Yvon Ledanois : “ça coute de l’énergie, mais…”

Le Mont Faron faisait office de ligne d’arrivée finale du Tour du Haut-Var 2019. Romain Le Roux a bouché 40 secondes pour revenir sur l’échappée du jour et travailler à l’avant de la course. Dans le peloton, l’équipe était soudée pour aborder au mieux le final. Amael Moinard se classe 17ème et Jérémy Maison 18ème.

Florian Vachon :

« Aujourd’hui ça se résume à une montée sèche. Une montée brute mais encore une fois une bonne journée, on a réussi à mettre quelqu’un devant avec Romain Le Roux. Le but c’était de bien placer nos deux meilleurs coureurs au classement général, Amael et Kévin, pour la montée finale. On voulait trouver les réflexes pour le collectif. Kevin a un peu coincé dans le Mont Faron mais Jérémy a pu faire une belle montée. Sur ces trois jours je veux retenir que l’on a su courir ensemble et placés. Dans le peloton actuel il faut « courir collectif » et nous l’avons bien fait. Au niveau de la forme il nous manque encore un petit quelque chose…mais on l’a surement pallié par un bon collectif. Ca allait mieux de jour en jour pour l’ensemble de l’équipe donc ça motive ! Il faut continuer à bosser, mais de mon point de vue c’est encourageant.
La semaine prochaine je cours à Kuurne-Bruxelles-Kuurne, j’ai l’habitude de courir cette épreuve, avec un sprinteur comme leader. C’est une belle course, il y aura André qui sera super motivé, c’est plein d’énergie positive, il y a un beau truc à aller chercher.  »

Yvon Ledanois :
« La stratégie aujourd’hui était de prendre l’échappée. Un groupe de sept coureurs est sorti sans que nous y soyons représentés mais Romain Le Roux a bien rattrapé le coup en bouchant quarante secondes et en prenant place en tête de course. Les gars savent qu’il faut courir dans l’intérêt de l’équipe. Romain est sorti contretemps, ça coûte de l’énergie, mais je suis content de sa réaction. En grande majorité, les gars ont fait leur travail. Amaël Moinard, Kevin Ledanois et Florian Vachon ont tiré le groupe vers le haut. Je n’avais pas le coureur pour battre Pinot et Bardet cette semaine mais j’ai hâte d’être le week-end prochain en Ardèche puis dans la Drôme pour obtenir un très bon résultat avec ce groupe. D’ici là, les gars vont faire ce qu’il faut. Cette semaine est une semaine de travail. »

 

Tour du Haut-Var. Amael Moinard (15ème) : “Je voulais finir à fond”

C’était l’étape du reine du Tour du Haut-Var avec 201 kilomètres et 4300 mètres de dénivelé qui ne font pas de cadeaux. L’équipe a travaillé toute la journée pour placer Amaël Moinard et Kévin Ledanois dans le final.

Amael Moinard (15ème) :

« Je me sentais plutôt bien jusqu’à deux kilomètres de l’arrivée…j’ai craqué. Mais la leçon que je veux retenir c’est que nous sommes passé au travers de l’étape d’hier : ok ! Mais aujourd’hui nous nous sommes vraiment repris en main. On a eu un super collectif qui a fait du super boulot. Ca nous tenait à coeur de nous ressaisir et rester représentés à l’avant du peloton pour que Kevin et moi soyons placés dans le final. Nous voulions être dans l’échappée mais il fallait aussi prendre en compte la difficulté de l’étape. Le placement au niveau tactique…j’ai bien vu que Groupama-FDJ allait vraiment contrôler la course donc dans ces cas-là, on savait qu’il n’y avait pas grand-chose à faire et si on voulait ambitionner un résultat sur la ligne, il valait mieux tenter de jouer sur le final ! J’ai attaqué la dernière montée dans les dix premiers et je suis resté tout le temps dixième, jusqu’à ce que Groupama FDJ accélère à deux kilomètres de l’arrivée…ils ont vraiment durci ces 2000 derniers mètres. J’ai terminé avec Julien Simon et Mathias Le Turnier et je voulais vraiment finir à fond. On n’a fait aucune erreur et on a très bien couru, en équipe. Le seul couac, c’est moi, et j’en prends la responsabilité, qui craque à deux kilomètres du final ce qui m’empêche de finir avec les meilleurs. Je me sens très bien. Il n’y a pas de secret : être au mois de février, avec plus de 4300 mètres de dénivelé sur une course de 201 kilomètres et être devant jusqu’aux cinq derniers kilomètres, ça veut dire qu’on a bien bossé et qu’on se sent bien ; que ce soit pour Kevin, moi ou les gars qui ont fait le boulot avant. Il ne manque pas grand-chose…on travaille pour aller chercher ce petit quelque chose. »

Yvon Ledanois :
« C’était mieux pour l’équipe Arkéa-Samsic aujourd’hui. Nos coureurs ont été appliqués dès le départ, ont tenté de prendre la bonne échappée. Je les entendais se parler dans l’oreillette… Bon un coup de cinq coureurs est finalement parti sans nous et la sélection s’est faite par l’arrière. Je suis satisfait du comportement de mes hommes parce qu’ils ont fait avec les moyens du moment. Mention bien pour Amaël Moinard (15e) et Kevin Ledanois (26e). Brice Feillu s’est fait violence. Florian Vachon et Romain Le Roux ont fait le boulot, se sont occupés du placement de nos deux coureurs protégés, Brice Feillu l’a fait également. J’aime le sacrifice dans le vélo, c’est une grande valeur ! Dans le difficile col de Bourigaille, dans le final, il restait 25 coureurs tout au plus, il y avait Amaël et Kevin. Si tu es là, dans cette étape de 200 kilomètres et présentant un dénivelé positif de 4.300 mètres, c’est que tu as fait le job. Evidemment, obtenir le meilleur résultat possible est important mais sur la manière, aujourd’hui, je suis satisfait.» »

Kévin Ledanois : “Comme s’il y avait de l’essence partout “

La première étape du Tour du Haut-Var avait lieu aujourd’hui entre Vence et Mandelieu-La-Napoule. Après 154,2 kilomètres et une descente glissante du Col du Tanneron, Kévin Ledanois se classe 24ème à 52 secondes du vainqueur.

Kévin Ledanois :

« Le départ de la course était assez compliqué : des petites routes avec des virages à gauche puis à droite, constamment, et un peloton en file indienne. Je suis toujours resté placé pour aborder la montée du Tanneron que je ne connaissais pas, à 10 kilomètres de l’arrivée. Il y avait 5 kilomètres de côte et il y a eu des attaques. J’ai coincé à peu du sommet, mais après il y avait la descente…La descente du Tanneron est réputée pour être assez dangereuse, il y a eu beaucoup de chutes, une vraie patinoire. Elle est à l’ombre toute la journée et le goudron reste humide. A cette période de l’année, le mimosa qui est en fleur et le pollen forme une sorte de pellicule grasse sur la route. C’est comme s’il y avait de l’essence partout ! J’ai essayé de faire une descente propre, et j’ai eu de la chance il ne m’est rien arrivé, j’ai doublé une quinzaine de coureurs. D’ailleurs Thomas Boudat est tombé dans ma roue…Du côté de l’équipe personne n’a chuté.
Je termine à 52 secondes du vainqueur, Sep Vanmarcke. Niveau forme, il me manque encore un petit quelque chose mais je vais dans le bon sens, je me sens beaucoup mieux que l’année dernière à cette période. Demain sera un belle étape de 200 kilomètres, comme la semaine dernière au Trophée Laigueglia ! J’espère avoir l’occasion de prendre un peu le large…on décidera au briefing ce soir. »

Yvon Ledanois :
« La seule chose qui soit réellement positive est que les nombreuses chutes survenues dans la descente du col du Tanneron n’ont pas concerné nos coureurs. Sinon, je suis déçu. Dans cette étape j’attendais beaucoup de Romain Hardy mais il m’a prévenu après la double ascension du col de Vence qu’il n’était pas bien. Bien sûr, ça peut arriver à n’importe qui mais alors il s’est mis au service de l’équipe. C’est dommage parce qu’il avait beaucoup misé sur cette course. Au cours de l’étape, Florian Vachon et Romain Le Roux ont fait leur travail d’équipier. Dans le peloton de quarante coureurs qui ont franchi le col du Tanneron en file indienne, nous avions Kevin Ledanois. Amaël Moinard a été distancé à la pédale juste avant le sommet. Il reconnaît être dans la même condition qu’il y a cinq ans quand il a gagné une étape du Tour du Haut-Var mais reconnaît qu’aujourd’hui ça ne suffisait pas. Amaël est honnête et dit n’avoir aucune excuse. Pour sa part, Kevin a sans doute manqué de réussite. Dans la descente, il était dans un groupe avec Boudat (Direct Energie) qui est tombé devant lui. Il a repris un groupe mais il y a eu au moins une chute dans chaque virage et il lui a été impossible d’éliminer les cassures. »