Nos actualités
Laurent Pichon : « La première étape du Tour de France 2021 va surprendre »
Le 9 novembre 2020









Interview grand angle avec Laurent Pichon lequel connaît par cœur le tracé de la première étape du Tour 2021, Brest-Landerneau. L’ancien lauréat de la Coupe de France professionnelle évoque aussi au cours de cet entretien ses liens avec Nacer Bouhanni, ses facultés d’imitateurs. 





Gros plan sur ce coureur qui apporte sa bonne humeur communicative, fédératrice au sein du groupe Arkéa-Samsic et dont la devise est savoir rire tout en restant pro et performant !





Arkéa-Samsic : Laurent pouvez-vous nous évoquer la première étape du Tour de France ?





Laurent Pichon : « Je connais toutes les routes que cette étape va emprunter. Je suis né à Quimper. J’habite désormais à Landerneau, mes parents résident en presqu’ile de Crozon, je me suis marié à Daoulas, ce sont donc des endroits qui m’interpellent forcément et que je connais bien. Cette première étape du Tour 2021 passe sur mes routes d’entraînements. C’est chez moi, avec en plus, cette arrivée sur Landerneau. Ce serait pour moi une étape de rêve, et un rêve que d’être présent sur cette 108e édition du Tour de France, forcément. Après c’est une sélection qu’il faut aussi aller chercher en obtenant de bons résultats, ou en étant au soutien de mes leaders dans le final des courses. Je le sais également ».





Arkéa-Samsic : Laurent parlez-nous un peu plus en détail de cette première étape ?





Laurent Pichon : « Elle va traverser les Monts d’Arrée. Il s’agit du territoire le plus vallonné de la Région Bretagne. Le final de ce premier jour de course sur le Tour de France 2021 sera agrémenté de nombreuses côtes, dont les pourcentages oscillent entre 5 et 6% de moyenne et bien qui sont plus raides par moments. Ce ne sera pas facile. Le profil ressemble à une petite classique : presque un mini Liège-Bastogne-Liège, avec une belle arrivée pour puncheurs, à la Fosse-aux-Loups. Cela peut parfaitement convenir à Warren, Élie aussi s’il est parfaitement remis de ses soucis de santé de 2020 ».





Arkéa-Samsic : Ces quatre jours en Bretagne promettent d’ores et déjà…





Laurent Pichon : « Forcément ! Sans être chauvin, la Bretagne est une terre de cyclisme. Il y a de nombreux passionnés de notre sport sur notre territoire. Ce seront quatre jours de fête, les deux premiers jours de course s’annoncent spectaculaires avec les arrivées à la Fosse-aux-Loups et à Mûr de Bretagne. Après sur les deux autres jours, nous pouvons nous attendre à de beaux sprints ».





Arkéa-Samsic : Une fois encore les deux premières étapes vont casser le cliché d’une région quasiment plate…





Laurent Pichon : « Il est clair que chez nous, il n’y a pas de grands cols comme dans les Alpes ou dans les Pyrénées, mais ce n’est pas tout plat non plus. Lorsque je rentre d’une longue sortie d’entraînement dans les Monts d’Arrée, il n’est pas rare que j’approche des 3000 mètres de dénivelé positif. Ce qui n’est pas rien. Le terrain est varié, et cela me permet de réaliser de beaux entraînements ».





Arkéa-Samsic : Pouvez-vous, Laurent, nous évoquer votre relation professionnelle et à la fois amicale avec Nacer Bouhanni ?





Laurent Pichon : « Nous nous sommes connus en 2013 à la FDJ lorsqu’il a été sacré Champion de France. J’ai été formé sur la piste, et le sprint m’a toujours plu. Je suis de fait rentré rapidement dans le groupe sprint qui avait été créé autour de lui. J’ai disputé à ses côtés deux Tours d’Italie, dont celui sur lequel il a remporté trois étapes plus le maillot cyclamen, en 2014. Nous avons vécu de bons moments ensemble, il y a quelques années, et aujourd’hui encore. L’amitié entre nous, s’est faite tout naturellement. Je suis quelqu’un de franc et honnête. Nacer fonctionne sur des critères identiques. Je ne me cherche pas d’excuses, comme lui. Je passe de bons moments avec lui, on rigole bien, sans en faire plus. Je ne lui envoie pas des messages tous les jours non plus, mais dès que l’on se voit, le courant passe bien entre nous ».





Arkéa-Samsic : La manière dont il est décrit parfois vous chagrine-t-elle ?





Laurent Pichon : « On lui colle une étiquette de « bad-boy », alors que cette image est totalement fausse. Les personnes qui le connaissent et le côtoient savent au contraire que c’est quelqu’un qui porte le respect en lui, qu’il est profondément gentil. Après sur le vélo, c’est un Champion. Un sprinteur, dont le souhait c’est de gagner, dans les règles de l’art, toujours. Il a une image qui a été dévoyée par rapport à la réalité dans les médias. Nacer est un sprinteur, et parfois l’adrénaline a du mal à redescendre aux arrivées. C’est un coureur qui est très exigeant envers lui-même, il ne se fait pas de cadeaux. Il est hyper professionnel, se donne les moyens de tout faire bien sur le plan diététique, à l’entraînement. C’est aussi cette attitude qui pousse à vouloir exceller encore plus, qui enjoint toute l’équipe Arkéa-Samsic à aller vers le haut. Sa volonté c’est d’être le premier peu importe qui est sur la ligne de départ à ses côtés ! Sa devise :  pour gagner il faut battre tout le monde.





Arkéa-Samsic : Laurent cette saison, vous allez être l’un des coureurs les plus expérimentés du groupe, avez-vous envie d’aider, conseiller les plus jeunes ?





Laurent Pichon : « Je suis très fier d’appartenir au cercle des coureurs les plus expérimentés de l’équipe à l’orée de la saison 2021. Je suis passé professionnel au sein de cette structure en 2010. Emmanuel Hubert était à l’époque directeur-sportif.  J’ai vu la manière dont il a fait grandir l’équipe. Comment il l’a amenée à progresser année après année et aujourd’hui, Arkéa-Samsic possède un sacré niveau. Moi de mon côté, je peux apporter mon expérience aux plus jeunes, les aider à progresser plus vite. Je pense à Élie Gesbert, Clément Russo, Donavan Grondin, Matîs Louvel. Je suis aussi quelqu’un qui apporte sa bonne humeur.  Les jeunes peuvent se confier à moi en toute quiétude, je sais les écouter et les guider s’il le faut, s’ils ont besoin de conseils ».





Arkéa-Samsic : En évoquant justement la bonne humeur, vous nous tendez une perche pour évoquer les imitations de certains cyclistes que vous faites à la perfection, comment cela vous est venu les imitations, justement ?





Laurent Pichon : « Je fais des imitations pour faire rire les autres depuis que je suis tout petit. A l’école, déjà, j’aimais bien imiter certains de mes professeurs. Cela s’est fait un peu naturellement, et je n’imite que les personnes que je côtoie, surtout ne me demandez pas d’imiter des célébrités, j’en suis incapable. Comment c’est venu ? C’est tout simple. Je m’intéresse aux personnes, je les écoute et je regarde leurs mimiques. J’arrive à imiter Nacer, Dominique Rollin l’ancien Canadien de la FDJ, Dan McLay, Donavan je pense que je pourrais l’imiter rapidement avec son accent de la Réunion. Mais libre aussi aux autres coureurs de l’équipe d’essayer de m’imiter avec mon accent de Brest (rires !). Je ne veux pas non avoir tout le temps cette étiquette d’imitateur ».





Arkéa-Samsic : Parfois, justement, est-ce que cela vous pèse lorsqu’on vous demande d’imiter quelqu’un ?





Laurent Pichon : « Tout dépend du contexte en fait ! Il faut que le moment soit propice, après il faut apprendre à connaître la personne, car certains pourraient mal le prendre. Moi, de toute manière, j’essaie de caricaturer la personne sans me moquer. Je le fais juste pour détendre l’atmosphère. Lorsque j’imite quelqu’un, c’est plus de l’affection envers la personne que de la moquerie. Nacer, je l’ai déjà imité devant lui, bien sûr, et il en rigole. Et on se marre tous les deux… ». Les imitations, rigoler entre coéquipiers, avoir la banane avant les compétitions, le soir de celles-ci (notamment lors des épreuves par étapes), quand les journées ont été intenses et difficiles, c’est l’un des meilleurs moyens de relâcher la pression, et de bien dormir avant de repartir le lendemain à l’assaut d’une nouvelle étape… »





Arkéa-Samsic