Dès les premiers kilomètres de la 6ᵉ étape entre Bayeux et Vire, Ben Healy (EF Education-EasyPost) a allumé la mèche. À 42 km de l’arrivée, l’Irlandais a déclenché une échappée folle, creusant rapidement un écart suffisant pour filer en solo jusqu’à Vire-Normandie.
Je me souviens d’un collègue journaliste, posté au sommet d’une bosse intermédiaire, qui m’avait confié : « J’ai rarement vu un coureur inscrire son nom dans l’étape aussi tôt et avec une telle aisance ». Face à son élan, le peloton est resté sans voix, admirant cette forme rare et cette détermination à toute épreuve.
Storer, le chasseur infatigable
Derrière, Michael Storer (Tudor Pro Cycling Team) a endossé le rôle de chasseur. Parti dans la foulée, l’Australien s’est longtemps relayé avec Quinn Simmons (Lidl-Trek), luttant contre le vent et les pavés humides. Malgré une poursuite acharnée, Storer n’a jamais réussi à combler les quelques secondes qui séparaient son groupe de Healy.
Son arrivée en 3ᵉ position, le visage marqué par l’effort, témoigne de sa résilience : « Quand on s’est rendu compte qu’il ne faiblissait pas, on a donné tout ce qu’on pouvait », avouait-il en zone mixte, barbouillé de sueur et de sourire.
Avec ce doublé, Healy et Storer ont montré que le courage et la stratégie comptent autant que les watts sur le vélo. Dans les jours à venir, leurs hauts faits continueront de nourrir les discussions dans les pelotons et au bord des routes, rappelant à tous pourquoi le Tour de France est la plus grande épopée du cyclisme.
















