Sébastien Hinault : “L’important était de faire ce premier sprint”

Pour la première course de la saison 2020, Nacer Bouhanni termine 8ème sur l’étape une du Challenge de Majorque

Les réactions : 

Sébastien Hinault : « C’était le scénario prévu : une échappée et un peloton qui roule derrière. Franck Bonnamour a fait le travail dans un premier temps et Matîs Louvel a pris le relais. Le peloton a repris l’échappée à cinq kilomètres de l’arrivée pour un sprint massif assez décousu. Le dernier virage était dangereux et Nacer a dû donner un coup de frein.  L’important était de faire ce premier sprint : c’est fait. Maintenant il faut que l’on continue à travailler comme on le fait depuis cet hiver. Ce que l’on a commencé à mettre en place à l’entrainement, on doit le reproduire en course. J’ai envie de retenir l’implication et la motivation de tout le monde, tout se passe bien, personne n’a chuté et c’est surtout une expérience de sprint accumulée pour la suite. »

Nacer Bouhanni : « C’était une course spéciale, la première course de l’année est toujours nerveuse. Il y a eu pas mal de chutes et le virage à 300 mètres de la ligne était un peu chaotique. On doit encore affiner nos automatismes, et on va continuer à travailler cela. Je suis content d’avoir retrouvé le rythme de la course. On va discuter et travailler ensemble pour trouver nos repères pour les prochains sprints. Ce n’est que le premier sprint …(sourire). »

 

Journée dantesque à Majorque

Trophée de Tramuntana (179,6 km)

Le cyclisme n’est pas seulement une question de résultats, c’est un sport exigeant faisant appel parfois à des qualités hors normes. Les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic engagés ce samedi dans la troisième manche du Challenge Mallorca ont dû faire preuve d’énormément de courage pour combattre les éléments et aller le plus loin possible.

« Il y a eu deux rebondissements inattendus aujourd’hui, explique Roger Tréhin : le parcours a été allongé de trente kilomètres et, contrairement aux prévisions, la météo a été très mauvaise. Il a plu dès le départ, il a fait froid, pas plus de zéro degré au sommet de plusieurs cols… Très peu de coureurs ont fini la course qui a été très animée. Dans toutes les premières difficultés, Warren Barguil et ses équipiers se sont bien battus. Le peloton était souvent scindé, notre leader était sans cesse à l’avant. »

Le Belge Tim Wellens (Lotto-Soudal) apprécie particulièrement ces conditions dantesques et en a profité à Deïa pour gagner cette course pour la troisième fois devant Buchmann (Bora-Hansgrohe) en grande forme et le champion du monde Valverde (Movistar).

« Ses équipiers ont bien placé Warren au pied du Puig Major mais il restait alors seulement vingt coureurs dans le coup, poursuit le directeur sportif d’Arkéa-Samsic. Warren est allé aussi loin que possible mais il était transi et pas bien remis de sa chute de la veille. Il a joué la prudence. Il craignait de tomber encore ou de tomber malade et puisque les deux premières journées l’ont rassuré, il était en effet plus sage de ne pas insister. Il a mis pied à terre à deux kilomètres du sommet. »

Loin derrière, les deux jeunes Thibault Guernalec et Clément Russo n’étaient pas moins héroïques. Longtemps, ils se souviendront de cette journée.

« Oh la vache ! s’exclamait Clément. On pensait avoir du beau temps et au moment de partir on a pris une première grosse averse qui nous a complètement refroidis. Depuis deux jours, il y a beaucoup de chutes, on avait tous ça en tête. Très rapidement, il y a eu des cassures, plein de petits groupes se formaient. J’ai eu l’impression de rouler à fond toute la journée, il n’y a pas eu de temps mort. En haut de Puig Major on avait à peine 1°C, j’étais complètement gelé, je n’arrivais même plus à freiner… Il faut quand même dire que le plus important est que Warren soit en forme, c’est un plaisir de faire le boulot pour lui. Je pense que ça va être la même chose dimanche avec André Greipel. En plus, normalement on aura beau temps(rires). »

Trofeo Soller -Deia (179,3 Km)

« De la pluie, de la neige, un peu de grêle,confirme Thibault, on a reçu mais tant que j’étais dans la course pour placer Warren, je n’y pensais pas trop. On fait avec les conditions. Par contre, quand j’ai sauté à 2 kilomètres du sommet, c’était autre chose. J’étais congelé, ça fait partie de l’apprentissage(rires).»

Comme le dit Clément Russo, demain il fera beau et toute l’équipe Arkéa-Samsic fera bloc autour de son sprinteur. Même s’il lui faut composer avec quelques petits soucis.

« Nous devons faire face à des pépins de santé, précise Roger Tréhin. Romain Le Roux a souffert d’une gastro après la Tropicale Amissa Bongo et n’a pas de forces. Il a pris le départ aujourd’hui mais avec ce froid, ce n’était pas jouable. Franck Bonnamour est atteint d’une gastro à son tour… Enfin, Maxime Daniel a été confronté à un problème peu banal. A Paris, il lui a été dit que l’avion prévu aujourd’hui était annulé. Il devait attendre celui de Barcelone ce soir mais devait y rester jusqu’à dimanche matin parce qu’il n’y avait pas de correspondance. Il serait arrivé ici après le départ de la course… Pour autant, nous allons faire avec les hommes présents et je peux dire qu’ils sont bien motivés !»

  Nouveau Top 10 pour Warren Barguil

Dans la bagarre, Warren Barguil répond présent ! C’est le grand enseignement de la deuxième manche du Challenge de Majorque gagnée en solitaire par l’Allemand Buchmann (Bora-Hansgrohe). Même s’il lui faut bien entendu affiner quelque détails, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic a pris la neuvième place après avoir joué avec les meilleurs. 

La course a été assez animée par une échappée de quatre coureurs Skujins (Trek-Segafredo), Edet (Cofidis), Goikoetxea (Fundacion Euskadi) et Pelegri qui a été éliminé sur chute. Dans le final, ce groupe a reçu le renfort de Petilli (UAE-Team Emirates) mais la bagarre opposant les costauds dans le final a eu raison de toutes ces tentatives.

« Pour commencer, explique Roger Tréhin, nous avons appris une modification de parcours, la route reliant le dernier sommet à l’arrivée, soit 7 kilomètres, était impraticable en raison d’un effondrement de la chaussée. Nous avons donc eu 35 kilomètres supplémentaires. En début de course, la pluie n’a pas arrangé le choses. Il y a bien eu 35 à 40 chutes dans les descentes, c’était super glissant. Warren Barguil est tombé. Sans gravité. Robert Wagner qui a encore le souvenir d’une mauvaise chute la saison dernière s’est fait une grosse frayeur et a préféré ensuite rester prudent.»

« C’était l’apocalypse en début d’étape, assure le leader de l’équipe Arkéa-Samsic. Beaucoup de gars sont partis à la faute. Dans un virage, un coureur est tombé devant moi, j’ai glissé de la roue arrière et j’ai chuté à mon tour. Heureusement, je ne suis pas allé au sol à pleine vitesse ! »

Cette frayeur passée, Warren s’est bien concentré avec l’aide de ses équipiers sur la suite de la course. 

« Comme hier, poursuit Warren, les gars ont fait du super boulot toute la journée. On a retrouvé immédiatement les automatismes qu’on avait travaillés l’an dernier. On roule ensemble, on se sent bien. »

La consigne pour les équipiers était que Warren soit bien placé au pied du col de Puig Mayor, dernière difficulté de la journée. Travail accompli parfaitement par Amaël Moinard et Benoît Jarrier à qui il n’a pas manqué grand chose pour accompagner leur leader dans le final.
« Dans la montée de 14 kilomètres, explique Warren, je suis d’abord sorti avec un petit groupe avant que tout se regroupe. Nous avons été une vingtaine à basculer ensemble. Ensuite ça a flingué de partout. Derrière Buchmann, un groupe est sorti avec Wellens (Lotto-Soudal), Brambilla (Trek-Segafredo), Roelandts (Movistar) et Martin (Wanty-Groupe Gobert), j’ai fait un gros effort pour faire la jonction. C’était ma dernière cartouche et j’ai fini avec des crampes. Ça m’arrive très rarement, mais j’étais concentré sur mon vélo après ma chute et je n’ai pas dû boire suffisamment… Je prends la neuvième place, je suis content de mes sensations et de la course car le niveau est relevé. J’ai une équipe au top autour de moi. »

La satisfaction de Warren était partagée par son directeur sportif et ses équipiers. Tous essaieront de faire aussi bien samedi dans la troisième manche proposant les mêmes difficultés mais elle sera plus courte de trente kilomètres.

« Avec toutes ces chutes,dit Amaël Moinard, je faisais très attention mais j’y ai laissé forcément de l’énergie. Hier, j’ai eu beaucoup de chance, j’étais dans la roue de Landa (l’espagnol a fini à l’hôpital)lors de la chute et j’ai atterri dans les vignes… Aujourd’hui, notre objectif était de bien placer Warren au pied du long col pour qu’il puisse accompagner les meilleurs. L’essentiel a été fait. Warren accroche deux Top 10, ça fonctionne bien ! »

A noter que Thibault Guernalec était non partant. Se plaignant toujours d’un poignet endolori la veille dans une chute, son staff a jugé préférable qu’il aille  passer une radio qui n’a rien révélé d’alarmant.

 

 

Rentrée réussie !

Quelques jours après la Tropicale Amissa Bongo, l’équipe Arkéa-Samsic a confirmé dans la première course du Challenge de Majorque la qualité de son collectif. Parfaitement soutenu par ses équipiers, Warren Barguil a pris la neuvième place après avoir attaqué à deux reprises dans l’ascension finale. Le sourire est de mise en ce début de saison !

Cette première course disputée en Europe avait une importance évidente pour Warren Barguil, soucieux de se rassurer après avoir beaucoup travaillé durant l’hiver. Dans un exercice de puncheur qui ne le favorisait pas, le leader d’Arkéa-Samsic a toutes les raisons d’être satisfait de sa course.

« C’était une rentrée difficile avec beaucoup de vent, explique-t-il. Toute l’équipe a réalisé un super travail pour que j’arrive le plus frais possible au pied de la dernière difficulté. J’ai attaqué deux fois dans l’ascension. Même si je n’ai pas réussi à faire la différence, je me suis rassuré, je reprends sur de bonnes bases. Quel plaisir d’attaquer ! »

Avant cette explication entre costauds dans le final, la course a été animée par l’échappée de trois hommes, Iversen (Lotto-Soudal), Soto (Fundacion Euskadi) et Hennessy (Canyon dhb) qui ont compté près de six minutes d’avance avant de voir revenir progressivement le peloton. Elle a été marquée également par une série de chutes provoquées par la nervosité du peloton luttant contre le vent.

« Nous avons d’abord déploré la chute de Thibault Guernalec à 60 kilomètres de l’arrivée, dit Roger Tréhin. Il a réintégré le peloton mais se plaint d’un poignet. On va surveiller ça… Dans le final, à 19 kilomètres de la ligne, une chute massive a concerné trente coureurs. Amaël Moinard est tombé dans le champ le long de la route et ne s’est pas fait mal, Robert Wagner et Benoît Jarrier ont dû mettre pied à terre ».

Tous ont fait l’effort pour reprendre leur place dans le peloton qui imprimait pourtant une allure très rapide. Comme au Gabon où les équipiers d’André Greipel étaient animés d’un état d’esprit exemplaire, ceux de Warren à Majorque ont été irréprochables.

« L’équipe a été solidaire, poursuit le directeur sportif d’Arkéa-Samsic, tout le monde s’est bien occupé de notre leader toute la journée. Au pied de la côte, il était soutenu par Clément Russo, Thibault Guernalec et Franck Bonnamour qui fait une rentrée rassurante après sa blessure au genou. »

Finalement la course s’est jouée rapidement puisque Jesus Herrada (Cofidis) et Guillaume Martin (Wanty-Grouper Gobert) ont attaqué dans les premières rampes. Ils ont pris 25 secondes d’avance sur le peloton qui a procédé par à-coups. Les deux attaquants sont arrivés dans cet ordre mais Warren a bien été l’un des plus actifs parmi les favoris.

« Il peut être satisfait de sa rentrée et du comportement de son équipe, assure Roger Tréhin. Ce soir, nous sommes tous heureux. Warren a attaqué mais a été contrôlé par Valverde (Movistar), Wellens (Lotto-Soudal) et Majka (Bora-Hansgrohe). Il a de bonnes sensations. S’il avait attendu le sprint il aurait fini cinquième au mieux mais il n’a pas de regrets. Il s’est testé dans sa première course et a répondu présent. Il a joué avec les costauds. Il est optimiste pour la suite ! »

Vendredi, le Trophée Andratx-Lloseta proposera un parcours de moyenne montagne mais un final moins difficile que celui de jour même si l’arrivée se jouera en faux-plat montant.

Le programme :

31 janvier, Trophée Ses Salines-Felanitx : Warren Barguil 9e

1 février, Trophée Andratx-Lloseta : Warren Barguil, Thibaut Guernalec, Benoît Jarrier, Romain Le Roux, Amaël Moinard, Clément Russo, Robert Wagner

2 février, Trophée de Tramuntana : Warren Barguil, Thibaut Guernalec, Benoît Jarrier, Romain Le Roux, Amaël Moinard, Clément Russo, Robert Wagner

3 février, Trophée Palma : André Greipel, Franck Bonnamour, Maxime Daniel, Benoît Jarrier, Romain Le Roux, Clément Russo, Robert Wagner