Paris-Roubaix – Le paradis a un prix !

C’est à 11h ce matin depuis la place de Compiègne que nos sept guerriers se sont élancés pour l’Enfer du Nord. Certes à l’arrivée au Vélodrome de Roubaix on ne peut que constater la victoire de Peter Sagan mais nos coureurs sont allés au bout d’eux-mêmes. Difficile de retranscrire toutes leurs histoires, chacun a vécu une aventure singulière aujourd’hui passant par des moments de doute et d’euphorie comme nous le confie Pierre-Luc Périchon. Les crampes de Brice Feillu à son arrivée au Vélodrome mais aussi l’acharnement
de Sindre Lunke pour venir à bout de son premier Paris-Roubaix sont des preuves supplémentaires que le paradis à un prix.

Brice Feillu :

« Ce matin, j’étais très motivé pour l’échappée, j’ai suivi plusieurs coups et j’ai attaqué, je suis sorti tout seul, j’espérais du renfort mais j’ai vu le peloton revenir sur moi. Malheureusement nous n’avions personne dans l’échappée, c’est dommage on sait qu’elle est toujours intéressante sur Paris-Roubaix. Dans le premier secteur, on a été un peu gênés par la chute, ensuite on a subi la loi de Paris-Roubaix. Pour moi, il y avait 50 kilomètres de trop, j’étais rincé, j’ai fini avec des crampes. J’ai essayé de les maîtriser jusqu’au bout, mais en descendant de mon vélo sur la pelouse j’ai été rappelé à l’ordre… mais c’est Paris-Roubaix, c’est génial ! »

Sindre Lunke (premier Paris-Roubaix) :
« C’est tellement difficile … ! Malgré tout, c’est Paris-Roubaix ! C’était incroyable de voir tous ces gens sur les routes qui criaient et nous supportaient, ça motive à aller jusqu’au bout. Dans les derniers secteurs pavés, c’était la folie, j’ai même entendu quelques supporters norvégiens. Pas de chute mais mes mains ont souffert, on le voit à l’état de mes pansements (rires). »

La reco de Paris-Roubaix, en images

Depuis mercredi soir, 6 de nos 7 guerriers de Paris-Roubaix, sont dans le Nord pour reconnaître les secteurs pavés. Seul Benoit Jarrier qui disputait le circuit de la Sarthe n’était pas présent.

Jeudi, après avoir reconnu les premiers secteurs en voiture, c’est entre Haveluy et le Carrefour de l’Arbre que nos coureurs ont testé leurs jambes, leurs techniques et le matériel. L’alternance de boue et de pavés promet une course spectaculaire !

Toutes les photos

Ce vendredi, seulement 50kms était au programme, mais Pierre-Luc Périchon en a profité pour testé la technique des cyclocrossmans… pas sûr qu’il l’applique diamnche.

Nos 7 guerriers de Paris-Roubaix

Dimanche prochain, le monde du vélo aura les yeux braqués sur les pavés de Paris-Roubaix, où Pierre-Luc Périchon, Benoit Jarrier, Bram Welten, Sindre Lunke, Brice Feillu, Maxime Daniel et Michael Carbel défieront l’Enfer du Nord. Pour préparer au mieux ce monument, nos coureurs reconnaitront, demain matin, les différents secteurs.

Maxime Daniel (4ème participation) : « Pour moi, c’est la plus dure de la saison. Pendant la course, on a un peu mal partout mais l’adrénaline, la ferveur du public nous poussent à aller plus loin. Le plus dur est le lendemain, les ampoules et les courbatures nous rappellent à l’ordre. En 2016, j’étais dans l’échappée, j’avais des frissons sur le premier secteur pavé, j’avais passé la trouée d’Arenberg en tête, c’était un rêve de pouvoir être acteur de ce monument. Je suis très motivé pour dimanche, je prendrais le départ avec beaucoup d’envie et d’ambitions, même si le niveau des cadors est incroyable cette année encore. »

Bram Welten (1ere participation) : « C’est la plus belle de l’année, aujourd’hui encore, je suis très fier de ma victoire chez les Juniors en 2015. C’est mon premier Paris Roubaix chez les professionnels, je viens pour apprendre, avec l’espoir de pouvoir un jour être à la lutte pour la victoire. »

Brice Feillu (3ème participation) : « On ne m’attend pas sur ce genre de course, mais ça me plait de sortir du cadre du grimpeur. J’ai toujours aimé Paris-Roubaix, plus jeune je regardais la course à la télévision, l’objectif était d’y participer au moins une fois dans ma carrière. Je sais ce qui m’attend, je sais que ça sera difficile. L’an passé, j’étais tombé malade juste avant l’épreuve, cette année j’ai envie de me faire plaisir, je ne peux pas décevoir, j’ai tout à gagner, dimanche. »

Michael Carbel ( 1ere participation) : « J’ai regardé toutes les éditions à la télévision en me disant, ce serait incroyable de participer à cette course un jour. Aujourd’hui, je suis sur la liste des partants, c’est un rêve même si je m’attends à passer une journée en enfer.  J’ai participé deux fois à Paris-Roubaix Juniors, je me souviens surtout des douleurs aux mains après la course. »

Pierre-Luc Périchon (5ème participation) : « Paris-Roubaix c’est les pavés mais c’est surtout l’ambiance. C’est la dernière chance pour les spécialistes de remporter une classique, on sent la tension avant la course. Le départ est matinal, il y a souvent de la brume, la place de Compiègne est relativement calme quand on arrive avec le bus, on se demande un peu ce qui va se passer. C’est assez difficile à décrire, mais on sait qu’on part pour quelque chose de grand. »

Sindre Lunke (1ere participation) : « Je m’attends à une course très difficile, enchainer les pavés est toujours difficile, il faut de la force mais aussi de la technique. Je vais tout donner pour aider l’équipe en début de course, puis je vais survivre aussi longtemps que possible. »

Benoit Jarrier (6ème participation) : « Tous les ans, je dispute la Sarthe avant Paris-Roubaix, c’est un enchainement qui me convient bien pour avoir de la force pour le dimanche. Tout le monde connaît Paris-Roubaix, ça fait partie de l’histoire de notre sport, c’est toujours excitant de disputer un monument, on est forcément tous très motivés. »

Sébastien Hinault – directeur sportif : « J’ai disputé 14 Paris-Roubaix comme coureur, bien sûr c’est moins difficile dans la voiture de directeur sportif, mais ça reste extrêmement stressant, on sait que tout peut arriver. Dès la reco de jeudi, la course commence, il faut être prêt physiquement mais surtout mentalement. »