Austin Killips, une cycliste transgenre, est au cœur du débat sur l’inclusion des athlètes trans dans le sport féminin. Après avoir été bannie des compétitions de cyclisme de haut niveau, elle n’hésite pas à dénoncer l’hypocrisie de ceux qui militent contre l’inclusion des athlètes trans. Dans un essai personnel publié dans le Guardian, elle exprime son mécontentement face à ceux qui, selon elle, profitent de cette situation pour détourner l’attention des vrais problèmes du sport féminin.
L’hypocrisie des interdictions pour les athlètes trans
Killips adresse une critique acerbe aux personnes qui veulent interdire la participation des femmes trans dans les compétitions sportives féminines. Selon elle, ces attaques sont basées sur une fausse prémisse : l’idée que les athlètes trans menacent les sports féminins. « C’est une arnaque parfaite », déclare-t-elle, en soulignant l’ironie des discours politiques qui pointent du doigt les athlètes trans, tout en ignorant les véritables enjeux du sport féminin.
Elle cite notamment l’ordre exécutif de l’administration Trump, qui a soutenu l’idée de bannir les athlètes trans des sports féminins. Killips rappelle que l’argument selon lequel elle aurait « écrasé » les records féminins en participant à la course Arizona Trail Race est trompeur. Cette course n’est pas divisée par sexe, et la performance de Killips a battu un record détenu par un homme, ce qui rend cette mise en cause injustifiée et trompeuse.
L’impact sur le sport féminin
Killips ne se contente pas de défendre les droits des athlètes trans, elle critique également les politiques qui prétendent protéger les femmes dans le sport. Selon elle, ces actions ne font qu’enrichir les opposants à l’inclusion trans tout en laissant de côté les véritables besoins du sport féminin. Elle souligne que les financements pour les sports féminins sont souvent détournés vers des activités qui génèrent plus de revenus, comme le football masculin ou le basket-ball, laissant les femmes et les filles dans l’ombre.
Elle souligne que les récentes décisions du Département de l’Éducation des États-Unis, qui ont permis aux universités de contourner la loi Title IX concernant la répartition des fonds sportifs, sont un autre exemple de la manière dont les sports féminins sont sous-financés. « Cela nous ramène 25 ans en arrière », affirme Cori Close, entraîneuse de l’équipe de basket-ball féminin de UCLA, ce qui illustre bien les répercussions négatives sur les sportives.
L’injustice de la situation pour les femmes dans le sport
Killips insiste sur le fait que la véritable menace pour les femmes dans le sport n’est pas la présence d’athlètes trans, mais l’absence de soutien réel pour les sportives. Elle évoque l’inégalité dans la distribution des financements et la médiatisation inégale des sports féminins, tout en déplorant l’exploitation politique des femmes trans comme boucs émissaires. Selon elle, l’objectif de ceux qui dénoncent l’inclusion des athlètes trans dans les sports féminins est avant tout d’enrichir leurs propres poches et de prendre le contrôle du discours médiatique.
Elle conclut que la véritable transformation des sports féminins passe par des actions concrètes de soutien aux sportives, en mettant l’accent sur l’égalité des ressources et la reconnaissance de leur travail acharné. « Au lieu de chercher des boucs émissaires, il est temps de soutenir les athlètes et de leur offrir l’espace et les ressources pour briller », affirme Killips.
















