Aux États-Unis, faire du vélo peut parfois relever du parcours du combattant. Et pour cause : selon une récente étude, l’Arizona figure parmi les États les plus dangereux pour les cyclistes. En dépit d’un climat propice aux trajets à deux roues, le manque criant d’infrastructures et une sécurité encore insuffisante font de cette région un véritable casse-tête pour les amateurs de vélo. Un constat alarmant qui soulève une question centrale : pourquoi l’Arizona inquiète-t-il autant les cyclistes ?
Un score de sécurité très faible pour l’Arizona
L’étude en question, menée à partir de données nationales, attribue à l’Arizona un indice de convivialité cycliste de seulement 22,4. Cela le place juste derrière l’Utah, qui décroche la première place du classement des États les plus dangereux. En comparaison, les États les plus sûrs comme le Minnesota ou le Massachusetts atteignent des scores dépassant les 70 points. Le contraste est saisissant.
Parmi les critères analysés figuraient la qualité de l’air, la densité des pistes cyclables, les lois protectrices pour les cyclistes ou encore les investissements fédéraux. Et sur plusieurs de ces plans, l’Arizona affiche un net retard.
Des chiffres qui donnent froid dans le dos
En 2022, l’Arizona a enregistré 6,8 décès de cyclistes par million d’habitants, un chiffre parmi les plus élevés du pays — juste derrière la Floride. La même année, les États-Unis ont atteint un record tragique de plus de 1 100 morts à vélo, soit une hausse de 13 % par rapport à 2021. Une tendance inquiétante que l’étude attribue en partie à une inégalité croissante entre États : ceux déjà bien équipés s’améliorent, tandis que les autres stagnent, voire régressent.
Une infrastructure quasi inexistante
Le véritable talon d’Achille de l’Arizona reste l’infrastructure. Le réseau cyclable y est dramatiquement pauvre, avec à peine 0,6 km de pistes pour 1 000 km² de territoire. À titre de comparaison, certains États comme le Wisconsin ou le Rhode Island proposent entre 16 et 62 km pour la même superficie. Même l’Utah, pourtant dernier du classement général, offre davantage de routes aménagées pour les cyclistes.
Or, selon les spécialistes, l’investissement dans les infrastructures cyclables est directement corrélé à la sécurité des usagers. Plus il y a de pistes, plus les accidents diminuent. Une équation simple que l’Arizona semble ignorer jusqu’à présent.
Une sécurité qui dépend du code… et du climat politique
Si l’Arizona s’en sort moyennement en matière de qualité de l’air ou de financement fédéral, c’est surtout au niveau des lois que le bât blesse. Les règles de circulation en vigueur ne garantissent pas toujours une protection suffisante des cyclistes, qui partagent souvent la route avec des véhicules motorisés sans zones tampons ou priorités claires.
Des initiatives existent malgré tout, comme à Tempe, où un pont réservé aux cyclistes et piétons a récemment bénéficié d’un financement de 25 millions de dollars. Mais ces efforts restent trop ponctuels pour faire pencher la balance à l’échelle de l’État.
Les États les plus sûrs : un modèle à suivre
L’étude dévoile également le top 10 des États les plus accueillants pour les cyclistes. En tête : le Minnesota, avec un score impressionnant de 84. Suivent le Massachusetts, le Rhode Island et l’État de Washington. Tous ont en commun un engagement fort pour la mobilité douce, avec des infrastructures adaptées, une législation protectrice et une volonté politique affichée.
















