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Florian Vachon : « Un chapitre se ferme, mais le livre n’est pas achevé »  
Le 19 septembre 2020

Florian Vachon disputera demain à l’occasion du Grand Prix d’Isbergues sa toute dernière course professionnelle. Interview.


 


Arkéa-Samsic : Votre meilleur souvenir hors-victoire ?


Florian Vachon : « C’est sans doute les contre-la-montre par équipes, et forcément, ceux disputés à l’occasion du Tour de France, car c’est sur cette épreuve que nous sommes amenés à en disputer le plus souvent. Les raisons qui me poussent à choisir ces compétitions relèvent d’une question de collectif : ce n’est pas un individu que l’on met en lumière mais tout un groupe. Il y a aussi le fait de s’échauffer tous ensemble, et alignés. J’ai toujours eu un petit frisson lors de ce type de courses, à se dire que l’on va faire un effort qui servira à toute l’équipe. C’est du reste tout le groupe qui est récompensé à la fin et non pas le coureur ».


 


Arkéa-Samsic : Pouvez-vous nous dire quelle est votre plus belle victoire ?


Florian Vachon : « La première ! C’est toujours celle qui marque. »


 


Arkéa-Samsic : Vos relations avec Emmanuel Hubert ?


Florian Vachon : « Je lui dois une grande partie de ma carrière, c’est lui qui a fait le choix de me recruter en 2010. Lorsqu’il occupait le poste de directeur-sportif, il a su m’apporter la confiance dont j’avais besoin quelques jours avant, justement, l’obtention de ma première victoire, en France. Il m’a dit alors que je marchais bien et que je devais croire en moi. Nous avons une relation commune à tous les coureurs avec Emmanuel Hubert, c’est notre Manager Général, mon supérieur hiérarchique, on a eu des visions parfois divergentes du fait de nos positions, mais avec Emmanuel ce qui est bien aussi, c’est que nous avons eu des échanges d’homme à homme, en dehors de tout cadre professionnel. Et c’est quelqu’un qui a su m’écouter. Je ne pense pas, que tout le monde ne l’aurait fait comme lui »


 


Arkéa-Samsic : Quel regard portez-vous sur votre carrière, Florian ?


Florian Vachon : « Je suis heureux de mon parcours. Treize ans, c’est une belle carrière. Il est plus aisé parfois de passer pro que de rester au sein de ce peloton. Après, on peut toujours mieux faire. J’en suis persuadé, mais je suis heureux avec ce que j’ai pu accomplir en treize saisons. J’ai réussi à me faire plaisir sur le vélo, et en dehors. J’ai trouvé ce point d’équilibre-là, en tout cas ».


 


 


Arkéa-Samsic : Que vous a apporté ce métier ?


Florian Vachon : « De nombreuses rencontres, souvent imprévues, surtout avec des supporters du vélo avec qui j’ai pu échanger sur le bord de la route, ou aux abords du bus. Beaucoup d’émotions, mais également des rencontres, avec des jeunes qui sont passés au sein de l’équipe. Je pense notamment à Élie et à Clément. J’ai pu garder le lien avec la jeune génération. Quand je me retrouvais en chambre avec eux, comme ils avaient dix ans de moins que moi, cela m’a permis de vieillir un peu moins vite (rires), d’être moins aigri ou de nourrir des préjugés »


Arkéa-Samsic : Qu’allez-vous regretter ?


Florian Vachon : « Cette montée d’adrénaline que l’on peut ressentir à l’approche d’un final, d’une bosse qui sera déterminante au cours de la compétition. Il va falloir que je la retrouve ailleurs dans ma nouvelle existence. Il y a une certaine dépendance à ce type d’adrénaline, elle peut également être amplifiée par le collectif »


Arkéa-Samsic : Qu’est-ce que vous ne regrettez pas ?


Florian Vachon : « D’être loin de ma famille »


 


Arkéa-Samsic : Quels conseils donneriez-vous à un jeune coureur ?


Florian Vachon : « Coureur cycliste professionnel c’est un métier, plus une passion. Si vous voulez faire une grande carrière, il ne faut faire aucun compromis. Un jeune s’il veut performer, il doit-êtte en capacité à faire tout le temps ses valises. Il est en stage en altitude, en reconnaissance d’épreuves. Si vous voulez faire une grande carrière, il faut-être focus à 100% sur celle-ci en étant à cheval sur l’entraînement et la récupération, qui est également primordiale »


 


 


Arkéa-Samsic : Votre vision du capitaine de route, Florian ?


Florian Vachon : « C’est difficile pour moi d’évoquer ce poste, forcément. Mais je dirais qu’un capitaine de route se doit d’être un rassembleur. Il ne doit pas juger trop vite avant de trancher. Il convient de posséder une vision périphérique de chaque situation avec le côté positif et négatif présentés, et, surtout, à la fin, être en capacité de trancher. Il doit avoir un franc parler en quelque sorte diplomatique ».


 


Arkéa-Samsic : Votre dernier dossard à Isbergues ?


Florian Vachon : « C’est une page qui se tourne, la fin d’un chapitre, mais pas du livre »


 


Arkéa-Samsic : Vos envies futures ?


Florian Vachon : « L’épanouissement personnel »


 


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