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Journée dantesque à Majorque
Le 2 février 2019

Trophée de Tramuntana (179,6 km)


Le cyclisme n’est pas seulement une question de résultats, c’est un sport exigeant faisant appel parfois à des qualités hors normes. Les coureurs de l’équipe Arkéa-Samsic engagés ce samedi dans la troisième manche du Challenge Mallorca ont dû faire preuve d’énormément de courage pour combattre les éléments et aller le plus loin possible.


« Il y a eu deux rebondissements inattendus aujourd’hui, explique Roger Tréhin : le parcours a été allongé de trente kilomètres et, contrairement aux prévisions, la météo a été très mauvaise. Il a plu dès le départ, il a fait froid, pas plus de zéro degré au sommet de plusieurs cols… Très peu de coureurs ont fini la course qui a été très animée. Dans toutes les premières difficultés, Warren Barguil et ses équipiers se sont bien battus. Le peloton était souvent scindé, notre leader était sans cesse à l’avant. »


Le Belge Tim Wellens (Lotto-Soudal) apprécie particulièrement ces conditions dantesques et en a profité à Deïa pour gagner cette course pour la troisième fois devant Buchmann (Bora-Hansgrohe) en grande forme et le champion du monde Valverde (Movistar).


« Ses équipiers ont bien placé Warren au pied du Puig Major mais il restait alors seulement vingt coureurs dans le coup, poursuit le directeur sportif d’Arkéa-Samsic. Warren est allé aussi loin que possible mais il était transi et pas bien remis de sa chute de la veille. Il a joué la prudence. Il craignait de tomber encore ou de tomber malade et puisque les deux premières journées l’ont rassuré, il était en effet plus sage de ne pas insister. Il a mis pied à terre à deux kilomètres du sommet. »


Loin derrière, les deux jeunes Thibault Guernalec et Clément Russo n’étaient pas moins héroïques. Longtemps, ils se souviendront de cette journée.


« Oh la vache ! s’exclamait Clément. On pensait avoir du beau temps et au moment de partir on a pris une première grosse averse qui nous a complètement refroidis. Depuis deux jours, il y a beaucoup de chutes, on avait tous ça en tête. Très rapidement, il y a eu des cassures, plein de petits groupes se formaient. J’ai eu l’impression de rouler à fond toute la journée, il n’y a pas eu de temps mort. En haut de Puig Major on avait à peine 1°C, j’étais complètement gelé, je n’arrivais même plus à freiner… Il faut quand même dire que le plus important est que Warren soit en forme, c’est un plaisir de faire le boulot pour lui. Je pense que ça va être la même chose dimanche avec André Greipel. En plus, normalement on aura beau temps(rires). »


Trofeo Soller -Deia (179,3 Km)

« De la pluie, de la neige, un peu de grêle,confirme Thibault, on a reçu mais tant que j’étais dans la course pour placer Warren, je n’y pensais pas trop. On fait avec les conditions. Par contre, quand j’ai sauté à 2 kilomètres du sommet, c’était autre chose. J’étais congelé, ça fait partie de l’apprentissage(rires).»


Comme le dit Clément Russo, demain il fera beau et toute l’équipe Arkéa-Samsic fera bloc autour de son sprinteur. Même s’il lui faut composer avec quelques petits soucis.


« Nous devons faire face à des pépins de santé, précise Roger Tréhin. Romain Le Roux a souffert d’une gastro après la Tropicale Amissa Bongo et n’a pas de forces. Il a pris le départ aujourd’hui mais avec ce froid, ce n’était pas jouable. Franck Bonnamour est atteint d’une gastro à son tour… Enfin, Maxime Daniel a été confronté à un problème peu banal. A Paris, il lui a été dit que l’avion prévu aujourd’hui était annulé. Il devait attendre celui de Barcelone ce soir mais devait y rester jusqu’à dimanche matin parce qu’il n’y avait pas de correspondance. Il serait arrivé ici après le départ de la course… Pour autant, nous allons faire avec les hommes présents et je peux dire qu’ils sont bien motivés !»