L’été 2023 a été marqué par un événement choquant pour la cycliste britannique Lizzy Banks. Elle a reçu la notification de l’Agence Antidopage du Royaume-Uni (Ukad), l’informant qu’un test de dopage avait révélé un résultat positif. Les substances identifiées étaient le formotérol, un médicament contre l’asthme qu’elle prenait depuis des années, et le chlortalidone, un diurétique qui peut être utilisé pour masquer la présence de substances dopantes comme les stéroïdes anabolisants.
Si le formotérol était bien connu d’Ukad, la présence du chlortalidone a déclenché un second test positif, ce qui a conduit à une accusation de violation des règles antidopage (ADRV) et à la menace d’une suspension de deux ans de la compétition. Cependant, Lizzy Banks est convaincue qu’il s’agit d’une simple contamination. Après neuf mois de luttes acharnées et l’épuisement de ses économies, elle a tenté de prouver que la trace infime de chlortalidone était due à une contamination accidentelle.
Coupable jusqu’à preuve du contraire
David Cowan, un expert mondial en détection de drogues et ancien responsable du laboratoire antidopage des Jeux Olympiques de Londres en 2012, explique que, dans les cas de dopage, les athlètes sont considérés comme coupables jusqu’à ce qu’ils prouvent leur innocence. Il souligne que la règle de responsabilité stricte appliquée dans le cadre du dopage signifie que la simple présence d’une substance interdite dans le corps d’un athlète est suffisante pour entraîner une sanction, même en cas de contamination.
Pour Lizzy Banks, la situation était particulièrement complexe. Elle avait ingéré le diurétique des mois plus tôt, dans un médicament apparemment inoffensif, et devait maintenant prouver que la trace infime retrouvée était le résultat de cette contamination.
Un test complexe et une mission presque impossible
Lizzy a expliqué qu’elle avait dû trouver une contamination aussi minuscule qu’une particule de sel ou de sucre dans un médicament pris trois mois auparavant. « C’était une mission impossible, je me suis sentie comme si ma vie était brisée », raconte-t-elle. Forte de sa formation en médecine, Lizzy a plongé dans la recherche scientifique sur les tests antidopage et a découvert que le secteur pharmaceutique n’était pas toujours à 100 % pur, mais que les agences antidopage appliquaient une politique de tolérance zéro. Cela signifie qu’une contamination, même dans les limites de la pratique pharmaceutique, pouvait entraîner un test positif.
Finalement, l’affaire a été portée devant un tribunal, mais quelques jours avant le début des audiences, Ukad a renversé sa décision, concluant qu’aucune faute ou négligence n’était imputable à Banks, et a levé la suspension. Malgré cela, Lizzy a souligné que l’épreuve avait laissé des cicatrices profondes et coûté une somme considérable, tant en termes financiers qu’émotionnels.

La cycliste Lizzy Banks est persuadée que son contrôle positif à un diurétique est le résultat d’une contamination par des aliments, des médicaments ou des suppléments, et elle a dépensé toutes ses économies pour se défendre. Elle affirme que le contrôle positif est le résultat d’une sensibilité exceptionnelle des tests qui peuvent détecter des substances interdites à des niveaux qui ne peuvent pas améliorer les performances.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)
Des tests plus fréquents pour plus de transparence ?
Le cas de Lizzy Banks a soulevé des questions sur la précision des tests antidopage. La capacité des laboratoires à détecter des substances a considérablement évolué ces deux dernières décennies, atteignant désormais des niveaux de sensibilité capables de détecter des substances jusque dans les picogrammes. Cette évolution technologique, bien qu’impressionnante, rend la distinction entre contamination et dopage intentionnel plus complexe.
Aujourd’hui, les athlètes sont testés environ tous les six mois, avec des tests négatifs rapportés dans les 20 jours suivant le prélèvement. Cependant, un test positif peut nécessiter un délai beaucoup plus long, comme ce fut le cas pour Banks, qui a dû attendre 79 jours avant que son résultat soit confirmé. De plus, pour être accrédités par l’Agence mondiale antidopage (Wada), les laboratoires doivent respecter des niveaux de sensibilité minimale (MRPL) et des seuils de reporting minimaux (MRL) pour certains composés. Toutefois, des substances comme le chlortalidone, découvert dans le cas de Banks, n’ont pas de MRL, ce qui complique encore l’interprétation des résultats.

L’augmentation de la sensibilité et ses défis
La sensibilité des tests a été améliorée, mais cette augmentation de la capacité analytique a également introduit de nouveaux défis. L’un des problèmes majeurs est la difficulté de différencier une contamination d’un dopage délibéré. Mario Thevis, chimiste et expert en recherche préventive du dopage, explique que cette sensibilité accrue signifie que des traces inattendues de substances interdites peuvent être détectées, entraînant des conclusions parfois erronées.
Les substances comme le clenbutérol, un bronchodilatateur, sont souvent utilisées illégalement par les athlètes, mais elles peuvent également être présentes dans des aliments contaminés. La Wada a mis en place un MRL pour cette substance en 2019, autorisant un seuil minimal avant qu’un résultat ne soit considéré comme anormal et soumis à enquête. Toutefois, pour d’autres substances, comme le chlortalidone, aucun seuil minimal n’existe, augmentant ainsi le risque d’erreurs dans l’interprétation des résultats.
WADA have appealed. I don't know the basis for their appeal, they haven't stated one. They maintain that I should have a 2 year ban & that my results should be taken away. It is both deeply disappointing yet at the same time remarkably unsurprising. 1/5https://t.co/3kaV1vD1y3 pic.twitter.com/UyOd29a3Jj
— Lizzy Banks (@ElizzyBanks) June 7, 2024
Conclusion : vers un système plus fiable ?
Le cas de Lizzy Banks met en lumière les limites du système actuel. Les MRL sont définis pour seulement une partie des substances dopantes, et certains experts estiment qu’il serait utile d’en ajouter pour d’autres. Cependant, cela pourrait ne pas suffire. Comme l’explique David Cowan, l’éducation des athlètes sur les risques de contamination et la nécessité de tests plus fréquents sont des clés pour éviter des erreurs à l’avenir.
En fin de compte, ce cas soulève une question essentielle : comment améliorer le système de tests pour qu’il protège les athlètes propres tout en détectant efficacement le dopage ? Plus de tests, plus d’éducation et des améliorations dans les méthodes analytiques semblent être des pistes pour garantir un environnement sportif juste et transparent.
















