Il fut un temps où Lance Armstrong était synonyme d’exploit, de résilience et de domination sur les routes du Tour de France. Sept victoires consécutives, un retour après un cancer, un mythe en apparence intouchable. Mais derrière le héros, l’histoire a révélé un visage bien plus trouble : celui d’un champion bâti sur un système de dopage sophistiqué et organisé. Déchu de ses titres, banni du monde du cyclisme, Armstrong reste malgré tout un nom qui fascine — autant qu’il scandalise.
Et voilà qu’un nouveau soupçon vient s’ajouter à la liste déjà bien fournie : celui du dopage mécanique. Oui, vous avez bien lu. Cette fois, il ne s’agirait plus seulement de produits interdits… mais de moteurs cachés dans les vélos.
Des soupçons relancés par un ancien responsable antidopage
C’est Jean-Pierre Verdy, ex-directeur de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, qui a ravivé la flamme de la suspicion dans deux interviews récentes. Selon lui, certaines accélérations d’Armstrong dans les derniers kilomètres de course étaient tout simplement inhumaines, même pour un coureur sous EPO ou testostérone.
« Je suis convaincu qu’il a utilisé un moteur, affirme-t-il. Des experts en physiologie me l’ont confirmé : ce qu’il faisait n’est pas explicable, même avec les substances les plus puissantes », lâche-t-il. Des propos qui ont immédiatement trouvé écho chez Antoine Voyer, ancien médecin de l’équipe Festina, aujourd’hui engagé dans la lutte contre le dopage. Sur les réseaux sociaux, il publie une vidéo montrant Armstrong toucher l’arrière de sa selle avant certaines attaques spectaculaires. Coïncidence ? Pas pour lui.
" Toi aussi, caresse-toi la fesse gauche en pédalant, tu moulineras plus vite".
— 🅰ntoine VAYER 📸🖋️ (@festinaboy) April 9, 2021
🗣Lance Armstrong 1998 🗓
" You too, stroke your left buttock while pedaling, you will reel faster ". pic.twitter.com/PiyWrolRy1
Un moteur discret, mais efficace
Le dispositif soupçonné est connu : un petit moteur électrique dissimulé dans le cadre du vélo. En usage depuis la fin des années 1990 selon certains experts, ce système pèserait environ 800 grammes, soit le surpoids constaté sur certains vélos lors de courses majeures. Ce moteur cylindrique est généralement inséré dans le tube de selle, et connecté directement à la roue arrière. Son activation se fait via un bouton, souvent caché sous la selle ou dans une poignée.
La batterie, elle, peut être logée discrètement dans une gourde spécialement aménagée. Et même si ce moteur ne remplace pas complètement l’effort du cycliste, il fournit jusqu’à 500 watts de puissance supplémentaire, ce qui représente une aide significative dans une montée ou un sprint final.
Un système connu mais difficile à détecter
En 2016 déjà, certaines équipes comme Sky avaient été accusées d’utiliser ces systèmes. Harry Gibbings, directeur de Typhoon — l’un des fabricants de ces moteurs — expliquait alors : « Ce n’est pas une moto, le cycliste doit toujours pédaler. Mais cela permet de maintenir une cadence très élevée plus longtemps. »
Ce genre d’outil peut transformer un effort surhumain en effort maîtrisé. De quoi recontextualiser certaines performances autrefois qualifiées de “légendaires”.
Le nom d’Armstrong reste sans doute l’un des plus controversés de l’histoire du sport. D’abord héros adulé, puis fraudeur reconnu, il incarne malgré lui les excès d’une époque. Aujourd’hui, alors que de nouvelles suspicions émergent autour du dopage technologique, il rappelle que la quête de la victoire peut parfois mener à toutes les dérives — jusqu’à cacher un moteur là où l’on attendait du muscle.
















