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Équipiers, la course au don de soi
Le 14 septembre 2020

Sans eux point de succès, point de leader qui brille. Ils : se sont les équipiers, gros plan sur ces hommes qui sont les piliers d’une équipe, et plus encore sur les routes du Tour de France.


 


Si la lumière vient, souvent, ce sont ceux eux qui permettent de l’allumer. Le vocabulaire cycliste les a souvent assimilés à des « grégarios », parfois le mot de « domestique »  employé par les Britanniques, surtout, leur a été accolé. Mais ces hommes de l’ombre sont ceux qui, aussi, écrivent la grande histoire du cyclisme. Comme il n’y a pas de petites ou de grandes victoires, il n’y a pas de grands ou petits coureurs, juste des hommes au service d’autres hommes, lesquels accomplissent chaque jour, leur travail avec professionnalisme et envie, coéquipiers ou leaders.


Équipier c’est appartenir à une caste, dans le sens noble du terme. La part de gloire qui leur revient est souvent le soir à l’arrivée de l’hôtel ou de l’étape loin des feux des projecteurs. Les remerciements que leur adresse leur leader, ou la franche accolade qu’ils leur donnent une fois la ligne franchie ont une valeur inestimable à leurs yeux.


Des gestes forts qui réduisent, un peu, la souffrance d’une journée. « J’aime assumer ce rôle, indique Connor Swift.  Nous effectuons ce travail Clément Russo, Kévin et moi, auprès de Nairo sur ce Tour de France.  Nous  le protégeons de tous les pièges qui peuvent survenir au cours de l’étape. Nous devons bien le placer aux pieds des cols, et le « piloter » en haut du peloton en cas de journées à bordures afin qu’il ne concède pas de temps par rapport aux autres leaders. Nous lui prenons une musette, un bidon dans les zones de ravitaillement, nous donnons le meilleur de nous-même  afin de l’aider et de l’amener dans les meilleures dispositions de course ».


Se donner sans compter, en faisant tout pour le bien de son équipe et celui qui en tient les rênes sur la route, telle est la philosophie de ces hommes, catégorie à laquelle appartiennent également Dayer Quintana et Winner Anacona, deux coureurs capables de se mettre « les tripes à l’air » pour faire cause commune et chasser un objectif. Le sport n’étant pas une science exacte, parfois cela fonctionne d’autres non, mais ce qu’il convient de conserver toujours intact, malgré tout, c’est l’esprit. « Les équipiers, explique Kévin Ledanois, ont pour mission d’absorber tout ce qui pourrait gêner leurs leaders, que ce soit la pression, la tension en course, lorsqu’un effort inutile est à fournir ou qu’il convient de redescendre à la voiture du directeur-sportif pour x raisons. On se doit d’être une éponge pour nos leaders afin qu’ils soient en pleine possession de leurs moyens à l’instant « t », ou dans le money-time de la course ». Être une bulle dans la bulle, et c’était vrai, déjà avant la situation actuelle ! « Nous sommes en quelque sorte leurs protecteurs, surabonde Clément Russo, et nous devons les mettre notre ou nos  leaders dans les meilleures conditions. Ils doivent arriver le plus frais possible, le plus loin possible. Notre satisfaction c’est leur réussite en course, et qu’ils obtiennent un bon résultat, c’est notre récompense pour notre travail ». L’autre satisfaction, ce sont les remerciements reçus. « Nairo et Warren nous remercient souvent, en nous faisant des accolades quand nous pouvions en effectuer, ou des checks. Ils ont de suite des mots pour nous une fois la ligne d’arrivée franchie, pareil en course. Ils savent trouver les propos qu’il faut pour nous encourager. Ce sont des personnes pour lesquelles nous avons envie de nous sublimer ». Sublimer, verbe qui prend tout son sens dans la bouche d’équipiers…


 


Arkéa-Samsic