Avec cinq journées restantes, aucun Français n’a encore gagné une étape ni revêtu un maillot distinctif. Les espoirs s’amenuisent.
Aucune victoire pour les Bleus
À quarante-cinq ans près d’un Tour sans succès national, on attend le sursaut. David Gaudu (5ᵉ) et Romain Bardet (9ᵉ) font le job au général, mais leur performance ne remplace pas une victoire d’étape. Ils incarnent la résilience, mais la fracture tactique née depuis l’épisode Alaphilippe est criante.
L’absence d’Alaphilippe est criante
Le coupable principal ? Julian Alaphilippe, figure tricolore incontournable, victime d’une lourde chute en avril à Liège-Bastogne-Liège. Sans son explosivité et sa combativité, le peloton tricolore parait sans punch à l’approche d’une arrivée d’étape. Sa capacité à créer des ruptures a bien manqué. Il avait arboré le maillot jaune à 18 reprises depuis 2016, ce qui témoigne de son influence sur l’allure de la course.
Pinot : l’optimisme tempéré
Thibaut Pinot a offert un joli coup d’éclat sur la montée vers Mende, terminant troisième. Une performance encourageante, mais il admet : « Il manque un peu de réussite, un peu de chance, un peu de jambes. » Même Florian Sénéchal, pourtant rapide, se contente d’un statut d’outsider, sans jamais intégrer un podium.
Les maillots distinctifs, un enjeu encore plus épineux
Les Bleus sont absents des podiums des concours annexes : Maxime Bouet est 5ᵉ pour le maillot vert, Pierre Latour 6ᵉ pour celui à pois, Mathieu Burgaudeau 13ᵉ chez les jeunes. Seuls les prix de la combativité, remportés par Perez, Pinot et Barguil, offrent un maigre lot de consolation.
Un cyclisme mondialisé, explique Madiot
Marc Madiot, directeur de Groupama‑FDJ, rappelle que « le cyclisme est devenu mondial : le niveau moyen est élevé, l’Italie ou l’Espagne connaissent aussi des Tour difficiles ». Il invite à reconnaître la densité du plateau et le mérite d’un top 8 au général, même sans victoire éclatante.
Bardet plaide pour la reconnaissance
Romain Bardet tempère : viser le général est souvent plus honorable que s’épuiser pour une victoire d’étape. Selon lui, obtenir une bonne place finale est un objectif durable, parfois plus pertinent que la coup d’éclat ponctuel d’une étape.
En résumé
Le Tour peut s’achever sans victoire tricolore : une première depuis 1999, mais loin d’être une fatalité. Le manque de leaders charismatiques comme Alaphilippe pèse beaucoup. Reste à savoir si les deux prochaines étapes permettront de réhabiliter un peu de fierté bleue.
















