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Dans la bonne bordure – Paris-Nice.1
Le 10 mars 2019

Le vent ne nous a pas emportés sur la première étape du Paris-Nice et nos Bretons ont bien rempli leur mission. Dans un premier temps Amaël Moinard est parti en éclaireur avec Damien Gaudin et Romain Combaud. Le but pour lui était d’être dans le premier groupe lors de potentielles bordures. A 43 kilomètres de l’arrivée, les premières cassures s’opèrent dans la plaine exposée au vent, certains coureurs sont victimes de chutes. A plusieurs reprises, le peloton se scinde. André Greipel réalise un énorme travail de placement pour rester à l’avant. Warren Barguil le rejoint et les deux hommes travaillent main dans la main pour conserver leur position. Pris dans une cassure dans la dernière côte, André Greipel parvient à revenir à cinq kilomètres de la ligne pour disputer le sprint. Quatorzième, l’Allemand est déçu, forcément, mais Warren était pour sa part satisfait de sa journée.



André Greipel (14ème) 


 « C’était dur, il fallait être concentré du début à la fin pour rester à l’avant, ça demande beaucoup d’énergie. Dans les premières bordures je me sentais bien. C’était très nerveux. Avec Warren on a essayé de rester ensemble, de s’aider, de se parler. Dans le final, j’ai été décroché et je rentre à cinq kilomètres de l’arrivée, mais ce soir je ne suis pas content de mon sprint. Je dois l’accepter. L’emballage final était un peu brouillon, à un moment j’étais bien placé et 10 secondes après tout était à refaire. Je me suis raccroché plusieurs fois pour tenir les bonnes roues mais je dois admettre que pour le sprint je n’avais plus de bonnes jambes. C’est un vrai Paris-Nice personne ne va t’emmener jusqu’à l’arrivée on doit tous se battre pour rejoindre la ligne. Ça ne sera pas facile d’arriver avec de bonnes jambes pour les prochains sprints mais ce ne le sera pour personne. »



Warren Barguil 

« Ce sont des journées intéressantes, il faut être tout le temps bien placé, tout le temps concentré, je n’ai pas vu passer les 130 kilomètres. Généralement, j’arrive à bien me placer, aujourd’hui j’étais dans les bons coups, donc c’est agréable. Quand ça a commencé à casser, je me suis retrouvé dans la deuxième bordure, mais j’étais avec des favoris, donc je ne me suis pas affolé et j’ai attendu que ça se fasse pour rentrer. Après je me suis bien positionné à l’avant, pour ne pas me faire avoir une deuxième fois. J’ai essayé de faire au mieux pour placer André. On s’est beaucoup aidé dans les bordures. Dans la dernière bosse André a pris une cassure, j’ai reculé un peu de mon groupe pour pouvoir l’aider à son retour. J’ai fait le maximum pour l’aider à l’approche du sprint, tout le monde était bien fatigué, le sprint était un peu chaotique. Forcement, on aurait tous aimé faire un gros résultat surtout qu’on a bien travaillé toute la journée. Mais, aujourd’hui, ça aurait aussi pu être une journée cata… c’est Paris-Nice, il peut se passer quelque chose tous les jours. Au terme de cette première étape, je n’ai pas perdu de temps, il faudra y retourner demain ! »



Amaël Moinard, échappé


 « Nous voulions à tout prix que l’un de nous aille devant pour anticiper. On avait eu une étape similaire il y a deux ans…En anticipant comme ça on est sur d’avoir un coup d’avance et un point de relais pour aider les leaders quand les bordures se forment. Ce n’était pas compliqué de prendre l’échappée aujourd’hui car personne ne voulait sortir. Il y a eu un coup d’accélération du peloton après 30/40 kilomètres. On a puisé dans nos forces pour garder notre écart mais bon… on a été repris assez loin de l’arrivée et avec le vent c’était très très dur à trois.


Quand je suis repris il y avait une bordure. C’était tout l’avantage d’avoir un temps d’avance. Je suis resté avec André, ensuite il y a Warren qui est rentré. En haut du dernier grimpeur j’ai remplacé André et Warren et là ma journée était terminée, j’étais cuit, j’ai fait un gros effort parce que je savais qu’en haut de cette cote on tournait  à droite et à chaque fois ça bordure ici. J’ai terminé avec le peloton pour pouvoir passer mon vélo en cas d’ennui mécanique, mais à 10 kilomètres de l’arrivée j’ai fini à mon rythme.


Crédit photo : ASO / A.Broadway

Yvon Ledanois – directeur sportif


« Le point positif c’est qu’on a Warren et André dans le premier groupe sur une étape qui était particulièrement nerveuse et dangereuse. Le point négatif c’est que j’aurais aimé avoir un coureur voire deux avec eux mais il ne faut pas être plus royaliste que le roi. En s’échappant dès le départ Amaël Moinard a respecté les consignes et a fait du bien au moral de ses leaders en étant près d’eux dans la première bordure après avoir été repris. Elie Gesbert n’était pas dans un grand jour et ça ne pardonne pas. Bram Welten a été victime d’une crevaison en début d’étape se faisait une bordure et sans doute l’a-t-il payé un peu et c’est logique. Ca a été une étape exigeante où le placement est hyper important . Sur le sprint…ça a été un sprint à l’énergie. Même si l’étape n’a fait que 138,5 kilomètres, tout le monde a fini « au courage ». Je pense qu’André a dépensé beaucoup d’énergie à rester placé dans les bordures. Il lui a manqué un équipier et je pense que ça lui coute dans le sprint.


Demain on remet le couvert, il ne faut pas s’enflammer. Il y a des leaders qui ont perdu du temps. Pour nous c’est une première étape de passée, mais aussi une opportunité pour le sprint en moins. Il faut se focaliser sur ça et faire en sorte qu’André puisse le faire dans de bonnes conditions demain. »