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Clément Russo : « Mener le peloton à Arenberg »
Le 14 avril 2019
C’était un Paris-Roubaix ultra-rapide, contraignant les coureurs à évoluer sans filet ! Chaque ennui mécanique avait des conséquences fâcheuses, André Greipel l’a appris à ses dépens. En revanche, Clément Russo dont c’était la première participation a démontré des aptitudes intéressantes et laisse penser qu’il a un avenir sur les pavés du nord !



Clément Russo :

«La Trouée d’Arenberg, c’était énorme. Il y avait tellement de bruit que je me croyais dans un stade de foot. Quand j’ai vu l’arche qui annonçait le secteur, j’ai regardé mon compteur, on était à 67 kilomètres, je me suis dit « ça va être chaud ». J’étais bien placé, je me sentais à l’aise, j’ai remonté quelques places et je me suis retrouvé à mener le peloton. J’étais à fond, mais je ne sentais pas la douleur, j’avais l’impression de pouvoir aller toujours plus vite. C’était incroyable.


Je suis très content de finir. Quand on prend le départ, on ne sait jamais ce qui va se passer, on peut tout perdre en quelques secondes. On passe par tous les états pendant la journée. Ce matin, j’avais froid, je ne me sentais pas super bien, je gambergeais un peu. Ensuite, sur les premiers secteurs, je me suis tout de suite senti à l’aise et je me suis dit « ça va le faire. » J’avais bien écouté les conseils de Sébastien. Sur la reco, je serrais beaucoup le cintre, à chaque secteur j’avais des douleurs. Aujourd’hui, je le tenais à peine, ça bougeait, mais je n’ai eu aucune douleur et quasiment pas d’ampoules. C’est une course à part. Il n’y avait que des champions autour de moi. Par exemple, au début d’Arenberg j’étais dans la roue de Sagan….ce n’est pas n’importe qui (rires). Mais il ne faut pas rester regarder pédaler les champions ! Ils ne le feront pas à notre place, donc à bloc ! Malgré l’adrénaline procurée par l’évènement, je suis resté très concentré sur ma course. J’ai connu un passage dur à 60 kilomètres de l’arrivée, c’était la guerre entre les favoris, on n’était plus que quarante dans le peloton. Le coureur devant moi a lâché, et je n’ai jamais pu boucher le trou. C’est très dur, je comprends pourquoi on l‘appelle l’Enfer du Nord, mais le plaisir a pris largement le dessus aujourd’hui. J’ai fini Paris-Roubaix ! 260 kilomètres, mon record. Après Templeuve, je pensais déjà au Vélodrome, je comptais les kilomètres, j’avais hâte de vivre ce moment. Pour un premier, je suis content de ma performance, j’ai hâte de revenir. »




 Benoit Jarrier :

« Je suis déçu, je sentais que j’avais de la force mais les ennuis mécaniques ont pris le dessus. J’ai crevé sur un secteur, je suis revenu et trois kilomètres plus loin je déraille… ma course était finie. Ça fait partie de Paris-Roubaix. J’ai fait 20 kilomètres tout seul. C’était difficile. Quand on est dans la course, on a mal aux jambes mais on y pense pas. On est concentré sur une seule chose : s’accrocher. Quand on n’est plus dans le match, les douleurs reviennent et reprennent le dessus. Paris-Roubaix ça se respecte, on n’abandonne pas comme ça, donc on va au bout ! »




Sébastien Hinault :

« Aujourd’hui, nous avons une satisfaction avec Clément Russo  mais nous avons connu des ennuis mécaniques qui nous ont quand même beaucoup affecté. Oui, la satisfaction nous est apportée par Clément dont c’était la première participation. Il sait se placer, il est à l’aise sur les pavés. Il lui a manqué la connaissance de la course et ça s’acquiert avec l’expérience en dépit de l’aide que nous pouvons lui apporter, notamment quand il s’agit de choisir le bon moment pour remonter en tête de groupe mais il nous a montré qu’il est un élément d’avenir dans cette course. Dans la tranchée de Wallers-Arenberg, il était en tête de peloton au contact des costauds. Il a été mis en difficulté sur le secteur où la course s’est jouée, à un peu plus de 60 kilomètres de l’arrivée et puisque ça ne s’est jamais relevé, il a fini dans le troisième groupe.

Longtemps Clément a été accompagné par Benoît Jarrier qui a été victime d’une crevaison et d’un ennui mécanique, le même ayant stoppé André Greipel dans le troisième secteur pavé. Alan Riou, qui a fini (tout comme Franck Bonnamour et Benoît Jarrier), lui a donné son vélo, Brice Feillu l’a attendu mais la course a été intense toute la journée. Être victime d’un ennui signifiait pour la plupart la fin des illusions. Idem pour Bram Welten qui a cassé une roue… »