Quand un sportif marque autant une course que le Tour de France, son départ prend une dimension particulière. C’est ce que vivent les fans d’Alaphilippe aujourd’hui. Alaphilippe et le Tour de France : les adieux d’un champion français, c’est l’histoire d’un grimpeur explosif, deux fois champion du monde, qui a porté le maillot jaune 18 jours et décroché six victoires d’étapes. Après une dernière année difficile avec son équipe Tudor, son dernier Tour semble bel et bien derrière lui.
En bref
- Julian Alaphilippe compte 7 participations au Tour de France, 6 victoires d’étapes et 18 jours en maillot jaune.
- Son Tour 2026 est très difficile : 125e au général, sans résultats notables, avec une méforme prononcée.
- Il a laissé entendre après la 20e étape qu’il ne reviendrait probablement pas sur la Grande Boucle.
- Deux fois champion du monde (2020, 2021), il reste l’un des coureurs français les plus populaires de sa génération.
- Son contrat avec Tudor se poursuit : les classiques de printemps restent des objectifs réalistes pour la suite.
Le Tour de France comme théâtre d’une carrière : victoires, maillots et moments culte
Alaphilippe et le Tour de France : les adieux d’un champion français, c’est une histoire qui s’est construite étape par étape, depuis 2016. 7 participations, 6 victoires d’étapes, 18 jours en maillot jaune : le bilan est dense, coloré, parfois douloureux aussi.
Tout commence en 2016. Il termine 41e au général, mais il est déjà là, déjà visible. Dès la 2e étape, il finit deuxième derrière Peter Sagan et endosse le maillot blanc du meilleur jeune. Le maillot jaune lui échappe de peu. C’est le début d’une longue histoire.
2018 marque un tournant. Il remporte deux étapes et s’empare du maillot à pois, celui du meilleur grimpeur. Un titre qui colle bien à son image de coureur explosif, capable de tout sur une côte bien placée.
C’est en 2019 que la France entière retient son souffle. Cette année-là, le champion porte le maillot jaune pendant 14 jours. Il gagne à Épernay, remporte un contre-la-montre à Pau — le jour du centenaire du maillot jaune, détail qui n’a rien d’anodin —, et reçoit le prix de la combativité.
Il perd le maillot dans l’Iseran lors de la 19e étape, dans un final de Tour intense. Beaucoup de Français s’en souviennent encore comme d’une édition à part.
2020 et 2021 ajoutent chacune une victoire d’étape. En 2021, il gagne à Landerneau dès la première étape et revêt le premier maillot jaune de l’édition. Un symbole fort pour un coureur qui a fait du panache sa marque de fabrique.
| Année | Résultat notable | Maillot porté |
|---|---|---|
| 2016 | 41e au général, 2e sur une étape | Maillot blanc |
| 2018 | 2 victoires d’étapes | Maillot à pois |
| 2019 | 2 victoires d’étapes, prix de la combativité | Maillot jaune (14 jours) |
| 2020 | 1 victoire d’étape | — |
| 2021 | 1 victoire d’étape à Landerneau | Maillot jaune (1er jour) |
| 2025 | 56e au général | — |
| 2026 | 125e au général | — |
Alaphilippe et le Tour de France : les adieux d’un champion français
La symbolique d’un dernier tour de piste
Après la 20e étape du Tour 2026, le coureur a lâché une phrase qui a circulé dans tout le peloton : il ne faut pas s’attendre à le revoir sur la Grande Boucle. Rien d’officiel, mais le message était clair.
Ce Tour 2026 n’a pas ressemblé aux précédents. Sur la première semaine, son meilleur résultat d’étape n’est qu’une 78e place. Il tente des échappées, attaque, mais rien ne prend vraiment.
La 10e étape le voit terminer à 38 minutes du vainqueur. La 11e est encore plus difficile : distancé sur une côte de 4e catégorie, il finit dernier de son groupe d’échappée.
À la veille de Paris, il pointe à la 125e place au classement général. C’est difficile à lire quand on connaît l’histoire de ce coureur avec la course. Même dans cette configuration, il y a quelque chose d’émouvant à le voir encore là, à essayer, à ne pas lâcher.
Ce que le public, l’équipe et le peloton retiendront de ses adieux
Ce dont les gens se souviendront, ce n’est pas du classement général de 2026. Ce qu’on retient d’Alaphilippe sur le Tour, c’est le panache, l’instinct, les victoires qui semblaient impossibles jusqu’au dernier virage.
Ses deux titres de champion du monde sur route, en 2020 et 2021, renforcent encore la portée de ce possible dernier Tour.
Ses coéquipiers de la Tudor Pro Cycling Team ont vu un leader qui ne calculait pas, qui attaquait parce que c’était dans sa nature. Le peloton, lui, a toujours su qu’Alaphilippe était capable de tout sur un bon jour. Ce mélange d’imprévisibilité et d’authenticité lui a valu une popularité rare dans le cyclisme français.
Le public a souvent vibré pour lui davantage que pour des coureurs mieux classés. Parce qu’il incarnait quelque chose de rare : un sportif qui semblait courir pour le plaisir autant que pour les résultats.
Blessures, chutes et retour au niveau : l’impact sur la performance au fil des années
La carrière d’Alaphilippe sur le Tour ne peut pas se lire sans prendre en compte les coups durs physiques. En 2017, une chute au Tour du Pays basque entraîne une blessure au genou et une opération. Résultat : absent du Tour cette année-là.
En 2022, c’est encore plus violent. Une chute à Liège-Bastogne-Liège lui cause un pneumothorax, des côtes cassées et une fracture de l’omoplate. Il ne sera pas sélectionné pour le Tour.
Deux ans plus tard, en 2024, il court blessé après une chute à Strade Bianche, avec une fracture de la tête de la fibula gauche.
Ces épisodes ont forcément laissé des traces. Une carrière aussi exposée aux chutes finit par peser sur le corps, même chez un coureur aussi combatif. Le Tour 2025, où il termine 56e — son pire classement général sur l’épreuve jusqu’alors —, puis le Tour 2026, sans résultat probant, s’inscrivent dans cette trajectoire.
Le terme « méforme sans explication médicale » a été utilisé pour décrire son état en 2026. Ce flou est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à accepter pour un champion habitué à comprendre son corps et à le pousser dans ses retranchements.
Changements d’équipes et nouvelles responsabilités : transitions, rôle collectif et dynamique de groupe
Après de longues années chez Soudal Quick-Step, Alaphilippe a rejoint la Tudor Pro Cycling Team à partir de 2025, avec un contrat de trois ans. Un changement significatif, pas seulement sur le plan sportif.
Chez Tudor, le rôle qui lui est confié dépasse celui de simple leader de course. Il est présenté comme un « grand frère » pour les jeunes coéquipiers, un guide autant qu’un coureur. C’est une posture nouvelle pour quelqu’un qui a longtemps été la tête d’affiche d’une équipe structurée autour de lui.
En 2025, Tudor obtient une invitation pour le Tour de France, et Alaphilippe en fait partie. L’objectif n’est plus forcément de viser le classement général ou une victoire d’étape à tout prix, mais d’amener de l’expérience et de la visibilité à une équipe en construction. C’est un changement de paradigme, qu’il semble avoir accepté en vue du Tour de France 2026.
Tactique de course et profil sportif : puncheur, grimpeur d’un jour, leader ou équipier modèle
Comment classer Julian Alaphilippe ? La question a longtemps animé les commentateurs. Identifié tôt comme un potentiel grimpeur, la presse l’a finalement rangé dans la catégorie des puncheurs-sprinteurs. Lui-même s’est reconnu dans ce profil.
Concrètement, cela signifie qu’il excelle sur les classiques ardennaises, les arrivées au sommet d’une côte courte et raide, les finales explosives. Sur le Tour, il a souvent cherché les échappées, parfois pour gagner, parfois pour animer la course. Ce goût pour l’attaque a construit sa réputation.
- Spécialiste des classiques ardennaises (Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège)
- Capacité à briller sur des arrivées en côte courte et explosive
- Goût prononcé pour l’échappée et la prise de risque
- Utilisation de l’instinct en course, avec une adoption progressive des capteurs de puissance à l’entraînement
Ce dernier point est révélateur. Longtemps, Alaphilippe a fonctionné à l’instinct, sans données. Il a fini par intégrer les capteurs de puissance, mais surtout à l’entraînement. En course, l’improvisation a toujours été son carburant. C’est ce qui le rend difficilement prévisible — et difficile à reproduire.
Et après ? Calendrier, prochains objectifs et futurs possibles dans le cyclisme
Aucune annonce officielle de retraite n’a été faite. La déclaration d’après-Tour 2026 porte uniquement sur le Tour de France, pas sur le cyclisme en général. Ce possible adieu à la Grande Boucle ne signifie pas forcément la fin d’une carrière — plutôt peut-être le début d’un nouveau chapitre.
Son contrat avec Tudor court encore au-delà de 2026. Il reste donc un coureur professionnel actif, avec des échéances à venir. Les classiques de printemps, terrain sur lequel il s’est construit, restent des objectifs naturels pour un puncheur de son profil. La Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège : ce sont des courses où il peut encore faire la différence sur un bon jour.
La question de l’héritage, elle, est déjà résolue. Six victoires d’étapes sur le Tour, deux maillots arc-en-ciel de champion du monde, un maillot à pois, 18 jours en jaune : peu de coureurs français peuvent afficher un tel palmarès sur la Grande Boucle.
Ce que les prochaines générations retiendront, c’est probablement moins les chiffres que l’image : un coureur qui attaquait quand les autres calculaient, qui gagnait quand personne ne l’attendait. Aucune méforme ne peut effacer ça.
FAQ
Est-ce que Julian Alaphilippe va faire le Tour de France 2027 ?
Est-ce que Julian Alaphilippe va faire le Tour de France 2027 ? Après sa phrase post-Tour 2026, rien n’est officiel. Il a surtout laissé entendre qu’il ne fallait pas s’attendre à le revoir sur la Grande Boucle.
Est-ce que Julian Alaphilippe a gagné le Tour de France ?
Est-ce que Julian Alaphilippe a gagné le Tour de France ? Non. Il a surtout brillé avec 6 victoires d’étapes et 18 jours en maillot jaune, notamment lors du Tour 2019.
Quel est le dernier coureur français à avoir gagné le Tour de France ?
Quel est le dernier coureur français à avoir gagné le Tour de France ? Bernard Hinault, vainqueur en 1985. Depuis, la France a vibré pour des maillots jaunes, mais sans victoire finale.
Pourquoi Alaphilippe ne fait pas le championnat de France ?
Pourquoi Alaphilippe ne fait pas le championnat de France ? Selon les saisons, cela peut venir du calendrier, d’une méforme, ou d’un objectif prioritaire (Tour, classiques) fixé avec son équipe.
Combien de victoires d’étapes Julian Alaphilippe a-t-il sur le Tour de France ?
Combien de victoires d’étapes Julian Alaphilippe a-t-il sur le Tour de France ? 6 victoires d’étapes au total, sur 7 participations, avec aussi un maillot à pois et 18 jours en jaune.
Pourquoi le Tour 2019 est-il un moment culte pour Julian Alaphilippe ?
Pourquoi le Tour 2019 est-il un moment culte pour Julian Alaphilippe ? Il y porte le maillot jaune 14 jours, gagne à Épernay et le contre-la-montre de Pau, et reçoit le prix de la combativité.










