Laurent Pichon: ” Nous avançons à grands pas tous ensemble”

Laurent Pichon et Sébastien Hinault sur les routes du Saudi Tour 2020
Photos Bettini-Arkéa Samsic

Sébastien Hinault, directeur-sportif Arkéa-Samsic

« Le travail collectif lié au sprint se met en place, et on sait que les automatismes doivent se mettre en place. C’est le cas chaque jour qui passe ici sur cette première édition du Saudi Tour. Nous voyons tous les jours une équipe Arkéa-Samsic qui prend ses responsabilités, Nacer est régulier. Il est là depuis le début de la course, passe les difficultés sur lesquels certains sprinters butent. Il marche, on aurait aimé déjà gagner. L’important c’est de constater que l’on est de suite dans le match, pour le reste, je ne suis pas inquiet, la victoire va arriver. Tout le collectif Arkéa-Samsic œuvre ensemble, les gars font tous le boulot en faveur de Nacer. Ça va payer pour tous »

 

Laurent Pichon

« Nous prenons nos automatismes sur un plan collectif, car n’oublions pas que cela fait que quatre jours que nous courons tous ensemble. J’ai pu travailler, aujourd’hui, comme hier pour Nacer. Demain, nous allons emprunter de nouveau cette bosse que nous avons gravi aujourd’hui, et ce sera le juge de paix de cette édition 2020 du Saudi Tour. Nous possédons encore toutes les cartes en main afin de pouvoir tout rafler avec notre sprinter, Nacer Bouhanni. Notre sprinter est d’ailleurs parvenu aujourd’hui à passer cette difficulté alors que nombre d’autres sprinters n’y sont pas arrivés.

Il ne faut pas non plus oublier qu’en 2019, Nacer n’a pas fait une grosse saison en nombre de jours de courses, et, donc par conséquent les efforts qu’il fournit depuis le début de cette course, il ne les faisait pas l’an passé. Nacer marche vraiment bien, ça va aller. Il va gagner des courses, cela ne fait aucun doute. Nous nous allons continuer à affiner nos automatismes en vue du sprint, c’est aussi une forme de nouveauté pour l’équipe de travailler ainsi l’approche des arrivées massives, même si pour ma part j’ai déjà par le passé collaboré avec succès pendant deux saisons avec Nacer. Nous avançons à grands pas tous ensemble ».

Nacer Bouhanni

“Je réussis à passer la bosse du jour qui était assez longue et raide, avec le peloton, et à l’occasion du sprint, Mark Cavendish effectue une cassure en faveur de son coéquipier. Je me classe pour ma part cinquième”.

 

 

Arkéa-Samsic

 

Sébastien Hinault: « Nous nourrissons des ambitions »

Sébastien Hinault nous présente les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic engagés à l’occasion des Championnats de France de cyclo-cross 2020, ce week-end, à Flamanville

Directeur-sportif de l’équipe Arkéa-Samsic, Sébastien Hinault nous présente les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic engagés aux Championnats de France de cyclo-cross à Flamanville (12 janvier 2020), Clément Russo, Kévin Ledanois, Benoît Jarrier et Anthony Delaplace.

Clément Russo

« Clément est un coureur issu de la discipline cyclo-cross. Il a beaucoup pratiqué chez les jeunes, a été sacré deux fois Champion de France, déjà, chez les juniors et chez les Espoirs. On remarque de suite sa grande technique, son habilité dans les zones qui réclament de l’être en terme de pilotage. Il est très doué. Il possède de surcroit aujourd’hui un bon bagage de routier avec les deux saisons passées sous le maillot de l’équipe Arkéa-Samsic, atout important également. Clément est coureur puissant, doté d’une grande force dans les reins. Il reste assis sur le vélo lorsqu’il produit des efforts. Il ne sera pas désavantagé si le terrain est lourd dans la Manche, bien au contraire. Il peut jouer le titre, un podium. Clément s’aligne en tout cas sur ce Championnat de France avec des ambitions. Il a gagné, hier, le cyclo-cross de Charvieu. Ce qui est bon pour le moral avant les Championnats de France».

Kévin Ledanois

« Kévin aime aussi cette discipline. Il l’a pratiquée avec assiduité dans les jeunes catégories. Il est à l’aise techniquement, il peut envisager un podium comme il a pu le réaliser à la Mézières, en début de saison hivernal dans le cadre de la Coupe de France de cyclo-cross. Ce qui est une belle référence. Le cyclo-cross entre dans le cadre de sa préparation hivernale, mais pas seulement, Kévin lui aussi nourrit des ambitions à l’occasion ce Championnat de France à Flamanville. C’est une course d’un jour, tout peut arriver, il peut rêver du titre, d’une victoire, d’un podium. Il a lui aussi levé les bras, hier, à Sablé-sur-Sarthe. Ce qui est également bon pour le moral dans cette dernière ligne droite avant le Championnat de France de cyclo-cross »

Benoit Jarrier

«  Benoît pratique le cyclo-cross tous les hivers, et en dispute toutes les saisons une bonne dizaine, avec à chaque fois des succès obtenus sur le plan régional. Le Championnat de France de cyclo-cross 2020, à Flamanville, étant cette année assez proche géographiquement de son domicile, il s’est porté candidat tout naturellement afin de le disputer. Ce Championnat de France rentre dans le cadre de sa préparation, Benoît est un coureur de classiques, et les cyclo-cross l’aident dans sa préparation pour ces courses tant sur le plan physique que technique, recherche de trajectoires, savoir ou placer ses roues aux moments opportuns… Cela lui sert forcément durant la saison ».

Anthony Delaplace

« Il sera cette année sur ses terres dans la Manche. Il apprécie lui aussi chaque hiver de disputer quelques cyclo-cross en guise de préparation. Anthony possède lui aussi la force du routier, et celle-ci peut lui permettre de faire la différence sur ses adversaires à l’occasion des parties roulantes. Il aura a coeur avant tout de se faire plaisir sur ses terres, devant sa famille, ses supporters, et le connaissant comme Benoît, si durant la compétition il peut aider Clément et Kévin, il ne s’en privera pas ».

Arkéa-Samsic

Une bonne rentrée pour Warren Barguil

Warren Barguil a très bien entamé sa campagne italienne en prenant la sixième place de la Coppa Agostoni. Dans un final de costaud, le champion de France a pris place dans un groupe de onze coureurs dont se sont extraits Lutsenko (Astana) et Riabushenko (UAE-Team Emirates) qui l’a emporté. Le leader de l’équipe Arkéa-Samsic sait qu’il a de très belles choses à faire dans les prochaines courses.

Warren Barguil : « Je suis un peu déçu quand même. C’était une course difficile et on a réussi à durcir la course avec l’équipe Astana. Romain Le Roux était encore avec moi dans la dernière longue ascension et ça a cassé à ce moment-là. Nous étions onze et dans le « raidard » de Sirtori et Giovanni Visconti (Neri-Sottoli) a attaqué. Nous étions cinq en haut mais il a laissé une petite cassure derrière Alexey Lutsenko qui est parti avec Aleksandr Riabushenko (UAE Emirates). Ensuite, dans le groupe où j’étais, l’entente était très mauvaise car Masnada (Androni-Sidermec) ne passait pas un relais et c’est vraiment dommage. J’ai roulé avec Giovanni Visconti  pour revenir sur le duo de tête car je fais des courses pour gagner, pas pour assurer une place de sixième ou dixième. C’est vraiment dommage de laisser passer une occasion comme celle-ci. Je tiens à remercier mes collègues pour le super travail ! »

Sébastien Hinault : « C’était vraiment une course de haut niveau et Warren sait qu’il peut faire mieux. Tout s’est joué comme prévu dans le dernier tour de circuit. C’est monté très vite dans les deux dernières côtes. Le groupe de onze coureurs a fait le break dans l’ascension de Colle Brianza tandis que Lutsenko et Riabushenko se sont isolés au sommet de Sirtori en prenant rapidement une avance de vingt secondes. Nous étions loin de l’arrivée mais derrière ça s’est regardé et ça n’a jamais roulé à bloc. Même scénario quand Cherkasov (Gazprom-RusVelo) a attaqué à dix kilomètres de l’arrivée pour aller chercher la troisième place. Warren finit sixième et regrette que ça ne se soit pas entendu. Masnada (Androni-Sidermec) n’a jamais roulé et Ciccone (Trek-Segafredo) a attendu vingt kilomètres pour le faire. Avant que la sélection se fasse, Brice Feillu avait roulé pour durcir la course et d’ailleurs il prendra dans la Coppa Bernocchi la place de Maxime Bouet contraint à l’abandon rapidement. Romain Le Roux est resté très longtemps auprès de son leader tandis que notre stagiaire Aurélien Doleatto n’était pas mal du tout. »

Romain Hardy gagne à Moûtiers !

Romain Hardy attendait ce jour depuis sa victoire dans le Tour du Doubs en septembre 2017… Fort bien soutenu par ses équipiers et notamment dans le final par Connor Swift et Clément Russo, il s’est imposé jeudi dans la première étape du Tour de Savoie-Mont Blanc et a endossé le maillot de leader. Clément s’est adjugé la troisième place !

Romain Hardy, 1er : 

« J’ai levé les bras, je suis vraiment content. Depuis le début de saison je tourne autour. Je pense que je méritais de retrouver cette sensation et c’est chose faite aujourd’hui. Je suis quelqu’un qui ne gagne pas beaucoup, je fais souvent des places mais je suis aussi souvent déçu. En dix ans, je n’ai gagné que quatre fois alors aujourd’hui je la savoure cette gagne ! Même si ce n’est « qu’une » classe 2, la victoire ne tombe pas dans les mains. Je tiens à souligner que sans mon équipe je n’aurais pas gagné. Ils ont fait un super boulot, tout le monde ! Alan (Riou) et Thibault (Guernalec) ont fait le tempo toute la journée, Romain (Le Roux) a passé un gros relais dans le final, Connor (Swift) a fait un énorme boulot jusqu’à un kilomètre de l’arrivée et Clément (Russo) m’a déposé dans un fauteuil jusqu’à la ligne. Ce qui est génial, c’est que ça s’est passé comme on l’avait dit ! »

Clément Russo, 3ème :

« C’était une journée parfaite. On est l’équipe attendue ici et on a pris les choses en main, on a assuré notre rôle. On a fait sur le terrain exactement le plan prévu : contrôler la course avec l’échappée, rouler toute la journée, rouler pour placer Romain avant le sprint. Je l’ai emmené jusqu’à 80 mètres de la ligne, il me double à 40 mètres. Je lui ai dit pendant l’étape : « Il n’y a pas de problème, je me sens bien, je vais tout faire pour t’emmener à la perfection », et ça l’a fait. J’ai pu aussi lever les bras car je viens faire troisième. Ca me permet de rendre la pareille à Romain qui avait terminé troisième du Tour de Madrid quand j’avais gagné. C’est un vrai plaisir, que du plaisir ! »

Sébastien Hinault, directeur sportif :
 « C’est super. Tout s‘est déroulé comme on l’avait prévu ce matin au briefing, il faut le souligner, c’est rare ! On a laissé partir une échappée de quatre coureurs pour gérer et mettre d’autres équipes à contribution. Vanthourenhout (Pauwels-Sauzen), Luksevics (Amore e Vita-Prodir), Aubert (CC Etupes) et Lutolf (Swiss Racing Academy) se sont échappés. Aubert a été distancé dans la descente du Col du Frêne, Vanthourenhout s’est relevé après le sprint intermédiaire et Lutolf a été le dernier repris à moins de 15 kilomètre de l’arrivée. Thibault Guernalec a roulé une partie de la journée et dans le final Connor Swift a fait un super boulot en prenant un relais de trois kilomètres avant de laisser Clément Russo faire le dernier kilomètre qui était tortueux. Il y avait deux rond-points à 800 et 500 mètres de la ligne d’arrivée, et deux virages, le premier à 200 mètres et le dernier à 80 mètres. Ce final, c’était tout bon pour Romain et Clément qui sont très adroits sur le vélo. Notre objectif est d’ores et déjà rempli, on va être un peu plus détendus ! Demain, nous grimperons le Col de la Madeleine d’entrée de jeu et après une grande partie de plaine, l’arrivée sera jugée au sommet de La Norma. »

Elie Gesbert : ” y croire, sinon ça sert à rien”

“Prendre l’échappée et tenter de jouer la victoire avec Elie Gesbert était le plan de la journée pour l’équipe Arkéa-Samsic. Le Costarmoricain a parfaitement couru en début d’étape pour se joindre à une échappée de treize coureurs, parmi lesquels de grands baroudeurs, notamment Cort Nielsen, De Gendt et De Marchi. Le rythme est élevé, l’écart atteint près de sept minutes mais le final escarpé fait des dégâts. L’échappée perd des éléments et le peloton ne recolle pas. Elie Gesbert est décroché du groupe de tête dans la dernière difficulté à 12 kilomètres de l’arrivée mais témoigne d’une bonne forme. Il promet de remettre ça avant la fin de la semaine.”

Elie Gesbert

« Ça fait du bien d’être acteur de la course. Mais quand on voit que c’est Magnus Cort Nielsen présent dans l’échappée matinale qui va à la victoire, c’est une frustration de lâcher si près du but. J’aurais aimé aller jouer la gagne. J’étais avec de très bons rouleurs, de très bons coureurs. J’ai donné le meilleur mais il me manque 10 kilomètres. Aujourd’hui, c’était une étape un peu casse- pattes où l’échappée risquait d’aller au bout. Pour prendre l’échappée, ça a bataillé une dizaine de kilomètres, c’est parti par grappes de 4 ou 5 coureurs et on s’est retrouvé à 13 devant. Même avec des gars comme De Gendt ou De Marchi il faut y croire, sinon ça ne sert à rien de tenter. Je savais qui pointer, mais je savais aussi que ça allait être difficile dans le final… Les deux premières journées ont pesé et ont fatigué tout le monde. Les bordures c’est de la tension, ça roule vite, ça laisse des traces. Pour l’instant ma forme s’améliore crescendo, donc il faudra y retourner  ! »

Sébastien Hinault – Directeur sportif
« Il a manqué dix kilomètres, c’est dommage et c’est un peu frustrant quand tu vois que l’échappée va au bout. Avec Cort Nielsen, ça aurait été difficile de gagner mais on ne sait jamais. Arriver pour la gagne aurait été bien mais malheureusement Elie a coincé dans la dernière difficulté. Je lui ai dit d’y croire et de ne pas rester dans la roue de Le Turnier qui avait déjà lâché. Elie était à fond lui aussi. Mais l’étape avait été exigeante, ça a roulé à bloc toute la journée. C’était un parcours qui convenait à Elie mais c’est vrai qu’il était avec des « machines », de coureurs de très haut niveau. Il y a forcément un peu de déception mais si on veut gagner des étapes, c’est comme ça qu’il faut faire. On a vu aujourd’hui que c’était jouable, il ne manque pas grand-chose. Le positif c’est que nous sommes capables d’accompagner les meilleurs sur ce genre d’étape. Le début de la semaine a été compliqué mais on est reparti sur un nouveau Paris-Nice. Les bordures c’est fini, les parcours peuvent mieux convenir à Elie Gesbert, Laurent Pichon, Amaël Moinard et pourquoi pas André Greipel vendredi. On a encore trois étapes où on aura notre chance, il faut les faire à bloc. »

 

Oman #2. Elie Gesbert entre dans le Top 10 du général

Au lendemain d’une étape très frustrante, Elie Gesbert a pris position dans le Top 10 du classement général. Dans la dernière ascension avant l’arrivée, il contre-attaque Alexey Lutsenko…

Elie Gesbert, 9ème du classement général : « C’était une journée dure à prédire…ça pouvait convenir à André s’il passait la dernière bosse à cinq kilomètres de l’arrivée. Nous sommes partis avec, en tête, l’option d’une arrivée groupée. Mais c’était un peu short, de ce qu’il m’a dit, il ne manquait vraiment pas grand chose pour basculer avec mon groupe. Pour la petite histoire il avait gagné cette étape en 2014, il savait que c’était potentiellement jouable.  

Personnellement, mon rôle aujourd’hui était d’accompagner les leaders dans la dernière montée, Al Jissah (1,4 km à 9%), pour ne pas perdre de temps au classement général.

Lutsenko a attaqué sur la gauche de la route, j’étais à droite, j’ai hésité à y aller. Je me disais : « c’est trop tôt, t’enflammes pas ». Finalement, Lutsenko a pris vingt mètres, et j’y suis allé. Voilà, j’ai réagi à contretemps. Si j’avais pris sa roue, j’aurais produit un effort différent…Pozzovivo m’a rejoint dans ma contre-attaque mais il n’a pas voulu collaborer car il voulait jouer la carte Collbrelli pour le sprint. Moi j’avais aussi André, mais à deux nous aurions surement pu revenir sur Lutsenko qui gagne seul. Mais bon, c’était voué à l’échec puisque l’Italien ne voulait pas collaborer. Derrière, Van Avermaet a ramené le peloton sur nous au sommet de la bosse. J’arrive dans un groupe 36 à trois secondes du vainqueur.

Aujourd’hui, c’était le style de petite montée qui me convenait bien. C’est trois, quatre minutes  d’effort, voire cinq maximum. J’aime bien. On m’a pas mal parlé de « Green Moutain » (étape 5) , c’est bien raide, mais je n’appréhende pas. J’irai aux sensations.

Sébastien Hinault, directeur sportif : « Elie Gesbert a fait une belle étape. Il a un petit regret parce qu’il a réagi avec un peu de retard à l’attaque de Lutsenko (Astana). Il pense que s’il avait été dans la roue du Kazakh, il aurait fini avec lui. Après il s’est retrouvé en contre avec Pozzovivo mais l’Italien n’a pas voulu le relayer…Elie termine dans le groupe pour la deuxième place et il intègre le Top 10 du classement général (9e).

Dans la côte qui a fait la différence aujourd’hui et avant laquelle Robert Wagner et Benoît Jarrier ont fort bien travaillé, André Greipel a manqué d’un rien de basculer avec le premier groupe. Kristoff (UAE-Team Emirates) est le dernier à y être parvenu, il était tout près de lui et a fini l’étape dans le groupe suivant avec Laurent Pichon. Sinon Clément Russo a été victime d’une crevaison à 20 kilomètres de la ligne d’arrivée  et il a payé dans la dernière difficulté les efforts consentis pour reprendre place dans le peloton. »

« Notre état d’esprit va payer ! »

« Notre état d’esprit va payer ! »

Le Team Arkéa-Samsic n’est pas encore parvenu à gagner une étape de la Tropicale Amissa Bongo mais n’a décidément pas à rougir de sa course. La troisième étape a été remportée à Franceville par Ghirmay, un gamin érythréen de 18 ans au terme d’un effort très intense. Malgré l’acharnement de ses équipiers à le replacer dans le dernier kilomètre, André Greipel a pris la cinquième place.

Cette troisième journée de course était considérée comme la plus belle par les organisateurs en raison de son final, une côte de deux kilomètres précédant le dernier kilomètre. S’il a fallu annihiler des échappées de deux puis de cinq coureurs, tout le monde focalisait sur les quinze dernières minutes de course. Le combat promettait d’être tendu entre les véritables sprinteurs et les puncheurs.

« Le peloton était très étiré au sommet de la côte, explique Sébastien Hinault, et il y eut ensuite des cassures. André Greipel était relativement loin et ses équipiers ont fait un boulot remarquable. Le temps de le rapprocher de la tête en remontant beaucoup de coureurs et en gommant l’écart entre les groupes, le sprint était lancé. Je peux le dire, ses équipiers se sont mis minables ! Dans cette première difficulté de l’année, malgré la chaleur qui ne leur donne pas de bonnes sensations, les coureurs d’Arkéa-Samsic ont démontré qu’ils sont déjà en bonne condition. »

« Quand tu ne gagnes pas, poursuit Sébastien, tu as toujours un regret. André s’était préparé dans la tête à ne pas passer cette côte et s’est surpris lui-même mais c’est dommage. Après, il faut tenir compte de l’exploit du vainqueur. »

Biniam Ghirmay était junior en 2018 et dispute sa première course professionnelle. Il s’est imposé en dominant des coureurs très expérimentés après avoir franchi cette côte ressemblant à celle de Cadoudal à Plumelec, haut-lieu du cyclisme breton. Ghirmay fait sensation mais il a été l’un des rares, l’an dernier, à dominer le Belge Evenepoel, grand espoir du cyclisme belge et double champion du monde juniors en titre. 

« Il faut savoir saluer la victoire de ce jeune Erythréen, assure le directeur sportif de l’équipe Arkéa-Samsic. Pour notre part, il n’y a rien à dire sur le travail de notre équipe. André a été très bien soutenu dans le final. Avec un tel état d’esprit, il n’y a pas de doute : ça finira par payer mais c’est frustrant parce qu’on l’attend avec impatience cette première gagne ! »

« Aujourd’hui, ça s’est mal goupillé, assure Brice Feillu. Je devais aider André à passer la montée dans ma roue mais il y a eu une petite cassure, un coureur d’une autre équipe est venu s’intercaler entre nous deux avant de provoquer une nouvelle cassure. Du coup, André a encore plus reculé dans le peloton. Je me suis retourné, j’ai ralenti pour aller le chercher mais nous avons laissé des cartouches dans cette manoeuvre. C’est dommage car aujourd’hui je pensais vraiment que ça allait le faire ! »

« Sur cette course, poursuit Brice, je me plais vraiment dans mon rôle d’équipier… C’est la meilleure chose que je puisse faire ici. Au fils des jours on prend nos marques, on arrive bien à se trouver dans le peloton. Parait-il qu’hier et aujourd’hui étaient les journées les plus difficiles de la Tropicale Amissa Bongo…Il nous reste quatre étapes propices aux sprints pour André. »

Dès l’arrivée à Franceville, Sébastien et ses hommes ont rejoint l’aéroport local pour rejoindre le nord du Gabon au terme d’un voyage d’une heure. La quatrième étape, jeudi, sera disputée à Oyem. Là où Sébastien s’était imposé en 2007. « Bon maintenant je peux le dire, conclut-il en souriant, André veut imiter son directeur sportif et gagner au même endroit ! »

Le service Communication Arkéa-Samsic

Sébastien Hinault : « Nous sommes prêts »

Sébastien Hinault : « Nous sommes prêts »

C’est un grand jour pour l’équipe Arkéa-Samsic ! La saison sur route commence lundi au Gabon avec la Tropicale Amissa Bongo, course par étapes longue d’une semaine. Une semaine pour faire briller le nouveau maillot. Pour voir gagner André Greipel. Pour assumer des ambitions affirmées. Pour témoigner de l’état d’esprit conquérant d’un groupe impatient de renouer avec la compétition et de très bien lancer sa saison 2019.

Sébastien Hinault, directeur sportif d’Arkéa-Samsic au Gabon, a souri en posant le pied sur le sol africain samedi en fin d’après-midi. Il s’est souvenu de sa victoire d’étape en 2007 à Oyem, ville qui sera de nouveau visitée jeudi lors de la quatrième étape. 

« J’avais gagné au sprint, se souvient-il. Pour moi, le Gabon est un excellent moment de ma carrière et je suis ravi d’y revenir. Onze ans après, je pense que cette course reste une aventure humaine même si elle a bien évolué. La délégation Arkéa-Samsic est composée de six coureurs, deux mécaniciens, deux assistants et moi-même. En arrivant samedi en fin d’après-midi, nous avons été saisis par la chaleur. Il fait 30 degrés et c’est plutôt humide. Notre mise en place à Libreville s’est bien passée. Ce dimanche matin, nous avons pris l’avion pendant une heure et demie pour rejoindre Franceville. Les trois premiers jours de course seront disputés dans cette région. »

Pendant une semaine, l’équipe Arkéa-Samsic va se consacrer aux sprints d’André Greipel, la tête d’affiche de l’épreuve gabonnaise qui sait devoir affronter de bons sprinteurs tels que Bonifazio (Direct Energie), Pelucchi (Androni-Sidermec), Manzin (Vital Concept) ou Reguigui (sélection algérienne).

« André découvre l’Afrique, poursuit Sébastien, sans doute est-il un peu surpris… Cette semaine, notre objectif est de gagner au moins une étape. Nous avons bien travaillé la préparation du sprint depuis que notre équipe est composée pour la Tropicale Amissa Bongo. Maxime Daniel sera le lanceur d’André, Alan Riou et Laurent Pichon le précèderont dans l’effort. C’est l’idée de base en sachant que les aléas de la course peuvent changer notre plan. C’est un début de saison important pour nous tous, forcément pour Maxime dont le rôle auprès d’un des meilleurs sprinteurs du monde est primordial. C’est peut-être lui ce soir qui a le plus de pression… Nous sommes prêts et je peux dire que nous avons hâte que ça démarre ! »

Le départ de la première étape à Bongoville est fixé à 12 heures. L’arrivée à Moanda est programmée à 14h30.

L’équipe Arkéa-Samsic 

31. André Greipel

32. Maxime Daniel

33. Brice Feillu

34. Romain Le Roux

35. Laurent Pichon

36. Alan Riou

Le programme de la Tropicale Amissa Bongo :

Lundi 21 janvier, étape 1 Bongoville – Moanda (100 km)

Mardi 22 janvier, étape 2 Franceville-Okondja (170 km)

Mercredi 23 janvier, étape 3 Léconi-Franceville (100 km)

Jeudi 24 janvier, étape 4 Mitzic-Oyem (120 km)

Vendredi 25 janvier, étape 5 Bitam-Mongomo (120 km)

Samedi 26 janvier, étape 6 Bitam – Oyem (100 km)

Dimanche 27 janvier, étape 7 Nkok-Libreville (140 km)

Paris-Nice #8 – Warren Barguil : “content de ce qu’on est en train de créer”

Etape courte, nerveuse et apocalyptique par la météo. Au passage du premier sprint intermédiaire à Levens, le peloton est déjà scindé en deux. Warren Barguil fait la jonction avec le groupe maillot jaune dans le deuxième col et accompagne les leaders du général jusqu’à la dernière difficulté. David de la Cruz s’impose devant Omar Fraile, Marc Soler remporte le général. Warren Barguil se classe 16ème de l’étape et 17ème du général.

Warren Barguil :
« J’ai fait une erreur de placement en début d’étape et j’ai pris une cassure. J’ai encore fait un bon bout en chasse patate. Amael a bien roulé pour que ça rentre, je croyais que c’était le groupe maillot jaune mais j’avais encore un jump à faire. Ensuite, c’était “sauve qui peut” ! Je craque un peu dans le final, mais les jambes commencent à bien répondre. Maintenant, place à la récupération et j’espère être mieux sur le Tour de Catalogne. On a un super groupe, tout est nouveau pour moi mais je suis content de ce qu’on est en train de créer, ça évolue dans le bon sens. »

Amael Moinard :
« J’ai passé une belle semaine avec la team. J’ai retrouvé mon instinct
d’attaquant. C’est une très bonne première prise de contact avec le haut niveau même si on aurait aimé aller chercher un gros résultat. On a créé une bonne émulation au sein du groupe, Wawa monte en puissance, c’est encourageant pour la suite. »

Sébastien Hinault :
« C’était une étape apocalyptique, c’est un sport de
fous, il fallait être guerrier aujourd’hui. Warren fait une belle étape, il ne perd du terrain que dans la dernière ascension. Il fait encore quelques erreurs de placement par manque de confiance ce qui l’oblige à faire plus d‘efforts que les autres mais ça va vite revenir. Il progresse de jour en jour. Amael termine à l’arrachée après ses deux derniers jours à l’avant, il a été courageux. Tout comme Pierre-Luc, qui était dans la première échappée du jour. »

Tour de France #15 – Pierre-Luc Périchon : “Tous un même objectif : la gagne”

Pour l’échappée, la 15ème fut la bonne. Depuis le début du Tour on se demande si une échappée va aller au bout, c’est chose faite depuis trois heures. Une dizaine de coureurs sortent dès le kilomètre 0, ils sont rejoints par un groupe de contre 50kms plus loin, on y retrouve Pierre-Luc Périchon et Romain Hardy. Les 28 fuyards ne reverront pas le peloton. Romain cède du terrain dans le col de Peyra Taillade. Pierre-Luc s’accroche, il lui manque 300m dans la dernière difficulté du jour pour basculer avec le groupe Barguil. Sur la ligne PLP est 14ème, Romain 19ème. En montagne, on garde toujours un œil sur l’arrière et Dan McLay. Après avoir fait un raid de 160 kms, seul, devant la voiture balai, le britannique rallie l’arrivée, dans les temps. Notre formation est septième au classement par équipes de l’étape. Au général, Brice Feillu est 19ème, Dan McLay lanterne rouge mais l’équipe est toujours au complet.

Pierre-Luc Périchon :
« L’équipe fait une belle étape mais à l’arrivée, il y a un peu de frustration. L’objectif de prendre une échappée n’est pas seulement de montrer le maillot, on a envie de jouer la gagne. Je suis déçu de venir mourir à 3 secondes du groupe pour la deuxième place. Dans quelques heures je relativiserai, être à l’avant sur une étape comme aujourd’hui est déjà une belle performance, mais Paris approche et on ne veut pas arriver sur les Champs avec des regrets. »

Romain Hardy :
« Dès le pied du premier col, c’est sorti à la pédale pour aller chercher les cinq hommes de tête. Avec PLP, la stratégie était simple, on n’avait pas le poids de la course, il fallait s’accrocher le plus longtemps possible et faire le point dans le final. Je craque à 3kms du sommet de Peyra Taillade. Il ne me manque pas grand chose… On court tous après une seule chose : une victoire d’étape. Face à nous, il y a les tout meilleurs, mais on y croit sinon on ne passerait pas 5h sur le vélo (rires). »

Elie Gesbert :
« Dans l’avant-dernier grimpeur, Chris Froome a eu un incident mécanique. J’ai vu revenir le train de la Sky et je me suis dit que j’allais les accrocher le plus longtemps possible. J’étais dans la roue de Chris Froome, à ce moment-là, on ne savait pas si le maillot jaune allait rentrer. Je me disais que j’étais peut-être en train d’assister à un tournant du Tour. C’est impressionnant mais on est vite rappelés par la difficulté des cols et on se concentre sur notre effort. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Il fallait avoir un coureur devant aujourd’hui, on en avait deux, c’était encore mieux. Pour un directeur sportif, c’était difficile nerveusement (rires). On était dans le coup pour la gagne. On n’a pas pu jouer jusqu’au bout, c’est dommage parce qu’on y a cru. On avait le droit d’y croire. Il y aura encore des opportunités surtout qu’on peut toujours compter sur Dan McLay, notre sprinteur. Il s’est vraiment accroché, aujourd’hui. Il a fait plus de 160kms tout seul… C’est toujours stressant de veiller aux délais pour Dan, on aimerait finir à neuf et il lui reste des étapes pour s’exprimer. »

 

Tour de France #14 – Maxime Bouet : “Continuer à être offensif”

« Continuer de tenter et d’anticiper », étaient les mots de Sébastien Hinault ce matin au briefing. Maxime Bouet s’y colle en premier, il suit l’expert en échappée : Thomas Voeckler. Mais les puncheurs ont coché l’étape et les équipiers de Greg Van Avermaet et Michael Matthews contrôlent l’avance des hommes de tête. Regroupement général à 13 kilomètres de l’arrivée… pas pour longtemps, quatre hommes tentent de sortir dont Pierre-Luc Périchon. Ils prendront jusqu’à 15 secondes d’avance. Mais Caruso et Arndt ne roulent pas. Finalement, ils sont une dizaine à se jouer la victoire d’étape, Michael Matthews s’impose devant Greg Van Avermaet. Pas de regrets aujourd’hui pour notre formation, toujours 9ème au classement par équipes. Brice Feillu est 20ème du général.

Pierre-Luc Périchon :
« À 25 kilomètres de l’arrivée, j’étais bien placé avec Florian Vachon. J’ai décidé d’anticiper et Flo restait placé pour le final. À 15kms, il y a eu une attaque puis ça s’est ouvert devant moi, j’y suis allé à l’instinct. J’ai réussi à faire le jump mais j’ai réalisé qu’il y avait un équipier de Sunweb et de BMC et qu’ils n’allaient pas passer un relais. Avec le coureur de Katusha, on s’est rapidement dit qu’on n’allait pas les amener dans un fauteuil, on les a attaqués à tour de rôle, je ne suis pas déçu, on a tenté. Sébastien Hinault nous avait demandé d’être actif dans le final. On a été à l’avant toute la journée. Je ne vais plus avoir beaucoup d’opportunités pour m’exprimer, je me sens bien alors je vais continuer d’essayer.»

Maxime Bouet :
« Ce matin au briefing, l’objectif était de mettre quelqu’un dans l’échappée. Je voyais Thomas Voeckler bien placé au départ, je me suis mis dans sa roue et ça n’a pas loupé. Avec lui et Thomas De Gendt, on pouvait y croire. On s’est bien entendus, je pense que le peloton a eu peur de ces hommes-là. À 40 kilomètres, De Gendt nous a mis dans le rouge, j’ai préféré monter à mon rythme et accrocher le peloton. Je voulais garder de l’énergie pour aider les copains dans le final. Si on fait le calcul, il ne nous reste plus beaucoup d’étapes pour nous exprimer, on doit continuer à être offensif et répondre présent dans les échappées à venir, notamment demain. »

 

Le billet de Marc Fayet #13 – Les voix de la sagesse

Lorsque les problèmes diplomatiques s’intensifient, que la guerre semble inéluctable et que la confusion gagne les esprits rien de de tel que faire appel aux sages. Ils peuvent être philosophes, sociologues, historiens, mais ils peuvent également être de simples citoyens dotés d’un solide  bon sens. J’en ai deux dans mon quartier et c’est moi qui les ai choisis et leur ai attribué cette fonction qu’ils ne revendiquaient pas eux-mêmes. Tous les deux sont commerçants et ils étaient ouverts ce matin du 14 Juillet dans la rue du Poteau, on se serait d’ailleurs crus sur une étape du Tour tant le ballet des hélicoptères sillonnant notre quartier était incessant comme sur l’ensemble de Paris. Il ne s’agissait pourtant ce matin-là que de ceux qui étaient chargés de veiller à la sécurité. La sécurité de quoi me demanderez-vous ? Mais la sécurité de ceux qui sont chargés de protéger notre nation !  Vous seriez en droit de manifester votre étonnement « Il y a sur les champs des centaines de chars, des milliers de militaires armés et il faut les protéger ? » Je vous répondrai « Oui parce que la Seine est trop étroite pour les porte-avions » Oui bon ! Nous n’allons pas épiloguer plus longtemps sur la justesse de ce déploiement de force Parisien quand la force s’est montrée à Peyragudes où il n’avait même pas un lance-Pierre ou plutôt si il en avait un de Pierre mais il a craqué avant l’arrivée et n’a pas réussi à le lancer. Durant cette longue matinée j’ai décidé de consulter mes sages pour qu’ils me commentent la journée d’hier et me prédisent celle d’aujourd’hui, celle de la fête nationale, la journée bleue blanche et rouge où nous espérons toujours des successeurs à David Moncoutié, Richard Virenque ou Laurent Jalabert qui avaient eus en leur temps cet immense privilège de hisser la fierté d’être français au sommet de notre orgueil . Le premier  sage je l’ai vu dans sa boutique du Roi du saucisson, excellent charcutier traiteur, il s’appelle Roland, c’est un  Mayennais d’origine et qui ne jure que par la famille Madiot, « Mon frère connaissait bien son père et mon beau-frère a connu sa cousine ». Pour lui ce sera la journée Pinot «  Parce que Madiot + Pinot = drapeau ! » il s’est largement trompé, pas de Pinot ni de Madiot, encore moins de drapeau.  Quand à ce qu’il s’est déroulé hier il m’a juste affirmé que Romain Bardet était un excellent stratège, «  il pourrait défiler avec les Maréchaux aujourd’hui parce qu’il a fait mieux qu’un général.  Et puis vous avez vu l’anglais ?  Il va tout droit lorsqu’il faut tourner et il tournicote lorsqu’il faut finir tout droit. Voilà ce que c’est que de conduire à gauche ! On finit par être maladroits ». Il n’a pas pu aller plus loin dans son analyse, il avait les pâtés de lapin à sortir du four mais c’était bien résumé.

Je suis ensuite allé voir mon deuxième sage qui se prénomme André, il tient une cave nommée Cavavin  Il s’y connait bien lui aussi, genre de type qui connait la géographie sur le bout de la langue, maîtrisant les crus comme les parcours, il sait toujours me trouver la bonne bouteille qu’il faut… Ce matin il me conseille un petit vin d’Ariège, un coteau du Plantaurel blanc. « Faut le boire vite, il est un peu court en bouche mais tu verras à la fin il te laisse une impression inoubliable, un peu comme aujourd’hui où je vois un Français… » « Pinot ? » « Non, c’est pas un cépage qui tient par ici » Et de me détailler le tout, me promettant quelque chose de gouleyant, de nerveux, de racé, un truc corsé, étoffé et fruité. Je ne savais plus s’il me parlait du vin ou de l’étape ! Finalement c’était les deux, on l’a bien constaté. André c’est un sage qui aime les images, celle du Tour et celle des détours vinicoles. Il voulait aller plus loin et me sortait déjà un verre pour me faire goûter le vin de demain « un petit vin d’Aveyron » un Rouge de côtes de Millau et de me détailler à nouveau ses qualités «  « Tout ce que je peux te dire qu’il est bourru et qu’il a de la cuisse… » Mais ça je l’imaginais déjà, il faut être bien rodé pour gagner à Rodez. Nous n’avons pas pu prolonger car une cliente Anglaise entrait, elle voulait un petit vin italien qui s’avale comme un rien. André lui a dit qu’il n’en avait pas… Aujourd’hui il ne voulait vendre que du Français et nos vœux avec Warren furent exaucés.

TDF #12 : Brice Feillu a tenté !

Pour les spectateurs l’arrivée au sommet de Peyragudes s’annonçait magnifique, digne d’un paysage de film. Pour les coureurs du Tour de France la montée s’annonçait éprouvante et pleine de rebondissements, digne d’un James Bond !

Sans représentant dans l’échappée matinale, Maxime Bouet et Brice Feillu décident d’attaquer dans le Port de Balès. Objectif : anticiper le coup de force des favoris. Problème : la sky impose son tempo. Il manque 500m à Brice Feillu pour accrocher le bon wagon. A l’arrivée, l’altiport de Peyragudes et sa redoutable montée finale laissent des traces sur les visages de nos coureurs. Brice Feillu franchit la ligne en 20ème position, il est également 20ème du général. 37min après Romain Bardet, vainqueur du jour, on aperçoit Dan McLay avec dans son sillage, la voiture balai. Notre sprinteur passe la ligne en dernière position mais l’important est ailleurs, il entre dans les délais et c’est bien là le principal.

Brice Feillu :

« Dans la montée du Port de Balès, Max m’a dit : « j’aimerais attaquer pour devancer l’accélération du peloton maillot jaune. » Je l’ai regardé et je lui ai dit : « ok, on y va ». Quand les favoris sont revenus sur moi, je me suis accroché pour basculer avec eux, j’ai craqué à 500m du sommet, je pensais revenir dans la descente… dommage. On a tenté, ça pouvait être intéressant. »

Eduardo Sepulveda :

« Mes plaies ne me font pas trop souffrir mais depuis que j’ai chuté, j’ai du mal à récupérer. Aujourd’hui, je ne pouvais pas faire beaucoup mieux, j’avais mal aux jambes. Je me répète mais le Tour de France est un rêve pour moi et je reste motivé et concentré pour la suite. »

Dan McLay :

« C’était dur. Je commence à avoir l’habitude de la voiture balai en montagne, je m’étais préparé à cela. Au pied du Port de Balès, je me suis retrouvé seul. Je ne me suis jamais affolé. Je termine dernier mais avec 10min d’avance sur les délais, j’ai pu gérer mon effort. Demain encore, l’étape s’annonce difficile. Quand je vois le travail de mes équipiers lors des sprints, j’ai qu’une envie : y retourner ! Pour cela, il faut passer la montagne.  Je vais tout donner. »

Sébastien Hinault :

« J’ai apprécié la tentative de Maxime et Brice. Ils ont voulu anticiper le coup de vis des favoris, c’était plutôt bien joué. Ce n’était pas une consigne de notre part, on a même été un peu surpris d’entendre à radio course qu’ils sortaient tous les deux. Avant chaque étape, on leur répète de ne pas avoir peur de prendre les devants. Dommage que Brice ne réussisse pas à basculer avec le groupe maillot jaune. J’aurais aimé voir Edu évoluer à 100% de ses capacités sur ce genre d’étape. Il souffre mais n’est pas en difficulté, c’est un guerrier. Tout le monde entre dans les délais, on remonte au classement par équipes, on est septième, la journée est plutôt positive. »

Tour de France #11 – Dan McLay : “Courir pour gagner”

Cette étape de plaine longue de 203 kms semblait promise aux spinteurs avant de retourner vers la montagne. L’échappée du jour se dessine dès le premier kilomètre, ils sont trois à fausser compagnie au peloton. Le scénario ressemble de près à celui de la veille mais Bodnar, sorti à 25 kilomètres de l’arrivée, relance la course. Le polonais tient tête au peloton jusqu’à 400m de la ligne. Les sprinteurs vont pouvoir se disputer la gagne. Indétrônable, Kittel remporte sa cinquième victoire d’étape. Bien emmené par Florian Vachon, Dan McLay prend sa chance, il est cinquième.

Dan McLay :
« Avec l’équipe, on progresse à chaque sprint. On est de mieux en mieux organisé, Elie et Flo ont fait un boulot incroyable dans le final. Je fais un bon sprint, mais Kittel est au-dessus du lot. J’ai couru pour gagner, en restant dans la roue de Kittel je dois pouvoir accrocher la deuxième place mais pour gagner il fallait prendre sa chance. J’ai eu mal aux jambes (rires). »

Pierre-Luc Périchon :
« C’était très nerveux aujourd’hui, à 25 kilomètres de l’arrivée, j’ai roulé pour garder notre place à l’avant du peloton et pour protéger les gars du vent. Ensuite, j’ai fait mon maximum pour rester derrière Dan et fermer la porte. J’ai réussi à m’accrocher jusqu’à 3kilomètres de l’arrivée, j’aurais aimé les aider encore plus. Elie a bien replacé Dan et Flo. Les derniers kilomètres sont éprouvants, il y a à la fois les sprinteurs et les leaders du général, plusieurs fois des coureurs sont venus casser notre train. Il faut qu’on soit moins gentil. Dan monte en pression, de notre côté, il faut qu’on soit au millimètre, pour l’amener dans les meilleures conditions. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Kittel est au-dessus du lot mais comme je l’ai dit à Dan, il n’a aucun regret à avoir car il court vraiment pour la gagne quand d’autres se contenteraient d’une seconde place en restant dans la roue de Kittel. Si Dan avait opté pour la même stratégie, il aurait certainement pris la 2ème ou 3ème place mais il vise la victoire. C’est une mentalité qui me plaît. L’équipe a été extraordinaire, quand je vois qu’ils étaient encore trois à 1km de l’arrivée, c’est super. On est en train de mettre quelque chose en place, je ne sais même pas si les gars en ont conscience. C’est génial de vivre ça sur le Tour, une 5ème place ce n’est pas la gagne mais ça fait plaisir ! »

Tour de France #10 – Dan McLay : “I can get it”

Depuis son anniversaire, le 1er juillet, célébré en grandes pompes, sur la rampe de lancement de Dusseldorf, Elie Gesbert a découvert le public du Tour, le peloton du Tour, la difficulté de la montagne et aujourd’hui une échappée sur le Tour. En compagnie de Yoann Offredo, il parcourt 167 kilomètres en tête de course, avant d’être repris à 6 kilomètres de l’arrivée. Fin de la partie pour le plus jeune coureur du peloton, qui portera le dossard rouge du plus combatif demain, mais pas pour l’équipe. Dan McLay lance son sprint de très loin, il prend les devants dans la dernière ligne droite et fait lever les supporteurs bretons. Mais, aujourd’hui, il y avait 200m de trop pour le britannique. Dan McLay prend la septième place, et attend déjà demain.

Dan McLay (7ème) :
« Avec du recul, je n’aurais pas dû quitter la roue de Kittel mais il fallait que j’essaye. Je pensais qu’il attendrait un peu pour lancer et que je prendrais l’avantage mais il a tout de suite pris ma roue et je me suis fait passer à 200 mètres. Je ne pouvais plus revenir… La dernière fois, j’avais lancé mon sprint trop tard, aujourd’hui c’était trop tôt, et demain… je ne sais pas le traduire en français alors je vais le dire en anglais « i can get it ». »

Elie Gesbert :
« Ce matin, j’avais l’autorisation d’aller dans l’échappée, alors je ne m’en suis pas privé. J’y ai cru à un seul moment, à 25 kilomètres de l’arrivée, quand on a repris du temps au peloton. Je me suis dit : « si on arrive avec 1min30 d’avance à 15 kilomètres, il y a un coup à faire. » On est repris à 6 kilomètres de la ligne… Je suis le plus jeune coureur du Tour, mais je n’ai pas de complexe. Je viens de vivre ma première échappée sur le Tour et mon premier podium. Le public m’a encouragé durant les 167kms d’échappée. Même si ce matin le prix de la combativité n’était pas un objectif, c’était quand même un grand moment. Je me changeais entre Chris Froome et Marcel Kittel, je ne me laisse pas facilement impressionner, mais j’avais des frissons sur le podium, ça donne envie d’y retourner (rires). Dan a encore fait un gros sprint, il n’aura plus beaucoup d’occasions mais j’espère qu’il va créer la surprise. »

Florian Vachon :
« Toute l’équipe a bien travaillé pour Dan. On est resté roues dans roues jusqu’à deux kilomètres de l’arrivée. J’ai essayé de le remonter, on est revenu au niveau de Marcel Kittel. Dan a lancé son sprint de loin, les dernières fois il avait trop attendu, aujourd’hui, il a saisi l’ouverture … un peu trop tôt. Personnellement, je me prends au jeu et je prends confiance en moi. Les coureurs du peloton s’habituent à notre présence dans les sprints. Malgré les abandons il y a encore de très bons sprinteurs mais Dan aura encore une chance demain. Je suis très content pour Elie Gesbert. Je suis en chambre avec lui, c’est un super jeune. Il est courageux, je pense qu’il a une belle carrière devant lui. »

Eduardo Sepulveda :
« Après ma chute de dimanche, je m’étais préparé à souffrir aujourd’hui, finalement, ça s’est mieux passé que prévu (rires). Je suis resté sagement dans le peloton, j’ai eu un peu de chance car le rythme n’était pas très élevé. Par contre, quand il y a des relances et que j’accélère, la douleur est bien présente. Il me reste une journée pour récupérer avant la montagne, je vais m’accrocher pour voir Paris et pourquoi pas retenter une échappée la troisième semaine. »

Denis Leproux (directeur sportif) :
« Dan a été très bien placé par ses coéquipiers, notamment Pierre-Luc et Flo qui l’emmène dans le final. Aujourd’hui, il a pris l’initiative de se mettre devant et de lancer de loin. Il a un peu accusé le coup mais il fait 7ème, c’est super. C’est lui qui a lancé le sprint, il lui manquait un peu de force dans les derniers mètres. Il a pris le sprint à son compte, il a confiance en lui, c’est positif. L’autre bonne nouvelle est le prix de la combativité pour Elie. Il avait des fourmis dans les jambes et voulait prendre l’échappée, il a bien fait. C’est une super journée pour l’équipe, pas de regrets. »
 

Tour de France #9 – Brice Feillu : “Pas dans ma meilleure forme mais devant”

Ce matin, les visages concentrés sur le home-traineur au départ de Nantua présageaient une journée difficile. Aujourd’hui, ce sera de la dynamite, en haute montagne. Pierre-Luc Périchon, Eduardo Sepulveda et Brice Feillu sont dans le groupe échappé d’une trentaine de coureurs. Mais, dans la descente du deuxième col, Eduardo Sepulveda chute violemment. Bien « épluché », l’argentin repart au mental et termine la journée. La course explose : attaques, chutes, abandons à l’avant. Brice tient sa place dans le groupe des favoris jusqu’au Mont du Chat, il se classe 26ème de l’étape et est 20ème au général. Toute l’équipe termine cette étape de guerriers dans les délais et s’envole au complet pour Périgueux.

Brice Feillu :
« Le bilan est plutôt intéressant car je remonte au classement général. Warren Barguil termine deuxième, je pese  que c’est un coureur à ma poigne avec qui je pourrais me battre : ça me motive. Aujourd’hui je suis parti dans l’échappée, mais je n’étais pas dans ma meilleure forme, mais au moins j’étais devant ! ”

Maxime Bouet :
« C’était une étape galère sur le vélo, je paye mon échappé de vendredi. Mais, j’ai vécu une journée inoubliable. J’ai monté le Grand Colombier sur un Tour de France ! J’ai une histoire particulière avec ce col. Je suis né au pied et les cendres de ma mère reposent au sommet. Du pied jusqu’en haut, j’ai reçu énormément d’encouragements, tous les 5 mètres quelqu’un criait mon nom, même lâché, j’ai vécu quelque chose de fort. »

Sébastien Hinault :
« C’était plutôt bien parti avec trois coureurs à l’avant, mais malheureusement on perd une de nos meilleures cartes. Les cols très durs convenaient bien à Eduardo. Sa chute est sévère, et je le félicite d’être reparti et d’avoir fini l’étape. Brice fait une belle étape et se place dans le top 20 du classement général : c’est bien ! C’est en étant offensif, en devançant la grosse accélération des cadors qu’on pourra obtenir des résultats. Autre satisfaction, Dan termine dans les délais alors que d’autres équipes font de grosses pertes. C’était vraiment une étape épique, les gens devant leur télé n’ont pas dû s’ennuyer. »

Tour de France #8 – Romain Hardy : “Comme dans un stade de foot”

Le combat aura duré 187,5 kilomètres aujourd’hui. Il fallait être concentré derrière sa télévision pour suivre l’étape car les cartes ont été redistribuées à plusieurs reprises. L’échappée la plus disputée du Tour de France a mis plus de deux heures à se former. Un groupe d’une cinquantaine de coureurs se détache avec Laurent Pichon et Maxime Bouet. Brice Feillu, Romain Hardy et Eduardo Sepulveda sont dans le groupe maillot jaune, ils ne le quitteront qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. Romain Hardy décroche une belle dixième place. Notre formation est neuvième du classement général par équipes.

Romain Hardy (10ème) :
« Ce matin, la consigne au briefing était de mettre quelqu’un dans l’échappée. Je n’étais pas très bien en début de course, donc je me suis replacé dans le peloton maillot jaune avec Brice et Edu. Ensuite, ça s’est fait par l’arrière. Le but était de s’accrocher le plus longtemps possible, finalement ça a tenu jusqu’au bout (rires). J’arrive pour la place de trois, je suis un peu déçu de mon sprint. Je fais une belle place, c’est quand même un top 10 sur le Tour mais je pouvais faire mieux. Toute notre formation a été solide, on ne doit pas être loin de la gagne au classement par équipes, c’est encourageant pour la suite. (NDLR : 5ème par équipes dans le même temps que les premiers). Quand je vois d’où je reviens je suis content de mon étape et d’être sur le Tour. L’ambiance est incroyable. Il y a du monde partout, avec les fumigènes, on a l’impression d’être dans un stade de foot, Je m’attendais à quelque chose de beau et grand, c’est à la hauteur de mes attentes. »

Brice Feillu :
« Ça n’a pas débranché de la journée ! C’était très usant. Je n’étais pas au mieux en début d’étape, j’ai hésité à aller au combat pour l’échappée, finalement je suis resté dans le groupe maillot jaune. Dans la dernière montée, je me sentais bien, j’ai attaqué à deux reprises pour essayer d’aller chercher une belle place, je suis repris à un kilomètre de l’arrivée. Personnellement mais aussi collectivement, nous faisons une belle première semaine et nous allons encore essayer demain. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« On a vraiment fait une belle étape. Maxime et Laurent ont passé la journée à l’avant, Brice a attaqué dans le final et on place trois coureurs dans le groupe maillot jaune. On joue la gagne au classement par équipes, c’est une belle journée pour nous. Pour Dan aussi, ça s’est bien passé, il avait le sourire en arrivant. Il faut qu’il soit dans la même optique demain. Ce sera une journée éprouvante, je n’ai jamais vu d’étape comme ça sur le Tour, ce sont des pourcentages inédits, sur le papier c’est du costaud ! »

Tour de France #7 – Dan McLay : “Me faire confiance”

On ne pourra pas nous reprocher de ne pas tenter sur cette première semaine du Tour de France. Maxime Bouet avait senti le vent se lever. Parti dans l’échappée, « le Blond » a voulu anticiper les coups de force des équipes de sprinteurs mais pas de bordure sur cette septième étape. Les quatre fuyards du jour sont repris à 6 kilomètres de l’arrivée pour laisser place à un sprint millimétré. Il faut sortir la photo finish pour départager Kittel et Boasson Hagen, l’allemand réalise la passe de trois. Dan McLay est dixième.

Dan McLay :
« C’était un final très rapide, j’ai essayé de rester dans les roues le plus longtemps possible et finalement j’ai attendu un peu trop longtemps avant de déclencher mon sprint. Je me suis retrouvé coincé contre les barrières, j’ai mis 100 mètres à me dégager et à pouvoir lancer mon effort. C’est ma faute, j’aurais dû me faire davantage confiance et démarrer mon sprint plus tôt. Mais, je suis loin d’être découragé pour la suite, bien au contraire. Je vais souffrir les deux prochains jours, je me suis préparé pour cela et ensuite j’essayerai de faire le sprint parfait. Toute l’équipe, Flo, Romain, PLP, fait un travail incroyable pour moi, il faut simplement que je me fasse confiance. Il y a une forte densité de très bons sprinteurs, cette année, on l’a encore constaté aujourd’hui, mais une surprise n’est pas impossible. »

Maxime Bouet :
« Ça pouvait ressembler à une échappée suicidaire sur le papier, mais il y avait un vrai coup à jouer sur cette étape propice aux bordures. Je voulais anticiper l’accélération du peloton, pour éventuellement me faire reprendre par le premier groupe mais ça ne s’est pas passé comme ça. On est déjà à la septième étape, je tente des choses, je ne veux surtout pas arriver sur les Champs avec des regrets. Pour être honnête, je m’ennuyais un peu dans le peloton, ce n’est pas mon truc de « faire le mouton » (rires), je voulais mouiller le maillot. A l’arrivée, il y a un peu de frustration de ne pas avoir le prix de la combativité, quand on voit le peloton revenir sur nous on se raccroche à cela. C’est sûr, ce n’est pas une victoire d’étape, mais monter sur le podium du Tour n’est pas négligeable. C’est une course à part, la plus belle du monde. Pendant l’échappée, j’ai pris le temps de regarder tous ces gens qui m’encourageaient, ils avaient le sourire, ce sont des émotions que l’on peut vivre uniquement sur la grande boucle. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« On reste sur notre faim, il avait les jambes pour faire mieux. Il est à nouveau dans le top 10 mais s’il avait eu un peu plus confiance en lui, il était capable de viser un top 5, tout comme hier. C’est dommage, mais ça reste une belle place. Le sprint ça se joue à l’instinct, au mental et il faut réfléchir en moins d’une seconde. Il hésite puis se met dans la roue de Démare en pensant faire une belle remontée mais finalement il était plus fort que lui et doit lancer avant lui. Je reste persuadé qu’on peut obtenir un meilleur résultat. »

Tour de France #5 – Que des costauds

Pour cette première étape de montagne, l’échappée était désirée. Pierre-Luc Périchon saisit le bon wagon aux côtés de De Gendt, Gilbert, Voeckler, Delage, V. Baarle, B.hagen et Bakelants. Rapidement, le peloton contrôle et garde les fuyards sous la barre des 3 minutes. Malgré leurs efforts, les huit hommes de tête sont repris par le peloton dans l’ascension finale.  Fabio Aru s’impose au sommet de la Planche des Belles-Filles, Christofer Froome endosse le maillot jaune.

Pierre-Luc Périchon :
« Je pensais à cette étape depuis le début du Tour. Au début, on a roulé très fort, mais on n’arrivait pas à creuser avec le peloton. Au bout de 15 kilomètres, on s’est demandé si ça valait le coup de continuer, j’étais déjà à bloc et certains ont répondu « on ne roule pas vite là », j’ai compris que j’allais passer une longue journée (rires).  Les vingt minutes suivantes, j’ai vraiment eu mal aux jambes mais sur la seconde partie d’étape ça allait beaucoup mieux. Je ne saurais pas dire si c’est parce que j’avais récupéré ou si lus autres avaient baissé de régime. Philippe Gilbert a attaqué, je n’ai pas réussi à faire l’effort tout de suite pour suivre. Au pied de la planche des belles filles, j’ai essayé de rentrer sur Gilbert, c’était ma dernière cartouche et le peloton m’a repris. Pendant l’échappée, j’ai réalisé que j’avais autour de moi 5 anciens vainqueurs d’étape du Tour et 3 porteurs du maillot jaune, j’étais entouré de costauds. Je n’ai pas de regrets, c’était une journée difficile, mais une fois la ligne passée on ne garde que les bons souvenirs.»

Brice Feillu :
« Je pense que tous les grimpeurs attendaient avec impatience cette première étape de montagne. Il y avait énormément de monde au sommet, même si je participe à mon septième Tour de France ces moments sont magiques. Sur le vélo, je pensais être un peu mieux mais le Tour est encore long et j’espère monter en puissance. Pour la première fois, mes parents suivent le Tour sur quelques étapes, ça donne le sourire de voir un visage familier à l’arrivée. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Sur le papier, l’échappée d’aujourd’hui était plus intéressante que celle d’hier. On a vu, d’entrée de jeu, que BMC ne laisserait aucune marge de manœuvre. Nous n’y avons pas vraiment cru même si c’était une échappée royale, avec de très grands coureurs. Il aurait fallu au moins 2 minutes au pied de la bosse. On ne veut pas avoir de regrets. Pierre-Luc fait une belle étape. On va probablement avoir deux arrivées au sprint les prochains jours puis un gros week-end. C’est une première semaine très intense. »

TDF #3 Un c’est bien, deux c’est mieux !

Comme Laurent Pichon, hier, Romain Hardy avait des fourmis dans les jambes sur cette troisième étape et les points des grimpeurs en tête. Le breton passe à coté du maillot à pois mais pas de son étape. Après plus de 150 kilomètres d’échappée, les 6 hommes de tête voient revenir trois coureurs dont Pierre-Luc Périchon. Romain Hardy roule pour donner de l’impulsion aux nouveaux fuyards, il est le dernier rescapé de l’échappée matinale. Mais les tentatives étaient vaines aujourd’hui, sur ce genre d’arrivée il y a 192 coureurs à se faire la guerre mais au final, c’est le champion du monde, Peter Sagan, qui gagne.

Romain Hardy :
« Une échappée sur le Tour de France est incomparable aux autres journées que l’on passe sur le vélo. C’était ma première et je m’en souviendrai. Depuis que je fais du vélo j’y pense. On a reçu beaucoup d’encouragements, je ne pourrai même pas décrire l’ambiance au bord de la route. Mais, ce n’était pas qu’une partie de plaisir, il y avait plus de 200kms et beaucoup de vent. L’objectif était le maillot à pois, aujourd’hui je n’étais pas assez fort pour aller le chercher. J’étais entouré de très bons coureurs, enfin… dans toutes les échappées sur le Tour il y en aura (rires). Au bout de 130 kilomètres on n’avait plus d’énergie, on savait que notre échappée était vouée à l’échec. Quand j’ai vu que PLP revenait, j’en ai gardé un peu pour l’aider le plus possible. Je sais qu’il marche bien en ce moment, j’ai donné tout ce que j’avais pour lui, c’était mon challenge de fin d’étape. »

Pierre-Luc Périchon :
« Je suis un peu déçu de ne pas avoir pris l’échappée matinale mais je me suis consolé dans le final. On est assez vite revenus sur les échappés mais on sentait le décalage entre nous. On a essayé de se réorganiser mais on s’est vite retrouvés à quatre. Lorsque Calmejane a attaqué dans l’avant-dernier grimpeur, je me suis dit que j’allais pouvoir le contrôler et rentrer plus tard… mais j’ai compris que j’allais laisser trop d’énergie, je voyais déjà le peloton revenir donc je me suis relevé. Je regrette un peu que Romain n’ait pas eu la combativité mais on est seulement au deuxième jour, il nous reste encore beaucoup d’occasions de briller. On a tenté des choses aujourd’hui, mon objectif était de relancer la course. Comme dit Seb Hinault : pour gagner une course il faut prendre le risque de la perdre. »

Sébastien Hinault (directeur sportif) :
« Ce matin, l’objectif était le maillot à pois. Le peloton n’a pas laissé plus de 2 minutes aux échappés, c’est frustrant, surtout qu’on avait Romain et Pierre-Luc à l’avant. Calmejane a voulu faire cavalier seul dans le final, c’est dommage, ils auraient pu aller plus loin avec Pierre-Luc. Dans tous les cas, on tente, on essaye de ne pas avoir de regrets car le jour où une échappée ira au bout on ne veut pas s’en mordre les doigts. On aurait aimé un prix de la combativité pour Romain mais c’est compréhensible qu’il soit revenu à Calmejane. L’essentiel est de garder cet esprit combatif, ça finira par payer. »