Romain Le Roux: « Un grand respect pour les organisateurs»

 

 

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Possédant un rapport particulier avec Roland Fangille  Romain Le Roux tient à rendre hommage à ces hommes et femmes, qui oeuvrent comme l’organisateur de l’Étoile de Bessèges, afin d’organiser des épreuves cyclistes professionnelles tout étant bénévoles.

Romain Le Roux désormais basé dans le Sud de la France, a élu domicile dans les Cévennes. Le coureur de l’équipe Arkea-Samsic a trouvé en ces lieux un nouveau terrain d’entraînement. Il emprunte des routes qui sont souvent souvent celles de l’Étoile de Bessèges, première course par étapes organisée chaque année en France, par l’inamovible, Roland Fangille . « Cet organisateur est le « papy » de ma copine, Tiphany. Roland Fangille me parle souvent de sa course, l’Étoile de Bessèges, explique Romain. Nous avons échangé ensemble, par exemple, a propos du tracé de l’édition 2020, laquelle célébrera le 50e anniversaire de cette épreuve faisant partie du patrimoine des épreuves cyclistes en France. »

Au contact de Roland Fangille, Romain « découvre aussi toutes les facettes d’une organisation nécessaires afin de mettre sur pied une course cycliste professionnelle. C’est quelque chose que nous coureurs nous ne voyons pas forcément, ajoute-t-il. Il y a un nombre de choses à mettre en place qui sont programmées bien en amont de la course, comme le fait de démarcher des partenaires pour aider et financer l’épreuve,  mais également mettre sur pied la présentation qui intervient quelques semaines avant l’épreuve ».

Cette ouverture sur la face cachée des organisations cyclistes est une vraie « richesse » pour Romain Le Roux. « Nous coureurs,  nous sommes un peu dans notre cocon de coureur cycliste, explique-t-il encore, et nous ne voyons pas toujours tout ce qui se trame autour d’une course cycliste professionnelle. L’Étoile de Bessèges pour ne citer que cet exemple, que je connais de l’intérieur désormais, est une organisation qui est soutenue uniquement par des personnes bénévoles. Ils donnent de leur temps pour que nous coureurs cyclistes professionnels nous puissions exercer notre métier »

Des hommes et des femmes animés de la passion cycliste, au service des coureurs. « J’ai un profond respect par rapport à ces organisateurs, note encore le coureur de l’équipe Arkéa-Samsic, et je me rends compte de leur difficulté à organiser des courses aujourd’hui »

Forcément au moment de prendre le départ de la 50e édition de Bessèges, Romain sera comme toujours « motivé », mais cette épreuve à proprement dite, « aura forcément sur le plan émotionnel un caractère particulier. Je vais me mettre la pression car je serais à la maison. Je vais faire mon travail d’équipier en faveur du leader qui sera désigné, et j’aiderai aussi Thomas Boudat lors des éventuelles arrivées au sprint. Je suis hyper motivé pour cette course, je connais toutes les routes que nous allons emprunter. J’ai reconnu la majorité des étapes. »

Une 50e édition de l’Étoile de Bessèges qui rendra aussi hommage  à Raymond Poulidor, « qui était un ami de Roland Fangille, rappelle Romain Le Roux. il y aura un trophée décerné au nom de ce champion à l’issue de la troisième étape. Un hommage lui sera également rendu au départ de la première étape, et  nul doute qu’une étoile scintillera au-dessus du peloton à l’occasion des cinq étapes qui rythmeront la 50e édition de l’Étoile de Bessèges, du 5 au 9 février 2020  »

Romain Le Roux
Photo Arkéa-Samsic

Douzième place pour Romain Le Roux

Sébastien Hinault, directeur sportif : “C’était une course difficilement jouable, dans le sens où les diverses côtes ne permettaient pas de faire la sélection. Il aurait fallu être dans le groupe Lutsenko-Viviani sorti dans le final mais nos coureurs dont Warren Barguil avaient attaqué juste avant et ont été contrés. Finalement, plusieurs équipes ont réussi à annihiler ce groupe et à permettre un sprint massif. Dès lors, les gars ont fait le boulot pour Romain Le Roux qui n’est pas un pur sprinteur mais il n’est pas maladroit dans cet exercice. Warren et Florian Vachon ont roulé dans le final. Romain finit à la douzième place mais je retiens surtout le bon état d’esprit de toute l’équipe. Ce soir, nous restons dans le même hôtel avant de rejoindre Pontedera lundi après-midi pour disputer le Tour de Toscane mercredi.”

Romain Le Roux : “On a fait une belle course. Avant d’entrer sur le circuit final on a réussi à sortir en petit groupe avec Warren mais on a été repris. On s’était dit que si ça arrivait au sprint, je pouvais le jouer. Warren et Florian m’ont super bien placé. D’habitude c’est plutôt moi qui suis dans ce rôle… Dans le sprint, il y a eu une chute juste à côté de moi et j’ai freiné mais de toute façon je ne pouvais pas espérer gagner face à de tels adversaires. Je retiens que tout se passe bien, on a une équipe au top. »

Yvon Ledanois : « on a couru pour gagner ! »

En dépit d’une course offensive, les coureurs d’Arkéa-Samsic n’ont pas réussi à bouger les lignes du classement général du Tour du Limousin gagné par Cosnefroy (ag2r-La Mondiale). Ils ont attaqué à tour de rôle mais finalement Elie Gesbert et Anthony Delaplace doivent se contenter des neuvième et dixièmes places.

Elie Gesbert : “Le circuit final à Limoges est toujours très compliqué. On a essayé de dynamiter la course mais il faut dire ce qui est, c’est dur de lâcher Cosnefroy. J’ai essayé de sortir dans le dernier tour de circuit mais ça ne l’a pas fait. Il m’a manqué un peu de « jus », je suis un peu déçu par ma performance mais c’est comme ça. Malgré tout on avait un super groupe, une super équipe pour le placement et toujours là au bon endroit quand il fallait. J’espère rebondir au Tour d’Allemagne.”

 

Romain Le Roux : “On avait comme consigne de durcir la course pour qu’Elie et Anthony puissent tenter quelque chose. A 22 kilomètres de l’arrivée, Florian Vachon et Romain Hardy ont imposé un gros rythme en tête de peloton au pied de la bosse et je suis parti à l’avant. L’idée c’était de relancer la course pour mettre en difficulté les équipiers de Benoît Cosnefroy. On savait que l’arrivée au sprint ne nous convenait pas. On a tenté de choses. On est tombé sur plus fort que nous, mais on n’a pas de regrets puisqu’on a essayé de faire bouger les choses.”

Anthony Delaplace : “Je suis sorti à un kilomètre de l’arrivée pour rejoindre Quentin Pacher et César Fonte. Une fois regroupés à trois, on s’est un peu regardé… au même moment où le sprint du peloton était lancé. J’ai tenté, je n’ai pas de regrets , comme les autres jours de la semaine. Je ne gagne pas grand chose au bout mais je retiens qu’on a eu un bon collectif, tous les gars ont bien travaillé. Il nous manquait sûrement un brin de force avec Elie pour faire la différence mais on a joué avec nos moyens. Je connais bien Benoît Cosnefroy et il a fait une semaine énorme, c’est l’un des plus grands espoirs français, je ne suis pas étonné de sa performance. Personnellement, je suis content de ma condition, que ce soit à la Polynormande ou au Tour du Limousin, j’ai l’assurance d’avoir bien récupéré après le Tour de France et j’espère vraiment concrétiser avant la fin de saison.”

Yvon Ledanois : “Une nouvelle fois les coureurs d’Arkéa-Samsic ont fait une belle étape. Ils ont couru pour gagner. Je leur ai dit après l’arrivée que je retiens surtout l’état d’esprit. Florian Vachon, notre capitaine de route a insisté sur le fait que quelque chose change dans notre équipe, aujourd’hui beaucoup de nos  coureurs comprennent ce que signifie le mot sacrifice. Chaque coureur doit être conscient de ses capacités et de ses moyens et donc savoir se sacrifier pour le copain. C’est une question de loyauté. Vraiment, je les remercie tous du boulot accompli mais on n’est pas parfaitement récompensé des efforts fournis. Romain Le Roux et Anthony Delaplace ont attaqué dans le final pour gagner l’étape, Elie Gesbert a été costaud et finit dans le Top 10. Ce n’est pas le résultat qu’on était venu chercher mais il faut savoir reconnaître qu’on est battu par plus fort que nous ! A 60 kilomètres de l’arrivée, Elie a accompagné une attaque de Martin (Wanty-Groupe Gobert) mais c’était trop tôt, l’équipe ag2r-LaMondiale de Cosnefroy était encore au complet. Il a suivi le coup et puis il a compris que c’était peine perdue. Elie a fait ce qu’il fallait en réagissant à l’attaque puis a eu ensuite l’analyse juste. Pendant quatre jours, les gars ont eu une super implication. Quasiment le même groupe dispute le Grand Prix de Plouay avec Warren Barguil dans une semaine. J’ai hâte de voir ça…”

 

Romain Le Roux, de mieux en mieux

A deux jours de l’arrivée du Tour du Portugal, la bataille pour le classement général fait rage. Au cours de la huitième étape gagnée par Benta (Radio Popular-Boavista), il n’y a pas eu d’échappée et si Romain Le Roux s’est bien accroché, et a pris la 17ème place, témoignant de sa bonne condition physique.

« On ne s’attendait pas à un final aussi dur, dit le jeune coureur breton. On avait pris le départ en pensant faire la course pour Clément Russo mais il a coincé dans les premières rampes de l’ascension finale. Les pourcentages étaient vraiment raides… J’ai fait ma montée mais un peu à contretemps, je n’ai pas pu la faire à bloc car on avait fait pas mal de boulot avant pour anticiper la dernière côte. J’ai de bonnes sensations et il y a une bonne dynamique dans notre équipe. Demain il y aura une grosse étape de montagne et chez nous il n’y a pas photo, seul Brice Feillu qui peut faire quelque chose de bien sur cette arrivée à Mondim do Basto. Ici le niveau est impressionnant, c’est le Tour National des Portugais, ils se préparent pour ces dix jours dans l’année. Ils sont intenables, dès le départ ça fait la course pendant deux heures à bloc… C’est illisible à l’avance. Je pense que cette épreuve va nous apporter énormément. Par exemple, Bram Welten nous impressionne car ça grimpe, il n’y a eu qu’une arrivée au sprint mais ce n’était pas tout plat. Il s’accroche et il n’est pas le premier à lâcher. »

De son côté, Yvon Caër regrettait un peu de ne pas avoir davantage délesté Romain de son travail d’équipier mais le voir combattre dans le final après huit jours de course est un bel enseignement.

« Je comptais plus sur Clément, dit le directeur sportif d’Arkéa-Samsic, mais c’était un peu trop raide. J’ai fait une petite erreur de jugement, Romain était mieux. Il reste une étape de montagne et un chrono. Demain c’est très difficile mais avec Brice Feillu sait-on jamais, même s‘il faut redouter que la bagarre pour le général prenne le dessus. Comme aujourd’hui. »

Romain Le Roux, 3ème : “Sur le vélo, c’est une machine”

L’équipe Arkéa-Samsic n’a pas gagné ce samedi lors du Tour de Savoie-Mont Blanc mais elle a bien tiré parti des deux étapes au programme. Romain Le Roux a pris la troisième place le matin au terme d’une échappée, Romain Hardy a signé un Top 10 au sommet de la station des Karellis.

Romain Le Roux, 3ème de l’étape 3 : 

“Je n’ai pas de regrets sur cette arrivée. J’aurais aimé faire mieux mais Eddy Finé m’a surpris aux 300 mètres en lançant son sprint. Ca faisait longtemps que je n’étais pas arrivé pour jouer la gagne, normalement ce n’est pas mon rôle, j’ai plutôt l’habitude de m’écarter avant la ligne. L’équipe m’a fait confiance et ça fait plaisir. A la base je suis parti dans cette échappé avec l’idée de protéger Romain Hardy, mon leader. Finalement nous sommes allés au bout. Pour moi c’était top de retrouver cette sensation de “jouer la gagne”.  Mais après cela, je me suis immédiatement remis dans mon rôle d’équipier, ce rôle qui me va bien, pour la quatrième étape. Après des mois difficiles où je cherchais mes sensations, je me sens mieux sur cette course qui est l’une des plus dures de France. Tous les jours je vais au charbon pour Romain Hardy qui marche fort ! On est dans une bonne spirale, on a une bonne équipe, on roule tous ensemble, comme une équipe. Cette course nous permet aussi de découvrir Connor Swift ! Même si je ne parle pas trop Anglais, Clément (Russo) et Thibault (Guernalec) assurent la traduction. On découvre une personne impressionnante de part sa force, sa gentillesse. Et sur le vélo, c’est une machine.”

Yvon Caër, directeur sportif :
“Ce matin on a fait confiance à Romain Le Roux qui s’était glissé dans l’échappée, il me méritait bien tant il travaille toute l’année pour l’équipe.  Il se sentait bien, il était sans doute le plus fort de son groupe mais il a commis une petite erreur tactique dans le dernier kilomètre, c’était peut-être la peur de gagner. Il s’est mis en tête de son groupe et le jeune Finé l’a surpris en attaquant derrière lui. Il prend la troisième place. Cet après-midi, c’était un gros chantier et c’est une satisfaction de voir Romain Hardy prendre la dixième place. Il sort d’un gros bloc de travail, il est ici pour faire des efforts et il a la bonne patte. Ici, il y a de purs grimpeurs comme Harper (Team Brisgelane) qui s’est imposé au sommet des Karellis mais face à eux, il limite la casse. Clément Russo était avec lui jusqu’à 6 kilomètres du sommet. Dans les deux-tiers de l’ascension finale, il a roulé tempo en tête de son groupe pour faciliter la tâche de Romain Hardy. Non loin d’eux, il y a Connor Swift. Il est solide même si son gabarit ne l’avantage pas en montagne. C’est bon de le voir finir avec le sourire, il est ravi de découvrir la montagne. En revanche, Alan Riou a abandonné. Il est usé, ses chutes l’ont mis en déficit d’entrainement et il a besoin de repos.”

Elie Gesbert (7ème) : ” J’ai de bonnes sensations mais il faut gagner

Coppi et Bartali. Elie Gesbert (7ème) : ” J’ai de bonnes sensations mais il faut gagner !

Septième de la deuxième étape de la Semaine Coppi et Bartali gagnée par l’Espagnol Landa (Movistar), Elie Gesbert a entrepris une course contre le temps perdu la veille dans le contre la montre par équipes. Au terme d’une course solide de son équipe et notamment de Clément Russo échappée une bonne partie de la journée, le jeune leader de l’équipe Arkéa-Samsic est à 17 secondes du Top 10.

Elie Gesbert (7ème)

« C’était une étape assez usante avec plus de 3.000 mètres de dénivelé. La sélection s’est faite par l’arrière, au fur et à mesure de la course. Dès le parcours en ligne il y avait de belles petites bosses qui ont usé tout le monde puis les trois montées de huit kilomètres sur le circuit final. Les gars m’ont bien protégé : Romain a bien roulé, Jérémy aussi, Clément est parti dans l’échappée. L’équipe Michelton-Scott a imposé un gros rythme toute la journée…c’était dur d’envisager quoi que ce soit d’ailleurs il n’y a pas eu de grosses attaques : ça attaquait, ça revenait etc… Dès le début de la dernière montée ça grimpait fort, on a formé un groupe d’environ 25 coureurs. Quand Mikel Landa a attaqué j’ai hésité à y aller…j’avais peur d’être limite. Je regrette maintenant parce que derrière, ça n’est pas monté plus vite. J’ai essayé de ressortir dans le final mais l’équipe Movistar ne voulait pas me laisser partir car Landa était devant, ils sont venus me chercher. Au sprint on arrive pour la troisième place. J’étais un peu enfermé. Bilan d’aujourd’hui, c’est toujours encourageant d’avoir de bonnes sensations…mais il faut gagner. »

Romain Le Roux

 « L’objectif était de mettre Elie et Jérémy dans les meilleures conditions possibles. Les consignes ce matin c’était de leur permettre de faire le moins d’efforts possible dans la première partie de course et qu’ils restent au chaud, alors on a travaillé pour les protéger. On ne l’a pas fait pour rien car Elie va chercher une belle septième place. Le circuit final était assez dur : trois tours avec une bosse de quatre kilomètres à chaque fois ! Les équipes Sky et Movistar ont bien durci la course …

L’année dernière je n’avais pas aimé la Semaine Coppi et Bartali car j’étais dans une mauvaise condition à cause d’allergies aux graminées. Cette année j’apprécie de courir cette course qui n’est jamais trop écrite à l’avance. Demain ce sera une étape pour puncheurs, un circuit à faire sept fois avec une bosse à tous les tours. Elie sera notre très bonne carte ! »

Sébastien Hinault  (directeur sportif)
« Nous avons été actifs. Après une bonne bagarre, Clément Russo a mené une échappée avec quatre autres coureurs dont Molly (Wallonie Bruxelles) et Visconti (Neri Sottoli). Ils ont été repris sur le circuit final à deux tours de l’arrivée. Tout s’est joué à la pédale dans le dernier tour, Landa (Movistar) qui gagne l’étape avec Hamilton (Mitchelton-Scott) qui prend le maillot de leader. Ils ont pris une avance de 11 secondes qu’ils ont gardée jusqu’à la ligne d’arrivée. Sur le coup, Elie Gesbert a eu un petit moment d’hésitation et n’a pas réussi à boucher le trou. Il finit dans un groupe d’un peu plus d’une vingtaine de coureurs et prend la septième place. Dans cette course le Team Sky et Mitchelton-Scott contrôlent, le contre la montre par équipes nous plombe un peu au classement général mais il reste deux étapes dures. Aujourd’hui, c’était 3.200 mètres de dénivelé en 140 kilomètres et le niveau est assez élevé. L’équipe a bien marché. C’était un peu compliqué pour Robert Wagner qui a été malade récemment et un peu dur pour Thibault Guernalec mais Romain Le Roux a fait un bon travail d’équipier avant de lâcher dans le dernier tour et il n’a pas manqué grand-chose à Jérémy Maison pour finir avec Elie. Demain, c’est encore un circuit, à parcourir sept et à chaque tour une côte de 3,4 km. »