Le Tour de France 2024 prendra une tournure inédite et historique, en choisissant de terminer son parcours non pas sur les traditionnels Champs-Élysées, mais sur les pentes de Montmartre, à Paris. Cette annonce a suscité une vague de réactions dans le monde du cyclisme, à la fois d’enthousiasme et de scepticisme. Mais une question persiste : ce changement pourrait-il chambouler les stratégies des coureurs et même influencer le vainqueur du Tour ?
Un final à Montmartre, un défi inédit
L’annonce de ce final spectaculaire, où les coureurs devront gravir la colline de Montmartre avant de franchir la ligne d’arrivée sous la basilique du Sacré-Cœur, a pris tout le monde de court. Habituellement, la dernière étape du Tour est une grande procession, souvent marquée par un sprint sur l’avenue des Champs-Élysées, symbole de la fin de la course. Cette année, cependant, les organisateurs ont voulu insuffler un peu de nouveauté, inspirés par l’atmosphère vibrante qui avait régné lors des Jeux Olympiques à Paris, où Montmartre avait accueilli des foules enthousiastes.
L’ajout de la montée de Montmartre pourrait bouleverser les stratégies des sprinteurs et des grimpeurs, en particulier si cette ascension se déroule à quelques kilomètres de l’arrivée. De plus, si la classement général est serré à l’approche de l’étape finale, ce nouveau final pourrait bien décider du maillot jaune dans la capitale, un scénario inédit.
Des réactions partagées parmi les coureurs
Certains coureurs ont exprimé leur scepticisme vis-à-vis de ce changement, soulignant les risques potentiels d’un parcours aussi étroit et sinueux. Jonas Vingegaard, double champion du Tour, a confié que la montée à Montmartre lors des Olympiques avait été agréable, mais qu’avec un peloton beaucoup plus large, la montée pourrait devenir un véritable casse-tête. « À Montmartre, il ne restait que 15 coureurs dans le groupe. Au Tour de France, il y aura 150 gars qui se battent pour les positions sur une montée étroite », a-t-il souligné, estimant que cela pourrait entraîner plus de stress que de plaisir.
De son côté, Remco Evenepoel, vainqueur de l’épreuve masculine des Jeux Olympiques à Paris l’an dernier, a exprimé ses réserves sur l’ajout de cette montée finale. « La première semaine du Tour sera déjà bien assez disputée, et avec Montmartre ajouté à la fin, cela risque d’être épuisant », a-t-il expliqué, ajoutant que les sprinteurs perdraient une occasion précieuse de remporter une victoire prestigieuse sur les Champs-Élysées.
Marc Madiot, directeur de l’équipe Groupama-FDJ, a également soulevé une inquiétude concernant les conditions météorologiques le jour de l’étape finale. « Si la pluie s’invite, cela pourrait rendre la montée encore plus difficile et risquée », a-t-il prévenu. Pour lui, ce final pourrait être un spectacle intéressant, mais aussi un désastre pour les coureurs qui auraient à affronter des conditions de course incertaines.
Un parcours qui reste une promesse de spectacle
Malgré les craintes exprimées, ce parcours inédit promet d’offrir un final exceptionnel. L’idée de terminer la course sur une montée qui a marqué l’histoire de Paris, tout en offrant une vue imprenable sur la capitale, ajoute une touche de drame et de suspense au Tour. Les organisateurs, en collaboration avec les autorités parisiennes et la préfecture de police, ont déjà commencé à préparer le terrain pour assurer la sécurité des coureurs dans ce secteur étroit et pavé.
Le Tour de France 2024, qui débutera le 5 juillet à Lille, marquera donc l’histoire avec ce changement audacieux. L’ajout de la montée à Montmartre, combiné à un parcours toujours aussi exigeant, pourrait bien offrir aux spectateurs un spectacle à couper le souffle. Pour les coureurs, il faudra désormais s’adapter à cette nouvelle donne, avec une ligne d’arrivée en plein cœur de Paris, sur la mythique colline qui fait partie de l’âme de la capitale.
















