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Pierre-Luc Périchon : “Je suis content de ma 8ème place, mais j’aurais préféré gagner “
Le 12 août 2018

Partir à 10h30 (heure locale) pour 230 km avec le champ des possibles devant soi. Des coéquipiers avec qui l’on ne court jamais en équipe, mais unis par la fierté de représenter la France. Le temps est gris sur Glasgow, la pluie tombe. Le circuit de 14,4 km en ville est beau mais est « un petit enfer » : virages, faux plats, et véritables montées courtes et raides qui « cassent les jambes ».


Pierre-Luc Périchon  reste au chaud dans le peloton dans les premiers 100 km puis « fait le boulot » pour de l’équipe de France. Mais le moment clé de la course est à 45 kilomètres de l’arrivée, quand un groupe de 11 coureurs s’échappe d’un peloton reformé, et Pierre-Luc Périchon y est. A l’avant les nations favorites sont représentées et il y a des gros noms pour qui l’arrivée est favorable : Van Der Poel, Trentin, Cimolai, Van Aert, Albasini. Ca se regarde dans le peloton. Personne ne roule vraiment, trois minutes d’avance, alors on devine que cette échappée ira au bout.


Pierre-Luc Périchon – 8ème


1h15 après son passage sur la ligne  « Je suis en « PLS » sur mon lit. Heureusement qu’on ne repart pas ce soir en France, je n’aurais pas pu (rires). C’était tellement dur…


La tactique en début de journée était de protéger Anthony Turgis et Christophe Laporte mais Anthony est tombé en début de course et ça l’a affecté physiquement et moralement. On a basculé sur une tactique de protection de Christophe et pour ça : il fallait attraper tous les coups. Hugo Hosftetter en a pris un, moi un deuxième…puis un groupe  est parti j’étais dedans. Le staff de l’Equipe de France sur le bord de la route qui me donnait les infos m’a dit : « vous avez 2’30” d’avance, le peloton ne roule plus » et la victoire allait se jouer dans cette échappée.


Là, j’ai eu un peu peur. Physiquement je n’étais pas au top.


Dans la course, ça faisait déjà deux tours que je commençais à être limite alors je me suis « laissé porter » dans le groupe de tête. Puis il y a eu cette chute à 10 kilomètres de l’arrivée où j’ai paniqué, j’ai manqué de lucidité. J’ai voulu rattraper le groupe Trentin tout de suite alors que si je m’étais relevé j’aurais sûrement pu rentrer ensuite…Au final j’ai plafonné à 7 secondes du groupe sans jamais pouvoir rentrer. Mais bon, sans cette chute on arrive à dix au sprint, et puis face à Trentin, Van Der Poel et Van Aert qui sont sprinteurs, ma bonne pointe de vitesse n’aurait pas fait le poids.


Dans l’échappée c’était compliqué car il y avait 2 belges, 2 italiens, 2 hollandais, si j’avais attaqué ils auraient roulé, c’était quasiment perdu d’avance. Il y avait des meilleures cartes que moi pour jouer le final dans l’Equipe de France. A la base, je suis venu sur ce championnat avec l’objectif de me mettre « à la planche » pour l’équipe. Ca s’est bien déroulé pour moi et ça m’a permis de jouer ma carte personnelle, mais ce n’était pas le but initial. C’était ma première sélection en Equipe de France, et ça transcende de courir avec ce maillot. Ca te booste à fond.


Je suis satisfait de mon championnat d’Europe mais forcément quand tu arrives pour le titre tu as envie de lever les bras. Un maillot sur un championnat c’est un rêve. Je me dis que je suis passé tellement près… mais je ne suis pas déçu non plus. En fait, c’est vraiment bizarre comme sensation. Je suis vraiment satisfait de mon championnat d’Europe. Si on m’avait dit hier :« tu vas faire 8ème », j’aurais signé tout de suite. Mais il y a un peu de frustration parce qu’arriver pour la gagne sur une course comme ça, ça arrive une ou deux fois dans une carrière. La veille au soir quand tu te couches, tu te prends à rêver. Tu te dis « si ça se trouve demain c’est mon jour ». Je suis satisfait de la course mais un peu frustré vis-à-vis de l’équipe et personnellement de ne pas avoir fait mouche. Quand on prend le départ d’une course c’est pour gagner, soi ou quelqu’un de l’équipe. Cyrille Guimard n’était pas mécontent à l’arrivée, il m’a félicité. Donc voilà, j’aurais préféré gagner. Je suis content de ma 8ème place, mais j’aurais préféré gagner. »