Yvon Ledanois : “Nos coureurs ont fait une belle étape !”

La septième étape du Critérium du Dauphiné, proposant quatre cols en 80 kilomètres, s’est déroulée dans des conditions dantesques. Gagnée par Poels (Team Ineos), elle a été marquée par la longue échappée de Kevin Ledanois et Jérémy Maison et par la prestation très rassurante de Warren Barguil. Le leader de l’équipe Arkéa-Samsic a retrouvé son moral !


Warren Barguil :  
“Je termine à 1’45”, je n’avais pas les meilleures sensations mais je n’étais pas arrêté ! J’ai pris une cassure à un moment où il y avait un vent de côté et j’étais un peu mal placé. Je lâche à ce moment puis je suis resté à 30 mètres du groupe de devant pendant un bon bout de temps. C’est dommage car monter cette pente en étant dans ce groupe aurait été plus simple…c’est comme ça. J’ai eu une grosse période d’inactivité, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on retrouve son meilleur niveau. Ça va revenir, aujourd’hui ce n’est pas mauvais !”


Kevin Ledanois : 
“Je suis content d’avoir réussi à prendre le bon coup et surtout d’avoir fait l’effort au bon moment. Le départ était toujours en prise, ça a bataillé mais j’ai produit mon effort en haut d’une petite bosse et c’est parti à ce moment là. Je n’ai pas fait d’effort inutile. Avec Jérémy, on a laissé les autres travailler dans l’échappée. On a monté le deuxième col à un rythme élevé car tout le monde voulait aborder la dernière montée avec un maximum d’avance. À mi-course, j’ai dit à Seb Hinault que j’étais déjà bien fatigué mais il m’a tout de suite rassuré. C’était ma première échappée en montagne à ce niveau. Jérémy connaissait l’avant dernière difficulté, il nous a dit que les quatre premiers kilomètres étaient les plus durs donc je me suis fait la peau sur cette partie. J’étais toujours à 5 ou 10 mètres des roues mais je n’ai rien lâché et je bascule à vingt secondes des quatre premiers. J’ai fait la dernière montée à mon rythme avec Rosskopf avant d’être repris par les favoris. Je voulais filer un dernier coup de main à Warren dans la montée finale, mais il était bien à l’abri. Je lui ai juste demandé s’il voulait quelque chose et j’ai fini à mon rythme. Dans le final, les conditions météorologiques étaient impressionnantes mais on a quand même fait 100 kilomètres au sec (rires). C’était comme si on était sous la douche sauf qu’à certains moments c’était de la grêle mais on savait à quoi s’attendre. J’étais bien occupé, je n’ai pas eu le temps d’avoir froid. Je suis satisfait de ma journée surtout que sur le papier ce n’est pas vraiment le parcours qui me correspond le mieux.”
Jérémy Maison : “J’avais repéré l’étape lors d’un stage, j’étais très motivé mais j’ai raté le bon coup. Je dois avouer que j’étais un peu frustré. Quand j’ai vu que ça ressortait derrière, je ne me suis pas posé de questions et j’y suis allé. On est rentré dans la descente du col de l’Epine. On s’est retrouvé à 25 à l’avant, ce n’est jamais facile à gérer surtout avec des costauds comme Woods et Lutsenko. Je savais que la descente du Granier était technique, mais je me suis fais plaisir et en bas j’avais 30 secondes d’avance sur le reste du groupe. J’ai un peu hésité, mais j’ai préféré ne pas insister. Au pied de Marcieu, je me sentais bien puis … la pluie et le froid… Je ne suis vraiment pas à l’aise sous ces conditions. J’ai été repris par le groupe de Warren, je suis resté avec lui jusqu’au pied de la dernière difficulté pour qu’il aborde la montée avec envie et motivation et aussi pour l’aider en enlever son k-way. Sous la pluie battante ce n’est pas si facile … Ensuite j’ai fini comme j’ai pu, c’était sauve-qui-peut. Je voulais quand même garder un bon rythme pour ne pas avoir froid. J’aurais pris plus de plaisir avec du ciel bleu jusqu’au bout mais ça fait partie du vélo. Je suis content de mon étape mais aussi d’être au chaud dans le bus (rires).”

Yvon Ledanois – directeur sportif : ” Warren Barguil termine à 1’30’’ des favoris du Tour de France et ce n’est pas mal. Avant de parler de lui, je dois dire que les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic ont fait une belle étape dans des conditions exécrables. Kevin Ledanois était très déçu vendredi de n’avoir pas pris la bonne échappée mais aujourd’hui, il y était. Après les cols de l’Epine et du Granier et dans une étape de haute voltige, il a franchi le sommet du col de Marcieu à 20 secondes de Lutsenko (Astana) et Woods (Education First-Drapac) alors en tête et il attaque encore au pied de l’ascension finale. Avec lui, Jérémy Maison a également fait une belle étape en étant dans cette échappée de 25 coureurs avant d’être vaincu par la pluie. Cela montre que nos coureurs peuvent prendre conscience de leurs qualités. Warren a été distancé d’un peloton de quinze coureurs à 10 kilomètres de l’arrivée mais il est longtemps resté à 15’’ de ce groupe en dépit des accélérations se produisant à l’avant et dans une montée exigeant de la puissance et qui ne lui était pas favorable. On peut simplement constater qu’il est bien mieux que l’an dernier à cette époque bien que revenant de très loin après ses deux chutes du printemps. Compte tenu de la troisième semaine du Tour qui sera terrible et nécessitera de la fraîcheur, c’est satisfaisant. Il a repris du moral. Pour nous, l’objectif numéro 1 était qu’il finisse le Critérium du Dauphiné dans une phase progressive, avec le sourire en voyant qu’il n’est pas loin des meilleurs et qu’il est en mesure de faire de belles choses en juillet. Il faut encore passer la dernière étape, on fera le bilan demain mais ce n’est pas mal ! “

“Rassuré” Warren Barguil – Dauphiné

La première des trois étapes de montagne du Critérium du Dauphiné était un test pour Warren Barguil. Le leader de l’équipe Arkéa-Samsic est satisfait de sa journée conclue dans le groupe des costauds à un peu moins de sept minutes des trois hommes échappés.

Warren Barguil :  “Je suis satisfait de mon étape. Bien sur ce n’est pas le scénario qu’on avait envisagé, on pensait qu’une dizaine de coureurs allaient se détacher avec un mec de chez nous, finalement ils sortent à trois sans possibilité de rentrer sur eux. Aujourd’hui, je me suis rassuré, surtout après ma contre performance au chrono. Je finis avec le groupe des favoris, ça revient petit à petit mais il y a encore deux grosses journées tests.”

Yvon Ledanois, directeur sportif :  “L’étape s‘est déroulée de bonne façon pour nous. J’avais demandé aux gars de prendre l’échappée, ils ont sauté dans les coups avant que De Marchi, Alaphilippe et Mühlberger prennent les devant, à la pédale, dans la première des huit ascensions. Quand tu vois le calibre des trois hommes de tête, c’est du haut niveau. De ce point de vue, nous n’avons pas de regrets. Au cours de l’étape, le peloton n’a pas roulé fort, il a fallu composer avec un gros changement de temps, passant de la pluie et une température de 10 degrés à une forte chaleur dans le final. La dernière montée sans qu’il n’y ait une attaque a été sélective. Warren Barguil a accompagné le premier groupe. A l’arrivée, il m’a dit être content, au sommet il n’y avait plus que vingt coureurs dans le groupe des costauds et c’est dans cette dernière montée, le col de Beaune, qu’il s‘est senti le mieux. Ce sont des efforts importants après 200 kilomètres de course. C’est bien que notre leader ait basculé devant. Demain, c’est la plus dure journée, l’étape reine pour le classement général et de nouveau un vrai test pour Warren.”

André Greipel : “Regarder devant”

Le résultat d’André Greipel à Riom (15e) n’est pas celui escompté mais le sprinteur de l’équipe Arkéa-Samsic a eu la satisfaction de voir le travail de toute son équipe au cours d’une étape très pluvieuse. Collectivement soudée et homogène, de Jérémy Maison à Florian Vachon, tous ses équipiers ont oeuvré pour le mettre dans les meilleures dispositions.

André Greipel : « L’équipe a fait un travail remarquable, ils étaient autour de moi toute la journée. Sur le vélo, il faisait très froid, c’était les mêmes conditions pour tout le monde mais ce n’était pas une journée facile. Ce n’est pas une excuse, on doit juste faire avec la météo, mais ce n’est pas ce que j’affectionne le plus. Dans le final, on a fait notre maximum, tout ensemble. Je cherchais la roue de Bennett. C’était une véritable bagarre, avec ses coéquipiers notamment, mais c’est le jeu du sprint, ça frottait dur. Je sais que je suis sur la bonne voie, les sensations sont meilleures. À la fin, je n’ai pas pu vraiment faire mon sprint, j’espérais faire quelque chose de bien, on regarde devant. »

 Jérémy Maison : “J’ai été perturbé en début de course. Un coureur a glissé devant moi…sans gravité mais j’ai mis un peu de temps à reprendre ma place. C’était prévu au briefing que j’aille rouler en tête de peloton pour préparer le sprint pour André. J’ai fait le boulot demandé et je me suis retrouvé à l’avant avec notamment Cesare Benedetti. Ce n’était pas une étape d’une extrême intensité mais la pluie l’a rendue dure. J’ai roulé toute la journée, et j’aime le faire, c’est une tâche qui m’avait déjà été confiée il y a deux ans sur le Dauphiné avec Arnaud Démare.”

Yvon Ledanois, directeur sportif :  « L’équipe Arkéa-Samsic a super bien travaillé tout au long de l’étape en dépit de la pluie et du froid. Vraiment, nous n’avons rien à reprocher à nos gars, ils ont collectivement répondu présent. Quand l’échappée de Berhane (Cofidis) et Pacher (Vital Concept) a été déclenchée, nous avons très rapidement réagi. Jérémy Maison a été le premier à aller rouler, un bon moment, avant Anthony Delaplace, Maxime Bouet et dans le final Kevin Ledanois et Florian Vachon tandis que Warren Barguil leur a donné un coup de main. Dommage, André Greipel est battu par plus fort sur le premier sprint du Critérium du Dauphiné et on n’a donc pas la satisfaction que nous étions venus chercher. Demain nous allons disputer un contre la montre individuel de 26 kilomètres. Warren va rouler avec sa nouvelle machine pour la première fois en course après l’avoir utilisée à l’entraînement. On sait bien qu’il ne va pas gagner le chrono mais il est important qu’il se juge par rapport à ses adversaires. Notre leader n’est pas à son maximum, contrairement à un Pinot ou à un Bardet, il est de 85 et 90% de sa condition. Une performance honorable de sa part sera intéressante dans l’optique du Tour et du contre la montre de Pau qui sera disputé à la moitié du mois de juillet. »

 

Yvon Ledanois : “Si tu n’es pas à 99,9% de ta forme, tu ne t’en sors pas”

La deuxième étape du Critérium du Dauphiné gagnée par Dylan Teuns (Bahrain-Merida) a proposé un combat exceptionnel en Auvergne ! Vaillant, Warren Barguil a cédé dans la dernière difficulté mais son objectif est surtout de préparer le Tour de France et finir l’épreuve en grande condition. La symbolique est la même pour André Greipel qui aura vraisemblablement l’occasion de disputer un sprint mardi à Riom.


Yvon Ledanois, directeur sportif :  « Ce n’était pas une étape de costauds mais une étape de super niveau World Tour. Si tu n’es pas à 99,9 % de ta condition, sur une journée comme ça, tu ne t’en sors pas. Aujourd’hui il y a quand un coureur de niveau mondial, Tom Dumoulin qui s’échappe, il est repris, puis lâché au kilomètre 120. D’entrée 30 coureurs ont été distancés, ça montre le niveau et les gars qui font les efforts le paient le lendemain. Dans le World Tour, si t’es pas au top en prenant le départ, tu n’as aucun rôle à jouer. Warren Barguil a eu des équipiers avec lui toute la journée sauf dans la dernière côte mais devant, ceux qui attaquent sont des vainqueurs du Tour en puissance. Notre leader est à sa place aujourd’hui, ce n’est pas une surprise, c’est même logique. Il ne faut surtout pas s’alarmer. Il vient de deux courses de Coupe de France et avant, du Tour de Catalogne. Il faut prendre du recul et ce sera intéressant de voir sa progression et de voir comment il va sortir du Critérium du Dauphiné. Aucun sprinteur n’a passé une bonne journée aujourd’hui. André Greipel a été vaillant, il s’est battu dans une étape difficile. Il a la capacité de faire un beau sprint demain. C’est un objectif pour lui et pour nous. »

Warren Barguil : “Content de retrouver le World Tour” Dauphiné 1

La première étape du Critérium du Dauphiné gagnée par Boasson Hagen (Dimension Data) était casse-pattes et d’un haut niveau. Warren Barguil, heureux de se mesurer de nouveau en World Tour, a parfaitement passé le test. Même s’il mesure le travail restant à accomplir, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic est satisfait.

Warren Barguil : « C’est dur le vélo (rires). Aujourd’hui, je retrouvais le Word Tour, deux mois après ma chute au Tour de Catalogne. Je suis content de terminer dans le premier groupe, mais je mesure aussi le travail qu’il me reste à faire. Forcement, j’avais hâte d’être sur le Dauphiné, de me confronter aux meilleurs. La route est longue, mais la forme est ascendante. »

Florian Vachon : « Forcément pour les sprinteurs il n’y aura pas beaucoup d’ouvertures. Pour André, l’objectif est d’aborder les étapes plates avec le maximum de fraicheur. D’ici là, il doit s’économiser les jours, comme aujourd’hui, où il n’a rien à jouer. Cette semaine, je suis là pour André, je dois le protéger, dans les bosses comme à l’approche d’un sprint. Il faut créer quelque chose, mettre des automatismes en place. Travailler pour un leader, c’est le rôle que j’ai à chaque course, peu importe qui je dois protéger. On communique en franglais, mais dans l’action les mots sont assez simples. »

Yvon Ledanois, directeur sportif : «  L’étape a été limpide. Après quinze kilomètres de bagarre, six coureurs se sont échappés avant les premières rampes du Puy Mary, la principale difficulté de la journée. Le derniers rescapés, Naesen (ag2r-La Mondiale) et Cort Nielen (Astana) ont été repris à 600 mètres de la ligne d’arrivée par le premier peloton fort de 50 coureurs. La dernière heure a été de très grand niveau. A 20 kilomètres de l’arrivée, la côte de Roquenatou a été montée au sprint sous l’impulsion de l’équipe Deceuninck-Quick Step. Au sommet, il y avait 15 coureurs, précédant de quelques mètres le groupe de Warren Barguil qui est très rapidement revenu à l’avant. A l’arrivée, Boasson Hagen (Dimenion Data) a été le plus rapide et le résultat est conforme à nos prévisions et à nos plans même si j’aurais aimé avoir un ou deux équipiers avec notre leader mais, je le répète, le final a été de très haut niveau. L’objectif est atteint pour Warren, tandis qu’on avait demandé à André Greipel de ne pas taper dedans. Cette étape est importante psychologiquement pour Warren après un bon week-end de reprise en Bretagne. »