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« Gagner une étape reste l’objectif » – TDF 10
Le 15 juillet 2019

Un coup de vent, à trente kilomètres de l’arrivée, a scindé le peloton en plusieurs groupes et a fait de nombreuses victimes, à l’image de Pinot (Groupama-FDJ), Fuglsang (Astana) ou Porte (Trek-Segafredo). Accompagné de Kevin Ledanois, Warren Barguil, qui apprécie les courses de bordures, a fini dans le premier groupe et accède à la dix-septième place du classement général.



Warren Barguil :  « C’était une journée difficile. Avant le dernier grimpeur on avait déjà bien roulé. J’étais toujours bien placé, les gars ont fait un bon boulot. À 40km de l’arrivée, on passe dans un village et je fais toujours très attention à la signalétique, je vois qu’on va prendre un rond point et qu’il faut tourner à droite. J’ai réussi à bien le prendre, et ça a mis en route juste après. Ceux qui sont passés à gauche ont perdu du temps. J’avais un gros braquet 55-11 au final ça m’a bien servi, ça roulait très vite. Ensuite, je me suis mis dans la roue de Julian pour éviter tous les pièges. On était bien en file, ça a dû ralentir un peu et je touche sa roue. Landa essayait de me remonter sur la gauche, je déchausse et je le touche sans faire exprès. Je perds mes deux pédales, lui malheureusement est arrêté dans l’herbe. Je me retrouve à 5 mètres du groupe, Kevin le voit tout de suite, il se met dernier et j’arrive à reprendre les roues. J’ai évité la chute miraculeusement. Ensuite, j’ai essayé de tenir au mieux le groupe. C’était une première semaine éprouvante. »



Kevin Ledanois :  « Je suis sur le Tour pour être placé avec mes leaders dans ces étapes-là. Ce n’est pas une victoire d’être à l’avant, mais je suis content d’avoir réussi à le faire aujourd’hui. Après la journée d’hier, j’avais peur de coincer dans le final, mais finalement ça n’allait pas trop mal. Quand le Team Ineos a accéléré avant la dernière côte, j’étais bien placé avec André, qui nous a dit de rester là et de ne surtout pas reculer. Ensuite on a pris le ron- point à droite avec Warren et on s’est retrouvé dans les 15 premiers. C’est à ce moment-là que ça s’est mis à visser. Je suis passé dans un trou de souris, je me suis retourné et j’ai vu Warren. Je n’ai pas vu les derniers kilomètres passer, j’étais concentré, je gardais un œil sur Warren, à chaque changement de direction, on remontait pour ne pas se faire piéger. C’était une journée très intense. »



Yvon Ledanois, directeur sportif : « Pour nous, c’est  une bonne journée. Warren Barguil est entré dans le Top 20 du Tour et si on m’avait dit qu’il le ferait avant d’entrer dans la montagne, j’aurais eu du mal à le croire. Avec ce qu’il s’est passé en fin d’étape, on ne va pas crier victoire. Je n’ai pas envie de sauter en l’air, il ne faut pas se réjouir de la défaite d’adversaires, l’humilité fait partie des devoirs de chacun, qui plus est du directeur sportif. Ce qui est arrivé à d’autres peut nous arriver demain. Le Tour peut te donner la gloire un jour et tout te prendre en quelques secondes. Je retiens que nous devons continuer de courir comme on l’a fait, en étant proche de Warren. Il finit devant avec Kevin Ledanois qui aime frotter et a été un soutien rassurant pour notre leader. Certains de notre équipe comme André Greipel auraient pu être devant mais en prenant un rond-point du mauvais côté, le coup est parti sans eux. Aujourd’hui, tout le monde s’est impliqué et c’est comme ça qu’on va aller chercher un résultat. Anthony Delaplace m’a dit à mi-étape qu’il était cuit mais il a continué de bosser, il s’est sacrifié, comme tous les coureurs de l’équipe. Alors ce soir, on est content mais l’objectif reste de gagner une étape. Warren va perdre du temps dans le chrono à Pau. Il risque d’être à plus de cinq minutes. Il ne sera pas parmi les plus dangereux à surveiller dans un premier temps et forcément il y aura une opportunité à saisir. Les organismes sont fatigués, c’est une donnée qu’il faut prendre en compte. Nous sommes heureux d’atteindre la journée de repos. Les gars iront faire, s’ils le veulent, un petit tour de vélo, en fin de matinée. C’est un Tour super exigeant, si un coureur n’a pas envie de rouler, on le laissera tranquille. »