Elie Gesbert et Warren Barguil ont fait la course en tête

L’équipe Arkéa-Samsic a été omniprésente tout au long de la quatorzième étape du Tour de France. Elie Gesbert, désigné le plus combattif du jour, a été échappé toute la journée et a vécu un très grand moment en abordant, seul, l’ascension du Tourmalet. Repris à 10 kilomètres de l’arrivée, il a vu son leader Warren Barguil attaquer dans le final avant de prendre une très belle neuvième place lui permettant de se rapprocher à grand pas du Top 10 au classement général.

Yvon Ledanois : « J’ai passé une bonne journée, le bilan est positif. Aujourd’hui, on n’a pas montré le maillot, on a fait la course en prenant nos responsabilités. Elie Gesbert sort la tête de l’eau, il a été au bagne pendant deux semaines et il en était malheureux mais il s’est rassuré dans le contre la montre. Je pense que ça l’a débloqué psychologiquement. Il était échappé tout seul dans le Tourmalet, ça procure beaucoup de belles choses pour lui. Pour Warren, c’était important aussi de savoir Elie devant en étant soutenu jusqu’au pied du Tourmalet par Amaël Moinard. Quand Warren a attaqué, tout le monde était à bloc, il a eu raison de le faire. Au vu de l’écart à l’arrivée, en prenant un peu plus de temps, 40 secondes, il aurait pu jouer un coup mais il n’est pas très loin du Warren Barguil de 2017. La dernière semaine va être bonne pour lui quand d’autres vont décliner. C’est bien qu’il ait bougé aujourd’hui, s’il ne bouge pas il finit peut être cinquième et à vingt secondes mais il sait maintenant qu’il a de super jambes. Ce soir, au classement général, il est treizième, pas loin du Top 10 mais qu’il reste concentré sur notre objectif de gagner une étape, le général viendra avec. »

Warren Barguil : “Dans le Tourmalet, il restait seulement Wout Poels (Team Ineos) pour faire le tempo. J’ai peut-être attaqué un peu tôt. Je me suis dit que c’était un faux tempo et que c’était bon pour moi, mais en fait non (il rigole). Après, c’est une belle étape, je finis neuvième. C’est bien pour Thibaut Pinot, on s‘est dit en cours de route qu’il devait aller la chercher… J’ai l’habitude de venir ici, dans le Tourmalet et c’est bien que je sois dans le final, je suis content de moi. Après un an et demi de galère, ça fait du bien. Je me sens au même niveau qu’en 2017 mais le niveau de ce Tour est plus élevé.”

Elie Gesbert : “J’avais très envie de tenter l’échappée aujourd’hui. Je suis sorti une première fois avec Nibali et Sagan, mais je ne me suis pas enflammé et j’ai attendu qu’un gros groupe ressorte. 17 coureurs à l’avant, ça commençait à être interessant, mais l’équipe Groupama-FDJ a très vite contrôlé. Ils ne nous ont jamais laissés plus de 3 minutes. Le premier col est arrivé assez vite, on s’est retrouvé à trois devant avec Wellens et Nibali, ils voulaient surtout se disputer les points du grimpeur. On est repris par les poursuivants au pied du Tourmalet. Sicard a porté une première attaque, je suis sorti derrière, je l’ai rattrapé et je suis parti seul. Pendant 5 kilomètres, j’ai profité de la foule et des encouragements, c’était incroyable et ça fait un bien fou au moral. À un moment, j’ai réalisé : « Je suis sur la Tour de France, dans une montée finale comme le Tourmalet et je suis seul en tête ». L’écart était faible au pied mais il faut toujours y croire sinon il ne faut pas prendre le départ. Depuis le début du Tour, je me fais un peu taper dessus, aujourd’hui j’ai retrouvé de bonnes sensations, c’est un vrai plaisir. “

Kévin Ledanois était dans la bonne échappée

Cette étape était destinée à une échappée. Avec deux cols se situant loin de l’arrivée et à la veille d’un contre la montre très important à Pau, les favoris ne se sont pas livrés. Kevin Ledanois a pris place dans une échappée de 38 coureurs sans pouvoir lutter dans la dernière ascension avec les grimpeurs, notamment Simon Yates (Mitchelton-Scott) vainqueur à Bagnères-de-Bigorre.

Kévin Ledanois : «  J’étais bien placé au départ pour prendre l’échappée, qui allait forcément être interessante. Ça a bataillé pendant 50 kilomètres pour sortir. J’étais content d’être à l’avant mais j’ai laissé beaucoup de cartouches pour la prendre. J’ai rapidement senti que je n’avais pas de super jambes, mais une fois à l’avant, sur le Tour, la tête reprend le dessus et on donne le maximum. Dans Peyresourde, j’étais bien au pied, un peu moins en haut, j’ai récupéré dans la descente, puis j’ai rendu les armes dans la dernière montée. À 5 kilomètres du sommet, je n’avais plus de jus, j’ai monté à mon rythme et j’ai déroulé dans la descente. Ma journée était finie, ça ne servait à rien de laisser de l’énergie pour aller chercher une vingt-cinquième place. J’ai été repris par les favoris à 4 kilomètres de l’arrivée. C’est toujours un plaisir d’intégrer des échappées en montagne, mais je suis déçu de ne pas avoir été dans une super journée. On a douze étapes dans les jambes, forcément ça pèse dans les moments clés. Même dans une super journée, ça aurait été difficile de jouer la gagne, mais avec ce final en descente je pouvais aller faire un résultat. Il nous reste dix jours pour bien faire. »

Warren Barguil, un Top 10 sur le plat !

Warren Barguil a des fourmis dans les jambes. Après avoir profité du travail de ses équipiers le replaçant dans le peloton après une chute qui l’avait contraint à mettre pied à terre à 35 kilomètres de l’arrivée, le champion de France a accompagné les sprinteurs dans les rues de Toulouse pour s’offrir un surprenant Top 10. Pas de doute, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic est en forme !

Warren Barguil : “À 35 kilomètres de l’arrivée ça tombe juste devant moi. J’arrive à m’arrêter, mais un coureur percute Anthony Delaplace qui me tombe un peu dessus… On est reparti le plus vite possible, mais quand le peloton roule à 45 km/h on prend rapidement du retard. Mes coéquipiers ont fait un super boulot pour me ramener dans le peloton, mais ils y ont laissé du jus en vue du sprint. Dans la dernière montée, j’ai dit à André Greipel de prendre ma roue, j’ai essayé de le placer du mieux possible, on était derrière les coureurs de Jumbo-Visma, mais il a été obligé de freiner dans le dernier virage. Dommage, je le sentais bien pour nous sortir un bon sprint. Moi je suis resté dans la file, je voulais rester concentré pour ne prendre aucun risque. Je ne suis pas allé frotter avec les sprinteurs. Il faut savoir rouler vite dans le vélo, travailler pour un sprinteur c’est quelque chose que j’aime faire. Demain, c’est un autre morceau, j’espère que j’aurai les mêmes jambes que la semaine dernière.”

André Greipel : «J’étais en bonne position, pas pour gagner, mais pour faire un bon sprint au moins. Mais j’ai été piégé par une chicane, j’ai dû freiner. Warren a fait du super job ! »

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Hier, nos coureurs ont fait une petite sortie dans la matinée en compagnie de leur manager Emmanuel Hubert avant de bien se reposer. La remise en route n’a pas posé de problème… Aujourd’hui, la seule alerte a concerné Warren Barguil, gêné par la chute fatale à Terpstra (Total-Direct Energie). Il figurait dans un troisième peloton mais ses équipiers ont fait un très gros effort pour le replacer. Il signe un top 10 même si on n’attend pas ça de lui. Un grimpeur qui va faire le sprint, c’est qu’il marche ! Demain, on arrive sur son terrain. Une échappée va se développer dans les 120 premiers kilomètres durant lesquels les coureurs seront en prise. Ce serait bien qu’un de nos coureurs y figurent. Ensuite on va escalader le col de Peyresourde qui fera mal si l’ascension est rapide. La descente déposera les coureurs au pied de la Hourquette d’Ancizans qui est dure (10 km à 8% de moyenne). Au sommet, il restera 30 kilomètres pour atteindre Bagnères-de-Bigorre. »

“Gagner une étape reste l’objectif” – TDF 10

Un coup de vent, à trente kilomètres de l’arrivée, a scindé le peloton en plusieurs groupes et a fait de nombreuses victimes, à l’image de Pinot (Groupama-FDJ), Fuglsang (Astana) ou Porte (Trek-Segafredo). Accompagné de Kevin Ledanois, Warren Barguil, qui apprécie les courses de bordures, a fini dans le premier groupe et accède à la dix-septième place du classement général.

Warren Barguil :  « C’était une journée difficile. Avant le dernier grimpeur on avait déjà bien roulé. J’étais toujours bien placé, les gars ont fait un bon boulot. À 40km de l’arrivée, on passe dans un village et je fais toujours très attention à la signalétique, je vois qu’on va prendre un rond point et qu’il faut tourner à droite. J’ai réussi à bien le prendre, et ça a mis en route juste après. Ceux qui sont passés à gauche ont perdu du temps. J’avais un gros braquet 55-11 au final ça m’a bien servi, ça roulait très vite. Ensuite, je me suis mis dans la roue de Julian pour éviter tous les pièges. On était bien en file, ça a dû ralentir un peu et je touche sa roue. Landa essayait de me remonter sur la gauche, je déchausse et je le touche sans faire exprès. Je perds mes deux pédales, lui malheureusement est arrêté dans l’herbe. Je me retrouve à 5 mètres du groupe, Kevin le voit tout de suite, il se met dernier et j’arrive à reprendre les roues. J’ai évité la chute miraculeusement. Ensuite, j’ai essayé de tenir au mieux le groupe. C’était une première semaine éprouvante. »

Kevin Ledanois :  « Je suis sur le Tour pour être placé avec mes leaders dans ces étapes-là. Ce n’est pas une victoire d’être à l’avant, mais je suis content d’avoir réussi à le faire aujourd’hui. Après la journée d’hier, j’avais peur de coincer dans le final, mais finalement ça n’allait pas trop mal. Quand le Team Ineos a accéléré avant la dernière côte, j’étais bien placé avec André, qui nous a dit de rester là et de ne surtout pas reculer. Ensuite on a pris le ron- point à droite avec Warren et on s’est retrouvé dans les 15 premiers. C’est à ce moment-là que ça s’est mis à visser. Je suis passé dans un trou de souris, je me suis retourné et j’ai vu Warren. Je n’ai pas vu les derniers kilomètres passer, j’étais concentré, je gardais un œil sur Warren, à chaque changement de direction, on remontait pour ne pas se faire piéger. C’était une journée très intense. »

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Pour nous, c’est  une bonne journée. Warren Barguil est entré dans le Top 20 du Tour et si on m’avait dit qu’il le ferait avant d’entrer dans la montagne, j’aurais eu du mal à le croire. Avec ce qu’il s’est passé en fin d’étape, on ne va pas crier victoire. Je n’ai pas envie de sauter en l’air, il ne faut pas se réjouir de la défaite d’adversaires, l’humilité fait partie des devoirs de chacun, qui plus est du directeur sportif. Ce qui est arrivé à d’autres peut nous arriver demain. Le Tour peut te donner la gloire un jour et tout te prendre en quelques secondes. Je retiens que nous devons continuer de courir comme on l’a fait, en étant proche de Warren. Il finit devant avec Kevin Ledanois qui aime frotter et a été un soutien rassurant pour notre leader. Certains de notre équipe comme André Greipel auraient pu être devant mais en prenant un rond-point du mauvais côté, le coup est parti sans eux. Aujourd’hui, tout le monde s’est impliqué et c’est comme ça qu’on va aller chercher un résultat. Anthony Delaplace m’a dit à mi-étape qu’il était cuit mais il a continué de bosser, il s’est sacrifié, comme tous les coureurs de l’équipe. Alors ce soir, on est content mais l’objectif reste de gagner une étape. Warren va perdre du temps dans le chrono à Pau. Il risque d’être à plus de cinq minutes. Il ne sera pas parmi les plus dangereux à surveiller dans un premier temps et forcément il y aura une opportunité à saisir. Les organismes sont fatigués, c’est une donnée qu’il faut prendre en compte. Nous sommes heureux d’atteindre la journée de repos. Les gars iront faire, s’ils le veulent, un petit tour de vélo, en fin de matinée. C’est un Tour super exigeant, si un coureur n’a pas envie de rouler, on le laissera tranquille. »

Anthony Delaplace : “Si on écoute son corps, on reste dans le peloton”

Anthony Delaplace a pris place dans une échappée de quinze coureurs au cours de la neuvième étape et a pris à Brioude la dixième place, un peu plus de deux minutes après le vainqueur Impey (Mitchelton-Scott). C’était pour l’équipe Arkéa-Samsic un bon moyen de conclure une première semaine de course réussie.

Anthony Delaplace, 10ème :  «  Forcément, être échappé le 14 juillet, c’est particulier, mais c’est surtout être en échappée sur le Tour qui me fait plaisir. On savait qu’elle pouvait aller loin, donc on a suivi tous les coups. La première bosse a fait mal à tout le monde, mais je suis bien remonté sur la gauche avant le sommet et c’est parti à ce moment-là. Quand j’ai vu la composition du groupe je me suis dit deux choses : “ça va aller au bout” et “je suis avec de sacrés coureurs, ça va être dur pour la gagne”. Quand je suis à l’avant, je suis un coureur généreux, aujourd’hui j’ai essayé d’en faire le moins possible. Il y avait énormément de monde, on était deux français, j’ai reçu beaucoup d’encouragements. Passer une journée à l’avant sur le Tour c’est exceptionnel, mais avec l’équipe on cherche à aller dans les échappées qui peuvent aller au bout. Aujourd’hui, j’étais dans le bon coup mais quand ça a accéléré j’ai compris qu’il allait m’en manquer pour la victoire d’étape. Ce matin, j’avais mal aux jambes mais après huit jours de compétition le mental doit prendre le dessus sur le physique. Si on écoute son corps on reste dans le peloton, hier je n’étais pas très bien, aujourd’hui j’étais dans une bonne journée, il ne faut jamais rien lâcher sur le Tour.»

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Avec Anthony Delaplace, j’étais content d’avoir un coureur devant, c’était l’objectif de la journée. Après, s’il est courageux, Anthony n’a pas une super pointe de vitesse, on se doutait que ce serait compliqué mais il donne toujours le maximum. Il est généreux et veut toujours en donner. On a essayé de le calmer pour qu’il en fasse le moins possible mais il était entouré par de sacrés clients et il a bien couru. A l’arrivée, le résultat est logique. Anthony signe un Top 10 et dans une carrière, à moins de s‘appeler Sagan, un coureur n’en fait pas 50 dans le Tour. Pour notre équipe ce résultat est bon pour le moral. Dans le peloton, hormis la vaine attaque de Bardet vent de face, on savait que ce serait calme. Warren Barguil a été placé par sécurité au pied de la dernière difficulté mais il a passé une journée tranquille et demain ce devrait être le cas aussi avant la journée de repos. Ensuite pourra commencer la deuxième partie du Tour où nous avons un bon challenge à relever. Dans son analyse, Warren est serein et réaliste. Oui il va perdre du temps dans le chrono à Pau mais il aura ensuite une bonne marge de manoeuvre. »

Warren Barguil : « Après une étape très difficile samedi, la journée a été plus relax. Ça m’a titillé d’aller dans les échappés cette semaine mais je savais que les sprinteurs allaient passer. Un gars comme Michaël Matthews a très envie de sprinter. J’attends donc les deuxième et troisième semaines, ça me correspondra plus. Ce début de Tour a été physique. Cette édition propose 10.000 mètres de dénivelé en plus et il fallait bien aller les chercher. C’était le programme de la première semaine, il y a eu des opportunité pour tous les types de coureurs avant la haute montagne. J’apprécie ce tracé. A La Planche des Belles Filles, j’ai pris du plaisir, je n’en avais pas pris en 2018. Etre avec les meilleurs a été une satisfaction. Disputer le Tour avec le maillot de champion de France, ça fait du bien. Ce maillot a été un soulagement. Pour moi, la deuxième semaine sera intéressante parce que j’aime bien les Pyrénées. Mon objectif reste de gagner une étape. L’arrivée au Prat-d’Albis au terme de la quinzième étape me convient bien et peut être une belle opportunité.  »

Warren Barguil : “J’ai rarement roulé aussi vite” TDF8

C’était une étape de fous et c’est un coureur habitué aux exploits, le Belge Thomas De Gendt (Lotto-Soudal), échappé toute la journée, qui l’a emporté à Saint-Etienne ! Au cours d’une étape extrêmement difficile, Warren Barguil a confirmé ses excellentes dispositions en finissant dans le premier groupe des costauds tandis que Maxime Bouet qui l’a accompagné jusqu’à la dernière difficulté s‘améliore de jour en jour.

Warren Barguil, 17ème : “Aujourd’hui, c’était une étape belle et rapide. J’ai rarement roulé aussi vite sur des routes aussi dures. J’ai fini exténué, c’était une journée difficile. Je remercie les copains d’Arkéa-Samsic qui m’ont permis d’être toujours bien placé et de me ravitailler. Demain, sera une journée spéciale, un 14 juillet avec le maillot de champion de France, sur le Tour de France !”

Maxime Bouet : “Pas un mètre de plat … Monter, descendre, virer à droite, virer à gauche, on n’a pas arrêté de la journée. J’ai habité deux ans à Saint-Etienne, quand j’étais au pôle espoir, je reconnaissais certaines routes. Je savais que c’était très dur.

Aujourd’hui, le placement était très important. Il suffit d’un moment d’inattention et tu peux te faire piéger. Depuis ma chute sur Paris-Nice, j’ai un peu d’appréhension à frotter mais aujourd’hui j’étais bien. À 20 kilomètres de l’arrivée, j’ai replacé Warren, je me suis assuré qu’il n’avait besoin de rien. Notre rôle était de rester autour de Warren, je pense qu’on a tous bien travaillé pour lui. Je sens que je progresse chaque jour, c’est très motivant pour la suite.”

Kévin Ledanois : “Au départ de Mâcon, nous avions des ambitions d’échappée, de vivre une belle journée mais il y a eu cette attaque de trois coureurs et ça a contrôlé tout de suite. Même en pointant De Marchi (CCC Team) dont on se doutait qu’il allait contrer, il y a eu un gros travail des grosses équipes pour cadenasser et nous n’avons pu y aller. Quand on voit le déroulement de la course, on n’a pas trop de regrets. De Gendt a fait du De Gendt ! 

Warren Barguil est bien, c’est le principal enseignement. Demain, jour de fête nationale, est une journée particulière, on va essayer de saisir les opportunités mais sinon ce sera tout pour notre leader. On sait bien que c’est lui, chez nous, qui peut gagner à la pédale. Personnellement, je trouve ce Tour plus dur que celui de l’an dernier. Le profil est différent, ça roule très vite… Du coup, je vois le Tour au jour le jour.”

Yvon Ledanois, directeur sportif : “Quelle étape ! C’était pire qu’une étape de montagne et ils l’ont faite à 40 km/h de moyenne ! Respect à tous les coureurs ! Aujourd’hui, on a la confirmation que Warren est bien. Il était un peu fatigué à l’arrivée mais tous les coureurs l’étaient. Il est dans le plan prévu mais si on m’avait dit ça il y a dix jours, j’aurais signé des deux mains. Notre leader se rassure auprès des costauds sans être sur son terrain de prédilection. Il pourra s’exprimer en troisième semaine. Il a vu que tous ses équipiers ont fait le boulot et ils sont tous à l’arrivée. Maxime Bouet a été victime d’une crevaison en début d’étape mais il a été le plus costaud auprès de Warren dans le final. Cette étape va marquer les organismes et dans ce contexte, le 14 juillet ne va rien changer, on va rester dans la même philosophie mai c’est évidemment un jour particulier pour les coureurs français. On va essayer de prendre l’échappée et d’aller loin !” 

Yvon Caër : « Ce Tour d’Autriche nous sera utile »

Le grand espoir russe Alexander Vlasov (Gazprom-Rusvelo) s’est imposé dans la dernière étape du Tour d’Autriche au sommet de Kitzbüehel Horn et le Belge Ben Hermans (Israël Cycling Academy) s‘est adjugé le classement final pour la deuxième année consécutive. L’équipe Arkéa-Samsic n’a pas levé les bras au cours de cette semaine mais à l’image de Romain Hardy et Laurent Pichon, elle a fait le plein de confiance.

« C’était une arrivée au sommet, explique Yvon Caër, c’était difficile mais Romain Hardy (22e) a retrouvé des jambes. Il avait été malade dans l’étape reine et c’est dommage. Aujourd’hui il a démontré qu’il était vraiment capable d’obtenir un bon classement général final.

Aujourd’hui, Connor Swift était dans l’échappée de sept coureurs qui n’a jamais compté plus de 1’30’’ d’avance parce que l’équipe Neri-Sottoli, pour une raison que j’ignore, a roulé toute la journée. Connor a été repris au pied de l’ascension finale, ses cinq équipiers ont fini dans les 40 premiers. Je leur avais  dit avant le départ de faire cette montée à bloc, pour bien finir cette semaine de travail. J’attendais un peu mieux de Brice Feillu mais il avait son échappée de la veille dans les jambes.

Je peux dire que nos coureurs ont été sérieux et appliqués jusqu’au bout et ce Tour d’Autriche va leur être très utile.

Désormais ce sera un peu de repos pour la plupart d’entre eux. Laurent Pichon va reprendre dans le Grand Prix Pino-Cerami le 25 juillet, Connor Swift fera la London Classic avec la sélection britannique le 4 août. Les autres, notamment Romain Hardy et Franck Bonnamour vont disputer la Kreizh Breizh à partir du 2 août. Ils vont pouvoir réaliser les bienfaits de cette semaine en Autriche. Laurent Pichon a repris confiance dans les sprints, il en avait besoin depuis sa chute à l’arrivée de la quatrième étape des Quatre Jours de Dunkerque. Franck Bonnamour découvre qu’il a un niveau plus que satisfaisant en montagne et Connor Swift a mesuré ce qu’il est capable de faire en fin  d’étape. Il va trouver sa place dans un train. Il a du gabarit, il frotte bien et sa puissance sur le dernier 1,5 kilomètre est intéressant. Thibault Guernalec progresse, il se découvre en montagne et récupère bien. Enfin Brice Feillu devrait être bien dans le Tour du Portugal dans deux semaines. »

Warren Barguil: ” C’est comme ça que je conçois le vélo” – TDF 6

Warren Barguil a attaqué dans la dernière ascension de la sixième étape du Tour de France menant à La Planche des Belles Filles. Longtemps soutenu par Elie Gesbert, le champion de France a contribué à durcir la course et s’est rassuré dans l’attente de terrains lui convenant mieux. Cette étape a également été marquée par la belle échappée d’André Greipel.

Warren Barguil : « Ce n’était pas la journée idéale… Au moment où je prends un bidon dans la deuxième ascension, un coureur tombe devant moi. Avec une seule main sur le guidon, je n’ai pas pu freiner. Je chute, sans gravité, mais je dois faire un premier effort avec mes équipiers pour revenir dans le peloton. Ensuite, j’ai un problème avec ma roue avant, Florian Vachon me donne la sienne et c’est reparti pour une chasse derrière le peloton. Les gars ont été au top. Kevin Ledanois et Anthony Delaplace m’ont vraiment bien placé au pied de l’avant-dernière difficulté. Ensuite, Elie Gesbert a fait un gros travail au pied de la dernière ascension. J’ai attaqué à 3,5 kilomètres de l’arrivée, j’ai peut-être été un peu trop euphorique mais je voulais me faire plaisir. C’est comme ça que je conçois le vélo. J’ai d’abord fait le boomerang mais ensuite j’ai réussi à garder un bon rythme. Dans les 500 derniers mètres j’ai vraiment tout donné. C’était une belle étape, ce soir je suis content d’avoir retrouver un bon niveau. »

André Greipel : « Aujourd’hui, ce n’était pas un terrain pour moi. Mais je préférais être devant et prendre de l’avance que de subir la journée. Finalement, j’ai pu faire la dernière ascension à mon rythme, sans trop souffrir.»

Yvon Ledanois – directeur sportif : « Warren Barguil a besoin d’attaquer. Dans cette dernière ascension, Valverde (Movistar) a longtemps roulé avant de s’écarter et personne n’a maintenu le rythme ensuite. Valverde est revenu pour assurer un faux train et Warren s’est dit qu’il pouvait y aller. Il a eu raison. Landa (Movistar) l’a vite repris et derrière le Team Ineos a vraiment accéléré et ça a fait mal. Il y a quelques leaders qui ont été mis en difficulté. Notre leader voulait se rassurer, même dans ce col qui ne lui convient pas trop, lui préfère les pentes bien plus longues. Sur le plan de l’équipe ce soir, il y a des satisfactions, tant en terme de comportement que de résultat. On peut toujours dire que ça peut être mieux mais ce n’est pas mal. Demain ce sera un sprint à Châlon-sur-Saone et pour les sprinteurs, il n’y aura plus 50 occasions. »

Warren Barguil: “Placé et concentré”

Les feux sont au vert pour Warren Barguil, le leader d’Arkéa-Samsic a passé sans encombre la cinquième étape du Tour de France disputée sur un rythme très rapide en grande partie dans les Vosges et conclue à Colmar par la victoire de Sagan (Bora-Hansgrohe).

Warren Barguil :  « C’était la première journée avec un peu plus de dénivelé. Les gars m’ont bien protégé pour aborder l’avant-dernière difficulté. Ensuite, je suis resté placé et concentré pour les derniers kilomètres. Je reçois beaucoup d’encouragements tous les jours, je me sens bien, j’avance étape après étape. »

Maxime Bouet : « J’ai eu beaucoup de malchance dans ma carrière. Cette année, je suis tombé dans la deuxième étape de Paris-Nice, comme mon leader Warren Barguil et j’ai été arrêté pendant un mois en me déplaçant avec des béquilles. Puis j’ai roulé lent un mois comme un cyclo. J’ai repris au Tour de l’Ain, j’ai disputé le Critérium du Dauphiné, mon équipe m’a fait confiance et m’a engagé dans le Tour de France. J’y ai été très sensible et je m’en souviendrai pour la suite de ma carrière. Je retiens que j’ai connu beaucoup de galères mais je suis toujours revenu. Après, quand t’es blessé, ce n’est pas une vraie coupure, ce n’est pas du vrai repos, tu gamberges beaucoup. J’ai rongé mon frein. Je suis déçu aujourd’hui ne pas être avec Warren dans le premier groupe mais à mon compteur il y a 20 jours de courses, dont deux chronos et deux chutes. Ça devrait aller de mieux en mieux. »

 

Yvon Ledanois – directeur sportif : « Warren Barguil est devant donc c’est bien. L’étape s’est déroulée de façon rude et sur le mode rouleau compresseur absolu, il n’y a eu aucun moment de répit. Le coureur qui était dans une journée moyenne est dehors, celui qui est très bien est devant. Le bémol pour nous aujourd’hui est que pas un équipier n’a fini avec notre leader. Trois avaient été désignés mais n’y sont pas parvenus, Elie Gesbert, Amael Moinard et Maxime Bouet qui revient de très très loin, qui a été super sérieux pour arriver en forme dans le Tour mais est encore un tout petit peu juste. Demain, il faut un petit sursaut au sein de notre équipe, on ne va pas laisser Warren Barguil isolé trop loin de l’arrivée. Il sera donc impératif de mettre un coureur dans l’échappée et d’en voir un autre avec lui. La Planche des Belles Filles sera le premier vrai test pour les leaders. »

Top 20 pour Brice Feillu

La montagne était rude à l’arrivée de la quatrième étape du Tour d’Autriche gagnée par le tenant du titre, le Belge Ben Hermans (Israël Cycling Academy). Brice Feillu, victime d’un petit passage à vide dans la très difficile ascension finale, a bien fini pour décrocher un Top 20.

« En début d’étape, Laurent Pichon et Thibault Guernalec ont pris place dans une échappée de sept coureurs avec en tête l’envie de décrocher le maillot de meilleur grimpeur, explique Yvon Caër, mais ils sont tombés sur le jeune Allemand Zimmermann (Tirol Team) qui a bien manœuvré au sommet du Dientner Sattel à 60 kilomètres de l’arrivée. »

« Ensuite, c’était vraiment une arrivée très difficile à près de 2.500 mètres d’altitude, 18 kilomètres d’ascension dont les 12 derniers à 10 %. Le peloton s’est rapidement réduit et Brice Feillu a eu un petit moment difficile à mi-col avant de bien finir, de remonter pas mal de coureurs et de prendre la 19e place. En haut, les coureurs sont arrivés un à un et il y a eu des écarts. Franck Bonnamour a également fait une belle montée, il était dans les 15 premiers jusqu’à 3 kilomètres du sommet mais il a coincé un peu pour finir et a pris la vingt-cinquième place. »

« Leurs équipiers ont géré en vue de l’étape de jeudi qui nous convient bien. Bonne nouvelle, Romain Hardy est remis de son intoxication alimentaire, il a le sourire. »

Anthony Delaplace : “J’aime m’échapper”

Le champion de France Warren Barguil a fort bien négocié une étape piégeuse marquée par l’échappée d’Anthony Delaplace. Dans un final compliqué et mis à profit par Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step) pour faire coup double, victoire et maillot jaune, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic a fini dans le premier groupe de costauds. Il peut envisager la suite avec sérénité.

Anthony Delaplace : « J’étais le seul de l’équipe à avoir carte blanche ce matin. Il fallait qu’on soit plus de cinq dans l’échappée et on était cinq. J’aime participer à ce genre d’échappée. Sur le Tour ça a une saveur particulière, on a été encouragé tout au long du parcours. Quand je m’échappe, j’y crois toujours, pour moi, c’est ma seule façon de viser une victoire d’étape. On a eu jusqu’à 6min15 d’avance, ça commençait à être intéressant mais quand Deceuninck – Quick Step a mis en route, notre avance a été divisée par deux, et j’ai compris que ça allait être difficile de résister. Je n’ai aucun regret aujourd’hui, je me suis fait plaisir et je vais me mettre au service de mes leaders pour les jours à venir. »

Yvon Ledanois : « Notre leader est bien. Ç’a été un peu plus difficile pour les deux coureurs qui devaient l’accompagner, Maxime Bouet et Elie Gesbert mais devant, dans le peloton, il n’y a que des hommes forts. L’étape a d’abord été animée par l’échappée de cinq coureurs dont Anthony Delaplace. On avait décidé d’en faire partie même s’il aurait été préférable qu’il y ait trois à quatre coureurs supplémentaires à l’avant. Toutefois, avec Wellens (Lotto-Soudal), Rossetto (Cofidis), Ourselin (Total-Direct Energie), Offredo (Wanty-Groupe Gobert) et Anthony, il y avait de la qualité. Le peloton a bien géré, ça ne s’est pas relevé après le sprint intermédiaire et justement la qualité des échappés a incité le peloton à rouler fort et ça fait mal. Amaël Moinard a été victime d’une crevaison à 20 kilomètres de l’arrivée et a perdu du temps avec les chutes survenues dans la traversée de Reims. Le temps de revenir, il avait déjà laissé beaucoup de forces. C’était une belle étape, dure avec 1.000 mètres de dénivelé dans les 50 derniers kilomètres. C’était tortueux, il fallait frotter. Les plus forts sont devant. L’essentiel est que Warren Barguil finisse dans le premier groupe en faisant bonne impression. Ce soir, il y a déjà pas mal de gars dehors comme Zakarin (Katusha-Alpecin) qui venait pour faire un bon classement général du Tour. »

Romain Hardy cinquième mais frustré

Il y avait un peu de déception pour l’équipe Arkéa-Samsic à l’arrivée de la première étape du Tour d’Autriche gagnée par l’Espagnol Barbero (Movistar). Sans un coup de frein à 500 mètres de la ligne d’arrivée, Romain Hardy (5e) et Franck Bonnamour (6e) auraient sans doute décroché un meilleur résultat.

« Pour commencer, explique Yvon Caër, et sous la pluie, il y a eu une échappée de sept coureurs qui ont eu jusqu’à quatre minutes d’avance. Dans le final, il y avait une côte de quatre kilomètres à passer trois fois. Au dernier passage, Franck Bonnamour a attaqué mais a été repris dans la descente puis Romain s’est détaché dans un groupe de dix coureurs également repris à 5 kilomètres de la ligne. Connor Swift a alors accompli un très grand travail pour favoriser le sprint de ses deux équipiers. »

« Romain et Franck étaient côte à côte quand ils ont été gênés par la chute d’un coureur de l’équipe Delko-Marseille 13 à la sortie du dernier virage. La cassure s’est faite devant eux. C’est bien dommage parce que Franck s’apprêtait à donner un dernier coup de mains à Romain qui a réussi un grand sprint, a remonté des adversaires pour finir à la cinquième place. Juste devant Franck. Demain, nous aurons un parcours similaire avec de petites côtes longues de 3 à 4 kilomètres. Ça ne fera pas la différence, il y aura donc sans doute un sprint et nous espérons un bien meilleur résultat !»

Yvon Ledanois : “Déçu par la place, pas par le temps.”

L’équipe Arkéa-Samsic a sans doute disputé ce dimanche l’étape du Tour de France lui convenant le moins. Appliquée et homogène, elle a plutôt bien limité la casse en lâchant moins de deux minutes aux vainqueurs, les intouchables coureurs de l’équipe Jumbo-Visma.

Warren Barguil  :  “C’est toujours un exercice spécifique. On n’est pas forcément avec les mêmes coureurs quand on fait des chronos par équipes pendant l’année donc c’est toujours particulier. On a réussi à bien s’entendre même si on manque de repère entre nous, c’était correct. Sur ce type de chrono il faut vraiment faire des relais courts sinon on s’endort. J’aime bien cet exercice, ça ne s’est pas trop mal passé, ça prouve la cohésion d’une équipe aussi. “
Yvon Ledanois :  “Je suis déçu par la place mais je suis content du temps. On finit avant-dernier de l’étape mais quand je vois le temps perdu sur de grandes équipes qui par le passé nous mettaient beaucoup plus loin, ce n’est pas si mal… Bien sûr, il ne faut pas s’emballer. Aujourd’hui, il y avait une équipe extra-terrestre, la Jumbo-Visma qui a mis tout le monde d’accord et puis les autres dans un schéma plutôt conventionnel. Nous perdons par exemple 45’’ sur Movistar qui fait du haut niveau et qui a déjà gagné des contre la montre par équipe, on n’a pas à rougir. Dans cette étape Warren Barguil était bien de même que Maxime Bouet qui aime bien l’exercice. Après, on sait qu’on n’a pas de grands spécialistes non plus pour rivaliser. Demain, nous aurons une étape de mouvements en raison des écarts au chrono par équipes. Il y aura une échappée mais Jumbo-Visma va avoir à cœur de conserver le maillot. Le final est dur, avec une série de côtes bien casse-pattes. Il n’y aura pas un peloton groupé pour jouer la gagne.”

Warren Barguil : “Ce maillot de champion de France me fait beaucoup de bien.”

Il y a toujours beaucoup de nervosité dans la première étape du Tour de France et si André Greipel n’a pu disputer le sprint, gêné par la chute de Groenewegen (Jumbo-Visma) à moins de deux kilomètres de l’arrivée, l’essentiel a été assuré pour l’équipe Arkéa-Samsic pour qui l’entame du Tour s’est déroulée sans problème.

Warren Barguil : « Ce maillot de champion de France me fait beaucoup de bien. Il efface des galères mais récompense beaucoup de travail, dans le doute parfois et ce n’est jamais facile de travailler dans le doute. Dans ce Tour de France, mon objectif est de passer la première semaine sans trop d’embûches. Le parcours ensuite m’avantage pas mal. Faire aussi bien que 2017 (deux victoires d’étapes et le maillot à pois) sera difficile mais gagner une étape oui, ce serait déjà très bien. C’est la volonté de mon équipe.

André Greipel : « Je pense que c’était dur pour tout le monde. Flo m’a toujours mis dans de bonnes conditions mais j’étais tout seul pour les derniers kilomètres. Les quatre derniers étaient très difficiles. J’étais comme une boule dans un flipper, ça zigzaguait à gauche puis à droite. Je suis content de ne pas chuter aujourd’hui. J’étais juste derrière. J’ai pu faire le sprint mais je n’étais pas bien placé dans les 800 derniers mètres. J’ai juste donné tout ce que je pouvais jusqu’à la ligne d’arrivée. Je me sens beaucoup mieux qu’au Dauphiné, ça n’a rien à voir. J’ai juste besoin d’un peu de chance. Je fais le maximum. Je pense que ma condition va s’améliorer, étapes après étapes. »

Yvon Ledanois : « Aujourd’hui, je pense que tous les coureurs ont souffert dans cette étape. Il y avait un public fou, c’était de petites routes, parfois pentues, nerveusement ils y ont laissé des plumes. Après tu croises les doigts pour ne pas avoir de coureurs de ton équipe dans les chutes. En l’occurrence, ils ont parfois été arrêtés mais ils ne sont pas tombés et ce soir c’est l’essentiel. La dernière chute, à 1,6 kilomètres de l’arrivée s’est produite entre la trentième et la trente-cinquième place dans le peloton et alors nous n’avions personne dans les trente premiers. On ne pouvait pas faire un résultat mais sur le faux-plat montant servant d’arrivée, cela aurait été de toute façon difficile. Il y a eu un moment assez tendu avant le secteur pavé de Thiméon à 77 kilomètres de l’arrivée mis ça ne servait à rien de s’affoler. Le peloton était morcelé, ça ne s’est pas relevé en raison du sprint intermédiaire imminent mais ensuite on reprenait un vent défavorable et il fallait donc rester calme et serein. Ce fut le cas pour nous. Maintenant, c’est place au contre la montre par équipes qui a lieu demain. On a reconnu le parcours en voiture, en vélo avec le trafic ce n’était pas possible. En terme de résultat, j’attends d’être dans le ventre mou des équipes qui ne s’en tirent pas mal, qui se tiennent entre 20 et 30 secondes, entre la 13e et la 18e place. »

2,6km pour commencer en Autriche

Le Tour d’Autriche s’est élancé samedi en début d’après-midi et le prologue disputé à Wels a été gagné par le spécialiste allemand Steimle (Vorarlberg-Santic). Dans le sillage de Connor Swift qui a fait un très bon prologue, ses équipiers ont signé un tir groupé témoignant autant de leur confiance que de leur application.

Yvon Caër : « Les coureurs d’Arkéa-Samsic ont fait un tir groupé en 5 secondes. Le prologue était court, sinueux avec six bonnes relances. Il fallait être tonique et puncheur. Classé à huit secondes du vainqueur, Connor Swift a fait un très beau prologue, juste derrière lui Thibault Guernalec et Laurent Pichon aussi. Ce résultat peut contribuer au fait qu’on de belles choses à vivre au cours des deux prochaines étapes. Le résultat est conforme à nos attentes. Demain, nous aurons un circuit à couvrir trois fois avec une côte de deux kilomètres à 6%. Je pense que nous aurons un sprint de 60-70 coureurs et nous pouvons donc espérer un bon résultat Romain Hardy et Laurent Pichon. »

Statu-quo au général, Elie Gesbert est treizième

Avec Amaël Moinard et Elie Gesbert, l’équipe Arkéa-Samsic a été active dans la quatrième étape de la Route d’Occitanie mais sans pouvoir échapper à un sprint massif gagné par Démare. Elie doit donc se contenter de la treizième place au classement général.

Elie Gesbert (13e du général) : ” On voulait faire la course, on sait que lors des épreuves en circuit, ça peut se jouer à pas grand chose, on l’a encore vu aujourd’hui. J’ai flingué en haut de la dernière bosse, ça s’est un peu regardé mais c’était quand même bien organisé et un peu trop roulant pour faire un écart conséquent. Ce fut quatre journées intenses, ça va me mettre en confiance pour la suite surtout pour les arrivées dans le style du premier jour. J’ai ce passage à vide hier en haut du Port de Balès, c’est dommage, mais une fois la déception passée je retiens que je grimpe de mieux en mieux.”

Roger Tréhin – directeur sportif : ” Dans cette dernière étape, nous avons observé un statu-quo au classement général mais c’était un peu couru d’avance. Le circuit était vallonné mais pas assez dur pour faire des écarts. Au départ j’avais espéré une échappée conséquente mais pas à quatre coureurs comme ce fut le cas. Donc on a attendu le final avec la côte de Moncassin à gravir à plusieurs reprises. Amaël Moinard est sorti en contre avec Jaurégui et puis Elie Gesbert a attaqué à 4 kilomètres de l’arrivée mais il était surveillé et les équipes Ineos, Groupama-FDJ et Education First-Drapac roulaient fort. Il a été repris à 2,5 km de l’arrivée. Le regret pour lui ce n’est pas aujourd’hui mais hier dans le Port de Balès et son passage à vide pendant dix minutes. C’est d’autant plus dommage qu’il a ensuite réussi l’une des sept meilleures ascensions de l’Hospice de France ! “

Romain Hardy s’est donné les moyens

Romain Hardy est prêt ! Il a bouclé dans la cinquième étape du Tour de Savoie-Mont Blanc un bloc de travail assez impressionnant. Il peut envisager le championnat de France, dans une semaine, avec enthousiasme !

Yvon Caër, directeur sportif : 

« Dans cette cinquième et dernière étape du Tour de Savoie-Mont-Blanc, tout le monde est à son niveau et l’Australien Harper (Team Bridgelane) est au-dessus du lot ! Romain Hardy est à la fin d’un gros bloc de travail, 40 heures de vélo en dix jours et 17.000 mètres de dénivelé positif ! Aujourd’hui, avec l’usure, il pouvait faire sixième de l’étape au mieux mais il se connaît bien. Ce Tour de Savoie-Mont Blanc était pour lui dans un bloc et ne pouvait pas être un objectif mais il est à son meilleur niveau en montagne, c’est hyper encourageant. Il a le moral et la santé et ses équipiers sont dans une dynamique positive. Pour tous, c’est un genre de course qu’on ne fait pas souvent dans l’année. Aujourd’hui il y avait l’ascension du Glandon avec son prolongement par la Croix de Fer, les lacets de Montvernier, la montée de Chaussy et pour finir Saint-François Longchamp, sur le col de la Madeleine mais par une route jamais empruntée en course cycliste. Au total, c‘était 4.200 mètres de dénivelé en 135 kilomètres. Cette année, Romain a fait comme il y a deux ans quand il a bien marché dans le Tour et c’est pour ça qu’il a préféré ne pas faire le Critérium du Dauphiné au début du mois. Pour ne pas buter en troisième semaine. Si la direction de l’équipe Arkéa-Samsic le sélectionne mais les places sont chères, il est prêt ! »

Romain Hardy :
« Je suis content de ma semaine, content d’avoir levé les bras, content pour les troisièmes places de Clément (Russo) et Romain (Le Roux), content de l’ambiance dans le groupe, content du travail et de ne pas avoir été ridicule en montagne. Aujourd’hui j’ai coincé à sept kilomètres de la fin mais je termine 12ème en haut, c’est correct. Dans le paddock de départ il n’y avait que des coureurs de 55 kilos, des gabarits de purs grimpeurs : ça donne le ton. Moi je suis plutôt puncheur, grimpeur. Le Tour de Savoie Mont-Blanc c’est l’une des course les plus dures de France.
Je voulais faire un bon bloc de travail en montagne avec trois jours de stage autour du Ventoux, participer au Mont Ventoux Dénivelé Challenge puis le Tour de Savoie Mont-Blanc : ça me fait dix jours au boulot. C’est dur la montagne…mais il faut passer par là pour trouver la bonne force ! »

Romain Le Roux, 3ème : “Sur le vélo, c’est une machine”

L’équipe Arkéa-Samsic n’a pas gagné ce samedi lors du Tour de Savoie-Mont Blanc mais elle a bien tiré parti des deux étapes au programme. Romain Le Roux a pris la troisième place le matin au terme d’une échappée, Romain Hardy a signé un Top 10 au sommet de la station des Karellis.

Romain Le Roux, 3ème de l’étape 3 : 

“Je n’ai pas de regrets sur cette arrivée. J’aurais aimé faire mieux mais Eddy Finé m’a surpris aux 300 mètres en lançant son sprint. Ca faisait longtemps que je n’étais pas arrivé pour jouer la gagne, normalement ce n’est pas mon rôle, j’ai plutôt l’habitude de m’écarter avant la ligne. L’équipe m’a fait confiance et ça fait plaisir. A la base je suis parti dans cette échappé avec l’idée de protéger Romain Hardy, mon leader. Finalement nous sommes allés au bout. Pour moi c’était top de retrouver cette sensation de “jouer la gagne”.  Mais après cela, je me suis immédiatement remis dans mon rôle d’équipier, ce rôle qui me va bien, pour la quatrième étape. Après des mois difficiles où je cherchais mes sensations, je me sens mieux sur cette course qui est l’une des plus dures de France. Tous les jours je vais au charbon pour Romain Hardy qui marche fort ! On est dans une bonne spirale, on a une bonne équipe, on roule tous ensemble, comme une équipe. Cette course nous permet aussi de découvrir Connor Swift ! Même si je ne parle pas trop Anglais, Clément (Russo) et Thibault (Guernalec) assurent la traduction. On découvre une personne impressionnante de part sa force, sa gentillesse. Et sur le vélo, c’est une machine.”

Yvon Caër, directeur sportif :
“Ce matin on a fait confiance à Romain Le Roux qui s’était glissé dans l’échappée, il me méritait bien tant il travaille toute l’année pour l’équipe.  Il se sentait bien, il était sans doute le plus fort de son groupe mais il a commis une petite erreur tactique dans le dernier kilomètre, c’était peut-être la peur de gagner. Il s’est mis en tête de son groupe et le jeune Finé l’a surpris en attaquant derrière lui. Il prend la troisième place. Cet après-midi, c’était un gros chantier et c’est une satisfaction de voir Romain Hardy prendre la dixième place. Il sort d’un gros bloc de travail, il est ici pour faire des efforts et il a la bonne patte. Ici, il y a de purs grimpeurs comme Harper (Team Brisgelane) qui s’est imposé au sommet des Karellis mais face à eux, il limite la casse. Clément Russo était avec lui jusqu’à 6 kilomètres du sommet. Dans les deux-tiers de l’ascension finale, il a roulé tempo en tête de son groupe pour faciliter la tâche de Romain Hardy. Non loin d’eux, il y a Connor Swift. Il est solide même si son gabarit ne l’avantage pas en montagne. C’est bon de le voir finir avec le sourire, il est ravi de découvrir la montagne. En revanche, Alan Riou a abandonné. Il est usé, ses chutes l’ont mis en déficit d’entrainement et il a besoin de repos.”

Elie Gesbert à 1,5 kilomètre près

Elie Gesbert a cédé les armes à la main ! Il lui a manqué 1,5 kilomètres dans l’ascension du Port de Balès pour rester au contact des favoris de la Route d’Occitanie avant de très bien finir dans l’ascension de Luchon-Hospice de France.

Elie Gesbert (17e de l’étape et 13e du général) :  ” Je suis déçu. À 1,5 km du sommet du Port de Balès, j’ai eu un gros coup de moins bien. Je n’arrive pas à l’expliquer mais je n’avais plus rien dans les jambes. Je m’accroche et je bascule à une trentaine de secondes, mais dans la descente je n’arrive pas à revenir sur les favoris. Dans la vallée, je me suis bien refait la patte, je ne me suis pas démobilisé et j’ai fait une dernière montée solide. J’ai lâché les coureurs de mon groupe et j’en ai repris plusieurs mais c’était trop tard, l’écart était déjà fait avec les favoris… Voila, il y a de la déception ce soir, je voulais faire une belle dernière montée avec les costauds… Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé peut-être une petite fringale. Une montée aussi longue avec un gros tempo toute la journée ce n’est pas facile à gérer mais elle m’a paru moins difficile que sur le Tour 2017, c’est plutôt bon signe, j’ai dû progresser.”

Franck Bonnamour :  “Une journée difficile… On devait être vigilants au départ car ça partait en col. On voulait en mettre un devant pour anticiper. Ça s’est fait à la patte, ça a roulé vite d’entrée, mais je suis content d’avoir pu accrocher le bon wagon. On avait un bon groupe devant, on savait que ça pouvait aller loin. Mais Rossetto et Rolland sont sortis dans le deuxième col et ça a complètement désorganisé l’échappée. On est arrivé dans le Port Balès avec à peine une minute d’avance, donc c’était raté… Ensuite, j’ai eu un gros coup de moins bien, peut-être un coup de chaud, je n’avais plus rien,  j’ai dû lutter pour rallier l’arrivée. Je crois que c’est l’une des journées les plus dures depuis que je suis professionnel. Je n’aime pas abandonner donc je me suis accroché, surtout qu’il y a encore une belle étape demain. Il fallait simplement tenir…”

Roger Tréhin :  “Il a manqué 1,5 kilomètres à Elie Gesbert dans le Port de Balès pour rester au contact du peloton des favoris. Il a payé l’accélération des coureurs de l’équipe Education First-Drapac, Uran et Dombrowki. Dans ce col, le rythme s‘était intensifié progressivement, un peu rouleau compresseur mais il atteint le sommet avec trente secondes de retard. Pas loin donc. Ensuite il n’a pas fait une bonne descente et a été repris par une douzaine de coureurs. Ensuite, l’écart s’est stabilisé mais il était déjà trop important. Elie a plutôt bien fini, lâchant tous les coureurs avec qui il se trouvait mais ce n’était pas non plus le même niveau que ceux qu’il côtoyait dans le Port de Balès. En début de course, Franck Bonnamour s’est joint à l’échappée et il a été revu dans le Port de Balès où c’était du chacun pour soi. “

Elie Gesbert, une journée au chaud

Il devait y avoir un sprint massif à l’arrivée de la deuxième étape de la Route d’Occitanie et il a été gagné par Démare. L’équipe Arkéa-Samsic s’est mobilisée toute la journée auprès d’Elie Gesbert pour le mettre à l’abri des turbulences et éviter une cassure. A la veille d’une grande étape pyrénéenne, le jeune leader breton a conservé sa troisième place au classement général.

Elie Gesbert : “C’était une journée relativement tranquille malgré un final tortueux. Le but était de ne pas prendre de cassure et de faire le moins d’efforts possible, mes équipiers m’ont parfaitement protégé. J’évite la chute dans le final et je suis classé dans le même temps que le vainqueur donc contrat rempli. Aujourd’hui, je me sentais protégé par mes coéquipiers, je préfère être leader quand j’ai déjà prouvé quelque chose, je me sens plus légitime. Demain, je connais bien le coin, j’y ai fait plusieurs stages. On avait franchi le Port de Balès, il y a deux ans, sur le Tour. En montagne, la tactique est assez simple, s’accrocher le plus longtemps possible. Par contre, j’ai appris à mieux gérer mes efforts, j’avais tendance à m’enflammer au pied, maintenant j’arrive à être plus régulier. Je suis troisième du général, je vais tout donner.

Franck Bonnamour (11e) : «  Le sprint aurait dû être pour Maxime Daniel, mais il ne se sentait pas très bien. Je ne me suis pas posé de questions, j’ai pris des risques et j’ai fait mon sprint. Ce n’est pas ma spécialité car je manque de puissance pure mais j’aime frotter, prendre les bons wagons. C’était assez tortueux, j’ai évité deux chutes, je me suis pris au jeu, j’avais l’adrénaline à bloc et finalement je fais une petite place. Demain, le profil est complètement different, c’est l’étape reine. Mon objectif sera de passer au mieux les deux premiers cols et de faire le boulot dans la vallée pour Elie, éviter qu’il prenne le vent et le placer au mieux au pied de la dernière montée. J’espère qu’il sera bien, c’est une vraie étape de montagne.”

Roger Tréhin – directeur sportif : « C’était une journée plutôt tranquille, l’étape n’a pas été mouvementée et notre objectif était de protéger Elie, d’éviter les cassures. Il y a eu une chute de deux coureurs à 800 mètres de la ligne, le dernier kilomètre était tortueux. Franck Bonnamour a essayé d’aller faire le sprint mais il y a quand même des coureurs qui vont vite ici… Il y a eu trois échappés, le peloton a bien roulé pendant près de 200 kilomètres, ce n’était pas une journée de récupération non plus ! Demain c’est dur, avec la Hourquette d’Ancizans d’entrée de jeu, le Port de Balès et l’Hospice de France, une belle ascension  de 10 kilomètres à 7,5%. Demain, c’est facile à dire, Elie devra essayer de rester au contact. Il y aura une échappée et puis dans le Port de Balès, il y aura un écrémage. En haute montagne, dans cette configuration, Elie est encore un peu dans l’inconnue et ça va être intéressant. Il s’est beaucoup entraîné en montagne et il a le Mont-Ventoux, escaladé lundi dernier, dan les jambes. Pour l’aider dans les cols il pourra compter sur Brice Feillu et Amaël Moinard et j’espère que dans la vallée Franck Bonnamour et Laurent Pichon seront encore là.»