Warren Barguil reste en course pour un Top 10

Naïro Quintana (Movistar) a gagné en solitaire la première étape des Alpes marquée par l’échappée d’Amaël Moinard et le Colombien en a profité pour s‘installer dans le Top 10 du Tour de France. Douzième du classement général, Warren Barguil a reconnu ne pas être dans une grande journée mais il est toujours au contact des meilleurs et reste en course pour atteindre son objectif.

Yvon Ledanois – directeur sportif : « La course des costauds a commencé quand Bernal (Team Ineos) a attaqué à 3 kilomètres du sommet. Jusque-là, le peloton maillot jaune a roulé tempo mais ça a été très rapide depuis le départ. Trente-quatre coureurs se sont échappés dont Amaël Moinard. C’était important qu’il soit là. Il a tout donné pour passer les cols de Vars et d’Izoard à l’avant et il a ravitaillé Warren Barguil à la sortie de Briançon. Warren n’était pas dans un super jour et dans ces conditions, c’est bien qu’il se soit accroché et qu’il finisse au contact des meilleurs. Désormais il va y avoir deux courses, celle pour gagner le Tour et celle du Top 10 dont l’équipe Arkéa-Samsic fait partie. Le jour où il sera super bien, Warren devra courir juste. Demain et après-demain, ce sera violent. De la part d’Ineos avec Bernal et Thomas qui peuvent déstabiliser Alaphilippe. En direction de Tignes, ce sera très difficile et très tôt avec une approche du col de l’Iseran qui va peser dans les jambes.»

Warren Barguil (12e du CG) : « J’étais bien dans l’Izoard, je n’étais pas super dans le Galibier. Il ne me manque pas grand chose pour basculer avec les meilleurs mais je savais que ce serait difficile de revenir dans la descente. J’ai fait une bonne descente mais je suis resté prudent. J’ai vu George Bennett tomber devant moi.  J’ai un bon niveau, j’étais un peu moins bien aujourd’hui, j’espère que c’était ma mauvaise journée du Tour. »

Amael Moinard : «  Prendre l’échappée fut une première grosse bataille. Ça a mis du temps à sortir, on y est allé à tour de rôle. Le bon coup est parti vite et en costaud, c’était un bon point pour moi d’être dedans. Je me suis accroché dans l’Izoard et j’ai été repris à Briançon par le groupe de Warren. J’étais à bloc mais je l’ai abrité du vent jusqu’au pied du Lautaret, je lui ai donné un dernier bidon et je me suis écarté. J’ai pris mon temps pour la dernière difficulté, mais ce n’est pas pour ça que j’ai profité du paysage. J’étais bien occupé, je me concentrais pour me faire le moins mal possible. Dans les deux prochains jours, je pense qu’il n’y aura pas beaucoup de surprises et que ça sera une explication entre les meilleurs. Pour nous, il faudra prendre un coup d’avance, pour être avec Warren à l’amorce de la dernière difficulté. »

Elie Gesbert et Warren Barguil ont fait la course en tête

L’équipe Arkéa-Samsic a été omniprésente tout au long de la quatorzième étape du Tour de France. Elie Gesbert, désigné le plus combattif du jour, a été échappé toute la journée et a vécu un très grand moment en abordant, seul, l’ascension du Tourmalet. Repris à 10 kilomètres de l’arrivée, il a vu son leader Warren Barguil attaquer dans le final avant de prendre une très belle neuvième place lui permettant de se rapprocher à grand pas du Top 10 au classement général.

Yvon Ledanois : « J’ai passé une bonne journée, le bilan est positif. Aujourd’hui, on n’a pas montré le maillot, on a fait la course en prenant nos responsabilités. Elie Gesbert sort la tête de l’eau, il a été au bagne pendant deux semaines et il en était malheureux mais il s’est rassuré dans le contre la montre. Je pense que ça l’a débloqué psychologiquement. Il était échappé tout seul dans le Tourmalet, ça procure beaucoup de belles choses pour lui. Pour Warren, c’était important aussi de savoir Elie devant en étant soutenu jusqu’au pied du Tourmalet par Amaël Moinard. Quand Warren a attaqué, tout le monde était à bloc, il a eu raison de le faire. Au vu de l’écart à l’arrivée, en prenant un peu plus de temps, 40 secondes, il aurait pu jouer un coup mais il n’est pas très loin du Warren Barguil de 2017. La dernière semaine va être bonne pour lui quand d’autres vont décliner. C’est bien qu’il ait bougé aujourd’hui, s’il ne bouge pas il finit peut être cinquième et à vingt secondes mais il sait maintenant qu’il a de super jambes. Ce soir, au classement général, il est treizième, pas loin du Top 10 mais qu’il reste concentré sur notre objectif de gagner une étape, le général viendra avec. »

Warren Barguil : “Dans le Tourmalet, il restait seulement Wout Poels (Team Ineos) pour faire le tempo. J’ai peut-être attaqué un peu tôt. Je me suis dit que c’était un faux tempo et que c’était bon pour moi, mais en fait non (il rigole). Après, c’est une belle étape, je finis neuvième. C’est bien pour Thibaut Pinot, on s‘est dit en cours de route qu’il devait aller la chercher… J’ai l’habitude de venir ici, dans le Tourmalet et c’est bien que je sois dans le final, je suis content de moi. Après un an et demi de galère, ça fait du bien. Je me sens au même niveau qu’en 2017 mais le niveau de ce Tour est plus élevé.”

Elie Gesbert : “J’avais très envie de tenter l’échappée aujourd’hui. Je suis sorti une première fois avec Nibali et Sagan, mais je ne me suis pas enflammé et j’ai attendu qu’un gros groupe ressorte. 17 coureurs à l’avant, ça commençait à être interessant, mais l’équipe Groupama-FDJ a très vite contrôlé. Ils ne nous ont jamais laissés plus de 3 minutes. Le premier col est arrivé assez vite, on s’est retrouvé à trois devant avec Wellens et Nibali, ils voulaient surtout se disputer les points du grimpeur. On est repris par les poursuivants au pied du Tourmalet. Sicard a porté une première attaque, je suis sorti derrière, je l’ai rattrapé et je suis parti seul. Pendant 5 kilomètres, j’ai profité de la foule et des encouragements, c’était incroyable et ça fait un bien fou au moral. À un moment, j’ai réalisé : « Je suis sur la Tour de France, dans une montée finale comme le Tourmalet et je suis seul en tête ». L’écart était faible au pied mais il faut toujours y croire sinon il ne faut pas prendre le départ. Depuis le début du Tour, je me fais un peu taper dessus, aujourd’hui j’ai retrouvé de bonnes sensations, c’est un vrai plaisir. “

Elie Gesbert et Warren Barguil ont fait la course en tête

L’équipe Arkéa-Samsic a été omniprésente tout au long de la quatorzième étape du Tour de France. Elie Gesbert, désigné le plus combattif du jour, a été échappé toute la journée et a vécu un très grand moment en abordant, seul, l’ascension du Tourmalet. Repris à 10 kilomètres de l’arrivée, il a vu son leader Warren Barguil attaquer dans le final avant de prendre une très belle neuvième place lui permettant de se rapprocher à grand pas du Top 10 au classement général.

Yvon Ledanois : « J’ai passé une bonne journée, le bilan est positif. Aujourd’hui, on n’a pas montré le maillot, on a fait la course en prenant nos responsabilités. Elie Gesbert sort la tête de l’eau, il a été au bagne pendant deux semaines et il en était malheureux mais il s’est rassuré dans le contre la montre. Je pense que ça l’a débloqué psychologiquement. Il était échappé tout seul dans le Tourmalet, ça procure beaucoup de belles choses pour lui. Pour Warren, c’était important aussi de savoir Elie devant en étant soutenu jusqu’au pied du Tourmalet par Amaël Moinard. Quand Warren a attaqué, tout le monde était à bloc, il a eu raison de le faire. Au vu de l’écart à l’arrivée, en prenant un peu plus de temps, 40 secondes, il aurait pu jouer un coup mais il n’est pas très loin du Warren Barguil de 2017. La dernière semaine va être bonne pour lui quand d’autres vont décliner. C’est bien qu’il ait bougé aujourd’hui, s’il ne bouge pas il finit peut être cinquième et à vingt secondes mais il sait maintenant qu’il a de super jambes. Ce soir, au classement général, il est treizième, pas loin du Top 10 mais qu’il reste concentré sur notre objectif de gagner une étape, le général viendra avec. »

Warren Barguil : “Dans le Tourmalet, il restait seulement Wout Poels (Team Ineos) pour faire le tempo. J’ai peut-être attaqué un peu tôt. Je me suis dit que c’était un faux tempo et que c’était bon pour moi, mais en fait non (il rigole). Après, c’est une belle étape, je finis neuvième. C’est bien pour Thibaut Pinot, on s‘est dit en cours de route qu’il devait aller la chercher… J’ai l’habitude de venir ici, dans le Tourmalet et c’est bien que je sois dans le final, je suis content de moi. Après un an et demi de galère, ça fait du bien. Je me sens au même niveau qu’en 2017 mais le niveau de ce Tour est plus élevé.”

Elie Gesbert : “J’avais très envie de tenter l’échappée aujourd’hui. Je suis sorti une première fois avec Nibali et Sagan, mais je ne me suis pas enflammé et j’ai attendu qu’un gros groupe ressorte. 17 coureurs à l’avant, ça commençait à être interessant, mais l’équipe Groupama-FDJ a très vite contrôlé. Ils ne nous ont jamais laissés plus de 3 minutes. Le premier col est arrivé assez vite, on s’est retrouvé à trois devant avec Wellens et Nibali, ils voulaient surtout se disputer les points du grimpeur. On est repris par les poursuivants au pied du Tourmalet. Sicard a porté une première attaque, je suis sorti derrière, je l’ai rattrapé et je suis parti seul. Pendant 5 kilomètres, j’ai profité de la foule et des encouragements, c’était incroyable et ça fait un bien fou au moral. À un moment, j’ai réalisé : « Je suis sur la Tour de France, dans une montée finale comme le Tourmalet et je suis seul en tête ». L’écart était faible au pied mais il faut toujours y croire sinon il ne faut pas prendre le départ. Depuis le début du Tour, je me fais un peu taper dessus, aujourd’hui j’ai retrouvé de bonnes sensations, c’est un vrai plaisir. “

Kévin Ledanois était dans la bonne échappée

Cette étape était destinée à une échappée. Avec deux cols se situant loin de l’arrivée et à la veille d’un contre la montre très important à Pau, les favoris ne se sont pas livrés. Kevin Ledanois a pris place dans une échappée de 38 coureurs sans pouvoir lutter dans la dernière ascension avec les grimpeurs, notamment Simon Yates (Mitchelton-Scott) vainqueur à Bagnères-de-Bigorre.

Kévin Ledanois : «  J’étais bien placé au départ pour prendre l’échappée, qui allait forcément être interessante. Ça a bataillé pendant 50 kilomètres pour sortir. J’étais content d’être à l’avant mais j’ai laissé beaucoup de cartouches pour la prendre. J’ai rapidement senti que je n’avais pas de super jambes, mais une fois à l’avant, sur le Tour, la tête reprend le dessus et on donne le maximum. Dans Peyresourde, j’étais bien au pied, un peu moins en haut, j’ai récupéré dans la descente, puis j’ai rendu les armes dans la dernière montée. À 5 kilomètres du sommet, je n’avais plus de jus, j’ai monté à mon rythme et j’ai déroulé dans la descente. Ma journée était finie, ça ne servait à rien de laisser de l’énergie pour aller chercher une vingt-cinquième place. J’ai été repris par les favoris à 4 kilomètres de l’arrivée. C’est toujours un plaisir d’intégrer des échappées en montagne, mais je suis déçu de ne pas avoir été dans une super journée. On a douze étapes dans les jambes, forcément ça pèse dans les moments clés. Même dans une super journée, ça aurait été difficile de jouer la gagne, mais avec ce final en descente je pouvais aller faire un résultat. Il nous reste dix jours pour bien faire. »

Warren Barguil, un Top 10 sur le plat !

Warren Barguil a des fourmis dans les jambes. Après avoir profité du travail de ses équipiers le replaçant dans le peloton après une chute qui l’avait contraint à mettre pied à terre à 35 kilomètres de l’arrivée, le champion de France a accompagné les sprinteurs dans les rues de Toulouse pour s’offrir un surprenant Top 10. Pas de doute, le leader de l’équipe Arkéa-Samsic est en forme !

Warren Barguil : “À 35 kilomètres de l’arrivée ça tombe juste devant moi. J’arrive à m’arrêter, mais un coureur percute Anthony Delaplace qui me tombe un peu dessus… On est reparti le plus vite possible, mais quand le peloton roule à 45 km/h on prend rapidement du retard. Mes coéquipiers ont fait un super boulot pour me ramener dans le peloton, mais ils y ont laissé du jus en vue du sprint. Dans la dernière montée, j’ai dit à André Greipel de prendre ma roue, j’ai essayé de le placer du mieux possible, on était derrière les coureurs de Jumbo-Visma, mais il a été obligé de freiner dans le dernier virage. Dommage, je le sentais bien pour nous sortir un bon sprint. Moi je suis resté dans la file, je voulais rester concentré pour ne prendre aucun risque. Je ne suis pas allé frotter avec les sprinteurs. Il faut savoir rouler vite dans le vélo, travailler pour un sprinteur c’est quelque chose que j’aime faire. Demain, c’est un autre morceau, j’espère que j’aurai les mêmes jambes que la semaine dernière.”

André Greipel : «J’étais en bonne position, pas pour gagner, mais pour faire un bon sprint au moins. Mais j’ai été piégé par une chicane, j’ai dû freiner. Warren a fait du super job ! »

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Hier, nos coureurs ont fait une petite sortie dans la matinée en compagnie de leur manager Emmanuel Hubert avant de bien se reposer. La remise en route n’a pas posé de problème… Aujourd’hui, la seule alerte a concerné Warren Barguil, gêné par la chute fatale à Terpstra (Total-Direct Energie). Il figurait dans un troisième peloton mais ses équipiers ont fait un très gros effort pour le replacer. Il signe un top 10 même si on n’attend pas ça de lui. Un grimpeur qui va faire le sprint, c’est qu’il marche ! Demain, on arrive sur son terrain. Une échappée va se développer dans les 120 premiers kilomètres durant lesquels les coureurs seront en prise. Ce serait bien qu’un de nos coureurs y figurent. Ensuite on va escalader le col de Peyresourde qui fera mal si l’ascension est rapide. La descente déposera les coureurs au pied de la Hourquette d’Ancizans qui est dure (10 km à 8% de moyenne). Au sommet, il restera 30 kilomètres pour atteindre Bagnères-de-Bigorre. »

“Gagner une étape reste l’objectif” – TDF 10

Un coup de vent, à trente kilomètres de l’arrivée, a scindé le peloton en plusieurs groupes et a fait de nombreuses victimes, à l’image de Pinot (Groupama-FDJ), Fuglsang (Astana) ou Porte (Trek-Segafredo). Accompagné de Kevin Ledanois, Warren Barguil, qui apprécie les courses de bordures, a fini dans le premier groupe et accède à la dix-septième place du classement général.

Warren Barguil :  « C’était une journée difficile. Avant le dernier grimpeur on avait déjà bien roulé. J’étais toujours bien placé, les gars ont fait un bon boulot. À 40km de l’arrivée, on passe dans un village et je fais toujours très attention à la signalétique, je vois qu’on va prendre un rond point et qu’il faut tourner à droite. J’ai réussi à bien le prendre, et ça a mis en route juste après. Ceux qui sont passés à gauche ont perdu du temps. J’avais un gros braquet 55-11 au final ça m’a bien servi, ça roulait très vite. Ensuite, je me suis mis dans la roue de Julian pour éviter tous les pièges. On était bien en file, ça a dû ralentir un peu et je touche sa roue. Landa essayait de me remonter sur la gauche, je déchausse et je le touche sans faire exprès. Je perds mes deux pédales, lui malheureusement est arrêté dans l’herbe. Je me retrouve à 5 mètres du groupe, Kevin le voit tout de suite, il se met dernier et j’arrive à reprendre les roues. J’ai évité la chute miraculeusement. Ensuite, j’ai essayé de tenir au mieux le groupe. C’était une première semaine éprouvante. »

Kevin Ledanois :  « Je suis sur le Tour pour être placé avec mes leaders dans ces étapes-là. Ce n’est pas une victoire d’être à l’avant, mais je suis content d’avoir réussi à le faire aujourd’hui. Après la journée d’hier, j’avais peur de coincer dans le final, mais finalement ça n’allait pas trop mal. Quand le Team Ineos a accéléré avant la dernière côte, j’étais bien placé avec André, qui nous a dit de rester là et de ne surtout pas reculer. Ensuite on a pris le ron- point à droite avec Warren et on s’est retrouvé dans les 15 premiers. C’est à ce moment-là que ça s’est mis à visser. Je suis passé dans un trou de souris, je me suis retourné et j’ai vu Warren. Je n’ai pas vu les derniers kilomètres passer, j’étais concentré, je gardais un œil sur Warren, à chaque changement de direction, on remontait pour ne pas se faire piéger. C’était une journée très intense. »

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Pour nous, c’est  une bonne journée. Warren Barguil est entré dans le Top 20 du Tour et si on m’avait dit qu’il le ferait avant d’entrer dans la montagne, j’aurais eu du mal à le croire. Avec ce qu’il s’est passé en fin d’étape, on ne va pas crier victoire. Je n’ai pas envie de sauter en l’air, il ne faut pas se réjouir de la défaite d’adversaires, l’humilité fait partie des devoirs de chacun, qui plus est du directeur sportif. Ce qui est arrivé à d’autres peut nous arriver demain. Le Tour peut te donner la gloire un jour et tout te prendre en quelques secondes. Je retiens que nous devons continuer de courir comme on l’a fait, en étant proche de Warren. Il finit devant avec Kevin Ledanois qui aime frotter et a été un soutien rassurant pour notre leader. Certains de notre équipe comme André Greipel auraient pu être devant mais en prenant un rond-point du mauvais côté, le coup est parti sans eux. Aujourd’hui, tout le monde s’est impliqué et c’est comme ça qu’on va aller chercher un résultat. Anthony Delaplace m’a dit à mi-étape qu’il était cuit mais il a continué de bosser, il s’est sacrifié, comme tous les coureurs de l’équipe. Alors ce soir, on est content mais l’objectif reste de gagner une étape. Warren va perdre du temps dans le chrono à Pau. Il risque d’être à plus de cinq minutes. Il ne sera pas parmi les plus dangereux à surveiller dans un premier temps et forcément il y aura une opportunité à saisir. Les organismes sont fatigués, c’est une donnée qu’il faut prendre en compte. Nous sommes heureux d’atteindre la journée de repos. Les gars iront faire, s’ils le veulent, un petit tour de vélo, en fin de matinée. C’est un Tour super exigeant, si un coureur n’a pas envie de rouler, on le laissera tranquille. »

Anthony Delaplace : “Si on écoute son corps, on reste dans le peloton”

Anthony Delaplace a pris place dans une échappée de quinze coureurs au cours de la neuvième étape et a pris à Brioude la dixième place, un peu plus de deux minutes après le vainqueur Impey (Mitchelton-Scott). C’était pour l’équipe Arkéa-Samsic un bon moyen de conclure une première semaine de course réussie.

Anthony Delaplace, 10ème :  «  Forcément, être échappé le 14 juillet, c’est particulier, mais c’est surtout être en échappée sur le Tour qui me fait plaisir. On savait qu’elle pouvait aller loin, donc on a suivi tous les coups. La première bosse a fait mal à tout le monde, mais je suis bien remonté sur la gauche avant le sommet et c’est parti à ce moment-là. Quand j’ai vu la composition du groupe je me suis dit deux choses : “ça va aller au bout” et “je suis avec de sacrés coureurs, ça va être dur pour la gagne”. Quand je suis à l’avant, je suis un coureur généreux, aujourd’hui j’ai essayé d’en faire le moins possible. Il y avait énormément de monde, on était deux français, j’ai reçu beaucoup d’encouragements. Passer une journée à l’avant sur le Tour c’est exceptionnel, mais avec l’équipe on cherche à aller dans les échappées qui peuvent aller au bout. Aujourd’hui, j’étais dans le bon coup mais quand ça a accéléré j’ai compris qu’il allait m’en manquer pour la victoire d’étape. Ce matin, j’avais mal aux jambes mais après huit jours de compétition le mental doit prendre le dessus sur le physique. Si on écoute son corps on reste dans le peloton, hier je n’étais pas très bien, aujourd’hui j’étais dans une bonne journée, il ne faut jamais rien lâcher sur le Tour.»

Yvon Ledanois, directeur sportif : « Avec Anthony Delaplace, j’étais content d’avoir un coureur devant, c’était l’objectif de la journée. Après, s’il est courageux, Anthony n’a pas une super pointe de vitesse, on se doutait que ce serait compliqué mais il donne toujours le maximum. Il est généreux et veut toujours en donner. On a essayé de le calmer pour qu’il en fasse le moins possible mais il était entouré par de sacrés clients et il a bien couru. A l’arrivée, le résultat est logique. Anthony signe un Top 10 et dans une carrière, à moins de s‘appeler Sagan, un coureur n’en fait pas 50 dans le Tour. Pour notre équipe ce résultat est bon pour le moral. Dans le peloton, hormis la vaine attaque de Bardet vent de face, on savait que ce serait calme. Warren Barguil a été placé par sécurité au pied de la dernière difficulté mais il a passé une journée tranquille et demain ce devrait être le cas aussi avant la journée de repos. Ensuite pourra commencer la deuxième partie du Tour où nous avons un bon challenge à relever. Dans son analyse, Warren est serein et réaliste. Oui il va perdre du temps dans le chrono à Pau mais il aura ensuite une bonne marge de manoeuvre. »

Warren Barguil : « Après une étape très difficile samedi, la journée a été plus relax. Ça m’a titillé d’aller dans les échappés cette semaine mais je savais que les sprinteurs allaient passer. Un gars comme Michaël Matthews a très envie de sprinter. J’attends donc les deuxième et troisième semaines, ça me correspondra plus. Ce début de Tour a été physique. Cette édition propose 10.000 mètres de dénivelé en plus et il fallait bien aller les chercher. C’était le programme de la première semaine, il y a eu des opportunité pour tous les types de coureurs avant la haute montagne. J’apprécie ce tracé. A La Planche des Belles Filles, j’ai pris du plaisir, je n’en avais pas pris en 2018. Etre avec les meilleurs a été une satisfaction. Disputer le Tour avec le maillot de champion de France, ça fait du bien. Ce maillot a été un soulagement. Pour moi, la deuxième semaine sera intéressante parce que j’aime bien les Pyrénées. Mon objectif reste de gagner une étape. L’arrivée au Prat-d’Albis au terme de la quinzième étape me convient bien et peut être une belle opportunité.  »

Warren Barguil : “J’ai rarement roulé aussi vite” TDF8

C’était une étape de fous et c’est un coureur habitué aux exploits, le Belge Thomas De Gendt (Lotto-Soudal), échappé toute la journée, qui l’a emporté à Saint-Etienne ! Au cours d’une étape extrêmement difficile, Warren Barguil a confirmé ses excellentes dispositions en finissant dans le premier groupe des costauds tandis que Maxime Bouet qui l’a accompagné jusqu’à la dernière difficulté s‘améliore de jour en jour.

Warren Barguil, 17ème : “Aujourd’hui, c’était une étape belle et rapide. J’ai rarement roulé aussi vite sur des routes aussi dures. J’ai fini exténué, c’était une journée difficile. Je remercie les copains d’Arkéa-Samsic qui m’ont permis d’être toujours bien placé et de me ravitailler. Demain, sera une journée spéciale, un 14 juillet avec le maillot de champion de France, sur le Tour de France !”

Maxime Bouet : “Pas un mètre de plat … Monter, descendre, virer à droite, virer à gauche, on n’a pas arrêté de la journée. J’ai habité deux ans à Saint-Etienne, quand j’étais au pôle espoir, je reconnaissais certaines routes. Je savais que c’était très dur.

Aujourd’hui, le placement était très important. Il suffit d’un moment d’inattention et tu peux te faire piéger. Depuis ma chute sur Paris-Nice, j’ai un peu d’appréhension à frotter mais aujourd’hui j’étais bien. À 20 kilomètres de l’arrivée, j’ai replacé Warren, je me suis assuré qu’il n’avait besoin de rien. Notre rôle était de rester autour de Warren, je pense qu’on a tous bien travaillé pour lui. Je sens que je progresse chaque jour, c’est très motivant pour la suite.”

Kévin Ledanois : “Au départ de Mâcon, nous avions des ambitions d’échappée, de vivre une belle journée mais il y a eu cette attaque de trois coureurs et ça a contrôlé tout de suite. Même en pointant De Marchi (CCC Team) dont on se doutait qu’il allait contrer, il y a eu un gros travail des grosses équipes pour cadenasser et nous n’avons pu y aller. Quand on voit le déroulement de la course, on n’a pas trop de regrets. De Gendt a fait du De Gendt ! 

Warren Barguil est bien, c’est le principal enseignement. Demain, jour de fête nationale, est une journée particulière, on va essayer de saisir les opportunités mais sinon ce sera tout pour notre leader. On sait bien que c’est lui, chez nous, qui peut gagner à la pédale. Personnellement, je trouve ce Tour plus dur que celui de l’an dernier. Le profil est différent, ça roule très vite… Du coup, je vois le Tour au jour le jour.”

Yvon Ledanois, directeur sportif : “Quelle étape ! C’était pire qu’une étape de montagne et ils l’ont faite à 40 km/h de moyenne ! Respect à tous les coureurs ! Aujourd’hui, on a la confirmation que Warren est bien. Il était un peu fatigué à l’arrivée mais tous les coureurs l’étaient. Il est dans le plan prévu mais si on m’avait dit ça il y a dix jours, j’aurais signé des deux mains. Notre leader se rassure auprès des costauds sans être sur son terrain de prédilection. Il pourra s’exprimer en troisième semaine. Il a vu que tous ses équipiers ont fait le boulot et ils sont tous à l’arrivée. Maxime Bouet a été victime d’une crevaison en début d’étape mais il a été le plus costaud auprès de Warren dans le final. Cette étape va marquer les organismes et dans ce contexte, le 14 juillet ne va rien changer, on va rester dans la même philosophie mai c’est évidemment un jour particulier pour les coureurs français. On va essayer de prendre l’échappée et d’aller loin !” 

Warren Barguil: “Placé et concentré”

Les feux sont au vert pour Warren Barguil, le leader d’Arkéa-Samsic a passé sans encombre la cinquième étape du Tour de France disputée sur un rythme très rapide en grande partie dans les Vosges et conclue à Colmar par la victoire de Sagan (Bora-Hansgrohe).

Warren Barguil :  « C’était la première journée avec un peu plus de dénivelé. Les gars m’ont bien protégé pour aborder l’avant-dernière difficulté. Ensuite, je suis resté placé et concentré pour les derniers kilomètres. Je reçois beaucoup d’encouragements tous les jours, je me sens bien, j’avance étape après étape. »

Maxime Bouet : « J’ai eu beaucoup de malchance dans ma carrière. Cette année, je suis tombé dans la deuxième étape de Paris-Nice, comme mon leader Warren Barguil et j’ai été arrêté pendant un mois en me déplaçant avec des béquilles. Puis j’ai roulé lent un mois comme un cyclo. J’ai repris au Tour de l’Ain, j’ai disputé le Critérium du Dauphiné, mon équipe m’a fait confiance et m’a engagé dans le Tour de France. J’y ai été très sensible et je m’en souviendrai pour la suite de ma carrière. Je retiens que j’ai connu beaucoup de galères mais je suis toujours revenu. Après, quand t’es blessé, ce n’est pas une vraie coupure, ce n’est pas du vrai repos, tu gamberges beaucoup. J’ai rongé mon frein. Je suis déçu aujourd’hui ne pas être avec Warren dans le premier groupe mais à mon compteur il y a 20 jours de courses, dont deux chronos et deux chutes. Ça devrait aller de mieux en mieux. »

 

Yvon Ledanois – directeur sportif : « Warren Barguil est devant donc c’est bien. L’étape s’est déroulée de façon rude et sur le mode rouleau compresseur absolu, il n’y a eu aucun moment de répit. Le coureur qui était dans une journée moyenne est dehors, celui qui est très bien est devant. Le bémol pour nous aujourd’hui est que pas un équipier n’a fini avec notre leader. Trois avaient été désignés mais n’y sont pas parvenus, Elie Gesbert, Amael Moinard et Maxime Bouet qui revient de très très loin, qui a été super sérieux pour arriver en forme dans le Tour mais est encore un tout petit peu juste. Demain, il faut un petit sursaut au sein de notre équipe, on ne va pas laisser Warren Barguil isolé trop loin de l’arrivée. Il sera donc impératif de mettre un coureur dans l’échappée et d’en voir un autre avec lui. La Planche des Belles Filles sera le premier vrai test pour les leaders. »

Yvon Ledanois : “Déçu par la place, pas par le temps.”

L’équipe Arkéa-Samsic a sans doute disputé ce dimanche l’étape du Tour de France lui convenant le moins. Appliquée et homogène, elle a plutôt bien limité la casse en lâchant moins de deux minutes aux vainqueurs, les intouchables coureurs de l’équipe Jumbo-Visma.

Warren Barguil  :  “C’est toujours un exercice spécifique. On n’est pas forcément avec les mêmes coureurs quand on fait des chronos par équipes pendant l’année donc c’est toujours particulier. On a réussi à bien s’entendre même si on manque de repère entre nous, c’était correct. Sur ce type de chrono il faut vraiment faire des relais courts sinon on s’endort. J’aime bien cet exercice, ça ne s’est pas trop mal passé, ça prouve la cohésion d’une équipe aussi. “
Yvon Ledanois :  “Je suis déçu par la place mais je suis content du temps. On finit avant-dernier de l’étape mais quand je vois le temps perdu sur de grandes équipes qui par le passé nous mettaient beaucoup plus loin, ce n’est pas si mal… Bien sûr, il ne faut pas s’emballer. Aujourd’hui, il y avait une équipe extra-terrestre, la Jumbo-Visma qui a mis tout le monde d’accord et puis les autres dans un schéma plutôt conventionnel. Nous perdons par exemple 45’’ sur Movistar qui fait du haut niveau et qui a déjà gagné des contre la montre par équipe, on n’a pas à rougir. Dans cette étape Warren Barguil était bien de même que Maxime Bouet qui aime bien l’exercice. Après, on sait qu’on n’a pas de grands spécialistes non plus pour rivaliser. Demain, nous aurons une étape de mouvements en raison des écarts au chrono par équipes. Il y aura une échappée mais Jumbo-Visma va avoir à cœur de conserver le maillot. Le final est dur, avec une série de côtes bien casse-pattes. Il n’y aura pas un peloton groupé pour jouer la gagne.”

Warren Barguil : “Ce maillot de champion de France me fait beaucoup de bien.”

Il y a toujours beaucoup de nervosité dans la première étape du Tour de France et si André Greipel n’a pu disputer le sprint, gêné par la chute de Groenewegen (Jumbo-Visma) à moins de deux kilomètres de l’arrivée, l’essentiel a été assuré pour l’équipe Arkéa-Samsic pour qui l’entame du Tour s’est déroulée sans problème.

Warren Barguil : « Ce maillot de champion de France me fait beaucoup de bien. Il efface des galères mais récompense beaucoup de travail, dans le doute parfois et ce n’est jamais facile de travailler dans le doute. Dans ce Tour de France, mon objectif est de passer la première semaine sans trop d’embûches. Le parcours ensuite m’avantage pas mal. Faire aussi bien que 2017 (deux victoires d’étapes et le maillot à pois) sera difficile mais gagner une étape oui, ce serait déjà très bien. C’est la volonté de mon équipe.

André Greipel : « Je pense que c’était dur pour tout le monde. Flo m’a toujours mis dans de bonnes conditions mais j’étais tout seul pour les derniers kilomètres. Les quatre derniers étaient très difficiles. J’étais comme une boule dans un flipper, ça zigzaguait à gauche puis à droite. Je suis content de ne pas chuter aujourd’hui. J’étais juste derrière. J’ai pu faire le sprint mais je n’étais pas bien placé dans les 800 derniers mètres. J’ai juste donné tout ce que je pouvais jusqu’à la ligne d’arrivée. Je me sens beaucoup mieux qu’au Dauphiné, ça n’a rien à voir. J’ai juste besoin d’un peu de chance. Je fais le maximum. Je pense que ma condition va s’améliorer, étapes après étapes. »

Yvon Ledanois : « Aujourd’hui, je pense que tous les coureurs ont souffert dans cette étape. Il y avait un public fou, c’était de petites routes, parfois pentues, nerveusement ils y ont laissé des plumes. Après tu croises les doigts pour ne pas avoir de coureurs de ton équipe dans les chutes. En l’occurrence, ils ont parfois été arrêtés mais ils ne sont pas tombés et ce soir c’est l’essentiel. La dernière chute, à 1,6 kilomètres de l’arrivée s’est produite entre la trentième et la trente-cinquième place dans le peloton et alors nous n’avions personne dans les trente premiers. On ne pouvait pas faire un résultat mais sur le faux-plat montant servant d’arrivée, cela aurait été de toute façon difficile. Il y a eu un moment assez tendu avant le secteur pavé de Thiméon à 77 kilomètres de l’arrivée mis ça ne servait à rien de s’affoler. Le peloton était morcelé, ça ne s’est pas relevé en raison du sprint intermédiaire imminent mais ensuite on reprenait un vent défavorable et il fallait donc rester calme et serein. Ce fut le cas pour nous. Maintenant, c’est place au contre la montre par équipes qui a lieu demain. On a reconnu le parcours en voiture, en vélo avec le trafic ce n’était pas possible. En terme de résultat, j’attends d’être dans le ventre mou des équipes qui ne s’en tirent pas mal, qui se tiennent entre 20 et 30 secondes, entre la 13e et la 18e place. »