Romain Hardy s’est donné les moyens

Romain Hardy est prêt ! Il a bouclé dans la cinquième étape du Tour de Savoie-Mont Blanc un bloc de travail assez impressionnant. Il peut envisager le championnat de France, dans une semaine, avec enthousiasme !

Yvon Caër, directeur sportif : 

« Dans cette cinquième et dernière étape du Tour de Savoie-Mont-Blanc, tout le monde est à son niveau et l’Australien Harper (Team Bridgelane) est au-dessus du lot ! Romain Hardy est à la fin d’un gros bloc de travail, 40 heures de vélo en dix jours et 17.000 mètres de dénivelé positif ! Aujourd’hui, avec l’usure, il pouvait faire sixième de l’étape au mieux mais il se connaît bien. Ce Tour de Savoie-Mont Blanc était pour lui dans un bloc et ne pouvait pas être un objectif mais il est à son meilleur niveau en montagne, c’est hyper encourageant. Il a le moral et la santé et ses équipiers sont dans une dynamique positive. Pour tous, c’est un genre de course qu’on ne fait pas souvent dans l’année. Aujourd’hui il y avait l’ascension du Glandon avec son prolongement par la Croix de Fer, les lacets de Montvernier, la montée de Chaussy et pour finir Saint-François Longchamp, sur le col de la Madeleine mais par une route jamais empruntée en course cycliste. Au total, c‘était 4.200 mètres de dénivelé en 135 kilomètres. Cette année, Romain a fait comme il y a deux ans quand il a bien marché dans le Tour et c’est pour ça qu’il a préféré ne pas faire le Critérium du Dauphiné au début du mois. Pour ne pas buter en troisième semaine. Si la direction de l’équipe Arkéa-Samsic le sélectionne mais les places sont chères, il est prêt ! »

Romain Hardy :
« Je suis content de ma semaine, content d’avoir levé les bras, content pour les troisièmes places de Clément (Russo) et Romain (Le Roux), content de l’ambiance dans le groupe, content du travail et de ne pas avoir été ridicule en montagne. Aujourd’hui j’ai coincé à sept kilomètres de la fin mais je termine 12ème en haut, c’est correct. Dans le paddock de départ il n’y avait que des coureurs de 55 kilos, des gabarits de purs grimpeurs : ça donne le ton. Moi je suis plutôt puncheur, grimpeur. Le Tour de Savoie Mont-Blanc c’est l’une des course les plus dures de France.
Je voulais faire un bon bloc de travail en montagne avec trois jours de stage autour du Ventoux, participer au Mont Ventoux Dénivelé Challenge puis le Tour de Savoie Mont-Blanc : ça me fait dix jours au boulot. C’est dur la montagne…mais il faut passer par là pour trouver la bonne force ! »

Romain Le Roux, 3ème : “Sur le vélo, c’est une machine”

L’équipe Arkéa-Samsic n’a pas gagné ce samedi lors du Tour de Savoie-Mont Blanc mais elle a bien tiré parti des deux étapes au programme. Romain Le Roux a pris la troisième place le matin au terme d’une échappée, Romain Hardy a signé un Top 10 au sommet de la station des Karellis.

Romain Le Roux, 3ème de l’étape 3 : 

“Je n’ai pas de regrets sur cette arrivée. J’aurais aimé faire mieux mais Eddy Finé m’a surpris aux 300 mètres en lançant son sprint. Ca faisait longtemps que je n’étais pas arrivé pour jouer la gagne, normalement ce n’est pas mon rôle, j’ai plutôt l’habitude de m’écarter avant la ligne. L’équipe m’a fait confiance et ça fait plaisir. A la base je suis parti dans cette échappé avec l’idée de protéger Romain Hardy, mon leader. Finalement nous sommes allés au bout. Pour moi c’était top de retrouver cette sensation de “jouer la gagne”.  Mais après cela, je me suis immédiatement remis dans mon rôle d’équipier, ce rôle qui me va bien, pour la quatrième étape. Après des mois difficiles où je cherchais mes sensations, je me sens mieux sur cette course qui est l’une des plus dures de France. Tous les jours je vais au charbon pour Romain Hardy qui marche fort ! On est dans une bonne spirale, on a une bonne équipe, on roule tous ensemble, comme une équipe. Cette course nous permet aussi de découvrir Connor Swift ! Même si je ne parle pas trop Anglais, Clément (Russo) et Thibault (Guernalec) assurent la traduction. On découvre une personne impressionnante de part sa force, sa gentillesse. Et sur le vélo, c’est une machine.”

Yvon Caër, directeur sportif :
“Ce matin on a fait confiance à Romain Le Roux qui s’était glissé dans l’échappée, il me méritait bien tant il travaille toute l’année pour l’équipe.  Il se sentait bien, il était sans doute le plus fort de son groupe mais il a commis une petite erreur tactique dans le dernier kilomètre, c’était peut-être la peur de gagner. Il s’est mis en tête de son groupe et le jeune Finé l’a surpris en attaquant derrière lui. Il prend la troisième place. Cet après-midi, c’était un gros chantier et c’est une satisfaction de voir Romain Hardy prendre la dixième place. Il sort d’un gros bloc de travail, il est ici pour faire des efforts et il a la bonne patte. Ici, il y a de purs grimpeurs comme Harper (Team Brisgelane) qui s’est imposé au sommet des Karellis mais face à eux, il limite la casse. Clément Russo était avec lui jusqu’à 6 kilomètres du sommet. Dans les deux-tiers de l’ascension finale, il a roulé tempo en tête de son groupe pour faciliter la tâche de Romain Hardy. Non loin d’eux, il y a Connor Swift. Il est solide même si son gabarit ne l’avantage pas en montagne. C’est bon de le voir finir avec le sourire, il est ravi de découvrir la montagne. En revanche, Alan Riou a abandonné. Il est usé, ses chutes l’ont mis en déficit d’entrainement et il a besoin de repos.”

Romain n’était pas dans une bonne journée

En dépit du très grand travail de ses équipiers dans une étape de montagne comprenant l’ascension du très difficile col de La Madeleine, Romain Hardy qui n’était pas dans une bonne journée, n’a pu conserver son maillot jaune de leader à La Norma où le Suisse Stüssi (Vorarlberg-Santic) s’est imposé. Déjà, Romain et ses copains focalisent sur la troisième étape samedi matin qui leur conviendra bien.

Sébastien Hinault : “Ça a roulé fort toute la journée et on a plutôt bien géré mais Romain Hardy n’était pas dans une bonne journée et si ça n’avait pas été le cas, ç’aurait été dur de battre Stüssi et Harper. Dans l’ascension de La Madeleine Romain se sentait bien et dans la vallée il avait quatre équipiers à rouler en tête de peloton. Sept coureurs ont alors attaqué, dont Stüssi. Romain a logiquement perdu ses équipiers. Dans une côte permettant d’aller chercher le col d’Iseran, Connor Swift a pris un gros relais mais Romain était à bloc dans la roue et lui a dit d’arrêter. Dans la difficulté suivante, la côte d’Aussois il a coincé. On n’a pas les meilleurs grimpeurs ici, on savait que ce serait compliqué pour le classement général mais Romain, dans une bonne journée, aurait pu faire un résultat. Je retiens le bon boulot de l’équipe et Connor nous a encore surpris. Demain matin, il y a une étape qui s’achèvera par un sprint de moëlleux et là on a des cartes avec Romain, Clément Russo et Connor. L’après-midi, c’est dur. L’étape part au pied du col de Beaune que les coureur du Critérium du Dauphiné ont emprunté la semaine dernière et la montée vers Les Karellis pour finir.”

La première de Connor Swift en montagne ! 

Connor Swift : “ C’était un dure journée. On a bien roulé tous ensemble, comme une équipe pour essayer de conserver le maillot jaune de Romain. Mais aujourd’hui il n’avait pas le meilleur de ses jambes dans le final. Mais on a essayé et on a bien roulé tous ensemble. Pour ma part c’était intéressant d’être en course sur ce type de terrain…pour la première fois de ma vie. J’avais grimpé un peu sur le championnat du monde en Autriche l’an passé, mais je n’avais jamais fait de montée plus longue qu’une heure ! Je sais à quoi je dois m’attendre pour le futur (rires).

Romain Hardy gagne à Moûtiers !

Romain Hardy attendait ce jour depuis sa victoire dans le Tour du Doubs en septembre 2017… Fort bien soutenu par ses équipiers et notamment dans le final par Connor Swift et Clément Russo, il s’est imposé jeudi dans la première étape du Tour de Savoie-Mont Blanc et a endossé le maillot de leader. Clément s’est adjugé la troisième place !

Romain Hardy, 1er : 

« J’ai levé les bras, je suis vraiment content. Depuis le début de saison je tourne autour. Je pense que je méritais de retrouver cette sensation et c’est chose faite aujourd’hui. Je suis quelqu’un qui ne gagne pas beaucoup, je fais souvent des places mais je suis aussi souvent déçu. En dix ans, je n’ai gagné que quatre fois alors aujourd’hui je la savoure cette gagne ! Même si ce n’est « qu’une » classe 2, la victoire ne tombe pas dans les mains. Je tiens à souligner que sans mon équipe je n’aurais pas gagné. Ils ont fait un super boulot, tout le monde ! Alan (Riou) et Thibault (Guernalec) ont fait le tempo toute la journée, Romain (Le Roux) a passé un gros relais dans le final, Connor (Swift) a fait un énorme boulot jusqu’à un kilomètre de l’arrivée et Clément (Russo) m’a déposé dans un fauteuil jusqu’à la ligne. Ce qui est génial, c’est que ça s’est passé comme on l’avait dit ! »

Clément Russo, 3ème :

« C’était une journée parfaite. On est l’équipe attendue ici et on a pris les choses en main, on a assuré notre rôle. On a fait sur le terrain exactement le plan prévu : contrôler la course avec l’échappée, rouler toute la journée, rouler pour placer Romain avant le sprint. Je l’ai emmené jusqu’à 80 mètres de la ligne, il me double à 40 mètres. Je lui ai dit pendant l’étape : « Il n’y a pas de problème, je me sens bien, je vais tout faire pour t’emmener à la perfection », et ça l’a fait. J’ai pu aussi lever les bras car je viens faire troisième. Ca me permet de rendre la pareille à Romain qui avait terminé troisième du Tour de Madrid quand j’avais gagné. C’est un vrai plaisir, que du plaisir ! »

Sébastien Hinault, directeur sportif :
 « C’est super. Tout s‘est déroulé comme on l’avait prévu ce matin au briefing, il faut le souligner, c’est rare ! On a laissé partir une échappée de quatre coureurs pour gérer et mettre d’autres équipes à contribution. Vanthourenhout (Pauwels-Sauzen), Luksevics (Amore e Vita-Prodir), Aubert (CC Etupes) et Lutolf (Swiss Racing Academy) se sont échappés. Aubert a été distancé dans la descente du Col du Frêne, Vanthourenhout s’est relevé après le sprint intermédiaire et Lutolf a été le dernier repris à moins de 15 kilomètre de l’arrivée. Thibault Guernalec a roulé une partie de la journée et dans le final Connor Swift a fait un super boulot en prenant un relais de trois kilomètres avant de laisser Clément Russo faire le dernier kilomètre qui était tortueux. Il y avait deux rond-points à 800 et 500 mètres de la ligne d’arrivée, et deux virages, le premier à 200 mètres et le dernier à 80 mètres. Ce final, c’était tout bon pour Romain et Clément qui sont très adroits sur le vélo. Notre objectif est d’ores et déjà rempli, on va être un peu plus détendus ! Demain, nous grimperons le Col de la Madeleine d’entrée de jeu et après une grande partie de plaine, l’arrivée sera jugée au sommet de La Norma. »