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«Le quatrième bus de l’équipe… »
Le 29 juin 2019

Dans une équipe cycliste professionnelle, il est des événements d’une importance insoupçonnée. Inauguré lors des Boucles de la Mayenne, le nouveau bus de l’équipe disputera dimanche, son premier championnat de France. Pascal Churin, l’emblématique chauffeur de l’équipe d’Emmanuel Hubert, conduira ce nouveau bus offrant le plus grand confort aux coureurs et aux membres de l’équipe qui les accompagnent.


Pascal, comment est-il ce bus ?

Il est neuf ! (rire). C’est mon quatrième bus depuis 2000. A chaque fois, c’est une question de kilométrage. Celui qui a été utilisé dans le dernier Tour de Bretagne totalisait 750.000 kilomètres. On l’arrête. Celui-ci est plus moderne, c’est un peu comme une cuisine neuve avec des meubles plus modernes. Ce bus est plus long, plus haut. A l’œil, ça se voit. Il est vraiment très beau, plus confortable. Un bus dans une équipe cycliste peut faire 10 ans. Celui qui part à la casse a 21 ans, le suivant à 11 ans mais finalement, il ne fait pas trop de kilomètres dans une saison, disons 37.000 à 44.000 kilomètres. Par exemple quand les courses se déroulent dans le sud de la France en février, le véhicule reste dans le sud pendant toute la période.


Dans quelle course a t’il débuté sa carrière ?

Je l’ai testé dans les Boucles de la Mayenne avant les échéances plus importantes comme le championnat de France et le Tour de France. Ces quatre prochains jours de course m’ont permis de le mettre en route et de bien l’installer. Le précédent bus était haut de 3,85 mètres, celui-ci fait 4,10 mètres. En Italie par exemple, beaucoup de ponts proposent un passage à 3,90 mètres. Quand nous nous y rendrons en fin de saison, il faudra choisir les routes appropriées. Il est également plus long de 2,40 mètres. J’ai roulé un peu avec ce bus mais je n’ai pas encore beaucoup manœuvré. Je dois faire gaffe…


Quel est ton statut dans l’équipe ?

Je suis assistant d’équipe cycliste depuis 24 ans, cette saison je pratique un massage chaque soir de course. Je suis aussi pilote du bus. J’ai d’abord travaillé dans un club amateurs avant de rejoindre l’équipe Jean-Floc’h où j’ai conduit un camping-car. L’équipe a beaucoup grandi, le premier bus est arrivé, il s’agit donc du quatrième. Après le massage, j’assure l’entretien du véhicule, des machines à laver qui s‘y trouvent. Je prépare les collations pour les coureurs à l’arrivée et le ravitaillement et à cela il faut ajouter les transferts.


Tu as fait toute ta carrière en Bretagne ?

Je ne suis pas breton et, coureur, je n’ai jamais porté le maillot d’une équipe bretonne mais j’ai beaucoup couru dans le Finistère. Ma première licence, je l’ai eue en 1973, la dernière en 1995. 24 licences dans douze à treize clubs différents. Je suis à un an de la retraite, toute ma vie tourne autour du vélo. J’aurais pu passer professionnel à une époque-là mais le cyclisme n’était pas médiatisé comme maintenant. Je devais rejoindre l’équipe La Redoute en même temps que Dominique Le Bon ou Patrick André. J’ai eu le contrat dans la main mais je savais que je serais toujours mieux à l’ouest du péage de La Gravelle. Je ne l’ai donc pas fait mais je pense que j’ai mieux gagné ma vie en étant amateur.


Puisque tu as tout connu de ce sport, le bus est une grande avancée pour les coureurs ?

Coureur aujourd’hui, tu ne te poses pas la question, le bus fait partie du paysage mais c’est un phénomène récent. Bernard Hinault n’avait pas de bus pour commencer, comme tout le monde il se changeait au cul des voitures. Les coureurs d’aujourd’hui ne le feraient pas mais question confort et vie de l’équipe, oui le bus est une grande avancée.






Comment est l’ambiance dans le bus de l’équipe Arkéa-Samsic ?

C’est très calme et plus l’épreuve est importante, plus c’est calme. Il y a bien des coureurs qui mettent de la musique. En fait, les gars font ce qu’ils veulent, la seule règle que je m’impose est de me faire respecter. Ancien coureur, je connais le vélo. Parfois la journée s’est mal passée, le coureur est énervé et je sais comment réagir. Il est préférable de le laisser tranquille, de ne pas parler. Moi, le coureur, qu’il gagne ou pas je le respecte et je le comprends. Chez nous, quand même, c’est une chance mais les coureurs sont bien élevés. Certains sont là depuis dix ans, comme Laurent Pichon, on se connaît bien.


Il en est qui rigolent plus que d’autres. Max Bouet, par exemple, a toujours le sourire ?

Contrairement à ce qu’il laisse paraitre, Max est anxieux. Quand il monte dans le bus pour se rendre au départ, il ne dit rien. Je pense même qu’on ne l’entend pas assez. Laurent Pichon et Romain Le Roux sont ceux qui font rire. Elie Gesbert aussi mais en général les jeunes sont décomplexés.