À seulement 21 ans, Lenny Martinez s’est lancé un défi de taille : briser un jeûne français de quarante ans sans victoire au classement général du Tour de France. Son choix audacieux de quitter Groupama-FDJ pour Bahrain Victorious indique qu’il vise plus qu’un simple rôle d’équipier.
Lenny Martinez quitte Groupama-FDJ pour Bahrain Victorious
Originaire de Cannes et issu d’une lignée de cyclistes, Lenny Martinez a annoncé début 2024 son départ de la formation française Groupama-FDJ, malgré une proposition de prolongation de contrat. Le jeune coureur a préféré répondre à l’invitation de Bahrain Victorious, attiré non seulement par une offre financière séduisante, mais surtout par la perspective d’évoluer dans un environnement international. Dans une interview accordée à L’Équipe, il confiait : « Ce n’était pas seulement le plus gros contrat, mais l’opportunité de progresser dans un encadrement tourné vers les grands Tours. »

Un héritage de quarante ans sans vainqueur tricolore
Le dernier Français à avoir coiffé le maillot jaune à Paris reste Bernard Hinault, en 1985. Depuis, aucun coureur de l’Hexagone n’a réussi à conquérir le classement général, malgré les tentatives de coureurs comme Laurent Fignon, Richard Virenque, Thibaut Pinot ou Julian Alaphilippe. Chaque année, l’espoir renaît un instant, avant de retomber face à la complexité d’un parcours toujours plus exigeant.
Un jeune trio qui redonne espoir
Aux côtés de Martinez, deux autres talents suscitent l’enthousiasme : Romain Grégoire (Groupama-FDJ) et Paul Seixas (AG2R La Mondiale). Mais c’est le natif de la Côte d’Azur qui se distingue par ses succès précoces : trois victoires d’étape en WorldTour (Paris-Nice, Tour de Romandie et Critérium du Dauphiné) en 2025. Son statut de grimpeur explosif et sa capacité à briller dans des journées variées lui valent d’être considéré comme le plus complet de sa génération.
Une adaptation réussie dans son nouveau groupe
Sous la houlette de Rod Ellingworth, ancien directeur sportif de Team Sky, Bahrain Victorious a méticuleusement intégré Martinez à ses méthodes : camps d’altitude intensifs, travail spécifique de charge et récupération, et prise en main d’un matériel de haut niveau. Selon Cyclingnews, l’encadrement britannique vise à “mettre un peu de pression” dès les premières courses pour accélérer sa progression. Cette approche a porté ses fruits : Lenny a répondu présent, confirmant à chaque occasion sa combativité et son flair pour dénicher la victoire.

Objectifs réalistes et pression nationale
Alors que certains attendent déjà un “miracle” tricolore, Martinez garde les pieds sur terre : son objectif déclaré est de décrocher une première victoire d’étape au Tour avant de viser le Top 10, puis plus tard le podium. Cette stratégie graduelle évite la surcharge psychologique, d’autant que la passion des supporters français peut rapidement devenir un fardeau. Neil Stephens, directeur sportif, souligne que marcher sur une corde raide entre ambitions et gestion de la pression est l’enjeu prioritaire pour le jeune coureur.
En juillet, Lenny Martinez débutera son Tour de France aux côtés de la star colombienne Santiago Buitrago, prêt à écrire une nouvelle page du cyclisme français. Si le maillot jaune revient un jour à un Bleu, il pourrait bien porter son nom.
















