La Grande Boucle n’a pas encore livré tous ses enseignements sportifs qu’un cambriolage secoue déjà les pelotons. Entre émerveillement pour la vitesse et effroi pour la sécurité, ce vol de vélos en carbone rappelle que, derrière l’effort, la logistique reste un défi monumental.
Un coup de maître dans le camion-atelier
Dans la nuit de samedi à dimanche, juste après le prologue lillois, l’équipe Cofidis a découvert onze cadres de course dérobés dans son camion-atelier. Chacun de ces bijoux d’ingénierie en carbone vaut près de 14 000 €, selon la formation française, qui déplore la faille de ses dispositifs de protection malgré des alarmes et des cadenas renforcés.
Un mécanicien, arrivé pour préparer le deuxième départ, a raconté avoir retrouvé la zone vide, ses lampes torches en main : « On a cru rêver, on ne retrouvait plus nos propres montures ! »
Dans la nuit de samedi à dimanche, l’équipe Cofidis a été victime d’un cambriolage. La porte du camion-atelier a été forcée et onze de nos vélos LOOK Cycle ont été dérobés malgré les dispositifs de sécurité qui avaient été mis en place. Des membres de la police se sont rendus à… pic.twitter.com/oI6EerUb5c
— Team Cofidis (@TeamCOFIDIS) July 6, 2025
Benjamin Thomas, victime collatérale du larcin
Parmi les vélos emportés figurait celui de Benjamin Thomas, porté par le maillot à pois de meilleur grimpeur. Armé d’un cadre aux couleurs rouge et blanc assorties à son dossard, le Français avait promis d’animer la semaine de montagne ; il doit désormais composer avec un emprunt de dernière minute.
Selon RMC, Thomas a dû emprunter un modèle de substitution fourni par l’organisation, modifiant ses habitudes de positionnement et d’appui dès le départ de la 2ᵉ étape.
Une valeur globale estimée à 13 millions d’euros
D’après la plateforme Domestique Cycling, chaque équipe embarque cinq à six vélos par coureur, adaptés aux sprints, au chrono ou aux cols, pour un parc total de 2 000 montures sur la course. À 14 000 € l’unité, cela représente environ 13 millions d’euros d’équipement en jeu.
Les directeurs sportifs, entre consternation et résignation, doivent maintenant jongler entre achat express de cadres de remplacement et maintien de la performance, un défi de taille après déjà 185 km disputés.
Quand la course réclame plus que des jambes
Ce premier incident rappelle qu’au-delà du chrono et des virages serrés, le Tour de France dépend d’une orchestration millimétrée : transports, hôtels, sécurité, restauration… Un maillon faible peut tout remettre en question.
Pour l’équipe Cofidis, l’urgence est de limiter l’impact sur le moral et la compétition. Mais pour l’instant, l’affaire demeure ouverte : enquêtes des gendarmes, appel à la vigilance des autres formations et renforcement des contrôles nocturnes. Car, sur la route, chaque seconde compte, et hors de la route, chaque vélo volé se paie en frustration.
















