Encore une tentative d’Elie Gesbert

Au lendemain d’une déception légitime, Elie Gesbert s’est de nouveau échappé dans la quatrième du Tour des Alpes mais le peloton a laissé une marge de manœuvre réduite aux attaquants repris dans la dernière difficulté. Jérémy Maion, soutenu par Amaël Moinard, a confirmé son niveau dans cette course relevée, entre la quinzième et la vingt-cinquième place

Sébastien Hinault : « Elie Gesbert s’est encore échappé, ce fut un peu la même étape que la veille mais cette fois on y a moins cru parce que dans ce groupe de sept coureurs il y avait Vuillermoz (ag2r-La Mondiale) et Andrey Zeits (Astana) bien classés au général. Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) a fait rouler très tôt ses équipiers. Le groupe d’Elie a compté jusqu’à 3 minutes d’avance mais en haut du premier col, le Forcella di Brez, il n’y avait plus qu’une minute et on savait que c’était foutu. Le Team Sky a pris la main et n’a pas desserré l’étau avant une vraie bagarre dans le deuxième col, le Passo Predaia. Elie a pas mal donné depuis deux jours et une fois repris, a fini tranquillement en prévision de Liège-Bastogne-Liège. Derrière le premier groupe réglé au sprint par Geoghegan Hart (Team Sky), Jérémy Maison et Amaël Moinard arrivent pour la dix-septième place. Dans cette course, c’est le niveau de Jérémy, entre la quinzième et la vingt-cinquième place. La dernière étape, demain, ne sera pas plus simple avec deux cols au programme et le mauvais temps annoncé. »

Elie Gesbert : ” Je suis un peu, beaucoup frustré”

Elie Gesbert et l’équipe Arkéa-Samsic n’ont vraiment pas été payés de leurs efforts au cours de la troisième étape du Tour des Alpes gagnée par Masnada (Androni-Sidermec). Echappé toute la journée, le coureur breton a été repris à six kilomètres de l’arrivée. Très déçu, il sait être passé près d’une belle victoire.

Elie Gesbert
« Je suis un peu, beaucoup frustré. La stratégie du jour était de prendre l’échappée pour aller jouer la victoire d’étape. Dans l’avant-dernier grimpeur je suis sorti avec le petit frère Nibali, ça rentre en bas de la descente, la collaboration n’était pas trop bonne. Les Italiens se regardaient un peu le nombril, j’ai décidé de partir avec Barcelo. On était deux et on roulait bien. J’ai réussi à prendre la bonne échappée sauf qu’on n’a pas pris énormément d’avance et ça ne s’est pas toujours bien entendu. Et puis, je n’ai pas trop compris pourquoi Ag2r-La Mondiale a roulé…Finalement on est arrivé au pied de la dernière ascension avec peu d’avance. Je me sentais bien c’est pour ça que je suis sorti tout seul dans le final…mais avec trop peu d’avance pour espérer aller gagner. Il me fallait 40 secondes de plus au pied de la dernière bosse et c’est revenu. Quand tu as passé toute la journée devant et que derrière les autres sont frais, c’est mort. Ce soir à l’arrivée je suis déçu, j’ai fait tout mon possible pour aller chercher la victoire.  »

Sébastien Hinault – directeur sportif 

« Franchement, je suis déçu. Elie Gesbert n’a rien à se reprocher. Il y a quand même un peu d’incompréhension sur les équipes qui sont allées rouler derrière lui mais chacun fait sa course. Bardiani-CSF a engagé la poursuite quand l’écart était de 4 minutes et puis Ag2r-La Mondiale a pris la main… C’est toujours le même scénario, le Team Sky laisse l’écart filer et il y a toujours une équipe qui craque et va rouler à sa place. Elie avait attaqué après 9 kilomètres dans la première côte. Ils étaient une dizaine en tête mais la présence de Boaro (Astana) qui était bien classé au général pouvait être ennuyeuse. J’ai conseille à Elie d’anticiper et il a attaqué une première fois. Puis dans un petit col l’Espagnol Barcelo (Euskadi-Murias) a été le seul à l’accompagner avant de craquer dans la dernière difficulté. Pas de doute, Elie était le plus fort de l’échappée et c’est rageant. Notre stratégie de départ était qu’il soit dans l’échappée parce qu’il aime ce type de côtes mais une fois le peloton revenu à une minute de lui, les costauds ont fait la course. Il a été repris à 6 kilomètres de l’arrivée. »

Jérémy Maison « Je n’ai rien lâché »

Jérémy Maison a fait une très belle deuxième étape du Tour des Alpes marquée par l’ascension d’un col à plus de 2.000 mètres d’altitude mais a été malchanceux. En dépit d’une panne de dérailleur en pleine bagarre, il a bouclé cette journée dans le groupe de Christopher Froome. Vraiment dommage…

Jérémy Maison : « On a dû faire face à un vent de fou toute la journée. Il faisait vraiment froid en même temps à 2000 mètres d’altitude on s’y attendait (rires). Sur la première partie de course, je n’avais pas trop de sensations mais avec du recul je crois que tout le monde était dans le même état car il y avait un gros tempo. Au pied de la montée principale, j’ai eu un souci de dérailleur, j’ai dû redescendre à ma voiture. Je ne me suis pas affolé et j’ai repris l’ascension. Je revenais sur les lâchés et au bout de 3km je suis rentré sur le peloton. À ce moment là j’ai vu que les jambes étaient bonnes, le but était de s’accrocher le plus longtemps possible. Sur le sommet, j’ai coincé un petit peu. En haut, j’ai pris le temps de bien me couvrir et je me suis lancé dans la descente. Je suis revenu sur le groupe de Froome. Au pied de la dernière ascension, j’étais dans sa roue en deuxième position, j’ai même hésité à attaquer. Aujourd’hui, il fallait les jambes et le mental. Je n’ai rien lâché ! Il reste trois belles étapes. »

Sébastien Hinault : « Jérémy finit de l’étape à la 21eplace et sans un ennui mécanique,il aurait été avec les meilleurs. Il est tombé en panne de dérailleur au pied de la principale ascension du jour, le Passo Monte Giovo dont le sommet culmine à près de 2.100 mètres tandis que l’équipe Bahrain-Merida de Vincenzo Nibali lançait la bagarre. Jérémy n’a pas baissé les bras, a fait une belle course poursuite et a repris place dans le peloton avant de payer ses efforts non loin du sommet. Il ne bascule pas loin mais a continué de se battre en faisant une très belle descente. Il finit dans le groupe Froome-Vuillermoz à 1’40’’ du vainqueur, le jeune Sivakov (Team Sky).  Il a fait une belle étape et c’est bien pour sa confiance. Il marche bien et lui qui préfère la chaleur, il a bien supporté les conditions météo rencontrées au sommet, de la pluie, du brouillard et pas plus de deux degrés !
Au Passo Giovo, Amaël Moinard était quasiment avec Jérémy mais il n’a pas fait la même descente. Elie Gesbert a lâché prise à 3 kilomètres du sommet. Brice Feillu un peu plus tôt tandis que Romain Le Roux, vaincu par ses allergies, a abandonné. »