Tour de France #5 – Que des costauds

Pour cette première étape de montagne, l’échappée était désirée. Pierre-Luc Périchon saisit le bon wagon aux côtés de De Gendt, Gilbert, Voeckler, Delage, V. Baarle, B.hagen et Bakelants. Rapidement, le peloton contrôle et garde les fuyards sous la barre des 3 minutes. Malgré leurs efforts, les huit hommes de tête sont repris par le peloton dans l’ascension finale.  Fabio Aru s’impose au sommet de la Planche des Belles-Filles, Christofer Froome endosse le maillot jaune.

Pierre-Luc Périchon :
« Je pensais à cette étape depuis le début du Tour. Au début, on a roulé très fort, mais on n’arrivait pas à creuser avec le peloton. Au bout de 15 kilomètres, on s’est demandé si ça valait le coup de continuer, j’étais déjà à bloc et certains ont répondu « on ne roule pas vite là », j’ai compris que j’allais passer une longue journée (rires).  Les vingt minutes suivantes, j’ai vraiment eu mal aux jambes mais sur la seconde partie d’étape ça allait beaucoup mieux. Je ne saurais pas dire si c’est parce que j’avais récupéré ou si lus autres avaient baissé de régime. Philippe Gilbert a attaqué, je n’ai pas réussi à faire l’effort tout de suite pour suivre. Au pied de la planche des belles filles, j’ai essayé de rentrer sur Gilbert, c’était ma dernière cartouche et le peloton m’a repris. Pendant l’échappée, j’ai réalisé que j’avais autour de moi 5 anciens vainqueurs d’étape du Tour et 3 porteurs du maillot jaune, j’étais entouré de costauds. Je n’ai pas de regrets, c’était une journée difficile, mais une fois la ligne passée on ne garde que les bons souvenirs.»

Brice Feillu :
« Je pense que tous les grimpeurs attendaient avec impatience cette première étape de montagne. Il y avait énormément de monde au sommet, même si je participe à mon septième Tour de France ces moments sont magiques. Sur le vélo, je pensais être un peu mieux mais le Tour est encore long et j’espère monter en puissance. Pour la première fois, mes parents suivent le Tour sur quelques étapes, ça donne le sourire de voir un visage familier à l’arrivée. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Sur le papier, l’échappée d’aujourd’hui était plus intéressante que celle d’hier. On a vu, d’entrée de jeu, que BMC ne laisserait aucune marge de manœuvre. Nous n’y avons pas vraiment cru même si c’était une échappée royale, avec de très grands coureurs. Il aurait fallu au moins 2 minutes au pied de la bosse. On ne veut pas avoir de regrets. Pierre-Luc fait une belle étape. On va probablement avoir deux arrivées au sprint les prochains jours puis un gros week-end. C’est une première semaine très intense. »

Le billet de Marc Fayet #5 – Au féminin

Pourquoi le cacher, le cyclisme a toujours été un univers très masculin et pendant longtemps les seules femmes que l’on pouvait admirer étaient les hôtesses du podium devenues des déesses inaccessibles pour toute cette caravane d’hommes partis pour trois semaines de labeur et d’extase mêlés. Autres splendeurs difficiles d’accès, mais franchissable, étaient les sommets à gravir appelés l’Izoard, Le Tourmalet, Le Galibier, le Col de Menté, viriles ascensions comme on le voit, à l’identité masculine s’il en est. Et puis un jour apparu La planche des belles filles ! Son arrivée officialisait enfin cette volonté affichée de toute la société de laisser enfin la place aux femmes. On imagine à quel point les hommes en restèrent bouche bée, découvrant  ses cambrures remarquables et ses courbes si bien dessinées offertes sur 5kms et 900 mètres de préliminaires avant d’accéder à ses côtés. Elle s’imposait intimidante, presque inabordable n’ayant jamais laissé aucun prétendant cycliste venir prendre sa virginité jusqu’à ce 8 Juillet 2012 où, fécondée par le dieu ASO, elle accoucha du Christ devant toutes les caméras du monde entier, un Christ né au Kenya qui devint depuis ce jour le messie cathodique tant attendu du mois de Juillet. La beauté de cette planche de salut, rétablissait l’âme féminine au centre des débats cyclistes, ouvrait enfin la porte à toutes les futures prétendantes qui peu  à peu égrèneront le tracé. Prochainement ce sont « Les Rousses » qui démontreront, à ceux qui tendraient à l’oublier, que la force des femmes c’est parfois de décider du sort des hommes. Elles connaissent leur pouvoir d’attraction sur les mangeurs de bitume venant les uns après les autres,  caresser ses flancs  de leurs toniques pédalées.  Aujourd’hui tout le monde était à la planche et c’est Aru qui présenta la sienne en premier. Fabio embrassa les belles filles, puis les jolies hôtesses l’embrassèrent en retour avant que toutes les filles de la zone mixte ne lui fassent de l’œil. PLP lui était parti en éclaireur avec une solide compagnie, il s’en fichait des belles filles, il voulait simplement voir les jolies femmes sur le bord des routes et c’est par milliers qu’il reçut leurs baisers.

Tour de France #4 – Garder le moral et continuer d’essayer

C’est en solitaire que Guillaume van Keirsbulck a parcouru plus de 180 kilomètres à l’avant. Le peloton laisse filer et lui laisse jusqu’à 13 minutes d’avance. Ce n’est qu’à 20 kilomètres de l’arrivée que les équipes de sprinteurs mettent en route pour rattraper le fuyard. Mais une double chute, dans le dernier kilomètre, perturbe le sprint, Dan McLay ne peut pas produire son effort. Le champion de France Arnaud Démare s’impose à Vittel, Peter Sagan est disqualifié du Tour de France suite à son comportement dans le final de l’étape.

Dan McLay :
« Je suis déçu de n’avoir pas pu disputer le sprint. Après la chute, il y a eu des petites cassures, quand c’est le dernier kilomètre, c’est mission impossible de remonter. Je me sens bien sur le vélo. Il reste des opportunités alors je garde le moral et je continue d’essayer. Demain, ce n’est pas pour moi (rires) mais ce n’est pas la pire étape de montagne. Il y a deux ascensions dans le final, ça ne devrait pas être « trop » stressant pour les délais. »

Maxime Bouet :
« La journée a été un peu fade, il n’y a pas eu de guerre pour l’échappée. Avec Dan qui peut faire de belles performances au sprint, on a préféré rester autour de lui. On a bien travaillé pour Dan, on était placés à l’avant du peloton dans le final, on est toujours resté autour de lui. Même si ça n’a pas fonctionné aujourd’hui, je pense que ça peut le mettre en confiance pour la suite. C’est dommage qu’il se retrouve gêné par la chute. Il était motivé, concentré sur son objectif toute la journée, c’est frustrant pour un sprinteur de ne pas pouvoir y aller. Il aura d’autres occasions. Personnellement, je me sens bien, j’attends avec impatience les étapes un peu plus dures. »

Le billet de Marc Fayet #1 – Délivrance

Aujourd’hui tout a débuté par un « Top »… Et le premier « Top » était adressé à Elie, puisque c’était son anniversaire. On lui a dit « Top » comme si on lui avait dit « Fais comme tu veux ! » et il a fait comme il a pu, comme il a plu. Connaissez-vous un métier où au lieu de vous demander de rester on exige que vous dégagiez le plus rapidement possible ? Et ils se sont tous carapatés après lui, les uns après les autres pour faire un petit tour dans la ville, histoire de montrer de quel braquet ils se chauffent. Pas de limite de vitesse, bien au contraire on leur a demandé de rouler le plus rapidement possible et surtout -c’était un ordre- de griller tous les feux qui se trouveraient sur leur chemin. On leur a instamment sommés de ne respecter aucune priorité et tant qu’à faire, s’il y avait un sens interdit, de le prendre avec autorité et de préférence en restant au milieu de la chaussée. Gare à celui qui ne respecterait pas cette directive ! Il risquerait de se voir refoulé dans les profondeurs du classement et peut-être même mis hors course. Et tout ceci à Dusseldorf en Westphalie qui n’est pas connue pour être la région la moins rigoureuse en respect des lois. Le Tour fait ce qu’il veut mais on ne fait pas ce qu’on veut du Tour et même si les règles sont inversées, il faut les respecter. Maintenant que le pli est pris, ce sera chaque jour qu’il faudra tenter de dépasser les limites, que ce soit en Allemagne en Belgique ou en France, sur le plat, dans les cols et sur leurs descentes, à fond tout le temps et puis même si on dit que ce tour est ouvert, il est aussi au vert et il faudra se mettre dans le rouge le plus souvent en espérant ne pas perdre le jaune des yeux.

Le billet de Marc Fayet #2 – Le sens de la marche

Il n’y a rien de plus facile à concevoir qu’une étape du tour de France. C’est de la géométrie. Le but c’est de partir d’un point A pour arriver à un point B, et pour cela il suffit de suivre les flèches. La flèche comme la musique est un langage universel, tout le monde comprend ce que cela signifie et celui qui part de l’autre côté c’est vraiment qu’il a l’esprit de contradiction ou qu’il prépare une révolution. Dusseldorf hier par exemple a été point A et point B, un point c’est tout. Alors pour différencier ce point A de ce point B la solution était de définir un site de départ et un site d’arrivée. C’est de la logistique. Vous pourrez me contredire en m’affirmant que s’il y a un gars hier qui a pris le « Seat », c’était un « Seat » de leader et il se l’est gardé pour l’emporter au ciel, le Gallois qui a roulé comme une flèche… mais ce n’est pas la même flèche, ni le même site, ni la même situation. Pour faire court, même si aujourd’hui le site du point B se trouvait à 203 kilomètres du site du point A, l’essentiel était de relier la Westphalie à la Wallonie en dégageant un maximum de Watts c’est-à-dire respecter la règle des 3 W. Aujourd’hui c’est Pipiche qui s’y est collé mais à 20 bornes de l’arrivée il a dû mettre la flèche après avoir perdu les points pour les pois. Revenons à ces fameux 3 W et dont vous ignoriez le sens car vous n’êtes pas des flèches et qui apparaissent en tête de chaque site internet, elle sont tout simplement les abréviations de « Westphalie,Wallonie, Watts » tout simplement. WWW point. C’est de l’informatique. Maintenant que nous voici arrivé à Liège, vous vous sentez plus léger car de ce point B vous en savez désormais beaucoup plus que lorsque vous étiez au point A et ça c’est magnifique !

Le billet de Marc Fayet #3 – La séparation

Voici le temps des adieux. C’est presque religieusement que nous avons salué la Belgique après ce cours séjour. Le cyclisme qui quitte la Belgique c’est comme une crise de foi, car un coureur qui sort de Belgique c’est comme un abbé qui laisse sa paroisse, un sommelier qui quitte sa cave, un peu comme un cuisinier qui abandonne ses fourneaux. Mais ce sacrifice en vaut la peine car dès le kilomètres 77 on a offert Troisvierges au peloton. Je sais que pour certains qui en espèrent mille,  ce n’est pas beaucoup, mais ils ont su s’en contenter ces combattants qui n’attendent pas le paradis à moins que le Paradis ne se trouva sur terre aujourd’hui entre Verviers et Longwy, ce qui se conçoit pour qui espère une longue vie. Les coureurs sont un peu les missionnaires des temps modernes, les croisés du temps présents parcourant les routes d’Allemagne hier, comme celle du Luxembourg  aujourd’hui avant de retrouver le sol Français où ils viennent aujourd’hui célébrer le 3 juillet, date historique et anniversaire qui en 1905 annonçait la séparation de l’église et de l’état. Cette séparation c’est un peu ce que nos coureurs français vivent jour après jour, ils savent séparer l’église et leur état, qu’il soit état de forme ou de fatigue et les tintements des clochers seront là pour leur rappeler qu’ils sont des pauvres pécheurs tout simplement, des pédaleurs tout bêtement. Mais comme un dernier signe destiné à les ramener à de saintes pensées on leur a imposé d’effectuer une petite ascension spirituelle, juste quelques pourcentages pour tenter de s’approcher du ciel par la côte des religieuses celle qui désigna le messie du jour, un messie venu de Slovénie et qui depuis son arrivée se présente comme le sauveur du cyclisme mondial. L’homme providentiel, celui que tout le monde attendait un peu comme l’autre qui déclencha tout le reste.  Je ne sais si ce prophète a une religion autre que celle du vélo mais on peut être athée, agnostique, mystique ou tout simplement acrobatique, il y a toujours un lien avec ce là-haut où le portique  attend les coureurs chaque soir. Et même s’ils sont morts à l’arrivée, voilà qu’un nouveau départ leur sera proposé le lendemain. Oui, le  Tour est un miracle permanent et les couleurs de Fortunéo Oscaro renaîtront encore comme chaque jour.  Romain merci pour la Hardiesse et PLP merci Pour Le Plaisir.

TDF #3 Un c’est bien, deux c’est mieux !

Comme Laurent Pichon, hier, Romain Hardy avait des fourmis dans les jambes sur cette troisième étape et les points des grimpeurs en tête. Le breton passe à coté du maillot à pois mais pas de son étape. Après plus de 150 kilomètres d’échappée, les 6 hommes de tête voient revenir trois coureurs dont Pierre-Luc Périchon. Romain Hardy roule pour donner de l’impulsion aux nouveaux fuyards, il est le dernier rescapé de l’échappée matinale. Mais les tentatives étaient vaines aujourd’hui, sur ce genre d’arrivée il y a 192 coureurs à se faire la guerre mais au final, c’est le champion du monde, Peter Sagan, qui gagne.

Romain Hardy :
« Une échappée sur le Tour de France est incomparable aux autres journées que l’on passe sur le vélo. C’était ma première et je m’en souviendrai. Depuis que je fais du vélo j’y pense. On a reçu beaucoup d’encouragements, je ne pourrai même pas décrire l’ambiance au bord de la route. Mais, ce n’était pas qu’une partie de plaisir, il y avait plus de 200kms et beaucoup de vent. L’objectif était le maillot à pois, aujourd’hui je n’étais pas assez fort pour aller le chercher. J’étais entouré de très bons coureurs, enfin… dans toutes les échappées sur le Tour il y en aura (rires). Au bout de 130 kilomètres on n’avait plus d’énergie, on savait que notre échappée était vouée à l’échec. Quand j’ai vu que PLP revenait, j’en ai gardé un peu pour l’aider le plus possible. Je sais qu’il marche bien en ce moment, j’ai donné tout ce que j’avais pour lui, c’était mon challenge de fin d’étape. »

Pierre-Luc Périchon :
« Je suis un peu déçu de ne pas avoir pris l’échappée matinale mais je me suis consolé dans le final. On est assez vite revenus sur les échappés mais on sentait le décalage entre nous. On a essayé de se réorganiser mais on s’est vite retrouvés à quatre. Lorsque Calmejane a attaqué dans l’avant-dernier grimpeur, je me suis dit que j’allais pouvoir le contrôler et rentrer plus tard… mais j’ai compris que j’allais laisser trop d’énergie, je voyais déjà le peloton revenir donc je me suis relevé. Je regrette un peu que Romain n’ait pas eu la combativité mais on est seulement au deuxième jour, il nous reste encore beaucoup d’occasions de briller. On a tenté des choses aujourd’hui, mon objectif était de relancer la course. Comme dit Seb Hinault : pour gagner une course il faut prendre le risque de la perdre. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Ce matin, l’objectif était le maillot à pois. Le peloton n’a pas laissé plus de 2 minutes aux échappés, c’est frustrant, surtout qu’on avait Romain et Pierre-Luc à l’avant. Calmejane a voulu faire cavalier seul dans le final, c’est dommage, ils auraient pu aller plus loin avec Pierre-Luc. Dans tous les cas, on tente, on essaye de ne pas avoir de regrets car le jour où une échappée ira au bout on ne veut pas s’en mordre les doigts. On aurait aimé un prix de la combativité pour Romain mais c’est compréhensible qu’il soit revenu à Calmejane. L’essentiel est de garder cet esprit combatif, ça finira par payer. »

Tour de France – Etape 2

La première étape du Tour de France était promise aux sprinteurs mais Laurent Pichon n’a plus de temps à perdre avec la Grande Boucle et attaque dès le kilomètre zéro. L’échappée du jour, composée de 4 coureurs, n’aura pas plus de 3 minutes d’avance sur le peloton. Deux fois deuxième en haut des grimpeurs, Laurent laisse passer la tunique blanche à pois rouge mais peu importe il a découvert le Tour d’une belle manière ! Phinney et Offredo tentent un dernier rallye, ils sont repris sous la flamme rouge. L’allemand Kittel s’impose devant Arnaud Démare. Dan McLay était bien présent parmi les meilleurs sprinteurs du monde, il est 14ème.

Laurent Pichon :
“Je fais du vélo depuis 15ans pour vivre ce genre de moment. J’ai tellement attendu d’être au départ du Tour de France que j’ai décidé d’attaquer au kilomètre zéro (rires). L’équipe voulait placer un coureur dans l’échappée avec l’objectif du maillot à pois. C’était aussi mon objectif. J’ai pris la roue de Thomas Boudat pour le premier grimpeur, j’avais hésité avec celle de Phinney, dans tous les cas les deux étaient très forts. Revenir sans le maillot à pois est la petite déception du jour. Le peloton ne nous a laissé aucune marge, mais j’en ai pris plein les yeux. Les conditions étaient difficiles, la pluie, le vent de face, nous avons fait une bonne partie de manivelle, mais ce soir je suis cassé ! Mais, je ne regrette rien, c’était magique ! ”

Dan McLay :
” Ce n’est pas mon meilleur sprint, j’ai eu des crampes dans le final, mais les automatismes sont là et j’espère trouver l’ouverture pour les prochains sprints. Florian et Maxime ont roulé pour me remonter et me garder à l’avant du peloton. Ils ont fait un gros travail. Je pense pouvoir faire beaucoup mieux et j’espère que je pourrai le montrer très rapidement. Demain, l’arrivée n’est pas pour moi, mais mardi… C’est la première « vraie » étape. Il y avait énormément de monde et de bruit sur tous le parcours. Sans cette ambiance, ce ne serait pas le Tour de France.  “

Tour de France – Prologue

Le prologue de ce 104ème Tour de France était lourd de sens pour Elie Gesbert, benjamin de la compétition. Il y a 22 ans, à Saint Brieuc, Jacky Durand remportait le chrono du Tour, au même moment, Elie Gesbert pointait le bout de son nez à lquelques kilomètres de là, à la maternité… et comme si il n’y avait pas assez de signaux aujourd’hui, Elie fut le premier à s’élancer de la rampe et à rallier l’arrivée, le propulsant virtuel maillot jaune… pour quelques minutes !

Elie Gesbert :
” C’était un anniversaire pas comme les autres. Quand j’ai pris le départ toute la foule s’est mise à chanter “Joyeux anniversaire”, je ne m’y attendais pas, ça a fait redescendre la pression avant le départ. Ce n’est qu’une fois que j’ai commencé à pédaler que je me suis rendu compte que le Tour de France commençait et que j’en faisais partie. Sentir l’engouement de la foule autour de soi donne des fourmis dans les jambes et motive vraiment. Je n’ai pas trop forcé dans les virages, avec la pluie je ne voulais pas risquer de me blesser. Je me demande comment mon corps va réagir à l’enchaînement des longues étapes, surtout si les conditions climatiques sont similaires à aujourd’hui, l’organisme travaille davantage et la récupération est plus difficile. Je suis content d’être le plus jeune coureur du Tour mais je ne me mets pas de pression particulière, je suis un coureur comme les autres. ”

Pierre-Luc Périchon :
” Une fois que tu es parti, tu es porté par le public et tu te donnes à fond. C’est étonnant mais ça fait plaisir de souffrir quand on sent l’enthousiasme de la foule. Dans la première ligne droite, j’ai profité, on en prend plein les yeux, plein les oreilles. C’est un honneur de participer à cette course et ça pousse à se dépasser. Je suis satisfait de mon chrono, sans prendre trop de risque j’ai réussi à faire un bon temps, je me dis que la forme est là. Maintenant, je vais me concentrer sur la suite, j’ai envie de faire de belles performances sur les étapes, cela passera par des échappées. “

Nouveau nom, nouveau maillot pour la Team Fortuneo Oscaro

A compter du 1er juillet et du Grand Départ du Tour de France donné cette année depuis Düsseldorf, notre équipe deviendra la Team Fortuneo-Oscaro.

Le partenariat entre Oscaro et l’équipe cycliste a été initié au début de la saison 2016 et n’a depuis cessé de croitre. Ambitieuse et passionnée, l’équipe Fortuneo – Oscaro fait confiance aux jeunes talents et revendique une identité régionale forte ; autant de raisons qui ont rendu évidente l’approfondissement de ce partenariat.

Pour Pierre-Noël Luiggi, Président Directeur Général d’Oscaro.com ce partenariat « consacre notre association avec cette équipe cycliste en pleine ascension, et qui porte des valeurs qui nous sont chères. Cela permettra également à Oscaro de renforcer sa présence au Benelux, en Espagne, au Portugal et aux Etats-Unis dont les habitants sont passionnés de cyclisme”.

Notre Manager Général, Emmanuel Hubert, se dit “très heureux de poursuivre l’aventure avec la société Oscaro” en évoquant lui aussi des valeurs communes. “Pierre-Noël Luiggi est un amoureux de la communication à travers le sport, à nous de lui donner le maximum de visibilité. Le Team Fortuneo-Oscaro sera fier de porter les couleurs de deux grands partenaires sur le Tour de France.”

DE TOUS LES COMBATS SUR LES CHAMPIONNATS DE FRANCE

PLP :

Notre formation aura tout tenté sur ces championnats de France. Par Arnaud Gérard, d’abord, qui se retrouve dans la bonne échappée du jour. À 80 kilomètres de l’arrivée, Florian Vachon, dans le contre, rentre sur son coéquipier, il est imité par Elie Gesbert 20 kilomètres plus tard. Dans le dernier tour quatre coureurs se détachent, on y retrouve Florian Vachon. Malgré leurs efforts, ils sont repris à 6 kilomètres de l’arrivée. Ce sera un sprint réduit mais les deux favoris sont bien présents. Arnaud Démare s’impose devant Nacer Bouhanni, Pierre-Luc Périchon échoue au pied du podium. Dommage, la course était quasiment parfaite…

Pierre-Luc Périchon (4ème) :
« Je suis partagé entre joie et déception. Je suis très satisfait de cette quatrième place mais le podium était accessible. Pour moi, pour l’équipe, une médaille aux championnats de France c’est toujours bon à prendre. On a fait un travail collectif irréprochable. On a été de tous les combats. On avait quelqu’un dans l’échappée, quelqu’un dans le contre, avec Laurent on a essayé de relancer dans la dernière bosse. On était l’équipe la plus offensive de la course. J’ai manqué de confiance en moi pour le sprint. Je suis partie d’un peu trop loin. Monter sur la troisième marche du podium était à notre portée, mais je ne peux pas me plaindre, ce matin j’aurai signé pour. Je souligne le gros travail collectif de l’équipe, tout le monde était impliqué. Chacun a respecté le briefing. On a fait la course qu’on avait à faire on n’a rien à se reprocher, j’aurais aimé concrétiser pour l’équipe. »

Kévin Ledanois (6ème) :
« Arnaud Démare et Nacer Bouhanni étaient intouchables aujourd’hui mais il y avait la place de monter sur la troisième marche. Pierre-Luc était fort. Dans le final, on était placés avec Pierre-Luc et Laurent, mais on a manqué de repères pour bien mener ça. Depuis ma reprise, je progresse à chaque course, je viens prendre une sixième place, on m’aurait dit ça il y a deux mois je ne l’aurais pas forcément cru. »

Arnaud Gérard :
«  J’ai passé une belle journée à l’avant, c’était le bon plan (rires) en plus j’étais dans une bonne journée ! J’étais quand même content de voir Flo revenir sur moi puis Elie. A deux tours de l’arrivée, on était encore tous les trois dans un groupe de 13, c’était intéressant. Je savais que ça allait être compliqué pour moi d’aller au bout. Je me suis mis à bloc pour eux. Personnellement, je suis content de mes sensations et de ma course. On était là dans le final, on était bien placés, c’est dommage de passer à coté du podium.  »

 Florian Vachon :
« J’étais agréablement surpris de mes sensations et j’en ai profité pour attaquer. Si on voulait se donner une chance, il fallait faire une course de mouvement et fatiguer les équipes de sprinteurs. À deux tours de l’arrivée, on était encore 13, je me suis dit qu’on avait une petite chance d’aller au bout. On a eu le mérite d’essayer, on n’a pas de regrets à avoir. PLP n’était pas loin d’accrocher le podium, ça aurait conclu la journée d’une très belle manière. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Il y a une part de déception vis-à-vis des efforts fournis mais je suis très fier de l’équipe et de ce qu’elle a fait aujourd’hui. On avait établi un plan offensif et on l’a respecté. L’équipe était forte et les supporteurs ont apprécié le spectacle. Mais face à nous, il y avait une FDJ soudée, plus nombreuse que nous et difficile à maitriser. Bravo à eux. Je pense qu’on méritait la troisième place, on se console avec la médaille en chocolat (rires). On n’a pas gagné mais on savait depuis le début que ça allait être compliqué. J’aurai aimé voir Maxime Daniel dans le final. On a pris des risques, c’est un bon état d’esprit et c’est bon signe pour le Tour. Comme je le dis aux coureurs, si on ne tente rien on ne peut pas s’attendre à des résultats, ça va payer. »

CHAMPIONNATS DE FRANCE EN LIGNE – LE MOT DES COUREURS

Laurent Pichon

Après 16 tours de circuit, 248 kms parcourus, l’un des 154 coureurs du peloton lèvera les bras et aura le privilège de porter la tunique bleu, blanc, rouge durant une saison. Sans difficulté majeure, les sprinteurs semblent avantagés par le profil. Nos 16 coureurs français s‘élanceront dimanche avec le même but : que l’un d’entre eux franchisse la ligne en premier ! Seul Anthony Delaplace ne prendra pas le départ du championnat de France. Le normand s’était cassé la clavicule aux Boucles de l’Aulne.

Pierre-Luc Périchon :
« L’an dernier, j’avais pris beaucoup de plaisir aux championnats de France, j’avais terminé 6ème. Je vais essayer de faire encore mieux cette année, si tous les ans je grappille une place, ça devrait bien se finir (rires). C’est particulier un championnat, la veille, tous les coureurs font le même rêve : enfiler le maillot bleu, blanc, rouge.Tout est possible, mais il faudra courir juste. Même si c’est un championnat, nous ferons une course d’équipe, on attendra les consignes au briefing. »

Maxime Bouet :
« Sur le papier, les sprinteurs sont favoris dimanche. Si ça arrive avec un petit groupe, nous avons des cartes à jouer. Il faudra être offensifs dès le kilomètre zéro, pour faire travailler les équipes de sprinteurs et essayer de les piéger. Dans un championnat, le mental est très important, il faut être positif et confiant. »

Brice Feillu :
« Il n’y a pas beaucoup de relief, mais le circuit s’annonce usant et piégeux. Ces derniers temps, plusieurs échappées ont réussi à faire plier le peloton, ça peut donner des idées. »

Florian Vachon :
« Chacun y va de son petit commentaire sur le circuit. On peut faire bouger les choses, il faudra se servir des faits de courses. Toute l’équipe est motivée pour faire une belle prestation. »

Arnaud Gérard :
« La FDJ et Cofidis vont essayer de cadenasser la course pour favoriser une arrivée au sprint. Mais avec la chaleur et le vent il faut se méfier, et ne pas oublier que ce sont les coureurs qui font la course. Il faudra être opportuniste et ne pas hésiter à prendre la première échappée. Il faut y croire. »

Maxime Daniel :
« J’ai enchaîné plusieurs bons sprints ces derniers temps, c’est encourageant. L’objectif est de faire mieux qu’en 2014 où j’avais pris la cinquième place. »

Francis Mourey :
« Un championnat est une course unique avec une ambiance si particulière. Quand, on reçoit le maillot sur le podium et qu’on écoute la marseillaise, c’est une émotion intense. J’ai eu la chance de la connaître à neuf reprises en cyclo cross. On se prépare comme une course normale mais le jour J tout change. »

Kevin Ledanois :
« J’aborde l’épreuve confiant, j’ai retrouvé de bonnes sensations sur la Route du Sud. Dimanche, le circuit sera usant, on peut avoir des surprises. Il faudra être fort dans la tête. »

Arnold Jeannesson :
« En ce moment, je n’arrive à rien. La forme n’est pas là et je n’arrive pas à savoir pourquoi. Ça fait un mois et demi que je n’ai pas de bonnes sensations à l’entraînement et je ne parle même pas de la compétition. Pourtant la motivation est présente… Je vais aller aux France pour l’équipe. »

Laurent Pichon :
« J’ai envie de faire déjouer le sprint « tant attendu ». Le championnat de France est la course à gagner dans l’année : la fierté d’être le premier de son pays et d’avoir l’honneur de porter, pendant un an, les couleurs bleu, blanc, rouge. Ça fait rêver, c’est forcément difficile et très disputé mais il faut y croire. »

Franck Bonnamour :
« J’ai fait une bonne préparation, j’ai couru mercredi à Halle, j’espère retrouver du jus pour dimanche. C’est difficile de décrire ce que peut représenter le titre de champion de France… c’est le dimanche le plus important de l’année. »

Benoit Jarrier :
« Les sensations sont bonnes. A priori, le parcours n’est pas difficile mais le vent pourrait changer la donne. J’espère pouvoir tenter des choses, sinon je me mettrai au service de l’équipe. »

Erwann Corbel :
« Sur un championnat, tout est possible, ça sera mon troisième chez les professionnels et je compte en profiter. L’ambiance est toujours au rendez-vous. Nous avons hâte d’y être. »
Armindo Fonseca :
« J’ai des douleurs au niveau du sacro-iliaque. Je ne suis pas dans la meilleure forme physique pour me rendre aux France mais, un championnat national ne se refuse pas. Je serai bien présent. »

Romain Hardy :
« Je reviens en forme après mes soucis de santé, la jambe tourne bien. Comme tous les championnats on sait que ça va rouler très vite. Même s’il peut y avoir des faits de courses, c’est toujours un homme fort qui gagne. »

Elie Gesbert :
« Il y a un peu d’appréhension avant mon premier championnat de France professionnel, mais ça me rappelle aussi de bons souvenirs, mon titre chez les juniors était déjà une grande émotion, je n’imagine pas ce que c’est chez les Elites, mais dimanche le profil ne m’est pas favorable (rires). »

LA PREMIÈRE D’ELIE GESBERT

Pas récompensé de ses efforts depuis le début du Tour de Bretagne, Elie Gesbert avait coché cette sixième étape. À 22 kilomètres de l’arrivée, le breton sort du peloton en compagnie de trois coureurs, il les dépose quelques kilomètres plus loin et rentre seul sur le trio de tête. Il attaque une nouvelle fois à sept kilomètres de l’arrivée, ses poursuivants ne le reverront pas, Elie s’impose en solitaire sur l’étape reine du Tour de Bretagne.

Elie Gesbert (vainqueur) : « Depuis le début du Tour de Bretagne, je suis dans le coup quasiment à chaque fois. C’est frustrant parce qu’avec ma fringale sur la deuxième étape je me suis tiré une balle dans le pied pour le général. J’étais animé par un sentiment de revanche, et je suis très content de pouvoir offrir cette victoire à notre formation. Ça récompense le travail de toute l’équipe. A l’arrivée, staff et coureurs étaient vraiment heureux pour moi.

C’était une étape dure. Le profil me convenait. Par contre, je ne suis pas un adepte du mauvais temps. On a pris la pluie quasiment toute la journée, il fallait bien se couvrir mais pas non plus étouffer (rires). C’était une longue et dure journée, je pense que ça rend la victoire encore plus belle. Les jambes se sont débloquées petit à petit. Je voulais flinguer à trois tours mais j’ai chuté. Ça m’a particulièrement énervé de tomber comme ça. Je me suis dit « fais chi** je ne peux pas rester là dessus ». Je suis remonté sur le vélo et je suis rapidement rentré. J’ai accompagné un coup, mais on ne s’entendait pas donc j’ai décidé de rentrer seul sur l’échappée. Dans le dernier tour, je voulais attendre la dernière rampe de la bosse pour attaquer mais j’ai eu peur du retour du peloton. Il y a eu un petit moment de flottement dans notre groupe, j’en ai mis une pour tester et j’ai vu que personne ne suivait, j’ai insisté et j’ai fait le trou. J’avais déjà gagné sur une classe 2 mais c’est la première fois avec le maillot de l’équipe. Je m’en souviendrai un moment. Quand on est breton, gagner en Bretagne, en portant le maillot d’une équipe bretonne, c’est vraiment quelque chose. Je n’ai pas pris le temps de savourer les encouragements car derrière ils n’étaient pas très loin mais j’entendais le public sur le bord de la route crier mon nom. Malgré la pluie, il y avait une belle ambiance. »

Brice Feillu : « Cette victoire d’Elie fait du bien à toute l’équipe. Nous étions attendus sur le Tour de Bretagne, et pour le moment on passait un peu à côté. On savait qu’Elie marchait bien. On était tous les deux dans le premier peloton avec une trentaine de coureurs. Quand Elie est rentré après sa chute, je suis allé le voir il m’a dit que tout allait bien. Certaines chutes peuvent énerver dans le sens positif du terme. Cela provoque une décharge d’adrénaline et on est surmotivé. Je crois que ça a été le cas pour Elie (rires) On avait prévu de placer une attaque à trois ou deux tours de l’arrivée. Si ça rentrait sur Elie, j’en aurais remis une. C’est une très belle victoire. Quand un coureur de chez nous gagne c’est toujours un plaisir et c’est encore plus vrai quand on est sur la course. »

Roger Tréhin – directeur sportif : « Il a vraiment bien manœuvré. Au briefing on était tous sur la même longueur d’onde, se battre pour la victoire d’étape. Nous étions la seule conti à ne pas avoir gagné, il fallait rectifier ça. C’est toujours facile à dire mais Elie l’a fait, avec la manière, malgré les conditions difficiles. Chapeau. »