Dans le monde du cyclisme professionnel, la recherche du moindre avantage est une obsession. Ineos Grenadiers, fidèle à sa philosophie des « gains marginaux », a trouvé une nouvelle astuce pour optimiser l’aérodynamisme de ses vélos : le déplacement du transpondeur de course. Une modification discrète, mais qui pourrait bien faire la différence sur le chrono.
Dan Bigham, ingénieur performance de l’équipe, a révélé la raison derrière cet ajustement. Habituellement fixé à l’extérieur de la fourche, le transpondeur des Pinarello Dogma F de l’équipe a été déplacé à l’intérieur du carénage de la patte de fourche, appelé « Fork Flap » par Pinarello. Ce détail, découvert par des observateurs attentifs sur le vélo d’Égan Bernal, a rapidement suscité des spéculations.
Un ajustement aérodynamique calculé au millimètre
Derrière cette idée simple se cache une logique précise. Bigham explique :
« Vous pouvez le placer n’importe où sur la fourche, mais plutôt que de l’exposer au vent, nous avons choisi de le positionner derrière la fourche pour réduire la surface frontale. »
Certes, le transpondeur est un petit élément (environ 8 mm de large pour 20 mm de haut), mais son impact sur l’aérodynamisme n’est pas négligeable. Son coefficient de traînée est « terrible » selon Bigham, ce qui signifie que même un ajustement mineur peut avoir un effet.
Dans les faits, le gain est extrêmement marginal. Bigham concède que l’économie de puissance se compte en « points de watt« , soit une fraction d’un watt. Une amélioration presque imperceptible pour un amateur, mais qui peut faire la différence lors d’une compétition de haut niveau.
Une inspiration venue de la piste
Ce type de modification n’est pas une nouveauté dans le cyclisme sur piste, où l’optimisation aérodynamique est poussée à l’extrême. Bigham, qui a battu le record du monde de l’heure en 2022 (55,548 km) avant d’aider Filippo Ganna à porter la marque à 56,792 km, s’est inspiré des techniques de son passé sur piste pour transposer cette approche à la route.
« Certaines équipes de piste le font déjà. Nous avons tenté cette approche lors de notre tentative de record de l’heure, mais l’UCI ne l’a pas acceptée « , explique-t-il.
L’instance dirigeante du cyclisme a depuis clarifié les règles, permettant à des modifications similaires d’être appliquées en course.

Un détail infime, mais révélateur de la philosophie Ineos
Cette adaptation, si minime soit-elle, incarne parfaitement la stratégie de l’équipe Ineos Grenadiers. Fidèle à sa réputation, l’équipe britannique scrute chaque détail, aussi infime soit-il, pour maximiser la performance. L’histoire ne dit pas si cette astuce suffira à faire la différence sur une étape de montagne ou un contre-la-montre, mais elle illustre à merveille la science du perfectionnement permanent qui anime le cyclisme de haut niveau.










