André Greipel : “Regarder devant”

Le résultat d’André Greipel à Riom (15e) n’est pas celui escompté mais le sprinteur de l’équipe Arkéa-Samsic a eu la satisfaction de voir le travail de toute son équipe au cours d’une étape très pluvieuse. Collectivement soudée et homogène, de Jérémy Maison à Florian Vachon, tous ses équipiers ont oeuvré pour le mettre dans les meilleures dispositions.

André Greipel : « L’équipe a fait un travail remarquable, ils étaient autour de moi toute la journée. Sur le vélo, il faisait très froid, c’était les mêmes conditions pour tout le monde mais ce n’était pas une journée facile. Ce n’est pas une excuse, on doit juste faire avec la météo, mais ce n’est pas ce que j’affectionne le plus. Dans le final, on a fait notre maximum, tout ensemble. Je cherchais la roue de Bennett. C’était une véritable bagarre, avec ses coéquipiers notamment, mais c’est le jeu du sprint, ça frottait dur. Je sais que je suis sur la bonne voie, les sensations sont meilleures. À la fin, je n’ai pas pu vraiment faire mon sprint, j’espérais faire quelque chose de bien, on regarde devant. »

 Jérémy Maison : “J’ai été perturbé en début de course. Un coureur a glissé devant moi…sans gravité mais j’ai mis un peu de temps à reprendre ma place. C’était prévu au briefing que j’aille rouler en tête de peloton pour préparer le sprint pour André. J’ai fait le boulot demandé et je me suis retrouvé à l’avant avec notamment Cesare Benedetti. Ce n’était pas une étape d’une extrême intensité mais la pluie l’a rendue dure. J’ai roulé toute la journée, et j’aime le faire, c’est une tâche qui m’avait déjà été confiée il y a deux ans sur le Dauphiné avec Arnaud Démare.”

Yvon Ledanois, directeur sportif :  « L’équipe Arkéa-Samsic a super bien travaillé tout au long de l’étape en dépit de la pluie et du froid. Vraiment, nous n’avons rien à reprocher à nos gars, ils ont collectivement répondu présent. Quand l’échappée de Berhane (Cofidis) et Pacher (Vital Concept) a été déclenchée, nous avons très rapidement réagi. Jérémy Maison a été le premier à aller rouler, un bon moment, avant Anthony Delaplace, Maxime Bouet et dans le final Kevin Ledanois et Florian Vachon tandis que Warren Barguil leur a donné un coup de main. Dommage, André Greipel est battu par plus fort sur le premier sprint du Critérium du Dauphiné et on n’a donc pas la satisfaction que nous étions venus chercher. Demain nous allons disputer un contre la montre individuel de 26 kilomètres. Warren va rouler avec sa nouvelle machine pour la première fois en course après l’avoir utilisée à l’entraînement. On sait bien qu’il ne va pas gagner le chrono mais il est important qu’il se juge par rapport à ses adversaires. Notre leader n’est pas à son maximum, contrairement à un Pinot ou à un Bardet, il est de 85 et 90% de sa condition. Une performance honorable de sa part sera intéressante dans l’optique du Tour et du contre la montre de Pau qui sera disputé à la moitié du mois de juillet. »

 

Dans les temps

L’équipe se construit et un nouveau mur porteur s’est érigé lors de ce Critérium du Dauphiné. Après 8 jours de travail, on a vu des coéquipiers se sacrifier, dans le peloton, mais aussi à l’avant de la course pour Warren Barguil… tout en gardant l’esprit d’attaquant, si important dans notre formation. Des automatismes et repères se sont mis encore un peu plus en place lors de chaque étape. La victoire n’est pas au rendez-vous, mais les efforts réalisés sur ce Dauphiné permettront d’appréhender au mieux le Tour de France 2018.

Amaël Moinard :
« Le Dauphiné est toujours une course très dure, mais il faut passer par là pour être performant. Les sept coureurs de l’équipe ont montré de belles choses. On a réussi à bien protéger Warren jusqu’aux pieds des ascensions, tout en pratiquant un cyclisme offensif. Maxime a fait du super boulot dans les cols. L’étape d’hier est vraiment significative, Warren doit encore travailler, mais il a montré toute son envie et sa volonté. C’était constructif, on repart sur de bonnes bases, on sort tous de ce Dauphiné en forme ascendante. »

Sébastien Hinault – directeur sportif :
« C’est un Dauphiné porteur d’espoir pour la grande échéance de juillet.  Les coureurs ont été acteurs de la course, ils ont montré de belles choses. On a un groupe homogène, qui a envie de travailler et de progresser ensemble, il faut que ça continue ! »

Warren Barguil : “Ça va être bien”

Une journée de plus dans les hauteurs, et notre groupe avance col après col, en équipe. Warren Barguil a décidé de courir à l’avant aujourd’hui et a provoqué l’échappée. Amaël Moinard et Romain Hardy le rejoignent quelques kilomètres plus tard pour le protéger le plus loin possible… Dans la dernière ascension, Warren voit revenir le groupe maillot jaune, il termine 25ème de l’étape.

Warren Barguil :

« J’ai fait la même attaque que l’an passé et ça fait un bien fou de pouvoir le faire après un début de saison difficile. Un grand merci à tous mes coéquipiers, en particulier Romain et Amaël qui m’ont accompagné dans cette échappée. J’ai pris du plaisir à être devant, les jambes vont de mieux en mieux, j’ai retrouvé mon coup de pédale de montagne dans les deux premiers cols mais j’ai encore du boulot. Il ne faut pas s’enflammer, je n’ai pas fait un top résultat. Les « allez Wawa » sur le bord de la route m’ont donné une fois encore, un surcroit de motivation. Je suis hyper motivé, c’est parti, ça va être bien. »

Amaël Moinard :

« Depuis le kilomètre zéro, avec Pierre-Luc on essayait chacun notre tour, puis j’ai vu Warren attaquer à bloc, j’ai mis tout ce qu’il fallait pour rentrer. Après le col de Bisanne, je me sentais un peu moins bien, je leur ai dit « je roule à bloc le plus longtemps possible ». Quand je me suis écarté, je suis passé de la première position, au gruppetto, en 5 kilomètres (rires). J’ai mis 39/32, je suis monté le plus lentement possible et j’ai attendu le dernier groupe. Je suis vraiment content d’avoir été devant. On a joué collectif, avec Romain on a fait l’étape pour Warren sans arrière-pensée. On lui a montré qu’on était là pour lui, qu‘on voulait rouler pour lui et qu’on pourrait reproduire ce genre de scénario en juillet quand il sera en grande forme et nous aussi. Il était vraiment motivé, je le voyais, il était content d’être à l’avant.
Pour moi, le Dauphiné est toujours une course très très dure mais je sais qu’il faut en passer par là pour être performant l’été. »

Romain Hardy :

« On a roulé pour Warren, on commence à prendre nos marques ensemble. Il faut qu’on apprenne à se connaître encore plus sportivement et ça passe par ce genre de journée sur des grosses étapes de montagne, à l’avant. Quand l’écart est monté à trois minutes, avec Amaël, on s’est sacrifié pour essayer de le maintenir le plus longtemps possible. On a roulé « à bloc » à l’avant du groupe de 24 coureurs…C’était une journée vraiment intéressante. »

La montagne est belle mais si difficile

Deuxième étape de montagne sur le Dauphiné, deuxième journée pour dompter les cols, se tester et ré-apprivoiser les pentes Alpestres. Sur les 130 kilomètres entre Grenoble et Valmorel, Warren Barguil a été épaulé par toute l’équipe pour être placé en bas du dernier col. Il se classe 27ème à 2’47” de Dan Martin. « Remake » de 2013, il terminait dans les mêmes temps, 26ème de l’étape arrivant à Valmorel.

Warren Barguil :  « Il me reste beaucoup de travail à faire, j’aimerais être performant toute l’année mais je ne peux pas. Par expérience, je sais que je ne peux pas être au top en juin et en juillet. En 2016 j’avais des supers jambes au Tour de Suisse puis je suis passé à côté du Tour de France. J’ai tiré les leçons de mes erreurs. L’année dernière, à cause de ma chute au Tour de Romandie, j’ai adapté ma préparation et ça m’a souri. Forcément, je veux reprendre le schéma qui a marché. Ce n’est pas facile, je suis attendu, je n’ai pas fait la première partie de saison que j’aurais voulu mais je dois garder en ligne de mire mon objectif. Je me connais, je sais que chaque jour je vais un peu mieux physiquement. Après le Dauphiné, je partirai 10 jours en stage à Isola pour faire de très hautes intensités. »

 

Warren Barguil : « retrouver le bon coup de pédale dans les cols »

Changement de décor sur ce Dauphiné, avec l’arrivée des montagnes et l’ascension du premier col hors catégorie. Aujourd’hui, l’échappée était convoitée, mais le peloton, lancé à 52km/h de moyenne, ne comptait pas rendre les armes si facilement. Finalement, il a fallu attendre le kilomètre 80 pour voir l’échappée se dessiner, notre formation n’y est pas représentée. Warren Barguil et Maxime Bouet s’accrochent aux favoris mais cèdent un peu de terrain à 2 kms de l’arrivée.  Warren Barguil se classe 29ème à 1’10’’ de Julian Alaphilippe.

Warren Barguil :
« J’attendais avec impatience de retrouver les montagnes en compétition. Ça a été une étape compliquée à gérer, l’échappée a mis beaucoup de temps à sortir et ça a roulé fort toute la journée. L’équipe m’a bien protégé et Max est resté avec moi jusqu’au bout. Les jambes n’étaient pas exceptionnelles, mais je m’y attendais. J’ai repris l’entrainement assez tard et mon objectif principal est d’arriver frais pour le Tour de France. Ces quatre jours en montagne vont me servir pour retrouver le bon coup de pédale dans les cols, et j’espère avoir de meilleures sensations d’ici dimanche. »

Maxime Bouet :
« C’était une grosse journée en deux temps. Au début de course, j’ai essayé de prendre les échappées et j’y ai laissé beaucoup de force…malheureusement pour rien. Ce qui est « fou » c’est qu’on n’a loupé aucun coup dès le départ de l’étape et le seul où nous n’étions pas, au moment où tout le monde a eu un peu eu envie de souffler, c’est parti… Ensuite, je me sentais super-bien dans le col hors catégorie, j’étais devant avec Warren. Je suis resté avec lui jusqu’à l’arrivée. J’ai été chercher les bidons, je l’ai placé au pied de la dernière montée, on a attaqué le col vers la quinzième place. Je pense avoir fait un bon travail de coéquipier. »

P-L Perichon : “on court en équipe”

Après Brice Feillu hier, Pierre-Luc Périchon est passé à l’offensive sur cette deuxième étape du Dauphiné. En compagnie de trois coureurs, PLP a passé la quasi-totalité de l’étape en tête de course, mais n’a pu éviter le retour du peloton, à 10 kms de l’arrivée. Romain Hardy, protégé pour le sprint, est déposé par ses coéquipiers à 2 kms de la ligne, le Breton est 10ème. Brice Feillu, quant à lui, conserve sa tunique de meilleur grimpeur.

Romain Hardy (10è) : « J’accroche le top 10, mais je pense que le scénario aurait pu être un peu meilleur. Ça faisait un moment que je n’avais pas fait de sprint. Pendant les derniers kilomètres c’était un mélange d’excitation, d’adrénaline et de concentration qu’on ne retrouve que dans ces moments-là. On a bien entouré Warren toute la journée, on est 5 dans le premier groupe. Dans le final, Warren et Amael on fait un super job pour moi. Je leur ai même dit de ne pas trop en faire et de garder du jus pour la suite (rires). »

Pierre-Luc Périchon : « À l’avant on a tous fait le boulot, mais les Michelton-Scott ont roulé fort derrière nous. Nous savions que ce serait difficile, mais j’avais un second objectif aujourd’hui : aller chercher les points des grimpeurs pour défendre le maillot de Brice. C’est un pur grimpeur, on espère qu’il pourra se hisser à l’avant sur les prochaines étapes pour engranger des points. On court en équipe, ce soir, on est deux à être placés, c’est un avantage pour appréhender la suite de la semaine. »

Brice Feillu : “Aller au charbon”

Sprint massif, échappée qui va au bout, arrivée pour puncheurs, difficile de prévoir le scénario au départ de cette première étape. Quoi qu’il en soit, il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir la « réaction d’orgueil » dont parlait Yvon Ledanois après le prologue d’hier. Au bout de quelques kilomètres de course Brice Feillu passe à l’offensive, en compagnie de Nicolas Edet et Lawson Craddock. Après 160 kms à l’avant et trois grimpeurs passés en tête, Brice est repris mais s’offre la tunique bleue à pois blancs de meilleur grimpeur.

Brice Feillu : « Ce matin, quand je me suis lancé dans le boulot je me suis dit : “on ne sait jamais, ça peut passer”. Bien sûr, l’échappée avait peu de chances d’aller au bout mais il fallait la tenter. Je suis content d’avoir retrouvé ce cyclisme offensif, je préfère perdre une course en attaquant plutôt que d’attendre. On doit aller au charbon. Même si c’est la première journée, c’est toujours agréable de porter un maillot distinctif sur le Dauphiné. »

Sébastien Hinault – directeur sportif  : « On espérait une échappée un peu plus conséquente pour faire douter le peloton dans le final, mais ça reste plutôt une bonne journée. Brice portera un maillot distinctif demain et Warren évite les deux grosses chutes. Il a été retardé par la deuxième, mais il a réussi à rentrer. Ca veut dire que les jambes sont plutôt bonnes. L’équipe est soudée autour de lui, il faut continuer. Rester offensifs. »

6 600m pour lancer le Dauphiné

6600 mètres à parcourir, 8mins d’effort, c’était le prologue d’ouverture du Dauphiné !

Maxime Bouet : « Ce n’est pas l’épreuve qui me convient le mieux, je préfère les chronos plus long. Sur ce genre d’exercice, la préparation est très importante. Sur un prologue de 6,6kms il faut connaître le parcours par cœur, connaître les virages, savoir où il y a des trous. Dans le dernier kilomètre, je me suis fixé un chiffre à tenir sur mon compteur, je ne pensais plus à rien, juste à arracher les pédales. 6,6 kms d’effort, ça paraît peu comparé aux autres étapes, mais c’est tellement intense. À l’arrivée, il ne faut pas qu’il y ait un mètre de plus (rires).

Le prologue n’est pas notre force, demain, on attaque la première étape en mode guerrier ! »

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Forcement je suis déçu, je savais qu’on n’allait pas gagner mais on visait mieux. J’attends un réaction d’orgueil des coureurs, dès demain ! »