Chaque année, le classement des villes les plus favorables aux cyclistes publié par l’organisation PeopleForBikes fait office de baromètre. Et cette année encore, le verdict est tombé. Si l’Oregon reste une terre de vélo, les chiffres racontent une histoire plus contrastée, voire un brin décevante pour les amateurs de la petite reine.
Prenons Portland, souvent citée comme un modèle urbain pour les mobilités douces. En 2024, la ville figurait en cinquième position dans la catégorie des grandes villes (plus de 300 000 habitants), avec une note de 59 sur 100. Cette année, la note grimpe légèrement à 61… mais Portland descend à la 8e place. Un recul symbolique, surtout face à l’arrivée remarquée de Brooklyn, Queens et de New York dans le haut du tableau.
Une concurrence qui pédale fort
Ce glissement n’est pas forcément dû à une baisse de performance locale, mais à une accélération d’autres métropoles. Des villes comme Minneapolis, Seattle et San Francisco restaient en tête l’an dernier. Aujourd’hui, c’est l’est des États-Unis qui s’invite sur le podium, avec des efforts remarqués à New York dans l’extension et la sécurisation de ses infrastructures cyclables.
Et ce qui était autrefois une avance confortable devient désormais une compétition serrée, où chaque point de connexion, chaque piste protégée peut faire la différence.
Corvallis pédale dans la bonne direction
Tout n’est pas morose pour l’Oregon. Corvallis, souvent saluée pour sa taille humaine et son réseau bien structuré, grimpe à la troisième place dans la catégorie des villes de 50 000 à 300 000 habitants. Avec une note de 71 (contre 70 l’an dernier), elle continue de prouver que moyenne ville ne rime pas avec petits moyens.
Une belle réussite pour cette commune du mid-valley, où l’intégration entre transports en commun, zones commerciales et quartiers résidentiels favorise les trajets à vélo au quotidien.
Ashland : une descente inattendue
La ville d’Ashland, souvent perçue comme un petit bijou pour les cyclistes, connaît quant à elle une chute notable. Classée 13e parmi les villes de moins de 50 000 habitants l’an dernier, elle passe désormais à la 30e position dans cette même catégorie, et à la 32e place toutes tailles confondues.
Un recul significatif pour une commune qui brillait encore récemment, et qui montre que la stabilité d’un bon réseau cyclable ne se mesure pas uniquement à sa taille ou à sa réputation. Des villes plus petites, comme Mackinac Island — sans voiture et avec moins de 1 000 habitants — viennent rappeler que l’absence de motorisation reste une solution radicale… et efficace.
Ce classement est plus qu’une simple photographie. Il reflète une dynamique, des choix politiques, des investissements sur le long terme. Pour rester en haut du peloton, les villes doivent sans cesse s’adapter, moderniser leurs pistes, sécuriser les intersections et penser le vélo comme un mode de transport à part entière. Et à ce jeu-là, même Portland doit redoubler d’efforts pour ne pas perdre la roue.
















