Nos actualités
Dorian Foulon : “Mon objectif, c’est performer”
Le 28 juin 2019

Le week-end dernier à Landaul en Bretagne, Dorian Foulon, est devenu champion de France de paracyclisme sous les couleurs d’Arkea-Samsic. Depuis le début de cette saison, l’équipe soutient le coureur de 21 ans sur les compétitions handisport, au niveau national et international. Le breton, né avec un pied bot, performe également chez les valides.





Dorian Foulon : « Le championnat s’est super bien passé. Ma famille était là, il y avait beaucoup de monde pour me soutenir. C’était la première fois que je gagnais sous le maillot d’Arkea-Samsic et je suis content de pouvoir apporter cela. Le prochain gros rendez-vous sera le championnat du monde sur quatre jours, le week-end du 15 septembre. Sur la course en ligne, ce sera tout pour le titre et au minimum un podium !


Il faut que je performe chez les valides


Quand j’ai commencé le vélo de compétition en minime, je ne savais même pas que je pouvais courir en handisport. J’ai été classifié handisport suite à des tests. A cette période j’ai rencontré Christophe Dizy, qui montait alors le pôle espoir de paracyclisme. C’est ainsi que je suis parti au Pays-Basque, pour le vélo. Je cours en handisport mais ça ne m’empêche pas de courir chez les valides ! D’ailleurs, si je veux espérer des bons résultats en paracyclisme, il faut que je performe chez les valides.



« Je suis né avec un pied bot c’est à dire que j’avais un pied à l’envers. Au bout de trois mois j’ai été opéré de la jambe gauche. On m’a redressé le pied grâce à une broche en m’arthrodésant (bloquant) la cheville : c’est ce qui entraine l’atrophie (diminution de taille) de ma jambe gauche car je n’ai plus d’amplitude avec mon pied.


50% de moins en moyenne


À partir de là, je ne peux plus développer mes muscles. Je n’ai vraiment rien en bas du mollet. Il y a environ trois ans, j’ai fait des tests qui permettent de connaître la différence de puissance entre la cuisse et mollet de chaque jambe. Sur le mollet j’ai 78% de moins de force par rapport à ma jambe saine, sur la cuisse j’ai 34% de moins. En moyenne sur la jambe, c’est 50% de moins. Je vais bientôt refaire un test…mais je pense que la différence s’est agrandie les dernières années car ma jambe saine se développe. »




« Actuellement l’UCI est dans une démarche de valorisation de tous les vélos. A long terme l’idée serait de pouvoir mettre en place plus de choses via les équipes professionnelles masculines pour les handisports… C’est dans cette idée aussi que peux courir sous les couleurs d’Arkea-Samsic.


Un vrai lien avec l’équipe Arkea-Samsic

C’est un vrai échange avec l’équipe, un soutien matériel, un suivi.  Emmanuel Hubert me suit réellement, les directeurs sportifs m’envoient des messages, il y a des coureurs qui suivent mon actualité sur les réseaux, il y a un vrai lien…ça fait plaisir.»


En stage en janvier à Calpe avec l’équipe

« C’est clair qu’il y a quatre ans, si on m’avait dit que je ferai un stage avec les professionnels je ne l’aurais pas imaginé…Quand tu es jeune, les pros, ça fait rêver, mais aujourd’hui je m’entraîne avec eux. Je me suis rendu compte que c’était des personnes normales. J’ai toujours l’habitude de rouler avec mes amis mais à ce stage, c’était comme si c’était pareil ! Dans mon imaginaire c’était des monstres, même plus des humains…alors que pas du tout.


Dans le même bain que les pros

Être à table avec eux, discuter avec Amaël Moinard qui a courru à la BMC avec Cadel Evans, ou encore Maxime Bouet, écouter les anecdotes : c’est génial.

Qu’Arkea-Samsic me mette dans le même bain que les pros sur un stage, c’est juste génial. Je ne pensais pas que j’allais être intégré au groupe de cette manière, faire les mêmes entraînements…

Aussi je suis impressionné par Elie Gesbert. Quand j’étais chez les cadets il courrait en juniors en Bretagne, il était déjà impressionnant ! Forcément je suis son évolution, c’est énorme. J’essaye de prendre exemple sur les rouleurs puncheurs comme lui car je commence à bien comprendre que la montagne ce n’est pas pour moi (rires).



« Quand je suis sur le vélo je ne me dis jamais : « Je ne vais pas pouvoir le suivre-lui, parce que je suis handicapé. » Je ne me dit jamais ça. Justement, c’est une force. Je n’aime pas aussi quand on me dit « c’est normal que tu aies lâché dans cette course, tu as une jambe en moins ». Je vois plus loin.



Performer aux Jeux Paralympiques en  2020


Mon but : c’est de performer. J’ai un objectif qui est de participer aux Jeux Paralympiques et de ramener une médaille. Mais à plus long terme j’aimerais aussi passer un jour le cap chez les professionnels. Ce sera sûrement difficile mais je n’ai que 21 ans. Aujourd’hui les meilleurs coureurs handisports de ma catégorie à l’international sont en continentale ! Je pense par exemple à l’Australien Alistair Donohoe qui est cycliste et paracycliste et qui participait récemment au ZLM Tour…Ça avance ! »


La story instagram d’André Greipel

« Au stage de novembre, à l’occasion de la ballade Arkea-Samsic, j’avais été marqué par André Greipel. Quand nous déchargions le camion avec notre matériel adapté, il était venu nous demander des renseignements sur le tricycle (vélo adapté), en toute simplicité et curiosité.


Il s’intéresse sincèrement aux gens


C’est André Greipel quand même ! En façade il impressionne, il y a la barrière de la langue et au final sur le vélo on a beaucoup discuté. Il connaissait un cycliste handisport allemand  : Michael Teuber qu’il avait rencontré à des soirées de remises de prix. J’ai vraiment trouvé qu’Andre Greipel est une personne qui s’intéresse sincèrement aux gens et ça m’a marqué.»



« En France on a encore beaucoup de travail sur le développement du handisport et paracyclisme. Il y a les handicaps de naissance mais aussi par accident. Malheureusement, il y a beaucoup de jeunes qui ont des accidents très tôt dans leur vie et beaucoup de parents n’ont pas la connaissance du handisport. Quand quelqu’un est amputé au dessus du genou, il peut continuer à faire du vélo !


Développer encore plus le paracyclisme


C’est sûr ce n’est pas facile, c’est des leçons de vie, mais il y a des belles choses à faire. Actuellement je passe un brevet professionnel d’activités pour tous pour devenir éducateur sportif spécialisé. A long terme j’aimerais encadrer des jeunes en handisport et surtout essayer de développer encore plus le paracyclisme.»