemin de terre de Guénin, à une soixantaine de kilomètres de l’arrivée. Le peloton éclate et un nouveau groupe de 20 coureurs est à l’avant alors que la pluie s’invite sur les routes bretonnes. Maxime Bouet s’accroche avec les meilleurs mondiaux et est le dernier rescapé de l’échappée matinale à se montrer à l’avant. Oliver Naesen l’emporte. Romain Hardy, encore présent, est 18ème. Une course de guerriers.

Romain Hardy

« Vraiment, j’aime bien les courses de guerriers comme aujourd’hui (rires) avec la pluie, le vent, le froid ! Je suis adroit sur le vélo et les sensations étaient plutôt bonnes. Ça me permet d’être bien placé, de bien virer dans les virages. J’ai manqué de confiance quand « le bon coup » est parti, j’ai ensuite essayé de sortir mais à contre-temps. A ce niveau-là, les efforts mals placés sont impardonnables. J’ai terminé, je ne retiens que les points positifs de cette journée. »

Arnaud Gérard

« Je n’ai pas beaucoup couru au mois de juillet, j’ai été blessé en juin, donc au départ, je savais que je n’avais que 200kms d’autonomie. Au briefing on avait décidé de mettre Max et moi à l’avant, on a rempli le contrat. Maxime marchait vraiment bien. C’est une course difficile mais je suis content de mon travail aujourd’hui. Ça restera une belle journée. »

Maxime Bouet 

« On s’est bien entendu dans l’échappée. On a vu que le peloton ne nous laissait pas beaucoup de temps donc on a géré. Avant d’accéder aux petites routes on s’est mis d’accord pour accélérer l’allure. J’ai vu que j’avais de supers jambes car dès qu’il y avait des petites relances ou des montés je prenais la tête du groupe. Après le chemin en terre, j’ai entendu qu’on avait plus que 45secondes d’avance donc j’ai attaqué. Quand j’ai vu le groupe de costauds revenir sur nous, je me suis dit que ça pouvait aller très loin. On perdait des unités les unes après les autres. Je n’ai jamais rien lâché, j’ai serré les dents et j’ai basculé toutes les montées avec eux. Finalement, je suis repris à 15kms de l’arrivée. Je n’avais qu’une seule participation à Plouay mais cette édition fut une très bonne expérience. Sur le papier, le profil ne me correspondait pas vraiment, mais j’ai su profiter de ma forme du moment pour tirer le meilleur résultat et prendre du plaisir. Dans le final, j’étais avec les meilleurs coureurs de classiques, ce n’est pas trop mon profil mais je me suis accroché, j’ai su me faire mal et j’ai bien mouillé le maillot… même s’il a plu (rires). »

Roger Trehin – directeur sportif

« C’est une bonne journée dans le sens où on a respecté nos plans. Maxime Bouet et Arnaud Gérard sont allés dans l’échappée comme prévu, car Maxime marche vraiment bien en ce moment. On a vibré car Maxime a fait 230 kilomètres à l’avant et est le dernier rescapé de l’échappée matinale. Dans le final, il était entouré de coureurs de classe mondiale qui jouent régulièrement les podiums sur les courses pro Tour. Il nous manque un top 15 mais Romain est 18ème ; on a été acteurs ! »

TDF #21 – Nos enseignements du Tour

Après 21 étapes et 3 351 kms parcourus, le Tour 2018 s’achève pour nos 8 coureurs qui auront rallié l’arrivée aux Champs Elysées au complet. L’occasion pour eux de nous dresser le bilan de leur trois semaines de compétition.

Warren Barguil :
« Mes coéquipiers ont été exemplaires pour m’aider et j’aurais aimé terminer le Tour avec une victoire. Mais j’ai tout tenté, on a tout tenté. J’ai appris à prendre mes déceptions comme une motivation supplémentaire, pour me rebooster. Je suis exigeant envers moi-même et je veux tellement bien faire que je fais parfois des erreurs mais c’est comme ça qu’on apprend. Je reviendrai sur le Tour avec cette même envie d’attaquer. »

Romain Hardy :
” Cette année, j’ai vécu un Tour complètement différent du précédent. L’an dernier, avec une bonne condition physique, j’avais pu m’épanouir sur tous les domaines, que ce soit dans les échappées ou les arrivées au sommet. D’ordinaire je suis bon grimpeur et je ne me pose pas la question des délais. Cette année, c’était différent et j’ai appris à le gérer. J’avais beau regarder 10 fois le parcours, je savais que devrais aller au bout de moi-même pour y arriver. Ce n’est pas quelque chose de positif mais j’ai certainement renforcé mes capacités mentales. J’ai déjà eu l’occasion d’aller au bout de moi-même comme ça et dans ces moments de souffrance on ne voit pas ce qu’on peut en tirer de bon. ”

Laurent Pichon :
« C’est mon sixième grand Tour et c’est celui où j’ai le moins souffert, où j’ai pris le plus de plaisir. Je suis fatigué bien sûr, comme tout le monde, mais pas aussi épuisé que l’an dernier. En 2017, je comptais les étapes avant d’arriver à Paris alors que je réalisais mon rêve. Il faut se préparer pour le Tour et la notion de fraîcheur est très importante. Cette année, j’avais 10 jours de compétition en moins début juillet et ça a fait la différence.»

Kevin Ledanois :
” C’était un rêve de disputer le Tour de France, j’ai pris conscience sur les Champs que je venais de le réaliser et je me suis fais plaisir en attaquant dans le final. Pendant le Tour, le vélo n’est pas toujours une partie de plaisir mais on n’oublie pour ne garder que le positif. J’ai appris à récupérer, à gérer mes efforts sur 3 semaines et surtout à travailler pour un leader comme Warren.”

Amael Moinard :
” Je veux retenir notre collectif. Nous avons respecté ce que nous voulions mettre en place, nous avons été offensifs. Il manque le gros résultat pour valider nos efforts mais nous avons répondu présents tactiquement et physiquement. Personnellement, j’ai pris du plaisir à être à l’avant. C’était mon dixième Tour, mais chaque année il faut accepter la souffrance et aller un peu plus loin dans la douleur pour jouer les premiers rôles. ”

Elie Gesbert :
« Je savais où je mettais les pieds mais ce n’est pas forcément un avantage parce-que on sait à l’avance qu’on va en baver. Cette année, j’ai appris ce que c’était d’avoir un jour sans sur le Tour. J’ai chuté et je suis tombé malade mais je me suis accroché, on est sur le Tour, on ne peut pas abandonner si facilement. Dans l’ensemble j’ai passé un très bon Tour et le collectif y a beaucoup joué. »

Florian Vachon :
« L’an dernier j’avais pour mission de lancer Dan pour les sprints, cette année la mission était tout autre puisqu’il fallait entourer Warren. Il faut savoir bien calculer ses efforts parce-que tout le monde est au mieux de sa forme et ça se joue parfois sur des détails. Personnellement, je savais que ça allait être dur, le Tour ne fait pas de cadeau mais Il ne faut jamais rien lâcher, toujours rester vigilant et concentré. On peut partir à la faute à tout moment. Elie et Romain en ont fait les frais, ils ont chuté, mais ils ont tenu bon et on termine le Tour au complet. Ça faisait aussi partie des objectifs de l’équipe. »

Maxime Bouet :
”  Pendant trois semaines nous avons vu une équipe soudée autour de Warren, on a tous tiré dans le même sens. Personnellement, l’étape des pavés a été une belle leçon. Je la redoutais, j’y pensais 3 jours avant, j’avais même peur des délais. Puis la veille, mon masseur Cédrig m’a fait prendre conscience que si j’étais lâché c’était normal car les pavés ce n’est pas mon truc mais si j’étais à l’avant ce n’était que du bonus. J’ai réussi à me libérer de mon stress et j’ai fait une étape plus que correcte c’est une leçon qu’il faut que je garde en tête pour la suite. ”

 

TDF #12 – Maxime Bouet : “Garder cet état d’esprit”

Offensifs hier, nos coureurs ont reproduit quasiment le même schéma sur cette dernière étape alpestre. Dès les premiers pourcentages, Warren Barguil multiplie les attaques et s’offre une nouvelle échappée. Amael Moinard, Maxime Bouet et Elie Gesbert le rejoignent quelques kilomètres plus loin dans le groupe de tête. Le morbihannais en profite pour se replacer au classement de la montagne, il est deuxième à 14 points de Julian Alaphilippe. Warren Barguil s’accroche dans la montée finale vers l’Alpe d’Huez mais doit céder du terrain face au rythme imposé par la Sky. Geraint Thomas remporte une seconde victoire consécutive. Warren Barguil se classe 26ème.

Warren Barguil :
« J’étais remonté à bloc après l’étape d’hier alors j’ai attaqué dès le départ, une fois, deux fois, et puis c’est parti. On s’est retrouvés à vingt avec trois de mes coéquipiers : Amael, Maxime et Elie. Ils m’ont encore beaucoup aidé aujourd’hui. Je retenterai dans les Pyrénées, je suis là pour ça, on est là pour ça, en plus c’est le massif que je préfère. »

Laurent Pichon :
« On est heureux d’être là mais c’est impitoyable. J’ai vraiment souffert aujourd’hui, ça fait certainement partie du top 3 de mes pires galères. Heureusement que le public est là pour nous encourager, on se demande parfois ce qu’on fait là, sur notre vélo, mais on se bat tous pour la même chose. Je faisais le décompte des virages, c’était un “beau” cadeau d’anniversaire de vivre cette ascension mythique, je m’en souviendrai. On se fait mal sur le Tour, on se bat pour être là le lendemain et pouvoir jouer des coups alors il faut récupérer et passer à la suite parce-que ce n’est pas fini. »

Maxime Bouet :
« C’est parti en costaud dans le col de la Madeleine et on se retrouve dans un groupe de 20-25. Notre formation était bien représentée, après on s’est donné à 100% pour Warren mais comme hier on tombe sur plus fort que nous. On a tenté et c’est ce qui compte, il faut continuer sur cet état d’esprit. L’Alpe d’Huez c’est comme le Mont Ventoux, le Tourmalet, les pavés de Roubaix, ce sont des mythes et on en a parcouru deux en quelques jours, autant dire que c’est grandiose. J’ai fait plusieurs fois l’Alpe d’Huez mais je m’étonne toujours de cette effervescence. Il y avait du monde partout et c’est typique du Tour cette année, le public est très présent sur les routes depuis le départ, ça fait vraiment plaisir. »

 

TDF #8 – Maxime Bouet : “Demain, une guerre contre soi-même”

La veille d’une étape redoutée par le peloton, les candidats à l’échappée sont peu nombreux. Ce n’est qu’après 22kms qu’une attaque de Ten Dam anime la course. Finalement, ce sont Grellier et Minnaard qui formeront l’échappée du jour, sans succès. Une chute vient secouer le peloton à 18kms de l’arrivée, sans gravité pour nos coureurs. Dylan Groenewegen remporte une seconde victoire consécutive.

Warren Barguil :
«J’ai été retardé par la chute dans le final, à l’arrivée je ne perds pas de temps mais le principal était de ne pas tomber. À partir de demain, un nouveau Tour commence, j’attends avec impatience la montagne mais avant cela il faudra passer l’étape des pavés. J’ai reconnu le parcours, ça ne sera vraiment pas facile, sur les pavés tout peut se passer.
Ça fait un an jour pour jour que je me suis imposé à Foix, j’ai reçu beaucoup de messages d’encouragement aujourd’hui. J’y repense de temps en temps surtout dans les moments un peu plus compliqués. Ce sera très difficile de refaire aussi bien que l’année dernière mais je vais tout faire pour. »

Maxime Bouet :
« Ce début de Tour s’est bien passé pour moi, je ne suis pas tombé, j’ai seulement été gêné par la chute aujourd’hui. Je trouve qu’on a un bon collectif, toute l’équipe travaille bien, il reste à gérer l’étape de demain pour conclure cette première semaine. Ce n’est pas l’étape que je préfère, les pavés ce n’est pas trop mon truc, mais plutôt que de stresser et de me focaliser là-dessus je me dis que c’est une journée comme une autre. De toute façon il faudra passer ces secteurs pavés alors autant y aller avec un bon mental et le moins d’appréhension possible. L’objectif est d’être bien placé au premier secteur mais c’est celui de tout le monde. Ensuite la journée sera lancée, ce sera en quelque sorte une guerre contre soi-même. »

Sébastien Hinault – directeur sportif :
« Warren a été gêné par la chute mais heureusement pas de blessures à signaler, ses équipiers l’ont très bien ramené dans le peloton. Maintenant place aux pavés demain, ça va être une étape redoutable et il faudra être très vigilent. Roubaix marque la fin de la première semaine du Tour et ce sera le moment pour nous de faire un premier bilan. »

Malade, Maxime Bouet est contraint d’abandonner Paris-Nice

Ce matin, Maxime Bouet ne sera pas au départ de la 5è étape de Paris-Nice. D’après le médecin de l’équipe, Jean-Jacques Menuet, notre coureur souffrirait d’une très probable atteinte grippale : « Max a de la fièvre, il n’a pas dormi de la nuit, nous voulons prendre aucun risque, la santé du coureur est notre priorité » a-t’il déclaré ce matin.

La direction sportive a donc pris la décision de ne pas faire prendre le départ à Maxime.

Yvon Ledanois :
« C’est un choix difficile, Maxime est affecté, mais il n’y avait pas d’autres options. On ne veut pas lui faire courir de risques alors qu’affaibli, on ne peut pas être compétitif sur une course aussi exigeante que Paris-Nice. Il avait fait de ce premier grand rendez-vous une priorité, mais il se remobilisera très rapidement sur un nouvel objectif. »

Provence #2 Tous pour un

Avec la double montée de l’Espigoulier, la deuxième étape était logiquement l’étape reine de ce Tour de la Provence. Au premier passage au sommet, nos sept coureurs sont dans le groupe de tête, dans le final, c’est Maxime Bouet qui était protégé, il termine douzième, à quelques secondes du groupe qui s’est joué la gagne. Réactions :

Maxime Bouet : « J’arrive tout proche de la gagne mais il me manque un peu de condition suite à ma blessure de cet hiver. Je suis à ma place, on n’a fait aucune erreur de placement. Tout le monde a été autour de moi, un coureur de la classe de Warren m’a aidé aujourd’hui, je ne pense pas que tous les champions l’auraient fait. Ils m’ont tous bien protégé. On court à l’avant, soudé, ce sont des automatismes, qu’il faut conserver. Il y a un truc qui se passe dans l’équipe.
A chaque fois que je mets un dossard je trouve que ma forme est meilleure, j’ai passé un gros cap entre aujourd’hui et la marseillaise, ça me motive pour la suite. »

Warren Barguil : « Aujourd’hui, l’objectif était de protéger Max. J’ai fait une bonne part de boulot, normalement je sens bien la course, j’ai essayé de le replacer au mieux. Quand je suis arrivé dans la deuxième montée de l’Espigoulier, j’avais déjà bien bossé les jambes étaient un peu dures. Je me sens de mieux en mieux, même s’il me reste pas mal de boulot. »

Yvon Ledanois : « Au premier passage en haut de l’Espigoulier, on est la seule équipe au complet. C’est la preuve qu’un bon travail a été fait et qu’il commence à porter ses fruits. La déception est de ne pas entrer dans le top 10, Max est tout proche de jouer la gagne, les garçons ont bien travaillé pour lui, il y a eu un sacrifice de l’équipe. On a vu que Warren a fait le boulot pour Max, comme il l’avait dit « je serais le premier à travailler pour l’équipe ». C’est un groupe qui va monter crescendo, avec des automatismes qui se mettent en place. »

Tour de France #20 – Maxime Bouet : “Sur la rampe avec le maillot de l’OM”

Inédit, le contre-la-montre de Marseille à l’Orange Vélodrome était très attendu, notamment par Maxime Bouet. Applaudi à son arrivée, le marseillais d’adoption a pu profiter de la ferveur des supporters de son équipe de cœur, l’Olympique de Marseille. Côté sportif, il réalise un chrono très correct et se classe 41ème. Trente-huitième, Brice Feillu réalise le meilleur temps de l’équipe et conserve sa seizième place au général. L’histoire ne dit pas si tous nos coureurs sont devenus supporters de Marseille mais ils en auront pris plein les yeux et auront le temps d’y repenser avant de s’envoler pour Paris, demain matin.

Brice Feillu :
« Je suis satisfait de mon chrono, je me suis appliqué à l’échauffement et pendant toute la course. En voyant les concurrents devant moi s’élancer, j’ai réalisé que j’allais passer un bon moment (rires).  J’étais dans l’allure dès le premier kilomètre. J’ai réussi à bien prendre les virages, mais j’ai manqué de puissance face aux spécialistes du chrono. À l’arrivée, je conserve ma 16ème place au général, c’est une vraie satisfaction, c’est bien pour moi et pour l’équipe. Ce chrono va marquer l’édition 2017, j’ai vécu un grand moment, c’est la beauté du Tour. »

Maxime Bouet :
« C’est pour vivre de telles émotions que je fais du vélo. Participer au Tour de France est un rêve, mais vivre un chrono dans sa ville, avec une arrivée dans le stade de foot, c’est quelque chose de très fort ! À Notre Dame de la Garde, j’avais envie de pousser les barrières, pour être au contact du public, c’était une ambiance incroyable. Je manque de mot pour décrire ma journée. L’hiver, je me rends régulièrement au Vélodrome, j’ai voulu faire un clin d’œil aux supporters marseillais en me rendant sur la rampe avec le maillot de l’OM. J’ai reçu énormément d’encouragements sur tout le parcours, c’en était difficile de se concentrer (rires) ! J’ai profité à 200% mais j’ai fait mon chrono sérieusement. Je ne voulais décevoir ni l’équipe ni mes proches. J’avais coché cette journée, je savais qu’elle serait riche en émotions, ça passe très vite, mais c’était au-dessus de ce que j’avais pu imaginer. »

 

Tour de France #14 – Maxime Bouet : “Continuer à être offensif”

« Continuer de tenter et d’anticiper », étaient les mots de Sébastien Hinault ce matin au briefing. Maxime Bouet s’y colle en premier, il suit l’expert en échappée : Thomas Voeckler. Mais les puncheurs ont coché l’étape et les équipiers de Greg Van Avermaet et Michael Matthews contrôlent l’avance des hommes de tête. Regroupement général à 13 kilomètres de l’arrivée… pas pour longtemps, quatre hommes tentent de sortir dont Pierre-Luc Périchon. Ils prendront jusqu’à 15 secondes d’avance. Mais Caruso et Arndt ne roulent pas. Finalement, ils sont une dizaine à se jouer la victoire d’étape, Michael Matthews s’impose devant Greg Van Avermaet. Pas de regrets aujourd’hui pour notre formation, toujours 9ème au classement par équipes. Brice Feillu est 20ème du général.

Pierre-Luc Périchon :
« À 25 kilomètres de l’arrivée, j’étais bien placé avec Florian Vachon. J’ai décidé d’anticiper et Flo restait placé pour le final. À 15kms, il y a eu une attaque puis ça s’est ouvert devant moi, j’y suis allé à l’instinct. J’ai réussi à faire le jump mais j’ai réalisé qu’il y avait un équipier de Sunweb et de BMC et qu’ils n’allaient pas passer un relais. Avec le coureur de Katusha, on s’est rapidement dit qu’on n’allait pas les amener dans un fauteuil, on les a attaqués à tour de rôle, je ne suis pas déçu, on a tenté. Sébastien Hinault nous avait demandé d’être actif dans le final. On a été à l’avant toute la journée. Je ne vais plus avoir beaucoup d’opportunités pour m’exprimer, je me sens bien alors je vais continuer d’essayer.»

Maxime Bouet :
« Ce matin au briefing, l’objectif était de mettre quelqu’un dans l’échappée. Je voyais Thomas Voeckler bien placé au départ, je me suis mis dans sa roue et ça n’a pas loupé. Avec lui et Thomas De Gendt, on pouvait y croire. On s’est bien entendus, je pense que le peloton a eu peur de ces hommes-là. À 40 kilomètres, De Gendt nous a mis dans le rouge, j’ai préféré monter à mon rythme et accrocher le peloton. Je voulais garder de l’énergie pour aider les copains dans le final. Si on fait le calcul, il ne nous reste plus beaucoup d’étapes pour nous exprimer, on doit continuer à être offensif et répondre présent dans les échappées à venir, notamment demain. »

 

Le billet de Marc Fayet #13 – Les voix de la sagesse

Lorsque les problèmes diplomatiques s’intensifient, que la guerre semble inéluctable et que la confusion gagne les esprits rien de de tel que faire appel aux sages. Ils peuvent être philosophes, sociologues, historiens, mais ils peuvent également être de simples citoyens dotés d’un solide  bon sens. J’en ai deux dans mon quartier et c’est moi qui les ai choisis et leur ai attribué cette fonction qu’ils ne revendiquaient pas eux-mêmes. Tous les deux sont commerçants et ils étaient ouverts ce matin du 14 Juillet dans la rue du Poteau, on se serait d’ailleurs crus sur une étape du Tour tant le ballet des hélicoptères sillonnant notre quartier était incessant comme sur l’ensemble de Paris. Il ne s’agissait pourtant ce matin-là que de ceux qui étaient chargés de veiller à la sécurité. La sécurité de quoi me demanderez-vous ? Mais la sécurité de ceux qui sont chargés de protéger notre nation !  Vous seriez en droit de manifester votre étonnement « Il y a sur les champs des centaines de chars, des milliers de militaires armés et il faut les protéger ? » Je vous répondrai « Oui parce que la Seine est trop étroite pour les porte-avions » Oui bon ! Nous n’allons pas épiloguer plus longtemps sur la justesse de ce déploiement de force Parisien quand la force s’est montrée à Peyragudes où il n’avait même pas un lance-Pierre ou plutôt si il en avait un de Pierre mais il a craqué avant l’arrivée et n’a pas réussi à le lancer. Durant cette longue matinée j’ai décidé de consulter mes sages pour qu’ils me commentent la journée d’hier et me prédisent celle d’aujourd’hui, celle de la fête nationale, la journée bleue blanche et rouge où nous espérons toujours des successeurs à David Moncoutié, Richard Virenque ou Laurent Jalabert qui avaient eus en leur temps cet immense privilège de hisser la fierté d’être français au sommet de notre orgueil . Le premier  sage je l’ai vu dans sa boutique du Roi du saucisson, excellent charcutier traiteur, il s’appelle Roland, c’est un  Mayennais d’origine et qui ne jure que par la famille Madiot, « Mon frère connaissait bien son père et mon beau-frère a connu sa cousine ». Pour lui ce sera la journée Pinot «  Parce que Madiot + Pinot = drapeau ! » il s’est largement trompé, pas de Pinot ni de Madiot, encore moins de drapeau.  Quand à ce qu’il s’est déroulé hier il m’a juste affirmé que Romain Bardet était un excellent stratège, «  il pourrait défiler avec les Maréchaux aujourd’hui parce qu’il a fait mieux qu’un général.  Et puis vous avez vu l’anglais ?  Il va tout droit lorsqu’il faut tourner et il tournicote lorsqu’il faut finir tout droit. Voilà ce que c’est que de conduire à gauche ! On finit par être maladroits ». Il n’a pas pu aller plus loin dans son analyse, il avait les pâtés de lapin à sortir du four mais c’était bien résumé.

Je suis ensuite allé voir mon deuxième sage qui se prénomme André, il tient une cave nommée Cavavin  Il s’y connait bien lui aussi, genre de type qui connait la géographie sur le bout de la langue, maîtrisant les crus comme les parcours, il sait toujours me trouver la bonne bouteille qu’il faut… Ce matin il me conseille un petit vin d’Ariège, un coteau du Plantaurel blanc. « Faut le boire vite, il est un peu court en bouche mais tu verras à la fin il te laisse une impression inoubliable, un peu comme aujourd’hui où je vois un Français… » « Pinot ? » « Non, c’est pas un cépage qui tient par ici » Et de me détailler le tout, me promettant quelque chose de gouleyant, de nerveux, de racé, un truc corsé, étoffé et fruité. Je ne savais plus s’il me parlait du vin ou de l’étape ! Finalement c’était les deux, on l’a bien constaté. André c’est un sage qui aime les images, celle du Tour et celle des détours vinicoles. Il voulait aller plus loin et me sortait déjà un verre pour me faire goûter le vin de demain « un petit vin d’Aveyron » un Rouge de côtes de Millau et de me détailler à nouveau ses qualités «  « Tout ce que je peux te dire qu’il est bourru et qu’il a de la cuisse… » Mais ça je l’imaginais déjà, il faut être bien rodé pour gagner à Rodez. Nous n’avons pas pu prolonger car une cliente Anglaise entrait, elle voulait un petit vin italien qui s’avale comme un rien. André lui a dit qu’il n’en avait pas… Aujourd’hui il ne voulait vendre que du Français et nos vœux avec Warren furent exaucés.

Tour de France #11 – Dan McLay : “Courir pour gagner”

Cette étape de plaine longue de 203 kms semblait promise aux spinteurs avant de retourner vers la montagne. L’échappée du jour se dessine dès le premier kilomètre, ils sont trois à fausser compagnie au peloton. Le scénario ressemble de près à celui de la veille mais Bodnar, sorti à 25 kilomètres de l’arrivée, relance la course. Le polonais tient tête au peloton jusqu’à 400m de la ligne. Les sprinteurs vont pouvoir se disputer la gagne. Indétrônable, Kittel remporte sa cinquième victoire d’étape. Bien emmené par Florian Vachon, Dan McLay prend sa chance, il est cinquième.

Dan McLay :
« Avec l’équipe, on progresse à chaque sprint. On est de mieux en mieux organisé, Elie et Flo ont fait un boulot incroyable dans le final. Je fais un bon sprint, mais Kittel est au-dessus du lot. J’ai couru pour gagner, en restant dans la roue de Kittel je dois pouvoir accrocher la deuxième place mais pour gagner il fallait prendre sa chance. J’ai eu mal aux jambes (rires). »

Pierre-Luc Périchon :
« C’était très nerveux aujourd’hui, à 25 kilomètres de l’arrivée, j’ai roulé pour garder notre place à l’avant du peloton et pour protéger les gars du vent. Ensuite, j’ai fait mon maximum pour rester derrière Dan et fermer la porte. J’ai réussi à m’accrocher jusqu’à 3kilomètres de l’arrivée, j’aurais aimé les aider encore plus. Elie a bien replacé Dan et Flo. Les derniers kilomètres sont éprouvants, il y a à la fois les sprinteurs et les leaders du général, plusieurs fois des coureurs sont venus casser notre train. Il faut qu’on soit moins gentil. Dan monte en pression, de notre côté, il faut qu’on soit au millimètre, pour l’amener dans les meilleures conditions. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Kittel est au-dessus du lot mais comme je l’ai dit à Dan, il n’a aucun regret à avoir car il court vraiment pour la gagne quand d’autres se contenteraient d’une seconde place en restant dans la roue de Kittel. Si Dan avait opté pour la même stratégie, il aurait certainement pris la 2ème ou 3ème place mais il vise la victoire. C’est une mentalité qui me plaît. L’équipe a été extraordinaire, quand je vois qu’ils étaient encore trois à 1km de l’arrivée, c’est super. On est en train de mettre quelque chose en place, je ne sais même pas si les gars en ont conscience. C’est génial de vivre ça sur le Tour, une 5ème place ce n’est pas la gagne mais ça fait plaisir ! »

Tour de France #10 – Dan McLay : “I can get it”

Depuis son anniversaire, le 1er juillet, célébré en grandes pompes, sur la rampe de lancement de Dusseldorf, Elie Gesbert a découvert le public du Tour, le peloton du Tour, la difficulté de la montagne et aujourd’hui une échappée sur le Tour. En compagnie de Yoann Offredo, il parcourt 167 kilomètres en tête de course, avant d’être repris à 6 kilomètres de l’arrivée. Fin de la partie pour le plus jeune coureur du peloton, qui portera le dossard rouge du plus combatif demain, mais pas pour l’équipe. Dan McLay lance son sprint de très loin, il prend les devants dans la dernière ligne droite et fait lever les supporteurs bretons. Mais, aujourd’hui, il y avait 200m de trop pour le britannique. Dan McLay prend la septième place, et attend déjà demain.

Dan McLay (7ème) :
« Avec du recul, je n’aurais pas dû quitter la roue de Kittel mais il fallait que j’essaye. Je pensais qu’il attendrait un peu pour lancer et que je prendrais l’avantage mais il a tout de suite pris ma roue et je me suis fait passer à 200 mètres. Je ne pouvais plus revenir… La dernière fois, j’avais lancé mon sprint trop tard, aujourd’hui c’était trop tôt, et demain… je ne sais pas le traduire en français alors je vais le dire en anglais « i can get it ». »

Elie Gesbert :
« Ce matin, j’avais l’autorisation d’aller dans l’échappée, alors je ne m’en suis pas privé. J’y ai cru à un seul moment, à 25 kilomètres de l’arrivée, quand on a repris du temps au peloton. Je me suis dit : « si on arrive avec 1min30 d’avance à 15 kilomètres, il y a un coup à faire. » On est repris à 6 kilomètres de la ligne… Je suis le plus jeune coureur du Tour, mais je n’ai pas de complexe. Je viens de vivre ma première échappée sur le Tour et mon premier podium. Le public m’a encouragé durant les 167kms d’échappée. Même si ce matin le prix de la combativité n’était pas un objectif, c’était quand même un grand moment. Je me changeais entre Chris Froome et Marcel Kittel, je ne me laisse pas facilement impressionner, mais j’avais des frissons sur le podium, ça donne envie d’y retourner (rires). Dan a encore fait un gros sprint, il n’aura plus beaucoup d’occasions mais j’espère qu’il va créer la surprise. »

Florian Vachon :
« Toute l’équipe a bien travaillé pour Dan. On est resté roues dans roues jusqu’à deux kilomètres de l’arrivée. J’ai essayé de le remonter, on est revenu au niveau de Marcel Kittel. Dan a lancé son sprint de loin, les dernières fois il avait trop attendu, aujourd’hui, il a saisi l’ouverture … un peu trop tôt. Personnellement, je me prends au jeu et je prends confiance en moi. Les coureurs du peloton s’habituent à notre présence dans les sprints. Malgré les abandons il y a encore de très bons sprinteurs mais Dan aura encore une chance demain. Je suis très content pour Elie Gesbert. Je suis en chambre avec lui, c’est un super jeune. Il est courageux, je pense qu’il a une belle carrière devant lui. »

Eduardo Sepulveda :
« Après ma chute de dimanche, je m’étais préparé à souffrir aujourd’hui, finalement, ça s’est mieux passé que prévu (rires). Je suis resté sagement dans le peloton, j’ai eu un peu de chance car le rythme n’était pas très élevé. Par contre, quand il y a des relances et que j’accélère, la douleur est bien présente. Il me reste une journée pour récupérer avant la montagne, je vais m’accrocher pour voir Paris et pourquoi pas retenter une échappée la troisième semaine. »

Denis Leproux (directeur sportif) :
« Dan a été très bien placé par ses coéquipiers, notamment Pierre-Luc et Flo qui l’emmène dans le final. Aujourd’hui, il a pris l’initiative de se mettre devant et de lancer de loin. Il a un peu accusé le coup mais il fait 7ème, c’est super. C’est lui qui a lancé le sprint, il lui manquait un peu de force dans les derniers mètres. Il a pris le sprint à son compte, il a confiance en lui, c’est positif. L’autre bonne nouvelle est le prix de la combativité pour Elie. Il avait des fourmis dans les jambes et voulait prendre l’échappée, il a bien fait. C’est une super journée pour l’équipe, pas de regrets. »
 

Tour de France #9 – Brice Feillu : “Pas dans ma meilleure forme mais devant”

Ce matin, les visages concentrés sur le home-traineur au départ de Nantua présageaient une journée difficile. Aujourd’hui, ce sera de la dynamite, en haute montagne. Pierre-Luc Périchon, Eduardo Sepulveda et Brice Feillu sont dans le groupe échappé d’une trentaine de coureurs. Mais, dans la descente du deuxième col, Eduardo Sepulveda chute violemment. Bien « épluché », l’argentin repart au mental et termine la journée. La course explose : attaques, chutes, abandons à l’avant. Brice tient sa place dans le groupe des favoris jusqu’au Mont du Chat, il se classe 26ème de l’étape et est 20ème au général. Toute l’équipe termine cette étape de guerriers dans les délais et s’envole au complet pour Périgueux.

Brice Feillu :
« Le bilan est plutôt intéressant car je remonte au classement général. Warren Barguil termine deuxième, je pese  que c’est un coureur à ma poigne avec qui je pourrais me battre : ça me motive. Aujourd’hui je suis parti dans l’échappée, mais je n’étais pas dans ma meilleure forme, mais au moins j’étais devant ! ”

Maxime Bouet :
« C’était une étape galère sur le vélo, je paye mon échappé de vendredi. Mais, j’ai vécu une journée inoubliable. J’ai monté le Grand Colombier sur un Tour de France ! J’ai une histoire particulière avec ce col. Je suis né au pied et les cendres de ma mère reposent au sommet. Du pied jusqu’en haut, j’ai reçu énormément d’encouragements, tous les 5 mètres quelqu’un criait mon nom, même lâché, j’ai vécu quelque chose de fort. »

Sébastien Hinault :
« C’était plutôt bien parti avec trois coureurs à l’avant, mais malheureusement on perd une de nos meilleures cartes. Les cols très durs convenaient bien à Eduardo. Sa chute est sévère, et je le félicite d’être reparti et d’avoir fini l’étape. Brice fait une belle étape et se place dans le top 20 du classement général : c’est bien ! C’est en étant offensif, en devançant la grosse accélération des cadors qu’on pourra obtenir des résultats. Autre satisfaction, Dan termine dans les délais alors que d’autres équipes font de grosses pertes. C’était vraiment une étape épique, les gens devant leur télé n’ont pas dû s’ennuyer. »

Tour de France #8 – Romain Hardy : “Comme dans un stade de foot”

Le combat aura duré 187,5 kilomètres aujourd’hui. Il fallait être concentré derrière sa télévision pour suivre l’étape car les cartes ont été redistribuées à plusieurs reprises. L’échappée la plus disputée du Tour de France a mis plus de deux heures à se former. Un groupe d’une cinquantaine de coureurs se détache avec Laurent Pichon et Maxime Bouet. Brice Feillu, Romain Hardy et Eduardo Sepulveda sont dans le groupe maillot jaune, ils ne le quitteront qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. Romain Hardy décroche une belle dixième place. Notre formation est neuvième du classement général par équipes.

Romain Hardy (10ème) :
« Ce matin, la consigne au briefing était de mettre quelqu’un dans l’échappée. Je n’étais pas très bien en début de course, donc je me suis replacé dans le peloton maillot jaune avec Brice et Edu. Ensuite, ça s’est fait par l’arrière. Le but était de s’accrocher le plus longtemps possible, finalement ça a tenu jusqu’au bout (rires). J’arrive pour la place de trois, je suis un peu déçu de mon sprint. Je fais une belle place, c’est quand même un top 10 sur le Tour mais je pouvais faire mieux. Toute notre formation a été solide, on ne doit pas être loin de la gagne au classement par équipes, c’est encourageant pour la suite. (NDLR : 5ème par équipes dans le même temps que les premiers). Quand je vois d’où je reviens je suis content de mon étape et d’être sur le Tour. L’ambiance est incroyable. Il y a du monde partout, avec les fumigènes, on a l’impression d’être dans un stade de foot, Je m’attendais à quelque chose de beau et grand, c’est à la hauteur de mes attentes. »

Brice Feillu :
« Ça n’a pas débranché de la journée ! C’était très usant. Je n’étais pas au mieux en début d’étape, j’ai hésité à aller au combat pour l’échappée, finalement je suis resté dans le groupe maillot jaune. Dans la dernière montée, je me sentais bien, j’ai attaqué à deux reprises pour essayer d’aller chercher une belle place, je suis repris à un kilomètre de l’arrivée. Personnellement mais aussi collectivement, nous faisons une belle première semaine et nous allons encore essayer demain. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« On a vraiment fait une belle étape. Maxime et Laurent ont passé la journée à l’avant, Brice a attaqué dans le final et on place trois coureurs dans le groupe maillot jaune. On joue la gagne au classement par équipes, c’est une belle journée pour nous. Pour Dan aussi, ça s’est bien passé, il avait le sourire en arrivant. Il faut qu’il soit dans la même optique demain. Ce sera une journée éprouvante, je n’ai jamais vu d’étape comme ça sur le Tour, ce sont des pourcentages inédits, sur le papier c’est du costaud ! »

Tour de France #7 – Dan McLay : “Me faire confiance”

On ne pourra pas nous reprocher de ne pas tenter sur cette première semaine du Tour de France. Maxime Bouet avait senti le vent se lever. Parti dans l’échappée, « le Blond » a voulu anticiper les coups de force des équipes de sprinteurs mais pas de bordure sur cette septième étape. Les quatre fuyards du jour sont repris à 6 kilomètres de l’arrivée pour laisser place à un sprint millimétré. Il faut sortir la photo finish pour départager Kittel et Boasson Hagen, l’allemand réalise la passe de trois. Dan McLay est dixième.

Dan McLay :
« C’était un final très rapide, j’ai essayé de rester dans les roues le plus longtemps possible et finalement j’ai attendu un peu trop longtemps avant de déclencher mon sprint. Je me suis retrouvé coincé contre les barrières, j’ai mis 100 mètres à me dégager et à pouvoir lancer mon effort. C’est ma faute, j’aurais dû me faire davantage confiance et démarrer mon sprint plus tôt. Mais, je suis loin d’être découragé pour la suite, bien au contraire. Je vais souffrir les deux prochains jours, je me suis préparé pour cela et ensuite j’essayerai de faire le sprint parfait. Toute l’équipe, Flo, Romain, PLP, fait un travail incroyable pour moi, il faut simplement que je me fasse confiance. Il y a une forte densité de très bons sprinteurs, cette année, on l’a encore constaté aujourd’hui, mais une surprise n’est pas impossible. »

Maxime Bouet :
« Ça pouvait ressembler à une échappée suicidaire sur le papier, mais il y avait un vrai coup à jouer sur cette étape propice aux bordures. Je voulais anticiper l’accélération du peloton, pour éventuellement me faire reprendre par le premier groupe mais ça ne s’est pas passé comme ça. On est déjà à la septième étape, je tente des choses, je ne veux surtout pas arriver sur les Champs avec des regrets. Pour être honnête, je m’ennuyais un peu dans le peloton, ce n’est pas mon truc de « faire le mouton » (rires), je voulais mouiller le maillot. A l’arrivée, il y a un peu de frustration de ne pas avoir le prix de la combativité, quand on voit le peloton revenir sur nous on se raccroche à cela. C’est sûr, ce n’est pas une victoire d’étape, mais monter sur le podium du Tour n’est pas négligeable. C’est une course à part, la plus belle du monde. Pendant l’échappée, j’ai pris le temps de regarder tous ces gens qui m’encourageaient, ils avaient le sourire, ce sont des émotions que l’on peut vivre uniquement sur la grande boucle. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« On reste sur notre faim, il avait les jambes pour faire mieux. Il est à nouveau dans le top 10 mais s’il avait eu un peu plus confiance en lui, il était capable de viser un top 5, tout comme hier. C’est dommage, mais ça reste une belle place. Le sprint ça se joue à l’instinct, au mental et il faut réfléchir en moins d’une seconde. Il hésite puis se met dans la roue de Démare en pensant faire une belle remontée mais finalement il était plus fort que lui et doit lancer avant lui. Je reste persuadé qu’on peut obtenir un meilleur résultat. »