Ce qui devait être une journée « tranquille » pour les sprinteurs s’est transformé en véritable champ de bataille réglementaire sur la troisième étape du Tour de France. Dans un peloton nerveux et agité, l’Union Cycliste Internationale (UCI) a sorti l’artillerie lourde : 2 700 euros d’amendes, pas moins de quatre cartons jaunes, et plusieurs avertissements pour comportements jugés dangereux.
Au final, une belle moisson pour la caisse de l’UCI… mais une journée noire pour plusieurs coureurs, dont certains désormais sous la menace d’une exclusion pure et simple.
Quatre sprinteurs sous surveillance
Lundi, la tension était palpable dans le peloton entre les rues de Dunkerque. Résultat ? Les commissaires de course n’ont pas hésité à sévir. Brian Coquard (Cofidis), Edward Theuns (Lidl-Trek), Davide Ballerini (Astana) et Danny Van Poppel (Red Bull-Bora Hansgrohe) ont tous été sanctionnés d’un carton jaune, une nouveauté désormais bien intégrée au règlement du Tour.
Introduit en début de saison, ce système de carton jaune permet d’encadrer plus strictement les comportements dangereux en course. Un deuxième avertissement entraîne une exclusion immédiate du Tour, suivie d’une suspension de sept jours. En clair : ces quatre-là n’ont plus droit à l’erreur.
Sprints mouvementés et chutes à répétition
Le cas le plus emblématique reste celui de Coquard et Theuns, épinglés pour un sprint irrégulier lors du sprint intermédiaire. Une manœuvre mal maîtrisée qui a envoyé Jasper Philipsen à l’hôpital, avec fracture de la clavicule et côtes cassées. Coquard, visiblement marqué par l’incident, a exprimé ses regrets devant les caméras, encore sous le choc.
En fin d’étape, ce sont Ballerini et Van Poppel qui ont été rappelés à l’ordre pour un sprint final jugé trop risqué. Résultat : 500 francs suisses d’amende chacun et un carton jaune en prime. Van Poppel, qui avait franchi la ligne en huitième position, a même été rétrogradé dans le classement de l’étape.

L’UCI durcit le ton sur le comportement
Cette vague de sanctions s’inscrit dans une volonté claire de l’UCI : rendre le peloton plus sûr, notamment dans les étapes plates où les sprints massifs sont souvent source de chaos. Un coureur a d’ailleurs déjà fait les frais du nouveau système : Oscar Riesebeek (Alpecin-Deceuninck), suspendu sept jours après deux cartons jaunes au Tour de Belgique.
Et les sanctions ne s’arrêtent pas aux gestes brusques. Luka Mezgec (Jayco-AlUla) a écopé d’une amende et d’un retrait de 25 points UCI pour avoir jeté un déchet hors zone autorisée. Un rappel que l’éco-responsabilité est désormais aussi surveillée que la trajectoire d’un sprint.
Une étape qui laisse des traces
Côté blessures, l’étape n’a pas été plus tendre. Outre Philipsen, plusieurs coureurs ont rejoint l’infirmerie du Tour : Émilien Janniere, Laurenz Rex, Jordi Meeus, Clément Berthet et Laurenz Pithie ont tous été victimes de chutes. Un bilan qui alourdit un peu plus la journée, pourtant censée être une formalité pour les hommes rapides.
Le message est clair : en 2025, le Tour ne laissera plus passer les écarts. Et si les sprinteurs veulent continuer à briller, il leur faudra désormais maîtriser autant leurs jambes que leur comportement. Car entre le carton jaune et l’exclusion, il n’y a désormais qu’un guidon d’écart.
















