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Nicolas Deshaies : « On se doit d’être exigeant envers nous-mêmes, comme les coureurs le sont envers eux-mêmes »
Le 30 mars 2020

Mécanicien au sein de notre équipe, Nicolas Deshaies nous livre la vision de son métier.


 


La passion est un fil qui s’étire souvent sur toute une existence, Nicolas Deshaies n’y a évidemment pas échappé. Issu d’une famille de sportif, Nicolas a suivi le mouvement.  « Mon papa pratiquait le cyclotourisme, dit-il, et automatiquement, j’ai eu envie de faire comme lui ». Son parcours sportif l’a amené tout de même à pratiquer jusqu’en deuxième catégorie, « je suis même monté en nationale une saison, et surtout cela a été ma passion et un réel plaisir. Je me suis toujours battu sur mon vélo, et toutes les saisons j’ai signé des podiums ». Fort de six ou sept victoires, Nicolas Deshaies possède sur son palmarès « un succès obtenu à l’occasion d’une une épreuve élite ».


La pratique du cyclisme a été couplée très vite à celle de la mécanique. « Les deux ont été de pair pour moi, relève-t-il. J’ai passé un CAP cycles et moto à Painboeuf, j’ai su très vite ce qui me plaisait. Ma famille m’a toujours rapporté que je disais, enfant « plus tard, je serai coureur cycliste professionnel ». J’ai rapidement mesuré que je ne pourrais y arriver par ce biais, mais que la mécanique pourrait le permettre ».  Mais avant d’espérer réaliser son rêve de carrière, peut-on dire, Nicolas a fait ses armes « en magasin, et je pense que c’est une bonne méthode. »


Le cyclisme en compétition lui ayant beaucoup donné, Nicolas a voulu apporter à son sport son expérience… « À l’U.C Cholet 49, je me suis occupé des juniors, puis ensuite de l’équipe de première catégorie. J’étais à la fois le directeur-sportif et aussi le mécanicien du groupe. L’équipe a grandi, et tous les week-ends j’officiais en qualité de mécanicien. » Par biais de connaissances, Nicolas a ensuite intégré le staff de l’équipe Agritubel. L’aventure pro allait débuter. C’était en 2005, jusqu’à 2006, avec une participation au Tour. « La première course que j’ai faite du reste c’était avec Emmanuel Hubert, sur le Tour de l’Ain ». Mais après cette expérience, Nicolas a fait un break chez les pros. « Je me suis installé sur Rennes, j’ai travaillé de nouveau dans un magasin. Là, un jour, je rencontre un dirigeant de l’équipe Arkea-Samsic qui ne portait pas ce nom encore, et il me « dit, on cherche un mécanicien ! C’est urgent ». Nicolas a repris donc son activité chez les professionnels. « Je me suis en effet vite libéré, j’ai effectué dans un premier temps quelques vacations en 2013, puis en 2014, j’ai été embauché. » La passion, on vous dit… Celle qui le pousse aujourd’hui, lui comme ses collègues à être toujours plus professionnel, pointilleux. « L’équipe grandit années après années, et c’est génial. Nous sommes partis d’une équipe de taille modeste, mais on existait tout de même, on gagnait des courses, et puisa fil des saisons nous avons progressé au sein de la hiérarchie. J’ai vu évoluer le groupe depuis deux ans, c’est motivant pour nous, car nous apportons notre expérience. Mais aussi tous les jours aussi, nous remettons les compteurs à zéro. Nous refaisons nos gammes, et le but est que tout se passe bien. L’équipe progresse et c’est motivant de travailler pour l’ensemble de l’effectif, mais aussi pour de grands leaders tels que Warren Barguil, Nairo Quintana, Nacer Bouhanni. Cela nous oblige à nous réinventer tous les jours. Ces coureurs expriment des exigences, et c’est légitime. Il y a des échanges avec nous sur des choix stratégiques de matériel. Nairo nous avait demandé des choses spécifiques pour Paris-Nice, en termes de matériel. Nous l’avons fait, et nous avons bien fait de le faire, car si ce n’est pas nous qui permettons aux coureur de gagner, nous nous devons toutefois d’avoir une vigilance de tous les instants car le matériel est aujourd’hui déterminant en cyclisme. On se doit d’être exigeant envers nous même, comme les coureurs, sans exception, des leaders aux équipiers, le sont à leur propre égard ».


 


Arkéa-Samsic