Clément Russo repris à 100 mètres de la ligne

L’équipe Arkéa-Samsic a été active dans la sixième étape mais n’a pu empêcher un nouveau sprint victorieux de l’Italien Dainese (SEG Racing). Benoît Jarrier a tenté de faire le break dans le final tandis que Clément Russo a été repris à 100 mètres de la ligne d’arrivée.

Benoit Jarrier
 « J’ai attaqué dans l’avant dernière bosse. Les trois bosses avant le circuit pouvaient faire mal. Dans la première, il ne s’est rien passé. Dans la deuxième, j’ai dit à Clément : « écoute il faut que l’on tente quelque chose, il faut y aller. Tu te mets dans ma roue et on y va ». Dans la bosse, les Lotto-Soudal ont levé le pied assez rapidement, et je suis parti, le peloton avait complètement explosé. On s’est retrouvé à cinq… on a rejoint l’échappé du début et j’ai réussi à faire la bonifications pour trois secondes. Après ça s’est désorganisé  on s’est fait reprendre. C’est frustrant parce que cette année je pense que nous avons une équipe pour un tracé plus dur…malheureusement pour nous ça ne l’est pas et le sprint arrive tout le temps. On va tout donner demain pour essayer de renverser la tendance. »
Roger Tréhin, directeur sportif
« De nouveau les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic ont fait une très bonne course, en respectant les consignes à la lettre. Derrière les cinq échappés du matin, Benoît Jarrier a placé une grosse attaque à 35 kilomètres de l’arrivée. Il est sorti avec trois autres coureurs mais une fois la jonction faite, il y a eu mésentente. Seul Brunel (Groupama-FDJ Continental) voulait rouler et le peloton s‘est reformé à 15 kilomètres de l’arrivée. Benoît a pris trois secondes de bonification et intègre le Top 5. Ça roulait fort sur le circuit tracé à Plurien sur des routes sinueuses et étroites. Clément Russo a pris un virage à 400 mètres de la ligne d’arrivée à la perfection et a pris dix mètres d’avance mais a été revu par les premiers sprinteurs dont Maxime Daniel (6e) à 100 mètres de la ligne d’arrivée. Ce soir, Benoît est sixième du général à 10 secondes, dans le même temps que Clément et il reste une étape. Sur la route de Saint-Pol-de-Léon, toutes les côtes sont évitées mais on ne sait jamais… »

 

“On n’est pas venu chercher un Top 10”

Il reste deux étapes à disputer dans le Tour de Bretagne et elles seront décisives. Celle d’aujourd’hui entre Rougé et Le Ferré est revenu à un coureur échappé, le Kazakh Luchshenko (Astana City) et le maillot de leader est tombé sur les épaules du Suisse Lienhard (IAM Excelsior). Clément Russo et ses équipiers ne veulent pas se contenter d’un Top 10 au classement général.

Clément Russo

 « J’ai tenté ma chance dans le final, j’avais envie d’attaquer. Je me suis fait reprendre à la flamme rouge et ensuite j’ai été gêné par deux gars qui se sont accrochés et sont tombés devant moi. J’ai presque posé pied à terre. Même s’il y avait cinq gars devant, j’aurais pu grappiller une ou deux secondes. Il fallait essayer un truc. J’espère que sur les deux jours qui arrivent ça ne va pas encore être un sprint. J’ai envie que ça bataille…C’est mon premier tour de Bretagne, je ne suis pas breton donc je ne connais pas bien les routes. Difficile de prédire ce qui peut se passer. Pour le classement général c’est sûr que c’est mieux d’être dans les 10 premiers plutôt que dans les 20 mais ce n’est pas ce qu’on vient chercher. On a une bonne équipe, on va essayer de faire quelque chose de bien sur ces deux derniers jours. »

Roger Tréhin, directeur sportif
« L’étape a été monotone, il n’y avait pas de grosses difficultés mais de belles routes et pas de vent. Au départ, on a essayé de prendre l’échappée mais on est quand même bien marqués. Finalement cinq coureurs ont pris cinq minutes d’avance et dans le final, tandis que la jonction semblait imminente, les équipes de sprinteurs ont tergiversé et l’échappée est allée au bout. Benoît Jarrier a pris place dans un contre de neuf coureurs puis Clément Russo a tenté le coup à trois kilomètres pour faire le jump sur les échappés, sans plus de réussite. Maxime Daniel y est allé à son tour aussi, il a été repris par quelque sprinteurs et finit dixième de l’étape. On avait prévu d’attaquer dans une côte répertoriée à 60 kilomètres de l’arrivée pour durcir mais il s‘agissait seulement d’un faux-plat montant pas difficile. Il était impossible de faire une cassure. Demain, la partie en ligne de la sixième étape est plus difficile de même que le circuit à Plurien mais ce n’est pas non plus une étape de fou. C’est frustrant, tout nous semble à portée de main mais le parcours n’est pas assez sélectif ! »

Maxime Daniel : ” C’est fou d’avoir si peu de chance”

La chance va-t-elle enfin décider de venir en aide à l’équipe Arkéa-Samsic ? Sous la forme d’une crevaison dans les derniers kilomètres, elle a privé Maxime Daniel de la victoire dans la quatrième étape du Tour de Bretagne dont il devait aussi endosser le maillot de leader. Si Benoît Jarrier a bien assuré le coup en prenant la troisième place à Châteaubriant, il y avait beaucoup de frustration pour Maxime et ses équipiers.

Maxime Daniel

« Je suis vraiment dégouté, plus que dégouté. Quand tu es si près de la gagne et de faire coup double avec le général et que tout s’écroule pour…une crevaison, c’est tellement frustrant. Je suis sûr que dans ce groupe de trois j’étais le plus rapide au sprint. J’ai entendu le boyau exploser net en plein virage. Je me suis dit : « c’est quand même pas moi ? » et à ce moment-là j’ai « chassé » et j’étais à deux doigts de me prendre le mur en face à la sortie du virage. On avait encore une bonne avance à ce moment-là. J’ai vu la moto assistance mais c’était fini…Dans la tête ça va très vite. C’est quand même fou d’avoir si peu de chance ! On n’a pas crevé de la semaine et il faut que ça tombe sur moi, qui suis devant, dans l’échappée qui, pour une fois, va jouer la gagne. Ca aurait pu être n’importe quel coureur du peloton, et non c’est moi. L’équipe a fait la course parfaite et moi aussi. Je suis sorti à mi-course, j’ai joué les bonifications, j’ai mis plusieurs attaques pour nous relancer par rapport au peloton et ça allait le faire ! C’était un truc de fou, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ces sensations et quand je dis ça ce n’est pas de l’euphorie, j’avais les jambes. Il faut vraiment que ça tourne, toute l’équipe le mérite… »

Benoit Jarrier (3ème) 
 « Ce n’est pas de la déception, c’est de la frustration…La déception c’est quand on se loupe. Mais là c’est une crevaison. C’est tellement frustrant. Quand on a vu Max à 4 kilomètres de l’arrivée sur le bord de la route on s’est dit « ce n’est pas possible… » Tout est allé très vite, je me suis replacé pour le sprint, j’ai eu l’ouverture, je fais troisième mais c’est anecdotique.
On est super frustrés mais on ne va rien lâcher. On n’est plus que cinq coureurs mais les cinq coureurs qui sont là font à 200% leur part de boulot, on ne loupe jamais les bons coups, on a un super groupe, on s’entend tous très bien. On va continuer. »
Roger Tréhin, directeur sportif

« C’est quand même un truc de dingue ! Maxime Daniel avait réussi un super coup en s’échappant en compagnie de James (Côtes d’Armor-Marie Morin) et Dernies (Nature4eever-Roubaix-Lille Métropole) et en parvenant à résister au peloton. Il avait engrangé neuf secondes de bonification dans les trois sprints intermédiaires en démontrant qu’il était bien le plus rapide et était assuré de devenir le leader du Tour de Bretagne mais il a été victime d’une crevaison à cinq kilomètres de l’arrivée. L’unique crevaison pour nous cette semaine ! Il a été passé par le peloton et a été dépanné ensuite. Il finit à une vingtaine de secondes… C’est vraiment la scoumoune. La pluie était apparue dans le final et avait favorisé l’échappée tandis que le leader de la course, l’Italien Dainese SEG Racing) avait été victime de deux chutes. James est allé au bout et a gagné ! Benoît Jarrier a pris la troisième place mais quand t’es passé si près de la victoire, ce n’est pas une consolation. On prenait le maillot de leader, en ayant les autres coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic placés au général. On aurait été dans l’obligation de rouler mais on aurait été en position de force. Bon, on ne va pas baisser les bras… Lundi, la cinquième étape entre Rougé et Le Ferré non loin de Fougères, est vallonnée. Il y aura six côtes répertoriées avant une dernière ligne droite de 1500 mètres. »

Clément Russo s’échappe, Maxime Daniel cinquième

L’équipe Arkéa-Samsic, privée de Thibault Guernalec blessé à la cheville, a été irréprochable tout au long de la troisième étape du Tour de Bretagne. Clément Russo a été échappé une grande partie de l’étape, Franck Bonnamour et Benoît Jarrier ont attaqué dans le final et Maxime Daniel a pris la cinquième place d’un sprint gagné à Guégon par l’Italie Dainese (SEG Racing).

Clément Russo

 « Au début je suis sorti tout seul. Des coureurs sont revenus sur moi. On a vite pris de l’avance car le peloton ne s’est pas lancé à notre poursuite. On a bien roulé toute la journée. Mais le final avec le vent soufflant de côté ou de face nous a fait mal. Par rapport au peloton on ne faisait pas le poids. Il y avait 80% de chances que ça n’aille pas au bout mais j’y ai cru, il faut toujours y croire…Quand à un tour et demi de l’arrivée nous n’avions plus que 30 à 40 secondes d’avance j’ai senti qu’on serait un peu juste. Aujourd’hui j’ai joué les bonifications, c’est toujours intéressant pour le classement général. Pour l’instant on ne gagne pas mais j’espère qu’au fil des jours ça ira de mieux en mieux. Avec les courses longues que l’on a pu faire en début de saison, on arrive assez bien à encaisser les kilomètres et la succession d’étapes »

Roger Tréhin, directeur sportif

« On a fait une belle étape et du bon travail mais on n’est toujours pas payé ! Nous avons été offensifs, les coureurs d’Arkéa-Samsic n’ont rien à se reprocher. Clément Russo a été échappé une grande partie de la journée avec quatre coureurs, ils ont compté près de cinq minutes d’avance et Clément en a profité pour prendre des secondes de bonification. Comme la veille, beaucoup d’équipes souhaitaient un sprint massif mais je ne sais pourquoi la Groupama-FDJ Continentale qui n’a pas un sprinteur a été la principale à rouler pendant 60 kilomètres ! Après, ça s‘est enchaîné et les échappés ont été repris sur le circuit. Franck Bonnamour a attaqué à huit kilomètres du but, Benoît Jarrier a accompagné un mouvement à trois kilomètres de la ligne mais il y a bien eu un sprint. Comme la veille, Dainese (SEG Racing) l’a emporté facilement. Maxime Daniel s’était réservé toute la journée et prend la cinquième place. Le seul mauvais point de cette journée est l’abandon de Thibault Guernalec. Il avait chuté vendredi et le soir il se plaignait de la cheville. Au réveil, il ne pouvait pas mettre le pied par terre. Il a fait un essai sur home-trainer mais c’était impossible qu’il prenne le départ. Demain, l’étape de Châteaubriant est théoriquement la plus facile du Tour de Bretagne et le scénario risque d’être identique. »

Maxime Daniel, 3ème du classement général

La première étape du Tour de Bretagne gagnée au sprint par l’Italien Belletti (Androni-Sidermec) a été mise à profit par l’équipe Arkéa-Samsic pour afficher une tendance positive. Très active, elle a participé à tous les mouvements de course et Maxime Daniel, disputant les sprints intermédiaires, s’est donné le droit d’occuper la troisième place du classement général par le jeu des bonifications. Un gout d’inachevé tout de même pour notre sprinteur, après avoir été gêné à 800 mètres de l’arrivée…

 

Maxime Daniel

 « À 800m de la ligne, un coureur tombe devant moi et m’envoie sur le trottoir. J’ai évité les poubelles mais j’ai dû mettre pied à terre. A ce moment là, je n’avais plus qu’un objectif, finir avec l’arrière du peloton pour ne pas perdre de temps. J’ai fait les bonifs toute la journée, je ne voulais pas m’être battu pour gagner des secondes puis les perdre bêtement dans la dernière ligne droite. C’est frustrant, j’avais les jambes pour faire un bon sprint mais j’ai envie de retenir le positif, la forme est là. Je loupe une opportunité, mais je ne jouerai pas de malchance tous les jours, on va me revoir sur ce Tour de Bretagne. On a une équipe pour faire de belles choses et on va le faire. »

Roger Trehin – directeur sportif 

« On a fait une belle étape, mais il y a eu une chute dans le dernier kilomètre impliquant Maxime Daniel qui nous a fait frémir. En route il avait pris cinq secondes de bonification et puisqu’il a réussir à finir dans le temps du vainqueur, cela lui permet d’être troisième du classement général. Toute la journée, nous avons été actifs, présents dans tous les coups au cours d’une étape très nerveuse. Ici, ça part dans tous les sens et ça ne se relève jamais ! Thibault Guernalec a chuté, de même que Franck Bonnamour. Tous deux ont tapé le genou mais ça a l’air d’aller… On avait prévu de faire les bonifications, dans le Tour de Bretagne ça peut servir. On voulait ne pas subir et nos coureurs y sont allés à tour de rôle. Thibault Guernalec le premier puis Benoît Jarrier et Clément Russo dans le final. C’est de bon augure mais il faut être présent tout le temps en étant solidaires. Le groupe l’est et nous avons donc de bonnes choses à faire ! Warren Barguil a rendu visite à ses équipiers à l’arrivée et il a promis de revenir demain si on gagne.»

Warren Barguil en spectateur

Après un après-midi rééducation,  notre leader est venu encourager les copains sur le circuit final de la première étape du Tour Bretagne !

 

LA PREMIÈRE D’ELIE GESBERT

Pas récompensé de ses efforts depuis le début du Tour de Bretagne, Elie Gesbert avait coché cette sixième étape. À 22 kilomètres de l’arrivée, le breton sort du peloton en compagnie de trois coureurs, il les dépose quelques kilomètres plus loin et rentre seul sur le trio de tête. Il attaque une nouvelle fois à sept kilomètres de l’arrivée, ses poursuivants ne le reverront pas, Elie s’impose en solitaire sur l’étape reine du Tour de Bretagne.

Elie Gesbert (vainqueur) : « Depuis le début du Tour de Bretagne, je suis dans le coup quasiment à chaque fois. C’est frustrant parce qu’avec ma fringale sur la deuxième étape je me suis tiré une balle dans le pied pour le général. J’étais animé par un sentiment de revanche, et je suis très content de pouvoir offrir cette victoire à notre formation. Ça récompense le travail de toute l’équipe. A l’arrivée, staff et coureurs étaient vraiment heureux pour moi.

C’était une étape dure. Le profil me convenait. Par contre, je ne suis pas un adepte du mauvais temps. On a pris la pluie quasiment toute la journée, il fallait bien se couvrir mais pas non plus étouffer (rires). C’était une longue et dure journée, je pense que ça rend la victoire encore plus belle. Les jambes se sont débloquées petit à petit. Je voulais flinguer à trois tours mais j’ai chuté. Ça m’a particulièrement énervé de tomber comme ça. Je me suis dit « fais chi** je ne peux pas rester là dessus ». Je suis remonté sur le vélo et je suis rapidement rentré. J’ai accompagné un coup, mais on ne s’entendait pas donc j’ai décidé de rentrer seul sur l’échappée. Dans le dernier tour, je voulais attendre la dernière rampe de la bosse pour attaquer mais j’ai eu peur du retour du peloton. Il y a eu un petit moment de flottement dans notre groupe, j’en ai mis une pour tester et j’ai vu que personne ne suivait, j’ai insisté et j’ai fait le trou. J’avais déjà gagné sur une classe 2 mais c’est la première fois avec le maillot de l’équipe. Je m’en souviendrai un moment. Quand on est breton, gagner en Bretagne, en portant le maillot d’une équipe bretonne, c’est vraiment quelque chose. Je n’ai pas pris le temps de savourer les encouragements car derrière ils n’étaient pas très loin mais j’entendais le public sur le bord de la route crier mon nom. Malgré la pluie, il y avait une belle ambiance. »

Brice Feillu : « Cette victoire d’Elie fait du bien à toute l’équipe. Nous étions attendus sur le Tour de Bretagne, et pour le moment on passait un peu à côté. On savait qu’Elie marchait bien. On était tous les deux dans le premier peloton avec une trentaine de coureurs. Quand Elie est rentré après sa chute, je suis allé le voir il m’a dit que tout allait bien. Certaines chutes peuvent énerver dans le sens positif du terme. Cela provoque une décharge d’adrénaline et on est surmotivé. Je crois que ça a été le cas pour Elie (rires) On avait prévu de placer une attaque à trois ou deux tours de l’arrivée. Si ça rentrait sur Elie, j’en aurais remis une. C’est une très belle victoire. Quand un coureur de chez nous gagne c’est toujours un plaisir et c’est encore plus vrai quand on est sur la course. »

Roger Tréhin – directeur sportif : « Il a vraiment bien manœuvré. Au briefing on était tous sur la même longueur d’onde, se battre pour la victoire d’étape. Nous étions la seule conti à ne pas avoir gagné, il fallait rectifier ça. C’est toujours facile à dire mais Elie l’a fait, avec la manière, malgré les conditions difficiles. Chapeau. »