Le Tour de France approche à grands pas et, une fois de plus, les équipes cherchent une solution pour battre Tadej Pogacar. Le Slovène a, en effet, atteint un niveau de performance difficilement atteignable par ses rivaux, et les tactiques habituelles semblent désormais insuffisantes face à sa domination. Pour comprendre pourquoi il est si difficile de stopper Pogacar, il faut plonger dans les coulisses de son entraînement et de ses stratégies, mais aussi observer les tentatives des autres équipes pour inverser la tendance.
Pogacar, l’inarrêtable
Pogacar n’a laissé aucune chance à ses adversaires lors du dernier Critérium du Dauphiné. Dès qu’il a décidé de se lancer, les autres coureurs ne pouvaient que constater la facilité avec laquelle il a explosé le peloton. Il n’y avait pas de doute, ce jeune homme de 26 ans était bien au-dessus du lot. Une montée rapide, une accélération meurtrière en montée, et une gestion de course impeccable. Sa performance sur les pentes du Dauphiné, avec une puissance de 7,1w/kg pendant 20 minutes, a fait tourner les têtes. Et ce n’était même pas son meilleur effort. En 2024, l’amélioration continue de sa condition physique le place à un niveau difficilement égalable par la majorité des coureurs du peloton.
Comment les équipes réagissent-elles ?
Face à cette montée en puissance, les équipes comme Red Bull-Bora-Hansgrohe, qui entraînent des coureurs de renom comme Primož Roglič, commencent à ressentir le poids de cette domination. Selon Dan Lorang, directeur de la performance chez Red Bull, il est difficile de rivaliser directement avec Pogacar. « Nous devons admettre que Pogacar est à un niveau au-dessus », avoue-t-il. Pour les autres équipes, la solution semble floue. Suivre les roues de Pogacar au moment où il lance son attaque est devenu une mission presque impossible. Ce genre de tactique, autrefois couronnée de succès, est désormais inefficace. Lorang et ses confrères analysent constamment la situation, cherchant un moyen de le contrer, mais la réponse reste encore évasive.
La réponse de Jonas Vingegaard : un espoir ?
Jonas Vingegaard, le champion en titre du Tour de France, est l’un des rares coureurs à être en mesure de tenir tête à Pogacar dans les Alpes. Lors du Dauphiné, il a montré qu’il pouvait suivre le rythme, même si Pogacar reste une marche au-dessus. Le staff de Vingegaard, visiblement concentré sur l’amélioration continue de leur coureur, estime qu’il est encore possible de réduire l’écart. « Nous devons nous améliorer, et nous devons le faire rapidement », affirme son entraîneur Tim Heemskerk. Pour lui, le défi reste de taille, mais Vingegaard a encore quelques cartes à jouer. Des stages en altitude, comme ceux prévus à Tignes, pourraient être décisifs pour parfaire sa condition avant le grand départ du Tour.
Des tactiques collectives plus efficaces que la puissance brute ?
Les experts suggèrent que pour battre Pogacar, la clé pourrait être une approche plus collective. Il n’est peut-être plus possible d’égaler la puissance brute de Pogacar, mais une équipe pourrait réussir à le surprendre avec des tactiques plus subtiles. Utiliser les forces en nombre, exploiter des positions stratégiques et jouer sur la fatigue de l’adversaire pourrait être la solution. L’équipe Red Bull, par exemple, s’appuie sur une approche tactique en mettant l’accent sur les « cartes fortes » à jouer lors des moments-clés. L’idée est simple : plus de coureurs en tête pour perturber Pogacar et tenter de l’isoler.
Peut-on vraiment battre Pogacar ?
Pour les entraîneurs et les coureurs, la question reste en suspens : peut-on vraiment battre un athlète de ce calibre ? C’est une question qui trotte dans l’esprit des autres formations, mais pour le moment, rien ne semble faire vaciller la domination de Pogacar. Une fois sur le vélo, il transforme chaque course en une démonstration de puissance et de stratégie. Cela dit, il est important de noter que, même si Pogacar semble inarrêtable, il n’est pas invincible. Les erreurs peuvent arriver, des moments de faiblesse peuvent surgir. De plus, le facteur chance et les imprévus de course joueront toujours un rôle dans l’issue de ce genre de défi.
L’ère des super-athlètes est-elle terminée ?
Ceux qui aspirent à la victoire sur le Tour de France savent désormais que, face à Pogacar, il ne suffira plus de simplement être bon. Il faut être exceptionnel. Les équipes doivent se réinventer, essayer de nouvelles approches et, surtout, ne jamais perdre espoir. Après tout, le Tour de France est une épreuve où tout peut changer en un instant. Mais pour l’instant, une chose est certaine : si quelqu’un peut battre Pogacar, c’est probablement Jonas Vingegaard. Et peut-être qu’un jour, ce ne sera plus seulement une question de puissance, mais bien de stratégie collective.
















